27.11.2011
Un trio bien cimenté
Une «charmante girafe qui semble sourire et qui orne le perron d’une humble bicoque». Une girafe blonde à l’ombre d’une espèce de château sadien à l’architecture constructivico-atomique.
Telle est la gracieuse image que nous fait parvenir un de mes «fidèle et dévoué chien truffier en pérégrinations videgreniesques» pendant le ouikène du 11 novembre.

Boris Potamoi -puisque c’est encore lui le dénicheur- l’a prise dans un village perché des Alpes-Maritimes. Qu’un rodailleur croise un rocailleur c’était fatal. Le papa de la girafe, «a apparemment fait profiter tout le quartier de son art cimenté», m’écrit Boris, avec de gros points de suspension dans le clavier.
«Pas mal de rocailles et seulement trois animaux visibles» ajoute-t-il. Outre la girafe, un élégant cerf gris-rose et un crocodile mince et long comme un tuyau d’arrosage.
De grandes arches inutiles surplombent la petite maison de la girafe protégée par de hauts murs.
L’impressionnant décor industriel est imbriqué ici avec une ambiance ruralo-pavillonnaire bon-enfant.
Selon Boris qui ne désespère pas qu’il y ait sur ce petit site d’autres animaux poids lourds à découvrir , son propriétaire «doit sûrement être un homme charmant». Il était ce jour-là momentanément absent mais ses voisins n’ont pas infirmé cette impression.
16:20 Publié dans art brut, Glanures, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnements populaires spontanés |
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28.09.2011
Rococo brut
C’est un endroit où poussent des champignons. Quelque part en France, un lieu touffu avec des passerelles sur une petite rivière.
Quand on sort du bois où il fait bon se promener, on suit la route montante qui longe un maquis en surplomb. Il fait chaud en cet automne nouveau-né. Il y a des bibites comme ils disent, les Québécois. A peu près à l’endroit où l’on s’arrête pour souffler, on distingue, si on a un œil de lynx, des formes caillouteuses en camaïeu de blancs ou de couleurs glaise.
Mon informatrice me l’avait bien dit, il y a là un environnement d’art, du plus authentique qui soit. Ce que m’avait caché par contre cette Animulienne adepte de la recherche de terrain, c’est qu’il faudrait me battre avec des araignées en écartant les branches.
J’ai horreur des araignées. La plus chétive me rend hystérique. Et trouver un moyen de faufiler le museau de mon kodak au travers du grillage qui protège ce jardin lapidaire arcimbolodo-tatinesque, ce n’est pas de la tarte non plus.
Quant à mon caméscope, allez donc vous tenir en équilibre sur la pointe des pieds pour balayer comme une malade la surface de l’espèce de temple inconnu qui s’offre à moi par dessus un portail fermé par une chaîne!
Mon chéri a beau m’empêcher de tomber, j’oublie toujours que le micro enregistre et : «zut, crotte, vache de zoom !!!», je jure comme une charretière.
Heureusement, il n’y a pas beaucoup de voisins dans les parages et ceux en vis-à vis sont très loin, le long d’une route parallèle séparée de celle où nous sommes par un herbage large comme un terrain de football.
Un peu de recul, le temps d’admirer comment le propriétaire des lieux a su astucieusement utiliser la porte de son garage pour suggérer une entrée monumentale et je remonte à l’assaut. Non sans ébahissement pour la scénographie architecturale qui superpose en plans alternatifs une colonie de grotesques, mollusquoïdes et aberrants.
Aucune volonté de faire joli, un goût vif pour la gueule-cassée, la tronche-pas-possible, le monstrueux tempéré par le dérisoire, voire les intentions comiques.
Quelque chose de baroque, d’italien peut-être. Un Tivoli sauvage. Noyées dans la haie, les sculptures de l’enceinte ont des faux-airs de villa Palagonia.
Ajoutée à cela une tendance au coucou/caché, peut-être due à l’abandon ou à l’organisation volontaire d’un mystère.
La technique d’assemblage des morceaux de pierre choisies pour leurs formes fait penser à celle de Marcel Landreau. En moins minutieux bien sûr. Une certaine rudesse de façon est visiblement recherchée.
