01.11.2009

Ste Foy-la-Grande : réveil des créatures de la nuit

venus calavera.jpgPour le 1er novembre, je vous avais préparé un joli petit calavera mais voilà que les créatures de la nuit de Franc Barret pointent leur terrible museau dans la presse et je préfère vous inviter à regarder l’horizon. L’article de Jean-Claude Faure du 31 octobre 2009 dans Sud Ouest (actualités de Sainte-Foy-la-Grande) nous fait miroiter l’ouverture du nouveau musée Barret pour septembre 2010. Occasion de nous mettre en pleine lumière la Chauve-souris vampire et l’Homme de Cro-Magnon.

sud ouest F Barret.jpg

photo J.-C. F. pour Sud Ouest

En compagnie de monsieur Pierre Lamothe (en arrière-plan avec les lunettes), fondateur du Musée du Pays foyen et défenseur de l’histoire locale qui travaille avec son association à la résurrection de l’œuvre de Franc Barret.

FB.jpgLes Animuliens qui auraient un peu oublié qui est Barret peuvent se reporter à ma note du 11 juin 2008 : Souvenirs de Franc Barret et au commentaire de monsieur Philippe Lafaye.

03.08.2009

Dieppe au tapis

tapis-de-bain.jpg

Dieppe au tapis, l'art brut sur la plage, vous avouerez que c'est mieux que la station Montparnasse. tapis_roulant.jpg

Mon chéri que j'ai qui aimait déjà les étrangères quand il était un petit enfant a dégoté en surfant sur la vague net ce blog et la note intitulée Art brut à Dieppe.

Forcément ça a fait tilt dans son petit cerveau de bureaucrate rêvant à ses vacances en slip panthère.

Imaginez en une de plage, toute couverte de tapis faits main comme autant d'invitations aux splash, splash. Il suffirait qu'une armée de Pénélope s'y mette.

Celle que l'Etrangère dieppoise nous signale a pour nom Nicole Bayle. Je crois pas que ce qu'elle fait relève vraiment de l'art brut. C'est plutôt une artiste récupéreuse, masquière et mail-arteuse si j'en crois les infos pêchées ici et là.

bayle art postal.jpg

Mais sa petite entreprise tapissière n'est pas sans intérêt. Elle mérite certainement qu'on s'interroge. Vous aurez pt'être un avis, hésitez pas à faire profiter de votre grain de sel les Animuliens engourdis dans le farniente.

nicole bayle 2.jpg

A noter que cette opiniâtre tricoteuse n'expose son work in progress que deux heures par an le 13 juillet, les années où il ne pleut pas. Un parti pris assez rare pour mériter d'être signalé.

01.07.2009

Bodan Litnianski à l'encan

détail botan.jpg

Telephone botan.jpgBodan Litnianski convoité par les Chinois ? Allez pas croire que votre petite âme errante soit complètement à l'ouest. C'est fou ce qu'on peut lire dans la presse !

Par exemple dans L'Union (Champagne Ardenne Picardie) du 30 juin 2009, cet article de Samuel Pargneaux qui nous alerte sur la mise en vente du site de Viry-Noureuil (Aisne), célébré par Agnès Varda dans Les Glaneurs et la glaneuse.

A vendre Litnianski.jpg

maison bodan 2.jpg

couv_bodan.gifJ'aurais voulu retrouver le livre de Denys Riout et B. Teissedre sur le sujet pour vous documenter la chose. Mais, depuis 2004 qu'il est paru, il a été englouti chez moi dans une pile de bouquins devenu colonne. Et comme je construis moins solide que le « maçon-artiste » (comme dit Agnès), je n'ai pas osé tenter l'exploration et j'ai préféré ramper jusqu'à mon écran.

Heureux que la préface donnée par Varda pour ce livre intitulé Le jardin des merveilles se trouve .

maison botan.jpg
pl mineral bodan.jpg

Et comme je dois garder du temps ce soir pour me faire mon masque de beauté au concombre, je vous livre l'info toute chaude pour que vous en fassiez ce que vous en voulez. Même acheter si vous êtes pété(e) de thune.

masque concombre.jpg

28.06.2009

Aladin et le génie de Monsieur Tout-le-monde

Couv aladdin 2009.jpgAladdin nous le dit :  l'art brut est un sujet maudit.

