28.10.2009

Un fondu au noir pour l’Art Brut

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Lausanne éteint la lumière. La guinguette de la Collection de l’art brut ferme ses volets. Snif, snif ! Pas pour longtemps, rassurez-vous. Du 2 novembre 2009 à la mi-février 2010. Le temps de se refaire une beauté du côté éclairage. 35 ans, c’est le bon âge pour un premier lifting. Cela devrait bientôt péter de 1000 feux brillants, le Château Beaulieu. Pareil que  le Pausilippe altier.

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Et en plus, c’est écolo, ces grands travaux! L’avenir dira si ces nouveaux projecteurs concomiteront avec un nouvel accrochage. On risque d’y perdre l’effet «petite grotte» pour s’exprimer comme la Séquestrée de Poitiers. Au profit d’une muséographie plus extravertie? On verra bien.
En attendant, les kilowatts/heure seront du côté de la Galerie du Marché qui consacre à l’œuvre de Carol Bailly une exposition qui commence le 30 octobre et se terminera le 28 novembre 2009.

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Vernissage jeudi 29 octobre à partir de 17h 30. C’est un peu short pour vous prévenir, je sais, mais votre petite âme errante sait plus où donner de la tête des fois.

De toutes manières vous pourrez vous rattraper avec la rétrospective Bailly qui s’ouvrira parallèlement le 5 novembre 2009 à l’Espace Jean Tinguely et sa Niki (de Saint-Phalle) dans la bonne ville de Fribourg. Cela s’intitule Les Dames de Pizza et ça fait le point sur 25 ans de création autodidacte, narrative, autobiographique tendance femme.

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C’est rudement bien que cette artiste labellisée «Neuve Invention» (les petits cousins plus culturels des créateurs d’art brut) soit sous l’égide du couple néo-réaliste le plus sympathique.

Et si vous trouvez que je vous en dis pas assez (vous avez pas tort) allez donc lire le texte de la Galerie du Marché relatif à la bio de Carol Bailly, il est très bien ficelé comme ça.

11.10.2009

Yvette Horner, Yvette Hors normes

Yvette Horner et l'art brut, ces deux vedettes devaient un jour se rencontrer. C'est chose faite aujourd'hui sur Animula Vagula, le blogue qui ne crache pas sur le musette. Il vous offre une image caillouteuse et savoureuse de «la femme aux doigts d'or» qui va se produire dans des tas de galas en 2010. Yvette Horner est de la génération de ma Belle-Mimine qui a la pêche aussi et qui s'appelle pareil. Fin septembre c'était leurs anniversaires aux Yvettes alors nos vœux les plus sincères à toutes deux.

Pour ceux qui douteraient qu'Yvette Horner puisse concerner votre petite âme errante, sachez qu'elle enregistre en ce moment un disque intitulé : Hors Normes.

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Hors normes, l'extraordinaire sculpture que je vous présente ici, le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle l'est aussi. Où voit-on pareils prodiges techniques et artistiques dans la production artistique ordinaire? Nulle part. Et ça vaut bien un petit air d'accordéon surtout quand on sait que ce délicat assemblage de cailloux -collés (oui, collés, vous avez bien lu) et minutieusement choisis pour leurs teintes naturelles -était équipé d'un petit moteur permettant d'animer cet ensemble fragile.

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Merci à Freddy et à Cathy, Animuliens de fraîche date qui m'ont envoyé cette photo d'un objet sans égal qu'ils entourent de respect et de précautions.

P.S. Pour ceux qui pensent que j'ignore le nom du lapidaire qui a créé cette Yvette automatique, je ne dirais qu'une chose : «Chauffe Marcel !».