Elle se marie avec la végétation exubérante et le terrain étroit, bancal, en pente dont le créateur de ce lieu magique s’accommode. Aurais-je l’occasion de le rencontrer? Existe-t-il encore? Je compte bien retourner sur place pour en apprendre plus. Mais en attendant, j’avais ma dose.
A la terrasse du café du village, distant de 2 kms, je me suis refroidi les tempes avec mon verre de soda glacé. En levant par hasard les yeux, j’ai découvert ce chien en ciment qui monte la garde en haut d’un mur. Heureux pays !
01:37 Publié dans art brut, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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14.11.2010
NOUVEAU MONDE POÉSIE
La retraite est passée, la Parenthèse est restée et bientôt le gouvernement remanié. «Manifester c’est pour vos pieds!» : telle est la morale de l’histoire.
Heureusement les cortèges ont du bon. Ils font sortir de drôles de citoyens sur les bords.
Dans mon post du 17 octobre 2010 (20 ans après, la Création franche cataloguée), je vous avais montré une image d’un pur sachem de notre air du temps.
Voici maintenant celle d’un courageux explorateur du pavé parisien, en bonnet de Noé et imperméable bleu façon blouse cantalouse. Je l’emprunte au blogue de l’illustrateur Philippe Bucamp. Si vous vous y reportez, vous trouverez d’autres photos représentant cet original protestataire qui hisse haut ses pancartes typographiques dans la tempête automnale.
En cherchant bien, vous verrez encore des images de ce «Michel Godin Des Mers» (c’est comme ça qu’il se signale à l’attention des passants) sur le poil à gratter ou l’oasis de paix.
De vieux spectateurs diurnes et nocturnes de notre bougonnante capitale avaient déjà signalé à votre petite âme errante ce créateur de machine cyclable et envoilurée mais ce sont le genre de vieux gars qui se baladent le nez au vent, sans téléphone portable!!! et donc sans petit kodak non plus. Alors, je suis bien contente de partager avec vous ce beau moment de révolte d’un Tinguely de ruisseau qui sonne sans doute plus emblématique du ras-le-bolisme français actuel que le mannequin d’Ariane Mnouchkine tout droit sorti de la naphtaline de l’agit prop.
15:16 Publié dans Blogosphère, De vous zamoi, Glanures, Poésie naturelle, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art brut, poésie, révolution, michel godin des mers, typographie |
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13.06.2010
Covoiturages bruts
Avalanches brutes et/ou de la famille brute au rayon expositions. On voit que l'été approche.
Je rêve de co-voiturage, je pose des congés, je jongle avec les horaires de la SNCF. Je fais ma Petite Jehanne de France et mon chéri-que-j'ai son Blaise Cendrars.
J'écarquille les yeux sur la carte de l'Hexagone comme si c'était l'itinéraire du Transsibérien. Je m'autoprépare, j'ai des voyants qui s'allument dans la tête : Vendée, Lozère, Allier, Bordelais ... Je trace des lignes imaginaires qui passent par Les Sables d'Olonne, Lapalisse, Bègles, Saint-Alban-sur-Limagnole.
C. comme classique, É. comme émeraude, c'est l'expo C. comme calligrammes au Musée de l'Abbaye de Sainte-Croix des Sables jusqu'au 7 novembre 2010.
Chaissac a 100 ans cette année car il est toujours vivant dans nos cœurs. Epaulé par des collections privées, le MASC nous sort pour l'occasion des dessins écriturés tendance calligrammes.
Malgré les commentaires un peu dissuasifs du dossier de presse qui attire votre attention sur les possibilités d'hébergement restreintes, précipitez-vous (au moins par la pensée) aux 25e Rencontres de St-Alban (Sent Auban) les 18 et 19 juin 2010. Au programme, en accompagnement des savants bla-bla, un laïus de Christophe Boulanger sur Jayet, l'Aimable boucher
et dans le fond de la cour une expo sur l'art brut polonais (bon sang, je voudrais bien voir ça).
Si L'Art en Marche n'existait pas, il faudrait sans doute l'inventer.
Qu'on me pardonne cette évidence puisque je vous emmène maintenant à Lapalisse où vous avez jusqu'au 30 septembre 2010 pour traîner vos tongs dans l'expo sur La Tinaia organisée avec la Susi Brunner Galerie de Zurich.
