08.09.2009
L’art brut sur les chemins
Après le Hors-Les-Normes, le Hors-Les-Murs. Et une nouvelle expo du MAM ou du LaM (on ne sait toujours pas bien) Lille-Métropole. C'est la dernière expo H.-L.-M. avant la réouverture du musée de Villeneuve d'Ascq prévue maintenant pour septembre 2010. Elle s'intitule Chemins de l'art brut 8 et se tiendra du 24 septembre au 15 décembre à l'Institut National d'Histoire de l'Art, 6 rue des Petits-Champs dans le deuxième arrondissement de Paris.
Elle «retrace l'histoire de la Collection depuis ses prémices dans les années 1970 jusqu'à sa donation en 1999».
Je pique cette phrase qui date du 1er septembre 2009 au site internet de La Voix du Nord qui veut absolument recueillir l'avis de ses lecteurs par le truchement d'une fenêtre surgissante (pop-up pour les anglos) qui joue avec leurs nerfs.
Alors puisque je vous tiens, Madame Lavoix Dunord, permettez-moi de vous dire qu'au lieu de vous laisser refiler des salades, vous feriez mieux de vérifier vos informations au petit poil. Bon, allez, je vous pardonne mais je vous signale que votre Petite Ame Errante a déjà eu l'occasion de signaler ce que peuvent avoir de carrément à côté de la plaque des remarques du genre de celles que vous émettez.
«Depuis 1999, le Musée d'Art Moderne à Villeneuve d'Ascq possède la plus importante collection française d'art brut (...)» écrivez-vous. Dans vos rêves, ma petite Lavoix, dans vos rêves! Ce sera peut-être vrai un jour mais pour le moment cette affirmation est fausse comme une vache. Je sais bien que vous êtes une grande publication pleine de jolies nouvelles et que vous avez sans doute d'autres chats à fouetter mais vous devriez enquêter de temps en temps en région parisienne. Vous verriez, Mame Dunord, qu'à Montreuil-sous-Bois gîte la véritable «plus importante» comme vous dîtes. Et qu'elle est en mains privées.
C'est comme ça et pis c'est tout!
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01.06.2009
Sylvain Fusco se fait voir chez le G.R.E.C.
Sylvain Fusco, c'est pas l'actualité qui l'étouffe. Rare vraiment qu'on voit son nom dans le Landerneau brut. Et pour cause. Ses œuvres circulent pas. Les collectionneurs n'en ont mie. Tout est à Lausanne et la Collection de l'Art brut ne peut que de temps à autre attirer l'attention sur lui. C'est l'inconvénient avec les musées, même les «anti-musées». Pour conserver, ils conservent mais ils soustraient aussi.
Heureusement, il y a des gens qui n'oublient pas Sylvain Fusco, un peintre de la plus belle eau intraitable. C'est le cas de Céline Muzelle qui lui a consacré un mémoire d'histoire de l'art en 2001. Elle va venir tchatcher sur lui à Paris dans le cadre du séminaire de Lise Maurer.
Fusco a réalisé son œuvre d'une nécessité absolue à l'asile de Bron (Hôpital Psy du Vinatier) dans la banlieue de Lyon entre 1935 et décembre 1940. Après quoi, il est mort. A 37 ans. De «sous-alimentation» dit-on. Mort de faim, quoi, comme Séraphine Louis, comme tant d'autres pauvres «Geiteskranken» pendant l'Occupation nazie secondée par la maréchalerie. Un des premiers sur les 2000 rectifiés à Lyon malgré les provisions de la ferme qui dépendait de l'hosto.
Pour comprendre, il n'y a qu'à lire Artaud, qui a failli y passer ailleurs et a été sauvé in extremis grâce à son transfert à Rodez. Mourir de faim, faut se reporter aux Confessions d'un mangeur d'opium de Thomas de Quincey pour imaginer l'horreur. Ou alors à Fontan Crusoé (Aventures d'un déclassé racontées par lui-même), un texte extrait du recueil de Jules Vallès intitulé Les Réfractaires. Les Editions Anacharsis viennent d'avoir la bonne idée de le rééditer.
Sylvain Fusco n'était pas un bavard. «C'est joli, ça», sont les seuls mots qu'André Requet, son médecin, lui ait entendu dire, un jour que ce psychiatre lui manifestait combien il kiffait son œuvre.
