14.05.2008
Bâtisseurs de Sicile
Direction la Sicile où elle s’est fait une indigestion de granite de limone et de temples grecs avec Reinette, Dominique que sa fille appelle tout le temps sur son portable et Lea qui est Romaine et bonne comme la salade du même nom.
Parties pour Segeste sous un soleil trop top, nous nous sommes retrouvées sous l’orage devant le théâtre antique. Trois feuilles de figuier pour s’abriter à 4, je vous dit pas le concours de T-shirts mouillés !
Voilà ce qui arrive quand on se vautre dans l’hellenisme.
Pour que le ciel nous pardonne nous avons pris le chemin de Mazara del Vallo où le Routard 2008/2009 signale «l’œuvre d’un Facteur Cheval sicilien». 
Bon, d’accord, il exagère un brin, le Tardrou mais la maison de Giovanni S vaut quand même un coup d’œil puisque vous m’avez suivie jusque là.
«Vous pouvez pas la manquer», dit le pompiste quand il vous abreuve Bijou, la petite Fiat de location, à l’essence sans plomb et sans reproche. C’est sur la gauche quand on va vers Marsala.
En effet, comment la manquer avec ces crénelages à la grosse, ses seaux en plastique bleu, ses assiettes, ses miroirs, ses bombonnes, ses montants de lit en fer embourbés dans un ciment taloché sans précautions inutiles ?
L’essentiel du travail de ce bâtisseur de désastres volontaires se trouve là, dans ces prèlevement opérés brutalement dans la réalité (ou pour mieux dire : dans ses déchets).
On approche par un chemin de terre qui poudre la carrosserie et on repart de même après avoir demandé l’autorisation de tourner autour de la maison à deux maraîchers qui bossent au jardin.
Impossible de voir dedans au travers des portes surmontées d’images de Padre Pio (un nouveau saint très à la mode) mais ça sent le chaos choisi dans la cour intérieure.
Sur le pignon de la maison, un décor de cailloux alignés, avec le nom du propriétaire qui, trop vieux peut-être habite maintenant en ville. L’indication «vendesi» indique que la maison est à vendre. Son propritaire et ornementateur a-t-il voulu la faire remarquer de la route voisine. Allez donc savoir !
23:55 Publié dans Glanures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut
06.05.2008
Voyage de Rate-jolie à Rothéneuf
Des boni, pas des boniments!
Comme je sais parfaitement que vous me regardez d’une oreille distraite pour cause de longs ouikènes printaniers avec soleil soudain qui deshydrate (rate-jolie pour celles et ceux qui connaissent leur Robert Tatin par cœur), je me contenterai de quelques zimages pour en rajouter une cuillère à café sur 2 de mes bavardages récents.
D’abord, pour vous dire que notre Anatole Jakovsky chéri s’est montré un poil rapide dans son étude sur Les mystérieux rochers de Rothéneuf (Encre, 1979) quand il affirme : «Hormis un méchant articulet paru au mois de juin 1907 dans Les lectures pour tous sous le titre : Excentriques confrères de nos artistes (…) on ne trouve plus de trace imprimée de l’abbé Fouré jusqu’à la publication, en 1952, d’une espèce de guide des Rochers sculptés, rédigé par M. H. Brebion, propriétaire des lieux (…)».
Voici un poème sur les Pêcheurs bretons dont l’auteur est un Poirier (Joseph-Emile). Cela crève les yeux, même si la repro est à chier, qu’il est illustré d’une vue photographique des Rochers sculptés.
On est en 1913 et c’est dans l’Annuaire des Bretons de Paris et de la Seine.
Et puis pour mettre un peu de couleurs dans votre bonus, voici une amusante Décalcomanie imprimée rue Lepic à Paris chez un Marcel, Guillen du nom. Je sais pas de quand elle date mais elle a pas l’air d’hier. Comme j’ai ôté le papier protecteur pour vous la scanner, il ne me reste plus qu’à la tremper dans la flotte, «à faire glisser le décor par une légère pression des doigts» pour le transférer sur la couverture du carnet qui me sert à noter les bêtises que j’entends (et que je dis) dans les vernissages.
Pendant que je suis dans les sacrifices et pour venir rebondir sur le face à face Edmund Monsiel/Jean Véber, amorcé le 18 mars 2008 dans mon post Brute de caricature, j’ai à moitié désossé Surfanta, une pauvre petite revue italienne (turinoise exactement) post-surréaliste de 1964 afin de capturer cette tête d’yeux, intitulée Voyage, de Steen Colding de Copenhague.