Marco Raugei - La Tinaia
Ceux qui, comme moi, l'ont vue dans le cellier de Clairvaux à Dijon pendant la Biennale de l'Asso Itinéraires Singuliers (voir mon post L'Echo des Colloques du 9 mars 2010) y retourneront avec plaisir parce qu'elle vaut le détour et même le retour.
Claudio Ulivieri - La Tinaia
Même si Luis Marcel en fait un peu trop en la qualifiant d'«événement d'envergure internationale». Mais c'est dans la nature donquichottesque (ou sancho-pancesque) de ce pittoresque personnage qui cette fois-ci ne se contente pas de provocations et nous offre de quoi nous attirer dans ses filets.
Enfin, car je sens que vous fatiguez, ne faites pas votre cure annuelle de grands Bordeaux sans faire étape à Bègles pour Un Autre Regard, l'exposition, la petite dernière de la Collection Création Franche (21 ans d'âge) qui, jusqu'au 5 septembre 2010, sera bourrée jusqu'à la gueule (11 salles sur 2 niveaux) de pionniers, de doteurs, de créateurs venus des 5 continents, de voyageurs, d'hommes du commun, de visionnaires, de tourmentés et j'en passe.
La présentation est aussi un peu hyperbolique. On leur pardonne (Ah ces Gascons !) parce qu'il y a du lourd. J'ai coché : Bonjour, Madge Gill, Lobanov, Gene Merrit, Duhem, Ratier, Robillard, Grünenwaldt, la bande à Gugging, Ted Gordon pour ne parler que de mon cœur de cible.
21:42 Publié dans Expos, Miscellanées, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art brut, gaston chaissac, aimable jayet, la tinaïa, création franche, art en marche, marco raugei, claudio ulivieri, les sables d'olonne, bègles, lapalisse, st alban |
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05.04.2010
Toute la Corse dans une poudrière
La poudre d'escampette, moi j'aime ça. Surtout celle de Bastia. La poudre d'escampette, il arrive qu'elle nous conduise dans une ... poudrière.
Celle de Bastia abrite dans son petit bastion enchanté, face à la mer, le village miniature de monsieur Mattei qui est bien plus qu'une attraction touristique.
Une veste en cuir vert protège René Mattei du vent, assez vif en ce vendredi saint de 2010. Pour la visite, j'ai tiré la bobinette rouge et je le regrette pas.
Quand il parle de son œuvre, René Mattei s'exprime en poète : «Ceci est une identité, il ne manque que le parfum du maquis».
On ne peut lui donner tort. Son installation peut peser des tonnes, elle est légère comme l'air qu'on respire dans les hameaux perchés du Nebbio, de la Balagne ou du Cap corse. Cette Haute Corse des bergeries, des fours communaux, des moulins, des églises et des ponts génois, René Mattei la portait en lui.
Il fallait que ça sorte. Tout est donc sorti de ses doigts meurtris par le ciment, depuis 27 ans qu'il a entrepris la construction de cette «ambiance», non pas reconstituée mais «essentialisée» : U Paisolu, comme disent les journalistes.
René Mattei a quelque chose à voir avec les fabricants de crèches.
Quelque chose seulement. Ses réalisations sont plus ambitieuses, même si elles relèvent d'un art populaire plutôt que d'un art brut. On ne le sent pas du genre à reculer devant une tâche impossible.
Quand vous irez le voir, il vous dira, mieux que moi, les efforts consentis pour édifier sa Corse miniature animée (c'est ce terme qu'il préfère).
Il vous dira les pierres qu'il faut tailler pour les ajuster, les acrobaties (heureusement, il n'est pas gros) pour lier les blocs de l'intérieur, poser l'électricité, installer une cheminée qui fonctionne dans le fugone où la cuisine se faisait.
Le résultat est là, émouvant et concentré comme dans une grotte.
Un résumé de campagne corse. Ce n'est pas une mauvaise chose que R.M. manque de place dans le bâtiment vénérable qui lui a été prêté par la municipalité bastiaise (merci madame!). Cela donne de la densité à son travail et ne l'empêche pas de rêver à installer un petit train circulaire.