04.10.2009

Raw Vision, La Quinzaine, Recoins : dernières parutions

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Le Salon de la Revue. Aux Blancs-Manteaux à Paris. Un espace d'animation rue Vieille-du-Temple, au 48. Cette manifestation est une vitrine. De quoi qu'elles souffrent, les revues? D'absence de visibilité. C'est pourquoi animateurs, auteurs et illustrateurs vont se décarcasser pour faire connaître les leurs pendant 3 jours : vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 octobre 2009. Peut-être une occasion de faire des découvertes.
En attendant, sur le sujet j'ai 2 ou 3 choses à vous dire. First of all, La Quinzaine Littéraire sort son n°1000 (un peu spécial). Une tripotée d'auteurs nous y disent leur amour de la Q.L. Préface de Maurice Nadeau, son directeur. Auteur de la fameuse Histoire du Surréalisme qui fit du buzz en 1945 parce que Maurice Nadeau fut «accusé d'avoir voulu enterrer le S. pour en avoir tenté la première recension -qui ne dépasse pas l'année 1939» Voir le Dictionnaire Général du Surréalisme et de ses environs de Biro et Passeron.

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Jeudi 15 octobre (de 19 à 21 h 30) et samedi 17 octobre (à partir de 18 h 30) ce sera la fête du premier mille de la Q.L.. à la Halle Saint-Pierre. Vous pouvez parfaitement en profiter pour vous faire l'expo CHOMO auparavant.
Les Auvergnats, je vous le serine, sont formidables. Le n°3 de la revue Recoins sort. Elle est publiée à Clermont-Ferrand et s'est plutôt améliorée même si sa «ligne éditoriale n'est pas facile à décrire» comme le reconnaît le billet de sa rédaction.

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Là, la tendance artistico-naïvo-brute prend heureusement le dessus sur «les racines tordues du rock'n roll» et sur la boxe dont je me tamponne le coquillard, pour faire allusion à la couverture d'un machisme parodique. Cela nous vaut un article sur Millange, un peintre paysan cantalien, une étude sur le sculpteur Jan Krizek et 4 pages sur 3 colonnes consacrées aux cabanes du meunier Marcel Debord, un autodidacte du Périgord dont animula vagula vous avait timidement pointé l'existence dans sa note du 8 août 2008.

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Emmanuel Boussuge, Anna Pravdova et Bertrand Schmitt, Bruno Montpied enfin sont respectivement les auteurs de ces textes accompagnés de repros couleurs qui pourraient être plus grandes et mieux mises en page.

A lire de toute urgence également la dernière mouture (n°67) de Raw Vision (Autumn 2009) avec l'article d'Eva di Stefano (bien connue de nos Animuliens cisalpins et transalpins) sur notre cher et regretté Giovanni Bosco. Il s'intitule : Anatomical enigma et il est sous-titré par la rédaction de la revue : «Eva di Stefano discovers the late flowering work of Sicilian artist Giovanni Bosco».

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Raccourci un peu rapide puisque Eva di Stefano elle-même n'oublie pas de reconnaître très sportivement, dans le corps de son article, le rôle joué par mon blogue dans la promotion de cette œuvre majeure de l'art brut : «In July 2008, after rading about Bosco on the website animulavagula.hautetfort.com, I met him for the first time».

Carà Eva, grazie per la vostra onesta intelletuale! Au risque de me répéter, je rappelle que le véritable découvreur de Giovanni Bosco, celui qui a su à la fois prendre la mesure de son talent et le mettre en relation avec la notion d'art brut, c'est Boris Piot.

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[Read urgently the number 67 of Raw Vision (autumn 2009) with Eva di Stefano's article on Giovanni Bosco. This article is titled Anatomical enigma and subtitled : «Eva di Stefano discovers the late flowering work of Sicilian artist Giovanni Bosco». Shortcut sligtly faster (due to the Editor of the magazine) because Eva di Stefano does not forget to recognize in his article the role played by my blog in promoting this major art brut work.

Dear Eva, thank you for your intellectual honesty ! I remember that the true discoverer of Giovanni Bosco (I mean : the one who has taken the measure of his talent and link up with the notion of art brut) is Boris Piot.]