Les bouches à la Kiki (de Montparnasse), que Fusco affectionne quand il représente des brunettes plantureuses, sont d'ailleurs toujours rétrécies par le maquillage. Silence donc, le créateur travaille! Et dans un premier temps, il couvre murs et couloirs de l'asile avec les moyens du bord. Comme un préhistorique sa grotte.
Ne plus parler : la méthode a permis à Fusco d'échapper au bagne militaire où il avait échoué après 2 ans de prison suite au meurtre d'une femme, commis à 20 ans, dans des circonstances peu claires. Dans sa première manière, S.F. se voue à l' «origine du monde», il se fait des expos privées de gigantesques minous de meufs, trop picturaux pour être vraiment obscènes (j'ai pas trouvé de repros). Il piètine furieusement pastels et toiles qu'on lui donne, préférant le jus de feuilles d'arbres, la terre grattée au sol.
Requet, qui rame pour ramener vers nous cet homme d'une tristesse effroyable (sur les photos), parvient à lui faire accepter du matériel. Et ce sont quelques mois d'une production sur papier acharnée (celle que l'on connaît).
Malheureusement André Requet doit partir troufion. Quand il retrouve Fusco, celui-ci n'est plus que l'ombre d'une ombre.
Sylvain Fusco-Autoportrait
C'est non loin de la prison de la Santé, à l'amphithéâtre de l'Institut de Théologie Protestante, le samedi 13 juin 2009 de 14 à 16 h, que se produiront Lise Maurer, Celine Muzelle et leur invité Sylvain Fusco. C'est sur le boulevard Arago, au 77. On se repère au croquignolet petit fronton néo-classique.
18:48 Publié dans Lectures, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art brut, sylvain fusco, céline muzelle, le vinatier
29.03.2009
Fusil chinois rapide
Puisqu’on parle du loup, parlons de Robillard à la Création Franche. André Robillard est un tant grand monsieur de l’art brut que ça crépite de partout autour de son nom. Le Net n’est pas avare de bios et de commentaires sur ce valeureux fabricant d’armes à feu qui fonctionnent exclusivement à la poudre d’émotion fleur de peau et à la violence apprivoisée. Des kalachnikovs pour-de-faux, plus offensives que des pour-de-vrai, tellement elles sont plus touchantes !
Mon chéri que j’ai, il les adore les super-fusils de Robillard. Ils lui font penser à ceux d’Alexandre Lobanov : c’est la même agressivité pur jus, «d’autant plus pure qu’elle est faite pour ne s’exercer jamais» qu’il dit, mon chéri.
Il aurait voulu en avoir des comme ça quand il était petit. Il peut pas s’empêcher de jouer encore avec à son âge. Après, il me tanne pour que je le photographie dans sa tenue de terroriste en peau de lapin brut.
Si je l’écoutais, il irait comme ça à l’inauguration de l’exposition André Robillard le vendredi 3 avril 2009 au Musée de la Création Franche.
C’est à partir de 18 heures (d’été) à Bègles et on nous promet 3 salles avec des dessins et des sculptures, plus une 4e salle en bonus avec un «espace documentaire constitué autour de la vie» du cher et respecté Robi.
Les Animuliens et leurs copains qui pourront rester dans le coin juqu’au 4 avril auront en plus l’avantage d’assister à une rencontre-débat (tout c’qu’on aime) à la Bib de Bègles. Avec dans les rôles principaux : Lucienne Peiry, Cardinal Roger et, et, et… Gérard Sendrey, Nouvel Inventeur, «initiateur et créateur de la Création Franche» et du Musée du même métal.
Pour ceux que leurs activités détourneraient de ces folies bèglaises, qu’ils sachent qu’ils ont jusqu’au 19 avril 2009 pour s’offrir la rando jusqu’à l’expo Robi perso.

L’œuvre d’André Robillard avait déjà été montrée au MCF mais dans le cadre d’une expo collective de 1997, celles des collectionneurs Eternod et Mermod.
21:31 Publié dans Expos, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, andré robillard
04.02.2009
Colloque, expo, catalogue : une trilogie Bosco
Neige sur Paris. Vent sur Palermo. Poireau à l’aéroport. Je suis restée 13 heures à attendre l’avion du retour devant une pub où -ironie du sort- un hardi pittore rougissait un mur bleu à grand renfort de rouleau.