Sans se plaindre, René évoque son déménagement puisqu'il lui a fallu réparer et adapter la plupart des pièces autrefois exposées dans un vrai village. Il a trop à faire pour renouveler les plantes et s'occuper de la salle des machines au sous-sol. Surtout que le vent marin le trahit -lui l'ancien navigateur- en grippant ses moteurs. Il aurait besoin d'aide mais son œuvre et lui sont si indissociables!
En attendant ce serait pas du luxe si son site était mieux signalisé. Les medias locaux l'ont toujours «suivi» et son public est aussi bien continental qu'international. Les Québécois l'apprécient mais monsieur Mattei a faim aussi de reconnaissance insulaire.
Alors, Corses de tous les pays, garez vous au parking de la citadelle et faites un tour dans son village!
Ne serait-ce que de par la nature des matériaux qu'il emploie, René Mattei est un miniaturiste d'exception.
Et si quelqu'un peut me dire pourquoi, dans les Foires Art Paris, on s'extasie toujours sur des Bull géants et jamais sur les miracles de patience et de créativité populaires construits à une échelle de 1 pour 30 par des miniaturistes du bord des remparts ensoleillés, qu'il ne se gêne pas.
16:34 Publié dans Expos, Jadis et naguère, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art populaire, corse, bastia, poudrière, corse miniature animée, rené mattei |
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29.03.2010
Que cent lieux s’épanouissent
Les guides c'est bien gentil mais ça se périme vite ou alors ça concerne jamais la région où on va. Aussi faut-il saluer l'initiative de la revue Artension qui dans son numéro d'avril 2010 a eu la bonne idée de publier un cahier (malheureusement inamovible mais on peut se le découper pour voyager plus léger) présentant brièvement 100 lieux insolites en France.
J'insite sur «brièvement» parce que ce canard a eu le bon goût de ne pas nous accabler d'un tas de blablas qui prétendent nous prendre par la main pour organiser nos petites excursions. Une photo, l'adresse, éventuellement téléphone et adresse électronique, courte présentation maquettée sans chichis mais avec le souci de la lisibilité. Tout ce qu'on aime.
Y'a que les fonds framboise et moutarde choisis pour mettre en valeur certaines notices pour les sites-phares du journal que je kiffe pas des masses mais c'est un détail.
A user sans modération pendant vos pérégrinations mais pas en petits ravageurs des steppes, s.v.p. En prenant soin de goûter à vos découvertes. Ce n'est pas parce qu'il y en a 100 que vous devez toutes vous les faire. L'inconvénient avec les chiffres, c'est qu'ils nous poussent dans notre mauvais génie : celui de la canulante mentalité industrielle.
Ne faites pas comme Animula : prenez le temps de vivre brut et cool.
11:29 Publié dans Gazettes, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la fabuloserie, environnements bruts et spontanés, art brut, lieux insolites, abbé fouré, france insolite |
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24.01.2010
Deux Sèvres insolites

Je comptais sur mon équipe de reporters de choc barcelonnaise pour nourrir la vorace Animula mais Violette et Reinette se sont laissé engourdir par la froidure catalane. Au lieu d'enquêter dans le Raval, elles sont restées à siroter des Cuba Libre au bar de l'hôtel.
Bon, comme votre petite âme errante doit tout faire par soi-même, il faut qu'elle puise dans son stock perso. Alors permettez que je rouvre ma photothèque deux-sèvrienne. C'était avant les girouettes que je vous ai montrées au début de l'année. J'étais déjà torturée par le canard du doute.
J'avais moyen envie de m'arrêter toutes les dix minutes pour kodaker de ravissantes flaques glauques, une ombre fantômatique sur la route ou un ours blanc dans un vieux mur. Mais mon-chéri-que-j'ai était d'humeur photographieuse. Je vous dis pas l'ambiance!
«Si ça continue, on va leur servir nos petits riens-du-tout à la gomme aux Animuliens... Pourquoi pas nos cadavres-exquis des familles tant qu'on y est ?» aboyais-je avec fureur.
«Ma pauvr'Ani, tu capteras jamais rien aux mystères subtils de l'insolite de base !» me rétorquait mon kéké favori.

