13.04.2008

A toi l’angoisse, à moi la rage

Le répétez pas à mon daddy mais j’en ai soupé de mai 68. De son 40e anniversaire, plus précisément. La célébration, en principe, je suis pour, mais les avalanches de publications commémoratoires, à force ça devient relou. Surtout quand un fameux site d’enchères sussure parallèlement : «Achetez mai 68 !».

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Puisque la perche publicitaire nous est tendue, organisons des rallyes de Simca 1000 avec pique-nique géant dans le bois de Vincennes, projetons-nous Milou en mai en mâchonnant des Malabars mais qu’on nous épargne le parcours des anciens-combattants sous la houlette d’un vieil écolo-libéral qui a perdu sa toison rousse ou d’un French Doctor, pathétique dans sa veste retournée.

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Cependant les canards sont farcis au jus de barricades, les magazines sont pleins de pavés et on ne peut pas sortir d’une Maison de la presse sans traîner en bonus son drapeau rouge, son T-shirt Che ou le dernier DVD de la Cause du Popolo (avanti, avanti!).

Vous me direz : «Animula peut pas rester indifférente à la mode !». Alors, pour vous faire plaisir, votre petite âme errante a déniché A toi l’angoisse, à moi la rage, un bouquin concocté dans la chaleur de cette belle époque qui fiche encore le trac à notre calife fréquenteur de queens (God les save, comme disait Johnny Rotten).

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Ce qui m’interpelle quelque part dans ce livre-document sur Les fresques de Nanterre, c’est que publié dans le dernier trimestre 1968, il est déjà dans le rétrospectif. L’auteur-concepteur, Claude Dejacques, photographe, peintre et poète mais aussi directeur artistique d’exception qui joua un rôle essentiel dans la chanson des années 60-70, a eu l’idée de choisir 65 fresques spontanées qui fleurirent sur les murs de la faculté un peu avant ou pendant les événements qu’un Général de notre Gaule chevelue baptisa dédaigneusement : «chienlit». Le relevé photographique est de Bernard Lagallais.

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Bon d’accord, ces images disparues sentent plutôt l’action painting que l’art brut. C’est que les étudiants d’alors étaient salement cultivés! Mais c’est tout de même plus tripant que les affiches de l’atelier de la Sorbonne qu’on nous fait défiler sans arrêt en ces prémisses de mai 2008 et qui sont plastiquement si sérieuses eu égard à l’avant-gardisme politique proclamé par leurs contenus.

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 Photo (détail) : Fondation Chomo

Et si ça suffit pas, si vous voulez vous offrir un petit de doigt de performance du temps de la contestation, allez voir la prestation de Chomo, défendant, par pur esprit de provocation, à la Sorbonne même, les petits commerçants : «Qui est-ce qui fait bouffer les Parisiens à l’heure actuelle ?». Chomo, l’ermite-artiste de la forêt de Fontainebleau, sorti de son village préludien pour l’occasion d’une révolution, vous m’avez bien lu ! C’est dans le film de William Klein : Grands soirs et petits matins, monté en 1978 sur des rushs de 68.

Sur Internationalnews, c’est dans la partie 3.



 

16.02.2008

San Lazzaro de 1895 à 1985

c992a171dbb788333cf9eaf5242310db.jpgCerise sur le gâteau, j’ai gardé pour vos fines bouches le catalogue de l’expo de l’hosto psy San Lazzaro de Reggio Emilia. Je le trimballais dans mon sac en (fausse) autruche en attendant de trouver le temps de vous en causer. ecc4863c728279694a952142fd319bed.jpgC’est pas le genre «bling-bling» avec débauche de thune à la clé. C’est une publication sobre quoique bien illustrée mais attention, y’a du contenu ce qui veut pas dire que c’est un casse-croûte.
Le texte principal, dû à Teresa Maranzano, nous tire en douceur au-dessus des pâquerettes. Loin d’être une brodeuse laborieusement descriptive comme on en lit trop souvent, cette signora-là a le don des formules justes qui n’ont l’air de rien mais qui font tilt.