On aurait dit que la Sicile ne voulait pas me laisser partir et qu’elle s’ingéniait à me faire regretter ce que j’étais venue chercher dans l’île avec mon chéri et les amis : non la barbouille ordinaire mais la peinture, la vraie peinture.
Celle du dottore Giovanni Bosco qui malheureusement n’était pas en condition d’assister à l’hommage qui lui était rendu, samedi dernier, dans sa ville de Castellammare del Golfo.
La grande prêtresse de cette chaleureuse cérémonie était Eva di Stefano et elle a assumé son rôle avec efficacité, bonne humeur, rire généreux et énergie communicative. On lui aurait bien offert un gâteau et chanté l’opéra pour la remercier.
Elle était secondée dans sa tâche par Claudio Colomba et une armée de jeunes zeppistes à coppola fleurie (casquette locale chic) et dread-locks.
Ils grimpaient sur des échelles, portaient des tonnes de cimaises, filmaient des plans d’enfer selon les nécessités de l’organisation, de l’accrochage et de la couverture de l’événement.
A 16 heures tout était prêt. Il ne restait plus aux oratrices et orateurs qu’à escalader la tribune de l’ancien cinéma où se tenait le colloque.
Heureusement que 150 personnes étaient là, debout dans les allées, occupant tous les fauteuils, ça réchauffait l’atmosphère de ce janvier frigo et riche en intempéries, même ici.
Ces quelques photos pour vous donner une idée de l’ambiance.
Si ça vous suffit pas, allez sur le documentaire de Salvatore Tartamella où vous cueillerez au vol un morceau de l’allocution de Lucienne Peiry, la directrice de la Collection de l’art brut et l’interview du signor Carlo Navarra, adjoint au maire.
Cliquer sur l'image
Votre petite âme errante étant trop timide pour parler, elle a délégué 2 membres de son «collectif» (et oui, je suis un collectif maintenant !) : l’Auguste Jean-Louis Lanoux qui a fait rire la salle avec son italien de pacotille et, dans le rôle beaucoup plus noble du clown blanc, l’indispensable Michel Scognamillo qui l’a tenue sous le charme de son verbe.
Pour que «Michele» (en italien) me pardonne ces douteuses plaisanteries, je vous scanne ici le beau texte qu’il a donné pour le catalogue sorti pour l’occasion.
La place manque pour célébrer la qualité du contenu de ce bouquin où l’on retrouve les contributions d’Eva, de Lucienne et de Teresa (Maranzano) mais il y a là-dedans quelques nouveaux clichés zeppistes, je vous dis que ça! J’en pique pas trop pour vous donner envie de vous le procurer.
Et je vous emmène toute de suite faire «un giro» (un tour) dans l’expo de dessins de Giovanni qui se tenait dans une église déconsacrée voisine.
Le spectacle, bien entendu, était aussi, était toujours, dans la rue. J’ai retrouvé un peu pâlies les fresques que j’avais vues en mai 2008.
J’ai découvert de nouveaux dessins sous les palétuviers ou sur les murs du jardin public.
En arrivant à Paris un peu hébétée de fatigue, je cherchais machinalement des Bosco partout sur les platanes et dans les rues.
23:55 Publié dans Ecrans, Ecrits, Expos, Lectures, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : giovanni bosco, art brut, castellammare del golfo
14.01.2009
Halle St Pierre : fromage ET dessert
Y’a des jours où l’art brut c’est kiff-kiff l’art de la table. Pas de panique ! Je vais pas vous la refaire avec mes succulents mollusques, répugnants à voir comme des fesses de hyène (voir ma note du 15.10.2008 : Mangez brut!) ni avec la cuisine paléolithique du cher Joseph Delteil (19.09.2005 : Caramba encore raté!).
Ce dont je veux vous entretenir -deux points, ouvrez les guille-mets- comme dirait la marquise de Sévigné, c’est de la brutalité des mœurs de notre siècle sans cœur qui fait poireauter une dadame de mon calibre devant son dry Martini en attendant son rendez-vous d’affaires qui ne vient pas. Et quand le dit RDV est un costard-cravate assez avenant et encore à l’âge de votre petit frère, avouez, chères lectrices, que la pilule est plus dure à avaler que l’olive du Martini.
Ce qu’on peut avoir l’air bécasse à regarder sa table en attendant que son cellulaire vibre, mes sœurs! C’est votre petite âme errante qui vous le dit.