Limite de s'traiter, on a arrêté le tacot pour bouder sur un parking de la rue des Epinettes à Sainte Verge, sympathique bourgade, jumelée avec l'Espagne. Hoy-hoy-Os! Je vous dis pas le fou rire! Les Sainte-vergeois me le pardonneront puisqu'ils ont eu assez d'esprit pour inscrire leur ville à l'Asso des Communes de France aux noms burlesques et chantants.
Sainte Verge ne brille pas que par son nom. Elle possède aussi des châteaux, des moulins et une église à devise républicaine.
Mais je n'étais pas là pour les beautés de la culture. Rôdant dans les parages, je me suis paumée dans les rues de la Thouars voisine. J'ai croisé un petit pisseur-à-gauche, signe qu'on ne manquait pas d'humour ici non plus.
Un peu plus loin, deux faisans dorés et un cygne hand made ont attesté des talents animaliers d'un habitant du coin.

Mais la ville de Niort nous attendait et nous nous sommes jetés dans ses bras pour pas manquer la visite du Musée Bernard d'Agessi qui est installé dans un ancien lycée où l'élite du Poitou baccalauréait naguère à tour de bras.
Le M.B. d'A. ne possède pas seulement la plus belle rampe d'accès du monde. Il est relooké moderne à l'intérieur avec des échappées bleues sur les collections d'histoire naturelle.
La cafet est somptueuse et le menu varié : bôzarts, arts déco, objets scientifiques, cabinets de curiosités.
J'aime le Conservatoire de l'éducation pour ses pupitres en liberté
et la partie contemporaine où on m'aperçoit devant les vitrines Eliane Larus.
Une grande salle est réservée aux expos temporaires et ça me vénère d'avoir loupé celle de Marie-Rose Lortet qui s'est terminée fin octobre 2009. Heureusement, il y a un chouette catalogue pas cher du tout.
Dernière splendeur pour la route : un petit Landreau à casquette, croisé durant ce voyage.
22:19 Publié dans De vous zamoi, Glanures, Miscellanées, Poésie naturelle, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : eliane larus, marie-rose lortet, marcel landreau |
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03.01.2010
Meilleurs vire-vœux pour 2010
Pour commencer l'année sous le vent de l'art brut ou du moins sous le signe d'un art de plein air qui nous passionne tous, permettez que je dégaine mon joker de Noël sous la forme de girouettes poitevines dégotées grâce à l'ami Freddy, le roi des fureteurs.
Faut vous dire que votre petite âme errante, fuyant les avalanches de foie gras et de bûches à la crème, est allée faire un p'tit tour dans les Deux Sèvres pour explorer les ressources d'une gastronomie locale supposée plus proche de la nature.
A Parthenay où Bijou, la grosse 308 de location, nous débarqua le 25 décembre, mon chéri et moi, seul un resto auvergnat était ouvert. Délicieux La Truffade et idéal pour se caler les joues.
Après ça, on était fin prêts pour brûler des calories sur les routes blanches de givre du département.

Dans une ville voisine, on a cueilli au vol Monsieur Freddy qui nous a fait tourner et virer dans tous les sens jusqu'à faire halte devant une petite maison, un peu basque avec son pan de toit très long et son crépi sang de bœuf-vanille. C'est là qu'un monsieur poitevin du coin a installé son show-room en plein ciel de vire-vent inventifs, populaires et plaisants, rutilant comme des malades sous la lumière de l'ouest.
Maman ! ça faisait longtemps que j'en avais pas vu de pareils! La dernière fois c'était au Québec, il y a 10 ans. A Saint-Léon de Standon, sur la route 277 vers Saint-Joseph de Beauce.
Une de mes photos était parue à l'époque dans le petit Bulletin de la Société des Arts Indisciplinés.