d7a000aaeed92eb430311e4927b4e9a6.jpgJe cite : «ce qui étonne dans ces productions, c’est la capacité des auteurs de bouleverser les traditions représentatives avec si peu de moyens, d’introduire l’inattendu et l’imprévisible dans leurs figurations, bref de se jouer de la normalité».
En quelques mots, des choses subtiles et contradictoires sont prises en compte. Mame Maranzano a l’esprit clair et elle est documentée.

Ce n’est pas comme votre Petite Ame Errante qui oublie de vous rappeler que ce que Follie italiane propose à l’Espace Abraham Joly à Genève, c’est une sélection de 80 œuvres de 10 créateurs différents réalisées entre 1895 et 1985.

La Collection San Lazzaro est un exemple en Italie pour la qualité et la quantité des pièces parvenues en bon état jusqu’à nous.

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San Lazzaro vers 1900-1910 

 

T.M. cependant ne s’endort pas sur cette constatation. Elle se pose la question de savoir si un label "Made in Italy" pourrait être attribué à ces «œuvres de la folie». Elle scrute au fond des yeux la difficulté que l’on éprouve à les situer dans un contexte historico machin chose. «Dans la plupart des cas», nous serine-t-elle judicieusement, «ce n’est pas aux sources officielles que nous devons faire appel, mais à une mémoire visuelle plus assoupie et moins influencée par le formatage médiatique propre aux Beaux-Arts. (…) Ce n’est donc pas uniquement à la culture bourgeoise que l’on doit se référer pour lire ces œuvres, mais aussi à la culture paysanne et populaire.».
Nom d’une Hourloupe, c’est chouette à entendre ! Cela nous change des tentatives visant à faire rentrer absurdement le pied de Cendrillon brut dans la grosse grolle du mainstream. Teresa Maranzano est une affaire à suivre et j’espère pour les Animuliens qu’elle va brûler les étapes.

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Je sais déjà qu’elle travaille du chapeau pour le Musée de la Fondation Borsalino à l’occasion de l’expo Perdere la testa (La mode dans l’art outsider). Vernissage le 24 février.

Je blablate et le temps me manque pour vous en tartiner un max sur les vedettes de Follie italiane :

 

Federico Saraceni,

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Giuseppe Righi,

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Clarenzio Spadoni,

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Radmila Peyovic,

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Ernesto Cacciamani,

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Giuseppe Fornaciari

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Crédit photos :

Etc., etc. Leurs images parleront très bien d’elles mêmes. Et puis je compte sur vous pour aller dévorer les notices bio du catalogue FI qui est publié par La Baconnière et les Hôpitaux Universitaires de Genève (Hug).

 

Pour une drôle d’indienne comme moi, Hug(h)! est un bon mot de la fin.

 

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Hugh ! 

 

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Hug 

24.11.2007

Une vie pleine de viennoiseries

275f5ba1562f84fdf1e5881906d1848e.jpgVous sortez de la grève avec des mollets de maillot jaune ? Super, ça tombe au poil. Enfourchez votre petite reine, je vous emmène à Retraite-World. C’est pas loin. Au coin de la rue. Pédalez jusqu’au kiosque et demandez le n° 258 de Pleine Vie, «nouvelle vie, nouvelles envies» (whoa, le programme !).
C’est ouf le nombre de jolies mamies nudistes qui ont testé pour nous la crème anti-âge dans ce mensuel. Et de papis musclés à dos argentés et soupçon de ventres ronds, pêchant la truite dans des torrents glacés.

Il y a même des «sexagénaires» de la dernière pluie qui s’amusent à porter des fourmis sur leur tête.