Tout autre chose pour finir : cette extraordinaire photo empruntée à un site qui se décarcasse pour les travaux anonymes des «excentriques confrères». Photo d’un lieu de détention allemand, dirait-on. Y’ a pas d’explications mais il y a plusieurs clichés.
Allez-y voir, ça vaut le détour.
00:05 Publié dans Ecrits, Gazettes, Glanures, Images, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : abbé fouré, anataole jakovsky, robert tatin
03.05.2008
Animula et les Animos
Oyez, oyez ! Animoyez !
Une méga-nimo rétrospective Michel Nedjar se concocte à Wien en Animautruche (pardon, Autriche) au Gugging Art Brut Center ainsi dénommé depuis qu’on parle anglais dans la patrie de L’homme sans qualités et de Robert Musil réunis. On ne sait plus très bien ce qu’est devenu le «Klosterneuburg» qui faisait vraiment trop germanique mais l’adresse de Gugging est la même qu’avant : Haupstrasse (Main street), 2 . C’est du 31 mai 2008 au 22 février 2009, donc vous avez tout le temps d’y anim-aller ou de vous procurer le catalogue de Johann Feilacher faute de mieux.
Tant pis pour vous si l’english et le deutsch sont du chinois pour vous et si vous ne lisez que le français, la langue de l’artiste. Il faudra vous contenter des 290 images en couleurs ou apprendre en 3 mois les animu-langues étrangères grâce à la méthode à Mimile rectifiée Internet.
De toutes façons, c’est un «rendez-vous à ne pas manquer» comme nous le certifie la Galerie parisienne Polad-Hardouin (86, rue Quincampoix dans le 3e) qui -comme ça se trouve- expose simultanément Marcel Katuchevski et… Nedjar Michel du 24 avril au 31 mai 2008.
C’est qu’au Gugging, il y aura «poupées et dessins de toutes les époques». Par «toutes les époques», il faut entendre aussi celle -maintenant lointaine- où Michel Nedjar était un créateur d’art brut pur laine et non cet estimable artiste expérimenté que l’on croise dans les vernissages et sur lequel le marché américain louche. En ce temps-là, il ne serait venu à personne de traiter les bouleversantes, bitumeuses et torturées créatures nedjariennes de «poupées».
Le mot qui venait à la bouche c’était plutôt «momies» et ceux qui avaient voyagé, ça les faisait penser à ces Danois étranglés, retrouvés intacts dans les tourbières où on les avait jetés au Moyen-âge.
Aujourd’hui encore, il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur la couvrante du catalogue de l’expo Nedjar à Gugging pour que ce vocabulaire de nursery rhymes nous vénère un brin. Le travail de Nedjar reste trop chargé pour être enterré sous les sucreries, quoi! Mais admettons, il faut vivre avec son temps, c’est à dire avec son langage. Donc, en avant pour les poupées! Ambiance Barbie à tous les étages! Avec tout de même un palier où ça coince. Celui où le site de Gugging nous virgule sans vergogne sa petite phrase qui tue : «Michel Nedjar is undisputedly one of the most important living artists of the French Art Brut movement». Je t’en ficherai, moi, des mouvements!
Neuilly-sur-Marne, 1984-1997
Michel Nedjar, qui fut un des fondateurs de L’Aracine aux côtés de Claire Teller et de Madeleine Lommel, doit bien savoir qu’il n’y a pas de «mouvement Art Brut», fransoze ou non. Les mouvements c’est bon pour les ismes : outsiderisme, singulièrisme, dissidentisme. Les créateurs d’art brut sont d’enragés individualistes, indifférents au collectif, fût-il créatif.
Les créateurs d’art brut sont seuls au monde dans leur coquille
Et Gugging pour l’avoir oublié mérite un bref passage par la case Nos amies les bêtes.
N O S iiA M I E S iiL E S iiB Ê T E S
14:47 Publié dans Expos, Nos amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : michel nedjar, marcel katuchevski
26.04.2008
Les génies bruts des alpages
Soulevez ma mèche folle, regardez mon front. Est-ce qu’il y a écrit «Cosette»? Et pourtant, j’vous jure, faut que j’fasse tout. Et avec Belvert, mon ethnoblogue favori qui joue momentanément relâche (profitez-en pour remonter dans son passé) il faut que je mette les bouchées doubles.