De ce côté ci de l'océan, l'épouse du créateur de girouettes tînt à préciser pour Freddy que «l'ont venu, la télévision» et que «y'a pas grand chose dans le quartier, ça distrait un peu les gens». Ce jour là, son mari n'était pas visible. Il était là mais il souffre de son arthrite. Depuis 2 ans, «il n'en fait plus mais si le bon dieu veut il recommencera». S'il y a un bon dieu quelque part, qu'il se démène pour cette dame et que son girouetteur inspiré retrouve assez de forces pour continuer ces avions qui lui demandent trois mois de travail,
ces bonshommes au nez rouge si vivaces,
ces promeneurs avec leurs chiens qui hissent très haut le numéro du département (79)
Voilà toute la grâce que je vous souhaite, Cathy, Freddy, Jeanne, Alain, Sophie, Batolo, JB, Ana, ArtVisceral, Cécile, Fred, Le Palantin, Guy, L'Etonné, Michel, Orange, CoLudoM, Le Sciapode, Sco, Le Truffier, Béatrice, Georges, Bruno, Cosmo, Pierre, Stef, S, Baptiste, Daddy, Lise, Rappoport, John, Laurent, N.B., Phil, Jérôme, Brunet, V., J.P.N., Jean-Louis, Jeannine, Nadau, Sun, M.V., Henk, Christian, Teresa, BB, Rémi, Letrangère, Tiger, Romuald, Lespignan, Père Cheron, Louis, Dominique, Gérard, M. G.-V., Pindalep, Valérie, Armelle, Pierrick, Céline, Jolly, André, Eglantine, Bill, Pas à pas, Bertrand, Le Garçon Mutant anachronique, Vito, Magali, Caroline, Dd, Pascal, Anne, Colette, Jenni, SpiRitus... Et à vous aussi, Animuliens trop timides pour me laisser des commentaires ou des messages perso mais très fidèles quand même.
A tous, de belles découvertes en 2010 dans le monde magique de l'art sans fil-à-la-patte!
19:13 Publié dans De vous zamoi, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art brut, art populaire, vire-vent, girouettes, 2010, voeux |
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02.12.2009
Trouille à L’Isle Adam
Bordeaux, Bègles, Lyon et Trouille pour finir. Voilà le programme. Mon programme tout décousu que j'ai. Archi de rêve à Burdigala, accroche d'enfer à Bègles (Bécula en celtique), street art à Lugdunum. Non, c'est pas des titres à la noix façon Animula! Cela existe vraiment. La preuve : je reçois un courriel du Musée de la Création Franche. Mon interlocutrice me dit : «je fais court car nous sommes en plein décrochage/accrochage». Décrochage de quoi? Accrochage de qui? J'en reste électrocutée. Encore un scoop!

Vite fait, bien fait sur le site du Musée, j'apprends que la guinguette bèglaise ferme ses volets, le temps de démonter la précédente Visions et Créations dissidentes et d'installer sur 2 étages Il a dit Création Franche, l'expo consacrée à Gérard Sendrey, fondateur et ancien dirlo de l'établissement. L'affiche a des faux-airs cubistoïde à la Pierre Soulages avec ses lumières blanches et noires superposées. C'est seulement maintenant qu'il a pris du champ avec sa structure que G.S. accepte de s'y montrer. Vernissage samedi 12 décembre 2009 à 18 h.
A côté, c'est à dire à Bordeaux et jusqu'au 7 février 2010, j'ai repéré à l'Entrepôt, l'expo Insiders réalisé par Arc en Rêve, centre d'architecture et le CAPC. Il est question de déborder les limites de la discipline. Je me suis prise à rêver aux bords du lac Klazinskoye qui se trouve près de Moscou.
Pour les drôles de constructions d'Alexandre Brodsky réalisées avec des matériaux (portes, fenêtres, grilles usagées) de démolition. «Tiens donc, un Greaves russe!» que je me suis dit. Il faut toujours que j'exagère!
Soucieuse de me tourner vers quelque chose de plus «brut», je me suis mentalement propulsée à Lyon because un gone, rencontré par hasard sur le site Daily Life, a photographié un petit coin de la place Gailleton transformé en page d'écritures par une «dame singulière dont l'aspect et la vêture frappent le regard», nous dit-il.
Et il précise, ce monsieur François Cini (qui publie pour son compte Lidiotduvillageglobal) : «bandes de tissus colorés, maquillage approximatif et caricatural, visage ravagé par le temps». Saperlipopette, on aimerait bien la croiser cette dame, malheureusement F.C. ne donne pas son portrait (par respect sans doute, ça se comprend).