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Aussi neige pas été trop ébabahie d’y trouver l’ethnologue Michel Valière pointant son doigt ciceronique vers des villages du genre de Chez Bernardeau (oui, comme le muet valet de Zorro) près de Champniers dans la Vienne.6dde45a91e28d73687b6bbb6d6b26161.gif4df79d6bdbee1cec24abd7b072dd051e.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Il fait découvrir sa région à des Parisiens stressés. Rien que pour le fun et dans la décontraction. «Je ne fais jamais de circuits de fil jaune, rouge ou bleu», dit-il, «Plutôt des moments d’opportunités, en mettant l’accent sur un point d’histoire, un élément ethnographique comme un lieu de dévotion sur une tombe de saint avec ses graffiti (…)».


« Graffiti », un de mes dadas. Cela me rappelle que dans un de ses malicieux commentaires déposés sur ma note Calaveras, le pilote du Jardin de Belvert osa me demander si je connaissais le trop mimi musée des graffiti anciens de Marsilly en Charente-Maritime.
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Mais vouiii, bien sûr, voyons. C’est près de la Rochelle. J’y ai même fait provision d’un bouquet de brochures savantes réalisées par les Amis dudit musée sous des couvertures acidulées comme des bonbecs.

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Je me suis fait aussi l’ascension du clocher avec mon chéri qui peinait derrière parce qu’il avait mangé trop de moules arrosées au vin blanc.9494fc39e9d17deb03ef516c88a49e95.jpg9bc2344eb179c786090576498af63b1b.jpg

 

 

La preuve : mon billet d’entrée rose.

 

 

 

 

C’est pas fastoche à photographier mais j’ai pourtant ramené un tas d’images dont je vous donne un échantillon puisque vous insistez.

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D’ailleurs, si vous aviez été attentif, cher professeur, vous auriez remarqué que dès mes débuts, quand je n’étais pas la star blogouilleuse que je suis devenue, j’avais déjà réussi à glisser, le 6 septembre 2005 pour être précise, un cliché de l’un des moulages que ce vaillant musée (non, le mot n’est pas trop grand) expose du mieux qu’il peut.

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Donc une révision s’impose. Pour la prochaine fois, vous me ferez le plaisir, cher Seigneur de Belvert et vous aussi chers Animuliens, de feuilleter d’un clic distrait toute l’année 2005 de votre Animula Vagula préférée.

Je suis vache ? Non : cette année là n’a que 4 mois.
 



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18.11.2007

Aladin dans la Chine pop

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Je m’attendais à ce que les supporteurs de l’art populaire fassent leur boulot mais puisqu’ils ne bronchent pas, il faut bien qu’il y ait quelqu’une qui s’y colle, alors pourquoi pas une Jeanne d’Arc de l’art brut comme votre petite âme errante ?

8526df96791a554466663e04b5eab47f.jpgLe mois de novembre en a déjà prix un vieux coup dans les gencives alors, avant qu’il disparaisse des kiosques, offrez-vous donc, chers sinophiles, le 233 d’Aladin. Ce numéro de l’incontournable magazine des fondu(e)s des brocantes contient un dossier sur les Arts populaires, le meilleur de la Chine avec coups de projos sur des collectionneurs comme Claude R. ou Alain Le Berre, entrelardés de leurs propos : «la canne de bagnard que je porte est faite dans un bois de Guyane. Le cuivre représente l’or. Il y a ensuite de la Galalithe, matière plastique des années 1900 qui simule l’ivoire… dans le bas peuple, il faut paraître riche!» (Claude R.), «Mon guide a toujours été les arts populaires parce que c’est une forme d’art des plus émouvantes» (Alain Le B.).
Il y a aussi un entretien avec Martine Houze «une pionnière de l’expertise en France dans les arts pop.» avec un beau portrait de celle-ci en gilet brodé de pionnière. Martine H. ne trouve pas qu’il y ait trop de musées de l’outil en France. Comme elle est dotée, concernant ce sujet, d’un grand appétit, elle n’hésite pas à dire qu’on sort du Musée de l’outil et de la pensée ouvrière à Troyes, «
avec une grande émotion» mais non sans qu’ «on reste sur sa faim».