Des tables, j’ai pu constater dans le resto où je faisais tapisserie qu’il y en a de toutes sortes. Des petites carrés sympas et des grandes rectangulaires prétentieuses. Même une ovale pour les plats. Mais rien ne vaut bien sûr notre bonne vieille table ronde. La table ronde du roi Arthur. En attendant que celui-ci revienne pour mettre de l’ordre dans le pastis qui nous sert de monde, il faudra vous contenter de celle de la Halle Saint-Pierre. Régulièrement celle-ci, qui est une mère pour nous, organise une Table ronde sur des sujets divers avec des maîtres-coqs qui viennent nous faire goûter leurs «spécialités».
Samedi prochain, le 17 janvier 2009, par conséquent, c’est l’équipe qui a écrit l’ouvrage Débridé(e)s, à propos des ateliers de La Pommeraie, qui se collera aux fourneaux de 15 à 17 heures. Cela va chauffer autour de l’art-thérapie, c’est clair!
Parmi les «chefs» habituels : l’incontournable Laurent Danchin (dont le saint patron finit sur un gril) et Alain Bouillet (un nom prédestiné à la cuisson comme dirait l’autre).
On note aussi la présence de toques nouvelles : Carine Fol et Teresa Maranzano, pour m’en tenir aux «quilles à la vanille». Le modérateur (à feu doux) sera Jean-Yves Mesguisch. Il arbitrera la rencontre entre tradition et nouvelle cuisine, chacun défendant le bout de gras qu’il a développé dans le livre. Bon, pis allez, comme je suis pas vache et pour vous montrer que je ne conserve aucune dent contre les hommes, ces poseurs de lapins,
je vous donne en amuse-bouche, le nom des deux garçons qui viendront également tchatcher samedi. C’est le galeriste Christian Berst et Bruno Gérard, artiste chargé de l’atelier Pommeraie. Ils ont intérêt à être à l’heure. On les attend de pied ferme pour signer leur bouquin.
C’est compris dans le menu.
23:21 Publié dans Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut
05.11.2008
Jean Dubuffet au séminaire
Vous savez pas quoi faire samedi ? Hello, ça vous dirait un p’tit séminaire ? D’ici là, l’Amérique sera barackée. A moins qu’elle n’en pince pour le playmobil. En tous cas, vous serez à New York pour l’événement et on peut dire que ça tombe pile poil parce que c’est au Folk Art Museum que, juste avant le lunch (entre 11 Am et 1 PM), vous aurez la chance (pour peu que vous ayez 20 $ dans la poche de votre doudoune) d’assister le 8 novembre 2008 au Saturday Seminar dans le cadre des Folk Art Studies.
C’est très sérieux, ne rigolez pas. Qui a dit que les Américains, démocrates et républicains (il me semble qu’on peut être les 2 à la fois) ne comprenaient rien au mot «art brut» ? Sans doute ceux qui croient branchouille de jargonner pidgin à tire-larigot dans leurs papiers ou sur leurs sites : outsiders par ci, self-taught par là. A ceux-là le séminaire de l'AFAM apporte – lon, lon, laire – un démenti puisqu’il s’intitule : Jean Dubuffet’s «Discovery» of l’art brut and les ecrits bruts : The European Context.
Bon, O.K., il y a ces guillemets qui festonnent la Découverte mais cette titraille est quand même prometteuse puisqu’elle montre à l’évidence que nos amis Uessiens ne craignent pas de se coltiner l’art brut, à la fois le mot (pas la peine donc de lui chercher des équivalents anglais plus ou moins vaseux) et la notion elle-même. Et même d’avaler au passage, quoique sans accentuation, un autre syntagme françois, j’ai nommé les «écrits bruts».
Je persiste en vous refilant le très clair laïus qui présente le Seminar : «This seminar will examine the historical specificity of Dubuffet’s “discovery” of l’art brut and les ecrits bruts in France in the immediate post–World War II period in light of the artist’s political affiliations and literary and curatorial aspirations. We will review the artistic and literary genealogy of art brut and discuss the extent to which Dubuffet’s postwar definition of art brut differs from the surrealists’ celebration of l’art des fous. Concomitantly, we will look at Dubuffet’s extensive writingson specific artistes brutes, including, but not limited to, Aloïse, Gaston Chaissac, Le Comte du Bon Sauveur, Charles Jaufret, Alfonso Ossorio and Francis Palanc.»