Cherchant le calendrier des brocantes dans «le magazine des chineurs» du mois de juin (n° 251), je suis tombée sur un article de Bruno Delaine qui m'avait échappé à première lecture. Appartenant à la rubrique Il y a vingt ans, ce papier remonte le temps en direction du numéro 26 de ce canard qui a su se rendre indispensable, au fil des années, aux zamateurs et aux pros de l'antiquité (pas toc).
A cette époque qui date d'avant les téléphones portables (juin 1989), Aladin mettait déjà sa lampe merveilleuse sur son i mais il n'avait pas encore ce «double d» adopté depuis peu pour l'agrément de nos vacanciers-résidents anglo-saxons qui ne le lisent pas parce qu'il est en français.

couv aladin 1989.jpg

Aladin ou Aladdin (prononcez comme grenadine) a toujours eu du mérite, on le voit. Ce n° 26, spécial Art brut et art naïf fut d'emblée un collector pour les petites fureteuses de ma trempe alors en pleine crise de croissance.

C'est qu'un support de grande diffusion qui consacrait son dossier du mois à notre dada chéri, ça courait pas les têtes de gondole alors. L'intérieur était tristounet avec des photos du Palais du facteur Cheval en noir et blanc (pardon, en black and white) et des caricatures qui avaient l'air de sortir du Hérisson.

cheval chez aladin.jpg

Bruno Delaine décortiquait déjà les étiquettes, la peinture haïtienne était à l'honneur et Yankel donnait un coup de main pour le Musée de Noyers-sur-Serein, quasi inconnu au bataillon à ce moment-là. On restait sur sa faim mais c'était quand même pas mal.

Mais là n'est pas la question. Ce que je livre aujourd'hui à votre réflexion, dans le prolongement des commentaires pointus qui se sont portés sur ma note De l'art brut à l'art numérique, c'est la constatation à laquelle Delaine se livre dans sa chronique actuelle. Qu'ils soient «associés ou traités séparément», les sujets de l'art brut et de l'art naïf, «n'ont jamais marché» pour Aladdin. Ils ont toujours été synonymes de «bouillon», reconnaît sportivement B.D., fondateur du journal.

aladin et le genie.jpg

Ce qu'il ajoute révèle un étrange paradoxe: «quand nous programmons dans nos pages un sujet sur l'art spontané des non-initiés, nous sommes convaincus que nous n'aurons aucun mal à communiquer notre enthousiasme à nos lecteurs ébaubis. Mais caramba! (...) Les lecteurs-chineurs nous boudent, alors que les chineurs-lecteurs, dans les marchés et les foires, manifestent leur intérêt, voire leur fascination pour ces produits du génie de Monsieur Tout-le-monde. Allez comprendre». (...)

la pensée du jour.jpgBon entendeur salut à ceux qui croient que le dialogue entre l'art brut et l'art contemporain c'est vite-fait dans la poche !

23.06.2009

De l’art brut à l’art numérique

coquille bateau.jpgDe l'art brut à l'art numérique ou la nouvelle tarte à la crème. Si ça continue, je change de crèmerie. Je me convertis aux poissons d'aquarium, aux faux-ongles américains ou au vélo d'appartement, n'importe quel sujet plutôt que l'art brut.

Quand j'ai commencé, je naviguais tranquille dans mon océan de créativités sans rivales et voilà que maintenant des flopées de coquilles de noix outsiders se pavanent toutes voiles dehors dans mes eaux territoriales comme si c'étaient du vulgaire mainstream.