 

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02.10.2009

Annivernissages d’octobre

paquet cadeau.jpgAnniversaires a tout pour plaire. D'abord c'est un mot qui commence bien (comme moi) et puis il ne manque pas d'air, ce qui est plutôt écolo. Alors en ce début d'automne qui se la joue réchauffement de ma planète, il est rafraîchissant de célébrer ceux du Creative Growth et d'abcd. Ces deux «produits» vous ont été fréquemment vendus ensemble sur les rayons d'Animula Vagula vous ne vous étonnerez donc pas que j'en fasse un paquet commun avec un joli ruban autour.
Le Creative Growth Art Center est un monsieur de 35 ans déjà, athlétique, souriant et adepte de la course à pied. L'association abcd est une pré-ado pleine d'entrain comme Zazie et toujours prometteuse bien qu'elle ait atteint l'âge ingrat de 10 ans.

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Si le Creative Growth est votre «titre tant recherché» (comme dit Chapitre.com) vous pouvez peut-être, en profitant du décalage horaire, être vendredi, october 2nd, à Oakland pour le vernissage de l'expo thirty-five où l'on célèbrera gloires anciennes et nouveaux espoirs de la création californienne brute.

Si votre cœur balance pour abcd, j'espère que vous avez réservé votre place le vendredi 9 octobre à 18 h pour la première du film tant attendu de Bruno Decharme car le Club de l'Etoile, 14 rue Troyon, 17e à Paris (métro De Gaulle) c'est tout de même pas le Rex comme cinéma.

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On attend du monde pour la projection de ce long métrage d'art et d'essai sur l'art brut qui s'appelle Rouge Ciel et sort comme une ponctuation de la décennie abécédienne. Ce serait la honte de le louper.

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Image extraite du film

Ceux qui pourraient fournir un mot d'excuse de leurs parents pour justifier de leur absence à Oakland le 2 octobre auront droit à un oral de rattrapage le jeudi 8 octobre entre 6 and 9 P.M. à la Galerie Impaire, 47 rue de Lancry pour un vernissage Naomie Kremer/Dan Miller. Greetings !

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Dan Miller

Comme la rue de Lancry est à Paris, dans le 10e, vous pourrez parfaitement faire la bise ce soir-là à Tom di Maria qui n'aura pas oublié de prendre son avion j'espère.
Les malheureux qui n'auraient pas le lendemain la baraka et qui ne trouveraient plus un strapontin de libre pour le film decharmien, pourront encore prendre la ligne 1, changer à Nation pour la ligne 9 et rester dans le dernier wagon du métro pour descendre à Robespierre. Les Racines du Ciel rouge, on le sait, sont à Montreuil-la-verte.

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Le vernissage d'une expo Lubos Plny/Anna Zemankova débutera là dans le 9-3, à partir de 20 h, au 12 rue Voltaire exactement.
A Oakland demain : Street Party en bonus. Petits plats chez abcd le vendredi 9 octobre pour accompagner l'expo annoncée plus haut et qui a pour titre : Anatomia Metamorphosis.

Bon birthday et happy anniversaire avec mes vœux les plus machin bidule.

29.05.2009

Antonioni au Mamac avec Bomarzo

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Bomarzo, c'est rigolo, j'ai rarement l'occasion de vous en toucher deux mots. D'abord parce que cet étonnant parc de sculptures datant de la Renaissance italienne ne voisine mon sujet que de loin, même si son caractère insolite ne peut laisser indifférent des Animuliens endurcis. Ensuite parce qu'il n'y a pas beaucoup d'actualité à son propos. Et bien voilà, justement : il y a du nouveau chez Bomarzo. Tant pis si je me fait tacler par les artbrutistes intégristes qui se demandent : «où va-t-on ?» en me lisant mais ça me démange de vous cracher le «scoop».