Mais comment pourrais-je rester peinarde lorsque le Rond Point des Arts m’apprend qu’une expo d’instruments «art brut» se prépare à la mi-aôut ou presque en Haute-Savoie sur le plateau des Plaines-Joux près de Bogève. De quoi alerter tous les «chercheurs de sons» à commencer par l’animateur du blogue du même nom.
Sur le thème des instruments à cordes, une centaine de machines à faire du joli bruit, astucieusement bricolées par des musiciens de village désireux de faire danser leurs contemporains du XIXe et XXe siècle, seront mobilisés pour les visiteurs. La collection est celle de monsieur Claude Ribouillault.
Photo Claude Ribouillault.
Violon fabriqué en juillet 1917 à la relève de Verdun.
La caisse est une gourde de soldat,
la mentonnière une boîte de sardines
C’est dans le cadre du Feufliâzhe, le 7e Festival des musiques alpines (le premier qui ajoute : «de mouches», je le raye de la map) que ces inventives lutheries expérimentales de génies ordinaires des Alpages feront leur show. «Feufi», en savoyard courant, ça veut dire «manche de faux» et «liazher», c’est «lier ensemble» . Concluez vous mêmes.

Peut-être bien qu’on attachait les faux par grappes pour gambader sans risque d’accident ? Feufliâzhe 2008 rassemblera des musicos et des chanteurs en provenance de diverses régions de l’arc alpin. Voralberg (Autiche), Vaud (Suisse), Val d’Aoste, Piémont (Italie), Savoie, Haute-Savoie, Dauphiné (France).

Les 8, 9 et 10 août, il y aura des masques du carnaval valdotain, des jodleurs, un bal piémontais, des violons du Dauphiné et des conteurs style Joëlle Bély qui vous dira l’histoire du massif des Bauges. Si vous vous sentez d’humeur taggeuse, sans aller jusqu’à inscrire Feufliâzhe à la gazeuse sur le cul des bus, marquez-le au feutre rouge sur un post-it jaune que vous collerez sur la porte de votre frigo blanc.
20:22 Publié dans Jeux et ris, Zizique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.04.2008
Collection Pailhas : les 22 Heures d’Albi
Ris donc Pailhas ! Ta collection va trop vite.
On était quelques uns et zunes à ronger notre frein depuis des années en attendant le jour où on pourrait (re)découvrir les œuvres d’art brut réunies à la Fondation du Bon Sauveur d’Albi par son médecin chef, Benjamin Pailhas dans les 30 premières années du 20e siècle.
Pas plus tard qu’en février dernier, le président de l’asso Japlodi, Art brut, Singulier et Compagnie (Késako Cie?) envoyait une longue missive à votre petite âme errante pour la prévenir de l’imminence de ce jour. Et puis voilà qu’elle l’a manqué. Emportée par d’autres aventures, j’ai oublié de vous dire que c’était l’inauguration le 27 mars au 1 rue Lavazière (81025 Albi Cedex 09) et que le lendemain 28 mars c’était aussi jour avec, dans la salle du petit Lude.
Maintenant, ôtez vous l’oreillette du tympan et écoutez moi bien.
La Collection Pailhas, ressuscitée d’un long sommeil dans les caves de l’institution jadis drivée par des bonnes sœurs, va faire encore 3 petits tours avant que 2008 s’en aille. Ainsi font, font, font les albigeoises institutions.
Vous aurez 3 occasions de visiter cet ensemble concernant 26 auteurs et comprenant de nombreux dessins, broderies, outils et sculptures en bois, en galet, en mie de pain créés par les patients internés au Bon Sau.
Le vendredi 6 juin, de 9 à 12 h et de 14 à17h),
le ouikène du 20-21 septembre (10-12/14-17h)
et, et, et le vendredi 5 décembre (9-12/14-17h).
Vous pourrez pas dire que vous êtes pas des privilégiés : en tout, si je compte bien, ça fera 22 heures. Pourvu qu’il n’y ait pas trop de monde à la fois! Les visiteurs risqueraient de s’en tenir à «la valeur artistique» de cette «collection unique» et d’oublier de «poser un nouveau regard sur l’hôpital psychiatrique».