Pas une expo aujourd'hui qui ne se pare des plumes de l'art brut, pas un curator qui ne se colle avec délice ce dossart sur le maillot. Cela devient rasoir. J'exagère mais à peine.
Prenez par exemple De l'art brut à l'art numérique. Titre alléchant s'il en est. Le problème est que les 3 artistes roannais qui se sont réunis sous ce label sont peut-être très fréquentables mais ils n'ont strictement rien à voir ni de près ni de loin avec l'art brut.

invit P Ficelle.jpg

Princesse Ficelle fait dans la joaillerie, Mathilde Comby dans la photo, quant à Julien Margotton, il m'a tout l'air d'être un bon graphiste doté d'un matos up to date.

Musee-d-Art-Naif.jpgAlors? L'art brut où est-il? Dans les Alpes-Maritimes peut-être? Tournicottons nous vers le Musée International d'Art naïf Anatole Jakovski de Nice qui nous promet un «dialogue entre l'art brut et l'art contemporain» (tartala...).
Tout ça par la confrontation de 3 «apprentis sorciers» :

Michel Macréau,

cata apprentis sorciers.jpg

Dominique Liccia,

Cata liccia.jpg

Jean-Michel Basquiat.

Basquiat dead bird.jpg

Tout à fait bonard mais j'ai un p'tit souci : qui c'est-il qu'est vraiment brut dans ce trio gagnant ? Je vous laisse juges.

MUSEE RIGNAULT.jpgHeureusement que dans le Quercy on se décarcasse. A Saint-Cirq Lapopie où Dédé des amourettes venait en villégiature avec ses potes surréalistes, le musée départemental Rignault aligne 9 artistes sous un concept estampillé (allez savoir pourquoi) Homme, terre, ciel.

presse musee rignault.jpg

Parmi ceux-ci, deux créateurs (Josef Hofer, Alexis Lippstreu) indubitablement dignes du sérail animulien. C'est eux sans doute que la présentation qualifie de «tenants de l'art brut». Mot malheureux mais pas plus que ceux choisis pour désigner les 7 restants : «témoins du marché de l'art» (sic) et outsiders (glop).

JOSEF_HOFER.jpg

Josef Hofer

ALEXIS_LIPSTREU.jpg

Alexis Lippstreu

On a jusqu'au 4 octobre 2009 pour faire comprendre aux rédacteurs de cette présentation que Hofer et Lippstreu n'ont pas des têtes de «tenants» et que le simple fait pour un créateur de se déclarer partisan de l'art brut signe automatiquement sa non-appartenance à cette catégorie.

17.06.2009

L’art brut c’est du luxe

nos amies les bêtes.jpg
N O Sii A M I E S iiL E S iiB Ê T E S

Ecolo, écolo, écolo et brut à la fois. Avec le vent en poupe de papy Dany, elle nous pendait au nez comme un sifflet de 2 ronds la collusion. La collusion art brut et ceinture serrée. Notre libéralisme vénéré s'étant mis en tête de nous faire oublier ses frasques financières, la marée verte nous est tombée du ciel d'Arthus-Bertrand.

marée verte 2.jpg

Et elle envahit tout, nous invitant à moins circuler, à moins éternuer, à moins dépenser.

L'art brut lui-même est sommé de rentrer les fesses et de s'adapter à la crise.
Sur Ladépêche.fr, une note sur Saint-Céré et sa région, intitulée Louis De Verdal ou le mystère de l'art brut nous apprend que ce sculpteur possède l'art «de faire quelque chose de rien».
Jusque là rien d'extraordinaire. Beaucoup d'artistes font ça. Mais là où votre petite âme errante tique c'est quand le journaliste lotois anonyme enchaîne avec bravitude : «son art est brut, d'une singulière création, à base de récupération des rebus (sic), annonciateur de temps économes».

l'econome.jpg

Econome est beau, économe est grand, économe est héroïque. Hélas, il ne cadre guère avec le sujet que vous prétendez aborder, cher confrère (ou consoeur) ladépêcheur. D'abord parce que monsieur de Verdal, qui est sans doute un plasticien autodidacte très respectable, m'a tout l'air de n'avoir que peu à voir avec l'art brut véritable. On peut, pour se faire une idée, louer une ses œuvres pour 50 € par mois ici.