Collection of Audrey B. Heckler © Estate of Martin Ramirez
Comme je sais pas trop avec quoi vous illustrer cette note, j’emprunte à la shop du musée une image ramirezienne trouvée dans un portefeuille de cartes. C’est une repro de l’une de ces fameuses œuvres redécouvertes en 2007 exposées à l'AFAM jusqu'en avril 2009 sous l'intitulé : Martin Ramirez, the last works.
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16.05.2008
Arts pathogènes, arts contaminés
Expédition des affaires courantes. Les vacances c’est joli mais si tu crois, ma pauvre Ani, que ça va durer ! Ta boîtolettres a profité de ton absence pour engraisser et tu croules sous les i-mêles de ta copine Sophie. Heureux tout de même qu’il y a les messages animuliens mais que de news à traiter alors que t’as pas déballé ta valise !D’abord, pour les fidèles de ma note du 21 octobre 2007 relative à Pierre Della Giustina, un petit tour en Auvergne pour vous animuler de source sûre que cet artiste trop rare sera présent le mardi 20 mai 2008 à la Galerie Arkos de Gérard Gubbiotti (25, rue du Port à Clermont-Ferrand) pour le vernissage de son expo qui sera visible jusqu’au 21 juin.
Côté Genève, c’est déjà samedi 17 mai, de 14 à 18 h, la conférence : Relations et contaminations entre art contemporain et art outsider à la salle Ajuriaguerra du Domaine de Belle Idée, 2 chemin du Petit Bel Air (1225 Chêne Bourg). C’est dans le cadre de Follie Italiane, une expo dont je vous ai dit du bien le 23 janvier 2008.
Parmi les conférenciers Teresa Maranzano, Elisa Fulco, Rhomas Röske et Bénedicte Merland du MAD de Liège. «Contaminations» me paraît pas le mot idéal en ces temps d’OGM mais pourquoi pas jouer avec l’idée de maladie.
Qui est l’agent pathogène de «l’art contemporain» et de «l’art outsider»? On serait tenté de s’en tamponner le coquillard puisque l’un n’est qu’une variété de l’autre mais je sens mes griffes pousser quand je lis dans la présentation de la conférence que «L’art brut est resté longtemps enfermé dans l’enceinte rassurante des définitions établies par Jean Dubuffet et Michel Thévoz».
Alors, pour ma part, je préférerais parler de «capillarité», surtout parce que l’art con (j’abrège pour aller vite) et son compère l’art out (ou ce qui se donne pour tel) se gênent pas pour jouer les éponges avec le sang neuf de l’art brut. La réciproque étant infiniment moins vraie.
Enfin, c’est égal, ça fait plaisir de voir des gens réfléchir sur le statut de l’art brut dans un contexte bien différent de celui de sa création. Même si la notion de «décloisonnement» autour de laquelle rôdent ces hardis explorateurs me paraît bien mince pour la complexité du problème et, pour tout dire, un retour à la case-départ.
A Paris, Chaissac a droit à la couverture d’un luxueux catalogue de vente publique. Livres, dessins et autographes de deux collectionneurs : François Jolivet et Ivan Bonnefoy, expertisés par Claude Oterelo. Beaucoup de choses par ci par là pour les Animuliens parmi lesquelles128 lettres du Gastounet à Dubuffet.
Une phrase parmi d’autres : «Ce matin j’ai confectionné deux statuettes avec les souches que Pierre Giraud et moi avions rapportées» m’amène, par capillarité sans doute, à vous inciter à l’achat de Paris, mon pote, le nouveau livre de Robert Giraud paru chez Le Dilettante même si Le Copain de Doisneau vous en a déjà parlé.
23:55 Publié dans Expos, Lectures, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, robert giraud, gaston chaissac
02.04.2008
L’art brut se donne en spectacles

Un coup d’œil sur ma feuille de route et je m’aperçois que j’allais
manquer de respect -moi la muse de l’art brut- à mes copines Melpomène et Thalie, les Muses (avec un grand M) du théâtre.
C’est fou comme le théâtre se branche sur l’art brut en ce moment.