Je cite le site de la Fondation Bon Sauveur d’Alby (sic) qui a vraiment l’air de vouloir nous convaincre que «restauration» et «mise en valeur» du trésor pailhassien ne se justifient que parce qu’elles participent du «mouvement de démystification de la psychiatrie (comme si celle-ci n’avait pas été suffisamment démystouflée depuis les années 60 du siècle dernier) et qu’elles feront tomber » (mon œil !) «les préjugés en inscrivant pleinement l’hôpital psychiatrique au cœur de la vie de la cité».
Vous avouerez que c’est fort cette façon de tout ramener à la boutique psy! Mais soyons sérieuse, le site de la FBSA mérite le détour pour le défilé de sa dizaine d’images.
Cliquez sur Quelques extraits de la Collection.
De mon côté j’ai essayé d’en retrouver d’autres qui proviennent de 2 articles publiés en 1908 par Benjamin Pailhas dont je ne possède, hélas, que de dégueulasses photocopies. Il s’agit de : Dessins et manifestations d’art chez deux aliénés circulaires et De l’Art primitif chez l’aliéné.
Vous noterez, sans malice aucune, que les 2 fois, le bon Docteur Pailhas n’hésite pas à faire usage du mot «art».
00:10 Publié dans De vous zamoi, Expos, Images | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art brut, benjamin pailhas
22.04.2008
L’art nègre à Rothéneuf
Quand il fait frigo et que la pluie nous pourrit le cuir chevelu, comment se balader sans être enfermée ?
Réponse : aller au Grand Palais visiter le Salon International du Livre Ancien.
C’est ce que votre petite âme errante a fait ce ouikène.
Le Grand Pal est un endroit où l’on reste au sec tout en ayant le ciel par dessus le soi. Sous les kms de verrière qui surplombent les stands, on se prend pour des Jonas dans le ventre de sa baleine.
C’est Jules-Vernien à mort comme chaque fois que la République fait dans le monumental.
Qu’allais-je faire dans ce Nautilus ? Mais trouver d’l’art brut, nom d’un chien !
De l’art brut au milieu des enluminures et des grimoires ayant appartenu à Marie-Antoinette ?
Tu doutes de rien, ma pauvre Ani ! 
Et pourtant oui. En fouinant j’ai mis la main sur un bouquin de 1899 causant Du Tatouage chez les Prostituées. Auteurs : 2 toubibs de Saint-Lazare (pas la gare, la prison). Le Blond et Lucas. Palpitant pour les messages et dessins tatoués reproduits. Dans ma grande bonté, je vous en offre quelques uns.
En A19 (c’est comme la bataille navale, la liste des exposants), sur le stand de monsieur Léon Aichelbaum, m’attendaient quelques pages, pas chères du tout, relatives à l’abbé Fouré. Tirées de je ne sais où et datées du 25 mai 1921, elles ont pour particularité de s’étendre plutôt sur le musée de Rothéneuf entouré d’un mur crénelé que sur les fameux rochers sculptés. Son titre a de quoi mettre l’eau à la bouche : L’Art nègre à Rothéneuf mais je n’ai pas eu le temps encore de lire la chose.
Comme une nunuche, j’ai failli louper la case E14 où la Librairie Alain Brieux (48, rue Jacob 75006) avait installé ses pénates. Faut dire que la science est pas mon fort et que cette vénérable maison donne surtout dans cette discipline.
«Mais qui dit science, dit médecine et qui dit médecine dit psychiatrie», me dis-je en dirigeant mes pas de ce côté.
Bien m’en a pris puisque j’ai découvert sur une cimaise 5 aquarelles d’art brut faites par un «malade interné dans un hôpital psychiatrique du Nord de la France» selon une indication de la main de Jean Dubuffet (j’ai reconnu son écriture) au verso.
Sans être hors de prix, c’était trop cher pour moi parce que j’ai dépensé ma jolie thune à Barcelone. Alors, je me suis contentée de prendre le catalogue bleu du libraire où ces aquarelles figurent sous le n°143, à côté de cahiers de dessins faits en 1935 par des prisonniers qui sont pas mal non plus. Hélas, hélas, y’a pas de repros dans ce catalogue et j’ai pas osé sortir mon téléphone pour photographier ces œuvres là.