Chauve-sourions un peu pour finir. Retour par L'Isle-Adam. Ceux qui aiment les samedis après-midi dans cette bonne ville doivent savoir que le 5 décembre 2009 à 16 h, ce sera (au musée Louis Senlecq) le vernissage de l'expo Voyous, voyants, voyeurs qui, comme son titre l'indique assez, navigue au radar autour de Clovis Trouille.
Pourquoi, je vous dis ça qui n'a rien à voir avec l'art brut? Mais c'est parce qu'un autre Clovis (Prévost de son état), photographe, auteur et cinéaste bien connu des Animuliens, est pour quelque chose là-dedans. Notamment dans le catalogue où il décortique les sources de Trouille : Giorgione, Titien, Zurbaran. Bon j'arrête parce que je vais finir par avoir l'air toute enculturée.
23:55 Publié dans Expos, Glanures, Miscellanées, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gérard sendrey, création franche, clovis trouille, clovis prévost |
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28.11.2009
Keita, Joseph : peintres des rues
Monsieur Keita de Genève c'est mon sujet. Keita c'est comme Joseph, c'est des noms qui glissent très vite des moteurs de recherche. Trop ordinaires, trop passe-partout. Rien qui court les rues comme ça : Joseph, Keita. Et justement, monsieur Keita, ça le connaît la rue. Tombé du Sénégal, passé par la Belgique, il a glissé en Suisse car même à Genève, il y a de la rue. Du moins si j'en crois un article paru le 26 novembre 2009 dans La Tribune de cette ville. A Genève comme à Paris, on ne peut pas voir un monsieur black qui peint dans la rue sans le comparer à Jean-Michel. Basquiat, c'est commode pour le cliché.
Alors puisque monsieur Keita vit depuis deux ans dans la gare de Genève Cornavin, why not ? J'avoue qu'à voir de biais un tableau de Keita posé contre un pilier de béton dans le coin où le peintre s'est aménagé un chevalet-banquette-chambre à coucher, cela m'a pas paru évident. Plus impressionnant me semble son harnachement ventral rapetassé, cette profusion chiffonnière qui s'échappe de sacs en plastique noir autour de lui. Et cette émouvante marque de confort : une basquette-pantoufle qu'on enfile quand on rentre chez soi. La Tribune de Genève nous parle des gris-gris de ce «voyageur immobile». Indifférent au chouchoutage des services sociaux, il lutte contre l'envoûtage.
Monsieur Keita m'a rappelé très fort monsieur Joseph, un encore plus authentique «peintre de la rue» sur lequel j'étais tombée en allant essayer mes nouvelles lunettes glamour chez Anne et Valentin, rue Ste-Croix-de-la-Bretonnerie. Il était là, à même le trottoir, dans ce quartier du Marais qu'il aimait squatter, je l'ai su après.
Peu causant, visiblement alcoolisé mais avec le panache d'un désespoir lucide, vaguement inquiétant parce que déjà lointain. Le genre de S.D.F. au poil rugueux qui avait tout pour faire fouetter une petite bourge du genre de votre petite âme errante.
via L'Atelier
On choisissait comme dans son atelier sans qu'il se montre très encourageant. Jouant assez le jeu cependant pour signer après des explications incompréhensibles.
C'était peu de temps avant sa mort. J'ai compris plus tard qu'il se savait condamné par LA maladie.
J'ai appris par les journaux, notamment par un bel article de Nathalie Six (22 sept. 2003) dans Le Figaro, qu'il se nommait Joseph (Jean Joseph Pacôme semble-t-il) et que des collectionneurs s'intéressaient à lui.
Un avocat connu : Alex Ursulet, un acteur, Stanislas Merhar qui avait joué dans Le Comte de Monte Cristo d'après le livre préféré de Joseph. François Gibault, le Président de la Fondation Dubuffet. Joseph aurait peint un millier de choses avec de grands noms en tête : Van Gogh, Rauchenberg, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Robert Motherwell.
via ROCBO
Je pense à lui souvent mais je constate que son nom se dégougueulise petit à petit. Pourtant il n'est pas possible que cette pure figure de l'errance picturale parisienne soit oubliée. Si quelqu'un qui me lit s'en souvient, cela ferait pas de mal qu'il le dise!
15:57 Publié dans Gazettes, In memoriam, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : joseph jean pacôme, monsieur keita |
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