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17.05.2009
Adolf Wölfli est-il dans son assiette ?
Le plat de Wölfli, permettez que je mette les pieds dedans. Quand je dis «plat», je devrais dire «assiette» mais c'est bien de vaisselle que je vous cause. Plus précisément, de vaisselle en céramique de la région de Heimberg près de Berne.
Je planais encore dans mes rêveries saintongeaises et je m'apprêtais à vous embarquer dans la visite du vieux-charmant Musée Dupuy-Mestreau, un cabinet de curiosités pleins d'enseignes, de coiffes, d'objets de bagnards et d'assiettes décorées de funambules.
C'est alors qu'une info trop sensationnelle m'est venue de Suisse.
Un collectionneur de là-bas, Philippe Eternod, pour ne pas le nommer, venait de me glisser dans la cantine ces images que je vous restitue parce qu'elles sont de nature à éclairer le fil caché qui court entre art populaire et art brut. Il a bien fait : je les connaissais pas. Au chapitre de l'imprégnation folklorique d'Adolf Wölfli, je n'avais eu vent que de l'armoire sur laquelle j'avais juché ma chronique du 13 janvier 2007 (Art brut : la clé du mystère). Avec cette assiette heimbergeoise repérée par un Animulien d'honneur, c'est une nouvelle serrure qui s'offre à cette clé.
La fabrication de céramiques bat son plein dans la région de Berne quand naît le petit Adolf Wölfli (1864). La poterie est un métier artisanal qui met du beurre dans les épinards des agriculteurs. Wölfli qui bossait à la campagne dès son plus jeune âge n'a pas pu l'ignorer.
D'autant qu'après 1875, les touristes de l'époque commençant déjà à acheter comme souvenirs ces objets des manufactures de Heimberg, ils circulent sans doute pas mal. Wölfli a donc très bien pu se les mettre dans l'œil au cours de la vie de patachon qu'on lui faisait mener en guise de traitement spécial réservé aux petits pauvres. C'est ce dont était persuadé le Dr von Ries, successeur de Walter Morgenthaler à la Waldau où Wölfli était interné.
L'une des inscriptions anciennes sur une étiquette collée au verso de l'assiette indique même (je traduis grosso-modo) que, d'après von Ries, la céramique de Heimberg était utilisée dans la famille de Wölfli. Bon, moi je veux bien mais j'aimerais en savoir plus sur cette étiquette. Si quelqu'un sait ...
23:31 Publié dans Glanures, Images | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, adolf wölfli, céramique, heimberg, art populaire |
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13.05.2009
Harald Stoffers fête sa liebe Mutti
Bientôt la fête des mères. Filer chez Christian Berst pour y trouver un objet digne de votre maminette adorée, c'est pas au dessus de vos forces, il me semble! Une Animulienne dévouée croit savoir que cette Galerie de la Charenton Street disposerait dans son stock documentaire de quelques exemplaires (qq. ex. seulement) du fac simile Aloïse Steck option dont je vous entretîns dans ma japonisante chronique précédente.
Et si c'est pas suffisant, si vous considérez que l'auteuse de vos jours mérite un cadeau supplémentaire, HT donc le catalogue qui accompagne la présente expo d'Objet trouvé. Ne serait-ce que parce qu'il est préfacé par Michel Thévoz. C'est pas si fréquent sur le marché, hein! En version luxe avec l'option «fragment de lettre original» ajouté ou alors dans le tirage de base à 20 thunes si vous êtes un peu plus raide en ce moment. Mais pour sa Mutti chérie qu'est-ce qu'on ferait pas, n'est-ce-pas ? Y'a pas à hésiter.
Harald Stoffers, le nouvel invité du galeriste, lui, n'hésite pas. Depuis 1999, il tartine pour sa maman des kilomètres de lettres ondulantes, frémissantes et palpitantes de la graphie qui finissent par composer des houles de vagues signifiantes, bruissantes d'amour filial en paquet de mère.