01antonioni1.jpgOn a retrouvé un documentaire de 1950 sur Bomarzo et ce docu serait de Michelangelo Antonioni en personne. Avant l'Avvantura, avant La Notte et même avant le Cri (il Grido). Antonioni avait 38 ans. Pour vous donner une idée de la précocité, Les Monstres de Bomarzo (le beau bouquin d'André Pieyre de Mandiargues, illustré de chouettes photos de Georges Glasberg) qui a largement contribué à faire connaître ce lieu situé près d'Orte dans la province de Viterbe, ne date que de 1957.

auditorium.jpgOù voir cette rareté pour cinéphilistolâtres ? Au MAMAC, le Musée d'Art moderne et Contemporain de Nice, place Yves Klein. Le samedi 6 juin 2009 à l'Auditorium dans le cadre d'un Festival du film d'Art Singulier.

Cette journée où, dans le sillage de ce vaisseau amiral sera présentée toute une flotille de films que je mettrais la nuit à vous énumérer, «marquera également la sortie officielle du Petit Dictionnaire Hors-Champ de l'Art Brut au Cinéma aux Editions de l'Antre», selon le dossier de presse. «Officiel» n'est pas de trop car personnellement je le possède déjà depuis plusieurs mois ce dico.

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Il est paru en fait l'année dernière et ses entrées sont entrelardées de commentaires et de souvenirs par divers auteurs singulièrologues. L'un des plus effrontés d'entre eux, sous couvert de passer de la pommade à Animula Vagula, «un blog magnifique et sérieux consacré à l'art brut», en profite pour me traiter d'«ayatollah» la phrase d'après.

Ayatollah, joli terme qui sent son siècle dernier. Pour les plus jeunes d'entre vous, sachez que c'est kif-kif caca-boudin.

Ayatolleuse, moi ! Tout ça parce que, je le confesse, j'ai osé m'interroger sur le cas Paul Amar ! J'étais déjà une jet-setteuse, une pétroleuse, une superficieuse, me v'là maintenant quasi talibane. C'est de ma faute aussi. A mon âge je devrais savoir que, dans le petit monde policé de la singularité militante où mon réprimandeur est chef d'escadrille, le moindre doute sur n'importe quoi est considéré comme politiquement incorrect.

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S'il ne se trouvait de vénérables juges autoproclamés pour aboyer contre ma caravane, je serais même foutue de finir par émettre des opinions. Pour ceux qui penseraient que je me fais un sketch, allez donc lire la page 118 du Dictionnaire H.-C. de l'Art Brut au Cinéma. Cela vous fera une bonne raison supplémentaire de sortir votre billet de 20 € pour l'acheter ce dictionnaire.

13.04.2009

MAKE : 4 créateurs projetés à New York

MAKE. Si vous habitez New York ou que vous y séjournez pour vos chères études, retenez bien ce titre qui est celui d'un film de Scott Ogden et Malcom Hearn.

2 pigeons sur l'ESB.jpeg Au lieu de photographier les pigeons de l'Empire State Building, de courir après vos lunettes de star que vous avez égarées chez Bloomingsdale's ou de bailler dans votre chambre d'hôtel devant votre thèse sur «l'Art outsider aux U.S.A.», propulsez vous jeudi, le 16 avril, de 6 à 8 p.m. à la Ricco Maresca Gallery pour la projection de ce documentaire d'exploration consacré aux univers de 4 «self taught artists» américains.

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Judith Scott - Photo John Mac Gregor

Les créateurs autodidactes en question ce sont la grande Judith Scott dont je vous ai souvent parlé à propos du Creative Growth Art Center d'Oakland CA, et puis, Hawkins Bolden, Ike Morgan et le prophète Royal Robertson.

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Faudrait pas croire qu'à Memphis, Tennessee, il n'y en ait que pour Elvis.