Mais surtout parce que si l'art brut fait effectivement feu de tout bois, il n'en vise pas moins à la dépense la plus extravagante, au gaspillage inconsidéré des énergies créatrices et mentales, à la débauche d'inventions.
En témoignent les œuvres de :

G B Podesta 2.jpg

Giovanni Battista Podesta

Emery Blagdon.jpg

Emery Blagdon

Bispo do rosario.gif

Arthur Bispo do Rosario

roue manège pierre avezard.JPG

Pierre Avezard

pour ne chiper que quelques exemples parmi une tripotée d'autres. On est loin du recyclage publicitaire, genre : «mon papa achète le soleil mais c'est pour le revendre». Ces créateurs d'art brut sont sans vergogne. Plutôt que des ordures, ils prendraient aussi bien du marbre et de l'or s'ils en avaient sous la main.


la pensée du jour.jpg
Avec l'art brut, on nage dans le pur luxe,

celui du temps dépensé sans compter

à ne rien faire d'autre que de vivre.

14.06.2009

Dérive à Auberive

invit auberive recto.jpgDans l'abbaye d'Auberive a éclos un Centre d'Art Contemporain. Jusqu'à l'automne, il couvera sous sa grande aile un «œuf sauvage» pondu jadis par le créateur de la revue du même nom. Occasion pour Claude Roffat de se faire l'historiographe de ses propres entreprises dans un ouvrage qui présente un bilan, globalement positif si on en croit l'intéressé.

Ce livre très personnel accompagne une exposition d'envergure, d'abord par la taille.

invit auberive verso.jpg

50 (et des) créateurs et artistes, même enrôlés sous l'unique bannière d'1 «parcours singulier», ça ne se refuse pas. Surtout si, parmi cette ample sélection, figurent ceux qui, entre 1991 et 1994 (ça nous rajeunit pas !) firent la couverture de l'O.S. : Yolande Fièvre, Anselme Boix-Vives, Gilbert Pastor, Pierre Bettencourt, Joseph Crépin, Gaston Chaissac, Michel Macréau, Aloïse.

OS n°1.jpgOS n°2.jpgOS n°3.jpgOS n°4.jpg
OS n°5.jpgOS n°7.jpgOS n°8.jpgOS n°9.jpg

Que des petits chouchous d'Animula. Aussi, quand mon service de renseignements m'a recommandé La Croix de la Haute-Marne du 12 juin 2009 (N°8408), non pour son article sur Le Centre ville sous vidéosurveillance (on est chouchouté à Chaumont) mais pour sa dernière page qui présente l'expo auberivellienne, j'ai sauté dans ma 207.
Et en avant l'autoroute de l'Est.
moulin miniature.JPG
«Attention, ça va chauffer» annonçait la météo. Et ça chauffa sur la Haute-Marne. Heureux qu'à Auberive, il y a de l'eau, un moulin et une auberge où la joue de boeuf est super bonne.
A André Theuriet.JPG
Dans un petit vallon qui mousse de rayons, je me suis trouvée nez à nez avec André Theuriet. Je le croyais civraisien, ayant lu son roman Le Fils Maugars dans mes dérives poitevines.
le fils maugards.jpg
mouton auberive.JPGIl est d'ici aussi. «Bon allez, je te quitte, André...».

C'était l'heure du vernissage et les visiteurs moutonnaient vers le spectacle.

L'Abbaye d'Auberive, c'est comme le palais du Prince Salina dans Le Guépard de Lucchino Visconti. Il y a tellement de salles qu'on a toujours peur d'en oublier.
visiteurs auberive.JPG

Des graffiti sur les murs se souviennent de la prison qui y fut.
grafitto 1768.JPG
le carré galimard 2.JPG