Pour me consoler, mon chéri que j’ai m’a HT au stand de l’ascèse (A16) le catalogue de la vente de la Collection André Lefèvre de décembre 1965 parce qu’au milieu des objets d’Art nègre et d’Océanie, on trouve (n°147) une Tête dite «Barbu Müller» en pierre volcanique. «Massif central, Art populaire. Peut-être une pierre de source». Un barbu comme ces barbus de la fameuse brochure de 1947 qui n’a jamais été distribuée par Gallimard, son éditeur, mais qui existe bien, la preuve :
Je vous dis ça parce que je sais que ça intéresse Julien qui m’a écrit 2 fois au sujet des Barbudos.

23:32 Publié dans Ecrits, Glanures, Images | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : abbé fouré, barbus müller, tatoo
19.04.2008
Regard, une revue à cent pour cent
Ce n’est pas parce que l’on a 100 ans qu’on ne pourrait pas faire la teuf !
Marie Morel n’a pas 100 ans mais son petit Regard arrive à son 100e numéro.
Pour les celles et les ceux qui ne le sauraient pas encore, Marie Morel, non contente d’être la fille de son père (l’éditeur) et de sa mère, la géniale maquettiste Odette Ducarre, est un peintre qui a 2 expos sur le gaz. Au Musée Faure, à Aix-les-Bains (18 avril-16 juin 2008) et chez Paul Gauguin, à Pont-Aven, à la Galerie B (31 mai-27 juin 2008).
Et figurez vous que ce peintre édite depuis des…
un amour de petite revue à glisser dans la poche intérieure de son kangourou quand vous partez on the road again vous refaire des mollets d’acier et perdre les fatals kilos de trop gagnés à vous gaver du cake aux olives concocté par votre copine Sophie.
Regard accompagne votre vie durant les mornes stations de métro qui séparent votre nid d’amour du lieu de vos exploits bureautiques.

Regard est surprenant comme un bonbon sous un papier qu’on défroisse. Régalant souvent, décevant parfois, suivant que vous vous intéressez plus ou moins aux artistes dont MM fait pour vous la rencontre, un par un, chaque numéro traitant un cas de ses attachantes figures qui forment sa tribu.
Acidulé et divers, Regard poursuit opiniâtrement son bonhomme de chemin car on sent chez sa maman quelque chose d’inaltérable, d’inflexible même. Certains diront qu’on ne lui connaît pas d’ennemis. Elle doit bien en avoir pourtant, comme tous les gens qui osent manifester des choix, dire leurs préférences, mais elle préfère les ignorer.
Les créateurs qu’elle interroge avec une sorte de naïveté charmante et désarmante aux faux-airs de zazie en première communiante, n’appartiennent pas tous à la famille nombreuse de l’art brut, éloignés cousins et arrières-cousines compris.
Comme Marie a beaucoup d’amis, elle peut se permettre de jouer avec les nerfs du lecteur.
Marie nous enchante, Marie nous désespère, au fur et à mesure que nous trouvons ou non chez elle notre tasse de Lapsang Souchong. On s’abonne, on faiblit, on oublie, puis on se bonne et rabonne à Regard.
Si comme votre petite âme errante, vous avez un peu perdu le fil du Regard, c’est le moment d’une bonne piqûre de rappel.
A la Halle Saint-Pierre (on ne présente plus) le jeudi 24 avril 2008 de 18 h 30 à 21 h 30, vous pourrez compléter votre collec de Regard, vous en prendre pour 10 ans, vous faire dédicacer les anciens numéros par certains des artistes regardisés, avoir une pensée pour ceux qui nous ont quittés mais dont les ombres danseront joyeusement le rock’n roll dans le show qui ce soir là réunira musicos, glapisseurs de micro, émules de David Copperfield (pas le vrai, le magicien), gugusses et clowns blancs (il y en a toujours à la HSP), acrobates (c’est haut de plafond), poètes et papouètes.
Car faut-il prendre une sono pour vous le dire : chez Saint Pierre, c’est la fête à Marie, c’est la fête à Regard !

P.S. ouaf, ouaf ! (lu et approuvé) mais la P.A.E. oublie de vous dire qu’il y a un bouquin sur Regard qui sort à cette occasion.
Il y aura du canigou.
Signé : Louping

17:42 Publié dans Ecrits, Expos, Gazettes, Images, In memoriam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2008
Petit florilège des lecteurs
Régulièrement quand je vais rendre visite à ma belle-mimine qui vieillit doucement près du Cirque d’hiver, je fais un saut à la Librairie du Monde Libertaire, rue Amelot (145) où je lorgne sur les T-shirts révolutionnaires et les nouvelles publications sur des tas de faits de société qui nous ravagent l’existence. C’est le genre d’endroit où on vous laisse musarder en paix parmi les livres et où de jeunes messieurs effroyablement barbus vous tutoient gentiment quand vous passez à la caisse même quand je porte ma parka en agneau à col de bête sauvage.