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Hawkins Bolden - Photo : Judith Mc Willie

épouvantail Bogden.jpgHawkins Bolden, sa vie durant s'y est occupé d'un petit jardin qu'il protégeait de son mieux des prédateurs ailés (genre pigeons) avec des épouvantails fabriqués à partir de matériaux de rebut ramassés dans le coin. Il ne s'est jamais douté que ses productions pouvaient être considérées comme de l'art. J'ai oublié de vous dire qu'il était aveugle depuis son enfance à cause d'un accident de baseball (ce qui prouve que ce sport est, autant que les autres, mauvais pour la santé). Comme Emile Ratier seul le sens du toucher le maintenait en contact avec ses créations.

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Ike Morgan et Mona Lisa

Mona Lisa, on le sait, a ses fans. Ike Morgan en est un. Il kiffe aussi pas mal les présidents U.S. Alors il en réalise de vibrants et très perso portraits dans son Austin State Hospital où il séjourne, à partir de photos qu'il trouve dans les magazines.

Quand à Royal Robertson qui a travaillé, si je comprends bien, comme peintre d'enseigne (« professional sign painter »), après s'être occupé de sa souffrante maman et avoir vu son mariage foirer, il est devenu de + en + instable aux yeux du monde ordinaire et est entré progressivement dans le sien propre.

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Royal Robertson - Photo : Mike Smith

Il faut dire que le bon Dieu s'est mis à lui tenir la main et qu'il lui a offert des voyages dans le passé et dans le futur. Au présent, de généreuses visions nourrissent son activité principale qui consiste à couvrir sa petite maison et son terrain d'inscriptions et de signes, apocalyptiques.
If you prefer the english version, click here.

06.03.2009

L’art brut à toutes les sauces

Notre secrétariat animulien a reçu cette vidéo judicieusement repérée par un de mes correspondants très fine mouche.



Que dire après ça sinon « NO COMMENT »

14.02.2009

Du nouveau sur la planète Boix-Vives

Boix-Vives, c’est le bon plan! Ou je pars en vrille ou mon p’tit doigt me dit que la 2009e année après le Crapaud de Nazareth (c’est pas mortel le chant des crapauds ?) ne s’achèvera pas sans qu’on reparle de ce peintre catalano-savoyard aux palpitants jardins de paradis caraïbe. Rumeur d’expos en perspective? Faut pas être voyante extra-lucide! Y’a qu’à se promener un peu sur la toile mais chut… «Chaque chose en son temps» comme dit mon daddy dans sa grande sagesse. Moi je me suis cramé les yeux sur l’écran pour vous retrouver, dans les archives de la Télévision Suisse Romande, un film de Jean-Claude Diserens passé dans l’émission Champ Libre. Il date pas d’hier, c’est de mars 1966.

Cliquer sur l'image

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Pour la journaliste Marie-Madeleine Brumagne, Anselme Boix-Vives met en chanson son plan d’union mondiale pour sauver la civilisation. C’est qu’avant de se lancer sur le tard dans la peinture qui lui apportera la notoriété d’un peintre d’art brut de premier plan, le cher Anselme s’acharna à montrer à ses concitoyens de quel bois il se chauffait avec les choses tordues de la planète. Ses idées généreuses et candides, marquées au coin d’un pacifisme inébranlable et d’un capitalisme populaire spontané, il n’avait pas hésité à les répandre dans des brochures philosophico-politiques raides originales. Faisant du crédit la base de l’édifice social, il y préconise, avec une désarmante façon d’écarter les difficultés réelles, des solutions anti-chômage que n’aurait pas désavouées Alphonse Allais : aplanissement des montagnes, changement de place de l’océan.

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Idéal en temps de crise! Dans son univers pictural, les catégories sociales subsistent mais envisagées sur un même plan. Boix-Vives adore les rois, les prêtres, les religieuses et les concierges. Tous noyés dans la même nature luxuriante. Cet égalitarisme coloré qui doit quelque chose à l’actualité de son temps (le mouvement pour les droits civiques aux U.S.A.) peut nous paraître plus séduisant. Il est quand même frappant d’entendre Boix-Vives dire : «je préfère voir réussir le plan que les tableaux». Cela mérite bien qu’on se penche aussi sur ses brochures utopistes. C’est ce qu’avait compris en son temps (1991) la revue L’Œuf sauvage qui dans son n°2 reproduisait l’espèce de disque façon 45 tours vinyl où Anselme B.-V. avait figuré l’enchaînement des causalités à partir d’une garantie planétaire mythique.