Difficile de rassembler autant de tempéraments artistiques dans un tel espace (sur 2 niveaux). Surtout qu'on ne discerne pas bien ce qui relève de la Collection permanente et de l'expo temporaire où l'on redécouvre par exemple des Simone le Carré-Galimard prêtés par la Fabuloserie.
le carré galimard.JPG
le carré galimard 1.JPG
Il aurait été préférable de serrer le propos en restreignant volontairement le choix. Trop c'est trop, cela entraîne à des voisinages pas évidents (Louis Pons/Boix-Vives). On ne saurait mettre d'accord des pièces si différentes, qui par ailleurs sont loin d'être ici qualitativement homogènes. Dans ces conditions, je recommande de faire son menu soi-même. J'ai flashé pour ma part sur la pièce lambrissée avec les 3 Madge Gill et les 3 Aloïse prêtés par abcd qui a dû contribuer à leur accrochage.
3 aloïse.JPG

J'ai aimé la respiration offerte par les photographies de Clovis Prévost.
J'ai eu la bonne surprise d'un Armand Avril perché sur une haute cheminée.

bateau avril.JPG

J'ai subi le choc des totems cuir et peaux, des faisceaux de pointes ligaturées de Patrice Cadiou, un excellent sculpteur-assembleur dont on voit trop peu le travail écorché-vif.

patrice cadiou 1.JPG
patrice cadiou 3.JPG
patrice cadiou 2.JPG

09.06.2009

Eric Dussert Fabrique des Icebergs

an 1.JPGPair, Impaire et manque. J'ai du mal avec les anniversaires. Aussi ai-je étourdimulement manqué celui de la Galerie Impaire. Un premier anni pourtant, ça aurait du marquer votre Ani! D'autant que la soirée du 5 juin, rue de Lancry, était sous le signe de 2 icônes.
Du côté américain, un certain George. A la veille de la visite d'un certain Barack sur les plages de la liberté en Normandie, c'était tout indiqué un Washington. Du côté français, pouvait-on mieux choisir que de choisir la Parisienne la plus people, quoiqu'un peu italienne sur les bords. J'ai nommé ... (non, pas celle-là !) Mona Lisa.

Mona Lisa 1.jpgwashington 1.jpg

Mona et George,

Washington 3.jpgMona Lisa 2.jpg

George et Mona,

idéales figures tutélaires pour l'an 1 d'une Galerie américano-française. Un doigt de Bourbon, un doigt de Beaujolais, un doigt de Cinzano. Et un peintre pour mélanger un peu tout ça. Ike Morgan dont on pouvait voir les œuvres ce soir-là, le temps d'un vernissage exeptionnel, est du genre à s'acharner sur ces deux-là : Washington et Lisa.

ike et mona.JPG

Du moins sur leurs images. Du fin fond de son atelier du Texas (en fait son hosto psy où il vit depuis pas mal de temps), il travaille dur à créer des tableaux à la ressemblance acérée et lacérée.

cour.JPG

Allez pour en savoir plus et hissez vous ici pour visionner les photos de la teuf impairiale. Vous y reconnaitrez plusieurs Animuliens et Liennes dans l'assistance. Donc tout baigne.

Et si vous préférez une personnalité qui soit à la fois parigote et yankee, tournez vous vers Benjamin Franklin qui donnait la parole aux mouches.
Bagatelles Franklin.jpg
Eric Dussert vient de postfacer, dans la Collection des Mille et une nuits, un recueil de ses Bagatelles, malicieux et philosophiques petits textes que l'ambassadeur Franklin imprimait lui-même et distribuait à ses amis de Passy et à la veuve Helvétius dont il était amoureux. invit OT.jpg
Voilà encore que je perds mon sujet de vue.
Et bien non puisque vous retrouverez Eric Dussert à l'Objet Trouvé, une autre Galerie de votre connaissance, le vendredi 12 juin 2009.
Qu'est qu'il y fabrique? Mais des icebergs, bien entendu.
Des icebergs on en a bien besoin.
fabrique des icebergs n°3.jpg