Evidemment, ce que je regrette, c’est qu’ils ne s’intéressent pas davantage à l’art, les camaradanars. Alors, une fois n’étant pas coutume, comme les voilà programmant une Exposition Jean Granier, intitulée 20 ans sous le vent de l’art brut, j’ai pensé que ça valait l’coup de vous en faire part, même si je sais pas qui est ce Jean Granier qui porte un nom de philosophe. C’est demain jeudi 17 avril 2008, le vernissage, et ça dure jusqu’au 17 mai (lundi-samedi, 12-19 h 30 grosso modo). Vous me direz.Tant que vous êtes dans le 11e, poussez rue Jean-Pierre-Timbaud où au 64, une Galerie porteuse de ce chiffre montre les intérieurs minutieux de Ronan-Jim Sévellec. C’est pas de l’art brut mais ça se laisse voir. C’est même un peu scotchant si on se prend pour le héros du Diable boiteux.

Encore quelques nouvelles qui me viennent de vous et que je vous retourne. Les principaux courants d’art sont garantis «représentés» à la 1e Foire Européenne d’Art Contemporain à Lille Grand Palais. C’est du 24 au 27 avril 2008, vernissage le mercredi 23 avec preview (oh, les priviligiés !) à 17h. Votre petite âme errante a noté la présence de la Galerie Ritsch Fisch.
Quoi encore? L’anniversaire de la Galerie du Marché à Lausanne (Escaliers du Marché, 1) qui s’offre pour l’occasion une expo Aloïse, du 17 avril au 24 mai 2008. «un événement tout-à-fait exceptionnel» nous promet Jean-David Mermod, le collectionneur (ou ex-collectionneur qui drive cette galerie. On veut bien le croire.

Enfin, si vous êtes dans les environs de Los Angeles, on me signale : 35 International Visionary Artists, du 12 avril au 3 mai, Track 16 Gallery à Bergamot Station (Santa Monica, CA). Et c’est tout pour aujourd’hui.
23:11 Publié dans De vous zamoi, Ecrits, Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, aloïse corbaz
13.04.2008
A toi l’angoisse, à moi la rage
Le répétez pas à mon daddy mais j’en ai soupé de mai 68. De son 40e anniversaire, plus précisément. La célébration, en principe, je suis pour, mais les avalanches de publications commémoratoires, à force ça devient relou. Surtout quand un fameux site d’enchères sussure parallèlement : «Achetez mai 68 !».
Puisque la perche publicitaire nous est tendue, organisons des rallyes de Simca 1000 avec pique-nique géant dans le bois de Vincennes, projetons-nous Milou en mai en mâchonnant des Malabars mais qu’on nous épargne le parcours des anciens-combattants sous la houlette d’un vieil écolo-libéral qui a perdu sa toison rousse ou d’un French Doctor, pathétique dans sa veste retournée.
Cependant les canards sont farcis au jus de barricades, les magazines sont pleins de pavés et on ne peut pas sortir d’une Maison de la presse sans traîner en bonus son drapeau rouge, son T-shirt Che ou le dernier DVD de la Cause du Popolo (avanti, avanti!).
Vous me direz : «Animula peut pas rester indifférente à la mode !». Alors, pour vous faire plaisir, votre petite âme errante a déniché A toi l’angoisse, à moi la rage, un bouquin concocté dans la chaleur de cette belle époque qui fiche encore le trac à notre calife fréquenteur de queens (God les save, comme disait Johnny Rotten).
Ce qui m’interpelle quelque part dans ce livre-document sur Les fresques de Nanterre, c’est que publié dans le dernier trimestre 1968, il est déjà dans le rétrospectif. L’auteur-concepteur, Claude Dejacques, photographe, peintre et poète mais aussi directeur artistique d’exception qui joua un rôle essentiel dans la chanson des années 60-70, a eu l’idée de choisir 65 fresques spontanées qui fleurirent sur les murs de la faculté un peu avant ou pendant les événements qu’un Général de notre Gaule chevelue baptisa dédaigneusement : «chienlit». Le relevé photographique est de Bernard Lagallais.