Dernièrement, c’est André Robillard qui s’est retrouvé enrôlé, en février 2008 à Orléans dans la salle de répétitions du Centre dramatique et en mars à La Fonderie au Mans, dans une «performance» de théâtre musical (Tuer la misère) où sa pratique de l’accordéon râleur et de l’harmonica amplifié par un seau constituèrent le clou du spectacle.
Le spectacle, le cher spectacle, le voici, le voilou de retour, grâce aux efforts conjugués du réalisateur Bruno Decharme, de Kate France, «musicienne, metteur en scène, vidéaste et comédienne» (je cite le tract-annonce contenu dans le livret Théâtre et Variations des Rencontres de La Villette) et à Sylvie Reteuna de la Compagnie La Sybille, autre metteur en scène. Leur commune réalisation s’intitule L’Appartement.
Rien à voir avec le film de Billy Wilder.
«Les spectateurs sont invités à visiter l’appartement où six colocataires en errance déambulent au rythme de leurs songes et des œuvres d’art brut qui peuplent leur univers» nous éclaire la présentation de cette déambulation théâtrale.
Ce n’est pas limpide ? Vous pensiez comme moi que c’est plutôt dehors qu’on erre ou qu’on étagère (pardon, j’ai pas pu m’en empêcher) ? Et que les songes, c’est quand on dort, ce qui n’est pas propice à la déambulation ?
Mais attendez, la suite est plus claire. Il s’agit simplement de «fragments de lettres, écrits ou délires (…) d’hommes et de femmes ayant connu l’enfermement psychiatrique» dits par des acteurs, au milieu (qu’on me corrige si je me trompe) de tableaux exposés dont les auteurs ont le même profil.
Un beau profil puisqu’ils proviennent de la Collection de Bruno Decharme. Pour une fois, ce n’est pas à Montreuil, l’aimable cité néoécologiste, que ça se passe mais, vous l’avez deviné, au studio 1 de la Grande Halle de la Villette où l’on ne tranche plus le lard comme dans la chanson de Jacques Lanzmann et Jacques Dutronc.
Les séances sont le 17 et 24 avril à 19 et 22 h, les 18, 19, 25 et 26 du même mois à 17 h, 18h 30 et 21 h. Vous trouverez bien une fenêtre de tir : allez-y, c’est sûrement très bien puisque Mme Sandrine Mens du Service des Publics et de la Médiation du parc de la Villette m’a envoyé (merci !) 2 courriels et une bafouille pour que je n’oublie pas.
En guise de zakouski, une rencontre-lecture est organisée vendredi 4 avril 2008 à 19 h à l’Espace Librairie Actes Sud de la Big Halle de La Villette où on se demandera ce qui dans les textes bruts «résiste à la représentation» et si on peut «sans les trahir les exposer sur la scène».
01:19 Publié dans Parlotes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : andré robillard, art brut
25.01.2008
Déplacements à l’abbaye Sainte-Croix
On a bô dire, on a bô faire, on peut pas être partout. Malgré tous les dons dont la nature l’a gratifiée, votre P.Â.E. est dépourvue de celui de l’ubiquité. Elle regardait la Normandie au fond des yeux et pendant ce temps la Vendée fait des siennes.
Je repasserai donc pour assister à la journée de Lectures de Serge Fauchereau qui aura lieu demain, samedi 26 janvier 2008 au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix! Mais les celles et les ceux qui se trouveraient en villégiature dans la région peuvent remettre leur excusion à l’île de Ré et courir fissa à la salle de conférence de cet incontournable carrefour de l’art des Sables d’Olonnes.
Animé par Benoît Decron, son conservateur, le Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix n’a qu’un inconvénient : celui de crécher un p’tit peu loin de ma tanière parisienne.
Le MDASC. possède à son actif quelques expos peu banales sur des artistes trop méconnus malgré la force et l’originalité de leur œuvre, Anton Prinner par exemple.
En ce moment, il s’y tient la première rétrospective sur le surréaliste roumain Ghérasim Luca, auteur du Vampire passif, cet ovni littéraire paru en 1945 quand l’art brut était au biberon.
On attend avec impatience que les blogs surr se décident à nous en parler.
Moi, pour en revenir à mes sujets chouchous, je vous invite à looker le portrait de Serge Fauchereau par Alexeï Vassiliev qui orne l’invitation à la Table Ronde sable-dolonnesque de samedi (14 h).