a57480ed71388678a11cdb2b5a431628.jpgAladin, en encadré, nous aiguillonne sur quelques autres établissements dont l’Ecomusée de la Bresse bourguignonne, le Musée des Sociétés rurales du Massif central (mâtin, quel programme !) et le Musée des Arts populaires de Laduz dont je vous rebats les oreilles en vous invitant autant que possible à aller caresser celles (les oreilles) de ses ânes.
Cela grouille tellement d’intéressantes reproductions dans ce magazine que c’est difficile de savoir où donner de la coiffe.

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J’emprunte pour la bonne cause un cliché de H.M. avec «une fabuleuse enseigne de sabotier faite dans une seule pièce de bois» et un doc. D.R. représentant un épouvantail animé (auvergnat) «à deux bras articulés, en forme de pales» parce que ces pièces flirtent d’assez près avec mon sujet chouchou.

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30.09.2007

Les Auvergnats sont incroyables !

33933f642d3ce016466164ef71967257.jpgJe vous parlerais bien … mais je préfère vous entraîner dans mon aventure transversale à la recherche du soleil du Luberon.

cf5dcf8fb8f56b9a88b62f032c102404.jpgDe passage à Saint-Flour, mon daddy (je voyage avec mon daddy), qui s’était fait un gros plaisir en s’achetant un gilet de velours Le Laboureur,

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a eu l’émotion de sa vie en trouvant chez un bouquiniste de la ville haute, Les Auvergnats sont incroyables !, un livre des années Giscard. En ce temps-là, les Auvergnats étaient au top et les trois auteurs de ce livre, des journalistes de La Montagne, voulaient le faire savoir au monde entier.
C’est ainsi que mon daddy avait croisé jadis J.-C. Delaygues, B. Teyssier et A. Faivre sur les routes psychédéliques de la Turquie et dans les cafés d’Istanbul où le vin se buvait dans les bouteilles de bière par discrétion.

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Ils évoquaient le livre qu’ils écriraient en rentrant et que l’un d’eux, Alain Faivre, qui devait disparaître bientôt prématurément, ne vit pas sortir. «Tu te rends compte, Ani, c’est le message d’un mort qui me demande de ne pas l’oublier» soupira mon papa.
Comme il était trop dans son passé, votre petite âme errante a pris le bouquin. C’est plein de belles photos de Michel Agon. Des vieux, des pierres, des vaches, des âpres paysages. Tout ce qu’on aime ! A part ça, pas exempt de défauts : ça sonne un peu léger, ça manque un peu de liant, ça la joue trop nostalgique. Mais ces défauts deviennent sympathiques parce qu’ils proviennent du mélange des ingrédients : souvenirs, récits, légendes, observations choisis avec un œil qui n’a pas froid devant l’insolite.

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Parmi ce Bandit de Laqueille, cet Ermite de Chazeyras, ces Irréductibles de chez Pions, j’ai préféré La Mort dans l’eau-de-vie parce que ce récit relate l’existence d’un musée singulier entre les singuliers.

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Celui d’Hector Granet, archéologue autodidacte, qui à Viverols, à une vingtaine de kms d’Ambert, montrait aux visiteurs la momie de son père conservée dans l’eau-de-vie.

Spectacle nullement morbide puisque Hector jouait sur son accordéon les airs préférés du paternel auquel il ne parlait pas mal : « Papa, je t’amène de la visite ! »

podcast
 

19.04.2007

Votez fou !