La mère, la mère toujours recommencée, voilà ce que nous dit, voilà ce que nous répète cette œuvre infinie. Ce que Thévoz, avec son aptitude à relever nos niveaux, traduit dans un philosophique langage qui prend au contre-pied de la lettre le titre de la Galerie de Christian Berst : «(...) ce que les missives de Harald Stoffers dessinent, dans l'intervalle du lisible et du visible, c'est l'objet du siècle, de notre XXIe siècle, l'objet perdu - du moins fallait-il perdre l'espoir de le retrouver "à volonté"».
Vous avez pas tout compris? Moi non plus mais c'est ce qui fait la beauté de la chose. De toutes façons, on a jusqu'au jeudi 11 juin 2009 pour y réfléchir en allant voir l'exposition. Mais comme la fête des mères c'est le 7, faut pas perdre de vue que ça urgeotte quand même.
22:33 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : harald stoffers, objet trouvé, fête des mères |
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11.05.2009
Comme un papillon sur elle, Aloïse
Aloïse en kimono, un jour où l'autre ça devait le faire. Et bien je vous le fais en vous signalant l'expo itinérante (travelling exhibition) Comme un papillon sur elle qui vient de se terminer au Borderless Art Museum No-ma de Shiga mais qui se ranime dès le 15 mai et jusqu'au 16 août 2009 à Tokyo au Watari Museum of Contemporary Art. Le feu follet passera ensuite à Hokkaido pour un séjour à l'Hokkaido Museum of Art du 24 octobre 2009 au 14 janvier 2010.
Aloïse, le papillon, c'est bien sûr à Madame Butterfly, la culculgnanterie sentimentalo-colonialiste de Pierre Loti que ça fait penser. Surtout à cause de l'opéra que Giacomo Puccini en a tiré. Aloïse, on le sait, goûtait fort l'opéra. Là, j'ai pas le temps de vérifier mais sûr qu'elle a dû l'enrégimenter dans sa galerie de vedettes, la Butterfly, Aloïse.
C'est le pourquoi du comment du «papillon» qui sous-titre cette expo Alo-nippone. Signalons au passage, pour faire mon travail de petite butterfly errante, que c'est une orga à but non lucratif, Haretari Kumottari, qui a monté la chose, avec Kenjo Kitaoka aux manettes.
Deux ouvrages sont publiés à cette occasion. Un catalogue trilingue (japono-franco-anglo) et un fac-simile d'un cahier de 40 pages en direct de chez le psy Hans Steck.
Le catalogue reproduit toutes les œuvres exposées. Lesquelles proviennent de la donation Jacqueline et Etienne Porret-Forel au Kunstmuseum Solothurn (Suisse) et de la Collection Steck. Du petit bout de carton aux rouleaux à la craie grasse, des dessins de toutes époques.
Question textes : un article et un entretien de Jacqueline P.-F. et l'article du Jeannot (Dubo, Dubon Dubuffet) repris du Fascicule 6 de L'Art Brut mais traduit en japonais (et en anglais) pour la première fois. Entre autres... car il y a aussi comme contributeurs : Norman Girardot et Kazuhiko Kudo et John Zorn et Michel Nedjar qui passaient par là (hommages d'artistes).
J'ai des tas de zolies zimages qui vous donneront une belle idée de l'accrochage aérien et léger à tomber. C'est bien quand les cimaises se font oublier comme ici. Sincères félicitations aussi au photographe, Satoshi Takaishi ©. Vous n'oublierez pas s.v.p. de mentionner son nom si, d'aventure, vous m'empruntez un de ses clichés.
Sayônara, les choux sont gras ! (version auvergnippone)
23:32 Publié dans Expos, Zizique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art brut, aloïse corbaz, hans steck, satoshi takaishi, shiga, tokyo, hokkaido, madame butterfly, giacomo puccini, mika mori, hokkaido |
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