14.03.2009

L’église parlante vue de l’intérieur

Zoom arrière sur Victor Paysant et son église de Ménil-Gondouin. Votre petite âme errante était passée par là (comme le furet de la chanson) à la mi-août de 2007. Mais hélas, 3 fois hélas je n’avais pas pu pénétrer à l’intérieur. «Pour une fois que tu voulais faire la grenouille de bénitier…» se marrait en douce le chéri que j’ai avec son sourire d’enfant de chœur des jours où il a décidé de me prendre la tête.
couv itineraires de normandie.jpgEt bien, grâce à Pascale Herman dont le blogue hommager aux habitants-paysagistes (Les Inspirés du bord des routes) joue les Arlésiennes en ce moment, j’ai pu prendre ma revanche et entrer chez l’abbé Paysant par la porte du beau reportage que le n°12 du magazine Itinéraires de Normandie a consacré en décembre 2008 à cette œuvre fraîchement restaurée. L’article est de Yves Buffetaut, le rédac chef. Les photos aussi peut-être? J’ai pas vu de crédit. Je vous en montre 3 seulement, rien que pour vous donner envie de vous procurer le canard qui est trimestriel.
Autoportrait V Paysant.jpg

Chaire mesnil Gondouin.jpg
menhir.jpg

Et pour finir, rien que pour le fun, une image en bonus de Mâme Péhache probablement prise à la Maison bleue de Da Costa située à Dives-sur-mer. Des fois qu’avec le soleil naissant vous ressentiez l’impérieuse nécessité d’un p’tit week-end en Normandie avec votre amoureux et/ou amoureuse…
oiseau bleu.jpg

27.02.2009

Jacques Chessex et sa Suisse

Roule ma poule ! Une fois le pied en Suisse, je vais pas lâcher l’affaire. En shorter voilà : pistant comme à mon habitude le mot «brut», je suis tombée sur «l’ogre Jacques Chessex». Pas au détour d’un bois vaudois mais dans un article de François Dufay paru dans l’Express du 19 février 2009 à propos du nouveau livre de l’auteur, Un Juif pour l’exemple.
chessex portrait n&b.jpgL’ogre a vieilli et son visage ressemble maintenant à celui du Père Noël mais il collectionne toujours les couteaux des Dracula alpestres.

couv chessex.jpgSon livre fait donc son petit effet dans les librairies de chez lui. Ceci parce que, se basant sur un fait-divers sinistre survenu en 1942 dans sa ville natale de Payerne, Chessex y déterre une ambiance antisémite à faire gerber que certains de ces compatriotes préféreraient oublier.

L’écrivain, qui n’y va pas par quatre sentiers de randonnées, a depuis un moment déjà une autre corde à son arc : la peinture.

chessex affiche.jpg

Cliquer sur la photo pour voir le diaporama

24heures_chessex_1.jpg

Selon François Dufay, le résultat  de ses «fureurs picturales» se situe «entre art brut et figuration libre». Je ne suis pas si catégorique et d’ailleurs Jacques Chessex non plus : bien qu’il n’ait jamais appris à peindre de manière académique, il est catégorique, ses peintures ne peuvent pas être assimilées à de l'art brut.

chessex chaissac.jpg
b05d75e.jpg


En fait, ce qui me botte (de 7 lieues) chez Chessex c’est que tout «gens-de-lettres» qu’il est, il n’a pas des opinions de Petit Poucet du ciboulo. «Je déteste l’art grec, ce mensonge en plein soleil» gronde-t-il dans sa barbe et je trouve ça marrant.
Pour rester dans la note de ma note fribourgeoise précédente, je ne résiste pas à vous surligner encore ce passage de Chessex à propos de son pays: «De la France, vous ne voyez que les vitrines de chocolat, les banques qui d’ailleurs s’effondrent et les horlogeries qui ont été délocalisées. Ce qui demeure c’est un peuple guerrier, sauvage, violent, qui a un goût baroque des armes, de l’héraldique, du bestiaire. Toute notre histoire exalte des brutes, des coupeurs de gorges, des saigneurs de cochons».

bons baisers de ropraz.jpg

Si après ça, vous pensez toujours que la Suisse est, comme se l’imaginent trop les Français (selon François Dufay) «une contrée aseptisée» plutôt qu’un pays «où la folie couve», demandez à votre libraire Un Juif pour l’exemple paru chez Grasset .
Surtout si vous êtes Français, ça vous aidera à comprendre pourquoi l’Helvétie est une terre d’art brut.

Toutes les notes