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Si vous cherchez comme moi une 71ème paire de chaussures du côté de la Fontaine des Innocents ou, avec ces chaleurs, un ticheurte sympa dans les boutiques hi-hop de la rue Saint-Denis et que vous ne trouviez ni l’une ni l’autre, rabattez-vous, métro Châtelet, sur la librairie Parallèles, 47 rue Saint-Honoré à Paris dans le 75 zéro zéro 1. Rock, zines, culture alternative, littérature situ garantis.
medium_couv_votez_fou.jpgFilez tout de suite au fond avant le couloir aux CD, c’est là que j’ai dégotté le bouquin de Bruno Fuligni, indispensable en ces temps de prise de chou électorale.
Votez fou ! qu’il s’appelle et il ne s’agit (quel repos!) ni de Spirou, ni de Chabichette, ni du Neuneu, ni du Bouffon, encore moins de la Peste et du Choléraciste.
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Non, l’auteur a eu la bonne idée de réunir tous les «candidats bizarres, utopistes, mystiques, marginaux, farceurs et farfelus» qui se sont illustrés de 1848 à nos jours. C’est aux Editions Horay et c’est paru en février 2007.
medium_bulletin_1.2.jpg Je vous en parlerais pas si ça se contentait de traiter de Coluche, de Mouna, de Maurice Mercante ou même du trop fameux Ferdinand Lop mais c’est plein de repros d’introuvables documents franchements croquignolets : medium_bulletin_2.jpgbulletins de vote excentriques, professions de foi exaltées ou farfelues, programmes malicieux, déclarations en vers et contre tout.
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medium_Rogues_de_fursac.jpg Et puis il est question (page 27) de Xavier Cotton dit Fulmen-Cotton, «curé défroqué, clochard schismatique, fou à lier» dont le Dr Rogues de Fursac, en 1905, dans un des premiers bouquins scientifiques traitant de l’art des aliénés, Les Ecrits et les dessins dans les maladies mentales et nerveuses, reproduisait les dessins-affiches plébiscitaires et pontificaux.
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12.04.2007

Pop médecine au Museon Arlaten

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medium_logo_arlaten.3.gifC’est la honte en short ! J’étais partie pour vous faire un topo complet sur le Museon Arlaten ousque je suis allée le vendredi saint mais Belvert au regard subtil m’a coupé le pissenlit sous la racine. Depuis plusieurs jours les langues s’activent à propos du musée d’Arles sur cet ethnoblogue que vous connaissez comme votre poche et votre petite âme errante n’est pas la dernière à y mêler son grain de sel.

medium_salle_des_rites.3.jpgJe me contenterai donc, pour éviter de me répéter, de vous offrir quelques images des objets de magie (ou de médecine si on préfère) populaire collectés par le Dr Emile Marignan (1847-1937), un pote à Mistral (Frédéric), le papa du musée de cette ville «où sont les Alyscamps».

medium_pattes_de_taupe.4.jpgEt zoom sur les pattes de taupes pour le mal de dents des bébés, zoom sur les talismans contre le mauvais œil, les salamandres porte-bonheur, les œufs de l’éclipse.

medium_pendentif_a_grelots.3.jpgmedium_patte_de_blaireau.2.jpg

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J’aurais aimé vous montrer le sachet d’os de mort, le garde-lait pour les nourrices, les pierres à mettre sous les paupières, les fleurs d’étain fondu pour la divination mais les photos sont pas autorisées dans le musée et on ne trouve pas tout dans les publications que l’on vend à l’accueil.

medium_grafitto_alberto.2.jpgPour faire bon poids et pour contrecarrer un peu ceux qui vont dire que je m’éloigne encore de mon sujet, j’attire votre bienveillante attention sur de jolis graffiti pastoraux et autres travaux de bergers, tel ce «mirù de pochi» (miroir de poche) de 1828 dont je suis tombée raide dingue.

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Je veux le même pour mon anniversaire avec son couvercle coulissant orné de cœurs, de pentacles, de croix, de lauriers et feuilles de cannabis (ou de palmiers) autour du profil d’un gus qu’on m’assure être Napoléon.

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Bonjour chez vous et surtout prenez garde «à la douceur des choses».