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Si celle-ci vous paraît pas faire écho à certaines inquiétudes d’aujourd’hui c’est qu’il faut d’urgence vous HT des cotons-tiges pour vous déboucher les oreilles. L’œuf dont je parle montrait aussi deux couvertures de professions de foi boix-viviennes. Dans ma grande bonté, je vous en ai dégoté une autre. Car ce plan, c’est d’la balle!

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04.02.2009

Colloque, expo, catalogue : une trilogie Bosco

affiche.JPGNeige sur Paris. Vent sur Palermo. Poireau à l’aéroport. Je suis restée 13 heures à attendre l’avion du retour devant une pub où -ironie du sort- un hardi pittore rougissait un mur bleu à grand renfort de rouleau.

On aurait dit que la Sicile ne voulait pas me laisser partir et qu’elle s’ingéniait à me faire regretter ce que j’étais venue chercher dans l’île avec mon chéri et les amis : non la barbouille ordinaire mais la peinture, la vraie peinture.

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Celle du dottore Giovanni Bosco qui malheureusement n’était pas en condition d’assister à l’hommage qui lui était rendu, samedi dernier, dans sa ville de Castellammare del Golfo.

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La grande prêtresse de cette chaleureuse cérémonie était Eva di Stefano et elle a assumé son rôle avec efficacité, bonne humeur, rire généreux et énergie communicative. On lui aurait bien offert un gâteau et chanté l’opéra pour la remercier.

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Elle était secondée dans sa tâche par Claudio Colomba et une armée de jeunes zeppistes à coppola fleurie (casquette locale chic) et dread-locks. accrochage kakemono.JPG


 

 

 

Ils grimpaient sur des échelles, portaient des tonnes de cimaises, filmaient des plans d’enfer selon les nécessités de l’organisation, de l’accrochage et de la couverture de l’événement.


 

A 16 heures tout était prêt. Il ne restait plus aux oratrices et orateurs qu’à escalader la tribune de l’ancien cinéma où se tenait le colloque.

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Heureusement que 150 personnes étaient là, debout dans les allées, occupant tous les fauteuils, ça réchauffait l’atmosphère de ce janvier frigo et riche en intempéries, même ici.

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public détail.JPGCes quelques photos pour vous donner une idée de l’ambiance.

Si ça vous suffit pas, allez sur le documentaire de Salvatore Tartamella où vous cueillerez au vol un morceau de l’allocution de Lucienne Peiry, la directrice de la Collection de l’art brut et l’interview du signor Carlo Navarra, adjoint au maire.

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JLL, TM, MS.JPGVotre petite âme errante étant trop timide pour parler, elle a délégué 2 membres de son «collectif» (et oui, je suis un collectif maintenant !) : l’Auguste Jean-Louis Lanoux qui a fait rire la salle avec son italien de pacotille et, dans le rôle beaucoup plus noble du clown blanc, l’indispensable Michel Scognamillo qui l’a tenue sous le charme de son verbe.

Pour que «Michele» (en italien) me pardonne ces douteuses plaisanteries, je vous scanne ici le beau texte qu’il a donné pour le catalogue sorti pour l’occasion.

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dottore di tutto.jpgLa place manque pour célébrer la qualité du contenu de ce bouquin où l’on retrouve les contributions d’Eva, de Lucienne et de Teresa (Maranzano) mais il y a là-dedans quelques nouveaux clichés zeppistes, je vous dis que ça! J’en pique pas trop pour vous donner envie de vous le procurer.

Et je vous emmène toute de suite faire «un giro» (un tour) dans l’expo de dessins de Giovanni qui se tenait dans une église déconsacrée voisine.