Bon d’accord, ces images disparues sentent plutôt l’action painting que l’art brut. C’est que les étudiants d’alors étaient salement cultivés! Mais c’est tout de même plus tripant que les affiches de l’atelier de la Sorbonne qu’on nous fait défiler sans arrêt en ces prémisses de mai 2008 et qui sont plastiquement si sérieuses eu égard à l’avant-gardisme politique proclamé par leurs contenus.
Photo (détail) : Fondation Chomo
Et si ça suffit pas, si vous voulez vous offrir un petit de doigt de performance du temps de la contestation, allez voir la prestation de Chomo, défendant, par pur esprit de provocation, à la Sorbonne même, les petits commerçants : «Qui est-ce qui fait bouffer les Parisiens à l’heure actuelle ?». Chomo, l’ermite-artiste de la forêt de Fontainebleau, sorti de son village préludien pour l’occasion d’une révolution, vous m’avez bien lu ! C’est dans le film de William Klein : Grands soirs et petits matins, monté en 1978 sur des rushs de 68.
Sur Internationalnews, c’est dans la partie 3.
01:59 Publié dans Ecrans, Images, Jadis et naguère | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chomo, mai 68
06.04.2008
Henry Darger au Salon du dessin contemporain
Au menu d’aujourd’hui, un cliché de la chambre de Henry Darger par le photographe japonais Keizo Kitajima.
Elle provient du carton d’invitation de l’Andrew Edlin Gallery de New York qui présente jusqu’au 7 juin 2008 une sélection de ces photos, prises 25 ans après la disparition du créateur et 6 mois avant que «the apartment was finally dismantled».
L’expo nouillorkaise qui s’intitule Darger Discoveries and Henry Darger’s Room (Photographs by Keizo Kitajima) montre aussi des pièces significatives de l’œuvre de Darger.
«Darger Discoveries features newly available, emblematic works from the artist’s œuvre that have been shown in important exhibitions in the U.S. (…), Europe and Japan».
On retrouvera bientôt à Paris cette galerie, dont le boss n’hésite pas à se se servir de la langue française, au Salon du Dessin Contemporain qui ouvrira ses portes le jeudi 10 avril 2008 au 4 rue du Général Foy dans le 75008 pour se terminer le lundi 14 avril.
Quand elle vous aura dit que le vernissage est le mercredi 9 avril de 19 à 23 heures (7 p.m.-11 p.m.) et que Andrew Edlin, outre Henry Darger, viendra avec ses poulains :
Tom Duncan
Marc Lamy
Charles Steffen
Chico MacMurtrie et Chris Doyle, votre Petite âme errante vous aura tout dit et vous en saurez autant qu’elle.
20:15 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, henry darger, tom duncan, marc lamy, charles steffen
03.04.2008
Michel Macréau bourgeonne rue du Perche
WARNING, WARNING !
Ne soyez pas timides, suivez la trace de votre petite âme errante. Ce n’est pas parce qu’on voit tout au travers des vitrines de la salle qui donne sur la rue qu’il faut en rester à celle-ci. Poursuivez hardiment votre chemin dans le dédale de grosses boîtes d’allumettes qui vous attend derrière celle-ci (visite d’une authentique cour parisienne au passage).Vous vous y rincerez l’œil avec un Portrait diplomé réalisé sur un vieux document scolaire, sur Des saints sur la vitre, une gouache transparente de 1970, sur un magique napperon orné au feutre noir de 1986 dans le bureau du fond et d’autres lettres et dessins encore assez accessibles, pourvu qu’on ait un peu de thune à y mettre.
«La bande est ocre jaune mais elle aurait pu être rose» nous avertit Macréau dans un de ses tableaux, des fois qu’on oublie la rôle de l’automatisme maîtrisé dans son travail. On ne sait pas si un petit tableau composé d’une croix formé de 2 traits, d’un pointillé et du mot CIEL se fout de nous ou nous invite à la méditation. Tant pis pour ceux qui concluent trop vite dans un sens. Il y a aussi des tableaux du début des années 60 comme L’Africaine et d’autres que je n’ai pas osé fusiller avec mon téléphone portable.
23:02 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel macréau




































