 

15.03.2007

Un enchanteur limousin, Pierre Giraud

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Animula, c’est bien connu, est un puits de science. Un petit puits à côté des profondeurs de ses lecteurs. Comment une petite âme errante serait pas larguée devant le savoir giraudien d’Olivier Bailly, son récent commentateur ?

Allez-y voir son site si je mens !

Sa note du 11 février 2007 : Chaissac, Giraud et les épluchures  m’a rappelé que Robert Giraud avait un frère Pierre qui était peintre.

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C’est lui l’Enchanteur limousin exposé au sous-sol de la Galerie Drouin en 1947. Il reste le triptyque sur papier pain d’épices édité à l’occasion avec un texte de Michel Tapié qui nous ramène une sœur dans la famille Gi :

«J’ai rencontré dernièrement, dans une mansarde de la rue Visconti, trois spécimens passionnants de ce pays inouï : Pierre Giraud, son frère et sa sœur, m’ont bouleversé par le fanatisme aussi enflammé que farouche avec lequel ils m’ont décrit leur Haut-Limousin».

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Pierre Giraud en ce temps-là faisait des dessins madréporiques qui n’étaient pas sans évoquer quelque chose de Chaissac avec leurs formes aléatoires, leur petits poils de minéraux, végétaux sur les bords, leurs points criblants.

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Il semble que des deux frères ce soit Pierre au début le personnage clé, encore que très jeune, 22 piges en 47. C’est lui qui connaissait Chaissac first. medium_louise_recto.3.jpgJ’ai entre les mains l’invitation pour une expo qu’il a faite ensuite en 1950 à la Galerie Louise. Elle est adressée (le monde est petit) au journaliste et collectionneur Jean Selz.

medium_l_enfant_chandelier.jpgChez papa Rougerie, le vaillant éditeur des poètes (à Limoges bien sûr) les deux frangins ont pondu ensemble en 1958 L’Enfant chandelier

«J’ai planté mon royaume de pierre calcinées

Lanternes sourdes flèches de braises».

Plus tard, il semble que Pierre est revenu à des sentiments plus naïfs comme nous l’indique un dépliant San Francisconien de vers 1961 : «Despite this recognition, Giraud in 1950 decides to forego the rigors of the Art Brut movement, and to return to what he really was, a naive, autodidactic painter».

medium_P_Giraud_San_Fr.jpgVous noterez qu’on employait déjà le mot «Art brut» aux U.S.A. à l’époque et vous n’oublierez pas d’aller vous rincer la dalle «Au Rêve», rue Caulaincourt, medium_cafe-au-reve.2.jpgsympathique troquet devenu très tendance mais où la patronne se souvient toujours de «Bob»

10.02.2007

A chacun sa sirène

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Brut, con et naïf, mon post du 4, n’est pas passé inaperçu. Un petit fouineur (merci monsieur Paulo) m’a prêté pour le ouikène un catalogue oublié, en droite ligne de sa monstrueuse bibliothèque. Sirenaïf que ça s’appelle et c’est préfacé par Anatole Jakovsky. C’était le titre d’une exposition de fin 1980, début 81, à la Galerie Sin’Paora à Paris. medium_P_barton_sirene.jpgFiguraient déjà, tiens, tiens, la sirène de Desnos et -re tiens, tiens- Les Trésors sous-marins, le tableau, plutôt sucré, de Patricia Barton. Donc, un affreux doute m’assaille : l’expo du Musée maritime et fluvial de Rouen serait-elle du réchauffé ?
Retour sur le plancher des vaches pour vous dire que j’ai rangé mon placard à chaussures.
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Parmi les 70 paires qui constituent mon pedibus-patrimoine il me manque malheureusement celle qui figurait dans la vente Art populaire-Curiosités le 7 février à Drouot-Richelieu. Martine Houze, l’expert, qualifie d’«imposantes» ces «chaussures de métier» (j’ai envie de dire : de chantier) du XVIIe ou XVIIIe siècle. medium_semelle.jpgJ’adore leur grosse bouille de curé campagnard avec leur six épaisseurs de cuir renforcées par des chevilles de bois. Si Chabichette décide demain de m’en offrir une paire du même genre brut plutôt qu’une paire de ces douillettes charentaises dont elle inonde son département, je promets de voter pour elle.