Ecrivain et critique d’art, Fauchereau, comme vous le savez, a plusieurs livres sur Gaston Chaissac a son actif. Super-accroc de la région où, encore ado, il rencontra le Gastounet, il a choisi –c’est ça le scoop- de faire don au MDASC. de ses archives, de sa doc, de ses bouquins et d’un ensemble d’œuvres d’art.
On comprend qu’à cette occasion des orateurs comme Bernard Rancillac, Jean-Claude Marcadé, etc. se soient déplacés. Prévue aussi Mme Joëlle Pijaudier-Cabot que les Animuliens connaissent parce qu’elle fut le conservateur en chef du MAM Lille-métro de Villeneuve d’Ascq avant de diriger les musées de Strasbourg.
A 5 p.m. (17 h en Céfran standard), avis aux chasseurs d’autographes, séance de dédicace avec Serge Fauchereau qui se fera un plaisir de mettre votre nom sur son livre édité par André Dimanche à Marseille : Gaston Chaissac. A côté de l’art brut, un essai de bonne et mauvaise humeur.
23:55 Publié dans Expos, Jeux et ris, Lectures, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : art brut, Anton Prinner, Gaston Chaissac, Ghérasim Luca
24.11.2007
Une vie pleine de viennoiseries
Vous sortez de la grève avec des mollets de maillot jaune ? Super, ça tombe au poil. Enfourchez votre petite reine, je vous emmène à Retraite-World. C’est pas loin. Au coin de la rue. Pédalez jusqu’au kiosque et demandez le n° 258 de Pleine Vie, «nouvelle vie, nouvelles envies» (whoa, le programme !).
C’est ouf le nombre de jolies mamies nudistes qui ont testé pour nous la crème anti-âge dans ce mensuel. Et de papis musclés à dos argentés et soupçon de ventres ronds, pêchant la truite dans des torrents glacés.
Il y a même des «sexagénaires» de la dernière pluie qui s’amusent à porter des fourmis sur leur tête.
Aussi neige pas été trop ébabahie d’y trouver l’ethnologue Michel Valière pointant son doigt ciceronique vers des villages du genre de Chez Bernardeau (oui, comme le muet valet de Zorro) près de Champniers dans la Vienne.

Il fait découvrir sa région à des Parisiens stressés. Rien que pour le fun et dans la décontraction. «Je ne fais jamais de circuits de fil jaune, rouge ou bleu», dit-il, «Plutôt des moments d’opportunités, en mettant l’accent sur un point d’histoire, un élément ethnographique comme un lieu de dévotion sur une tombe de saint avec ses graffiti (…)».
« Graffiti », un de mes dadas. Cela me rappelle que dans un de ses malicieux commentaires déposés sur ma note Calaveras, le pilote du Jardin de Belvert osa me demander si je connaissais le trop mimi musée des graffiti anciens de Marsilly en Charente-Maritime.

Mais vouiii, bien sûr, voyons. C’est près de la Rochelle. J’y ai même fait provision d’un bouquet de brochures savantes réalisées par les Amis dudit musée sous des couvertures acidulées comme des bonbecs.
Je me suis fait aussi l’ascension du clocher avec mon chéri qui peinait derrière parce qu’il avait mangé trop de moules arrosées au vin blanc.

La preuve : mon billet d’entrée rose.
C’est pas fastoche à photographier mais j’ai pourtant ramené un tas d’images dont je vous donne un échantillon puisque vous insistez.
D’ailleurs, si vous aviez été attentif, cher professeur, vous auriez remarqué que dès mes débuts, quand je n’étais pas la star blogouilleuse que je suis devenue, j’avais déjà réussi à glisser, le 6 septembre 2005 pour être précise, un cliché de l’un des moulages que ce vaillant musée (non, le mot n’est pas trop grand) expose du mieux qu’il peut.
Donc une révision s’impose. Pour la prochaine fois, vous me ferez le plaisir, cher Seigneur de Belvert et vous aussi chers Animuliens, de feuilleter d’un clic distrait toute l’année 2005 de votre Animula Vagula préférée.
Je suis vache ? Non : cette année là n’a que 4 mois.
17:45 Publié dans Gazettes, Glanures, Jadis et naguère, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Graffiti, Michel Valière
















