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Le spectacle, bien entendu, était aussi, était toujours, dans la rue. J’ai retrouvé un peu pâlies les fresques que j’avais vues en mai 2008.

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J’ai découvert de nouveaux dessins sous les palétuviers ou sur les murs du jardin public.

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En arrivant à Paris un peu hébétée de fatigue, je cherchais machinalement des Bosco partout sur les platanes et dans les rues.

25.01.2009

Castellammare del Golfo honore Giovanni Bosco

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Photo : ZEP

Giovanni Bosco sort de l’ombre. L’œuvre de ce grand créateur d’art brut sicilien aussi. Giovanni Bosco, dessinateur et muraliste d’exception, dont votre petite âme errante est fière de vous avoir révélé l’existence un soir de mai 2008 (le 25 pour être précise). Grâce à Boris Piot, l’un de ses fidèles lecteurs, qui l’avait mise sur la piste de Castellammare del Golfo.

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Car je peux bien vous l’avouer maintenant c’est cette pittoresque bourgade balnéaire située non loin de Palermo qui est la patrie de Giovanni. C’est donc sous le patronage de la Municipalité de Castellammare et de la Province de Trapani que va se tenir une exposition Bosco dont on parlera dans les chaumières italiennes, françaises, suisses et… animuliennes.

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Bosco émerge, du moins sa main, couverte de peinture rouge et brandissant une brosse, sur la couverture du catalogue et sur l’affiche qui nous informe des dates assez resserrées de l’événement : 31 janvier -7 février 2009. Le 31 janvier c’est le jour dédié au saint local : un certain San Giovanni Bosco, homonyme de notre peintre. Comme il est très populaire là bas, notre Giovanni Bosco à nous devra vaincre une forte concurrence pour se voir indexé sur Google.

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Castellammare del Golfo : mur peint et corso Garibaldi

Il reste à souhaiter par conséquent que cette exposition castellammarienne (qui est doublée par un colloque sur l’Actualité de l’art brut) soit suivie de plusieurs autres initiatives pro-Bosco. Un soutien attentif et respectueux a été apporté sur place ces derniers mois au peintre, qui n’a pas été épargné par la vie et dont la santé n’est pas des meilleures, grâce à l’action conjuguée d’Eva di Stefano, coordinatrice des différentes facettes de l’opération et de l’organisation ZEP (Zéro Euro Production).
Eva di Stefano, vous la connaissez. Elle est l’auteur du livre sur l’art brut et l’outsider art sicilien, intitulé : Irregolari. Je vous en ai parlé dans ma note du 22 juillet 2008.

Les ZEP, c’est une société d’étudiants de la ville qui réalise des vidéos.

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Un de leurs films, Giovanni Bosco dottore di tutto, figure au programme.


L’exposition sera abritée dans une salle (Aula consiliare) du Palais Crociferi. Les participants au colloque : Eva di Stefano, Lucienne Peiry, Michel Scognamillo, Teresa Maranzano et Domenico Amoroso (directeur du Musée d’Art Contemporain de Caltagirone où une section est consacrée aux artistes outsider siciliens) se réuniront au Teatro Apollo dans le même palais.

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Tout ce beau monde se retrouvera peu ou prou dans le catalogue. On attend du soleil et 15° Celsius. Aux commandes de l’avion, 3 pilotes dont on attend beaucoup : la ZEP, l’Observatoire Outsider Art de l’Université de Palerme et la Fondation Orestiadi di Gibellina.

Link : Per i nostri amici italiani.

couv création franche.jpgDernière nouvelle : le hasard veut qu’au moment où nous mettons sous presse, le n°30 de la revue Création Franche se décide à sortir (merci Anne, merci Sophie, merci Gérard) avec 7 reproductions couleurs accompagnant un texte de Jean-Louis Lanoux, intitulé Giovanni Bosco au cœur de l’art brut.

 

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