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Question curé, j’ai pas de conseil à vous donner mais allez voir quand même la note que Pascale Herman a baptisée sur son blogue : L’Eglise parlante du Ménil-Gondouin (Orne).

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L'église parlante rénovée 

J’y ai collé un commentaire relatif aux soutanes indépendantes d’esprit et créatrices.

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Parmi celles-ci, un petit salut au chanoine Joseph Thibaud de Luçon qui, dans les années 30, agrémenta son jardin de sculptures animalières en ciment armé. Quelqu’un sait-il ce qu’elles sont devenues ? On n’en a qu’une mauvaise photo dans un livre de mémoires que Thibaud publia en 1935 avec, pour illustrations, ses gravures perso qui ressemblent à du Cordel.

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09.02.2007

Le mur de Martias

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De Rouen à Sotteville-lès-Rouen, il n’y a qu’un pas et votre petite âme errante le franchit d’autant mieux qu’elle a reçu sur sa messagerie des tas d’ encouragements à poursuivre son bla-bla malgré la crève qui lui coupe le sifflet.

«J’ai été pas mal en accord spirituel avec toi» lui sussure-t-on d’un pays voisin.

«Ta note se rapportant aux travaux de Charbonnier est fascinante» lui murmure-t-on d’outre-Atlantique.

Quant à l’image du sieur Aulard dans son commentaire du 22 janvier à HP Réalités de 1955 : «un dessinateur qui ouvre des fenêtres très serrées les unes aux autres», elle provoque chez une de mes lectrices  cette interrogation : «Faudrait-il voir aussi dans les sculptures de Martias, taillées sur les pierres du mur d’enceinte de son hôpital, des fenêtres ouvertes sur l’imaginaire, une tentative de désincarnation désincarcération ?».

Mais qui est ce Martias dont elle nous parle ? J’ai enquêté dans mon environnement de réducteurs de têtes et j’ai reçu des précisions tout ce qu’il a de claires de madame Béatrice Steiner, double-psy de son état. Comme c’est déjà tout rédigé, je vous en fait profiter tel quel parce que c’est l’heure de mon antitoussif.

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Adrien Mesmin Martias a été admis à l’hôpital psychiatrique de Sotteville Lès Rouen le 4 février 1932 dans un pavillon «d’aliénés difficiles». Il y est mort de dénutrition comme des milliers de malades mentaux pendant la guerre, le 11 février 1943, à l’âge de 42 ans.
Après cinq années de tension et d’agressivité restées dans la mémoire des soignants de l’époque, un apaisement progressif se produit et s’installe de façon durable alors qu’il entreprend une activité de sculpture sur les pierres du mur fermant la cour du pavillon, ouvrant un espace de liberté au lieu même de l’enfermement.

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Ce mur fut démoli en 1962 et nous devons à la vigilance du Dr Roland Beauroy la conservation d’une trentaine des pierres sculptées par Martias avec un simple silex, une clé de boîte de sardines ou un moignon de cuiller. Tous les renseignements médicaux ont disparu dans les destructions de la guerre. Ne restent que des témoignages et quelques informations administratives recueillies par le Dr Paul-Edmond Huguet et publiées en 1964 avec le Dr Beauroy aux Annales Médico-Psychologiques. Jean Dubuffet s’est intéressé à ces travaux comme en témoigne un courrier de 1965.
Le Dr Huguet a confié sept de ces pierres sculptées à la Section du Patrimoine de la Société Française de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie. Elles ont été exposées à Athènes en 2004 lors de l'expositon L'autre rive

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