11.10.2009
Yvette Horner, Yvette Hors normes
Yvette Horner et l'art brut, ces deux vedettes devaient un jour se rencontrer. C'est chose faite aujourd'hui sur Animula Vagula, le blogue qui ne crache pas sur le musette. Il vous offre une image caillouteuse et savoureuse de «la femme aux doigts d'or» qui va se produire dans des tas de galas en 2010. Yvette Horner est de la génération de ma Belle-Mimine qui a la pêche aussi et qui s'appelle pareil. Fin septembre c'était leurs anniversaires aux Yvettes alors nos vœux les plus sincères à toutes deux.
Pour ceux qui douteraient qu'Yvette Horner puisse concerner votre petite âme errante, sachez qu'elle enregistre en ce moment un disque intitulé : Hors Normes.
Hors normes, l'extraordinaire sculpture que je vous présente ici, le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle l'est aussi. Où voit-on pareils prodiges techniques et artistiques dans la production artistique ordinaire? Nulle part. Et ça vaut bien un petit air d'accordéon surtout quand on sait que ce délicat assemblage de cailloux -collés (oui, collés, vous avez bien lu) et minutieusement choisis pour leurs teintes naturelles -était équipé d'un petit moteur permettant d'animer cet ensemble fragile.
Merci à Freddy et à Cathy, Animuliens de fraîche date qui m'ont envoyé cette photo d'un objet sans égal qu'ils entourent de respect et de précautions.
P.S. Pour ceux qui pensent que j'ignore le nom du lapidaire qui a créé cette Yvette automatique, je ne dirais qu'une chose : «Chauffe Marcel !».
15:54 Publié dans De vous zamoi, Ecrans, Images, Zizique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art brut, yvette horner, hors normes, accordéon, musette
08.10.2009
L’Art sans le savoir
Céline Delavaux, votre petite âme errante vous a déjà parlé de cette madame-là à propos du Plancher de Jeannot. Le 25 novembre 2007. Secrétaire de rédac de la revue Cassandre qu'elle est. Les rapports de l'art, de la folie, de la littérature : voilà son chantier de fouilles. Elle vient de publier en août 2009, aux Editions Palette, un bouquin pour les enfants qui est presque trop beau pour être mis entre les petites mains pleines de pâte à tartiner. Surtout qu'à mon avis c'est autant aux «grands commençants» qu'il s'adresse. Une supposition que vous ayez été élevé(e) dans du coton, que vous ayez été nourri(e) à la mamelle de la Joconde mais que, rassasié(e) de la Culture culturante, vous cherchiez à savoir qu'est-ce que c'est que cet «art brut» dont on vous chante tant et tant... Et bien c'est par ce bouquin-là que vous devez commencer.
Cela vaut tout les digest, toutes les introductions, les vulgarisations, les résumés et autres «partons à la découverte». Justement parce que ça ne veut pas tout dire. Seulement quelques exemples et deux ou trois choses essentielles mais exprimées sans vouloir faire Prix Nobel qui se met à la portée des pauvres noix de base. Exprimés dans une langue claire surtout. Avec des phrases françaises et des mots pas fiers qui prouvent qu'on peut faire court et précis sans faire débile pour autant. Donc, si vous m'en croyez, mignonnes perdrix de l'année et vous nouveaux Animuliens fraîchement tombés dans le bocal, lisez ce : L'Art brut, tout simplement sous-titré L'art sans le savoir.
Accrochez-vous aux branches des têtes de pages : Des peintres qui entendent des voix, Un art clandestin et solitaire, Au delà du bricolage du dimanche..., Il n'y a pas d'âge pour créer, Les pouvoirs magiques du langage. Beaucoup d'images en couleurs, de la typo sage mais pas trop. Quant au texte, je vous le répète, c'est pas de la daube dans le genre je vous emballe en douceur des notions difficiles. Pour preuve, cet échantillon : «Pour les artistes bruts, le langage ne se réduit pas à un simple instrument pour communiquer. Avec eux, la langue et l'écriture gagnent une valeur de code secret». Putain, exactement ce que j'allais dire !
00:31 Publié dans Images, Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, céline delavaux, revue cassandre, editions palette, code secret
23.09.2009
Arts de l’enfance, enfances de l’art
Arts de l'enfance, enfances de l'art : le nouveau Gradhiva est arrivé. J'ai traversé «la jungle» pour aller le chercher. Non celle de Calais où l'on bouscule le pauvre Tiers Monde mais celle du Musée du Quai Branly «là où dialoguent les cultures». La jungle du Quai Branly est un jardin touffu où l'on entend feuler, barrir et cui-cuiter.
Elle mène directo à la librairie du musée où pour la somme de 22 € TTC, je me suis offert le n°9 de chez Gradhiva (avec une H), revue créée par Jean Jamin et Michel Leiris. C'est dire si c'est du sérieux! Un peu trop pour moi peut-être. Mais c'est une belle bête, cette revue. Textes trapus mais typo lisible. Des biblios, et des images super. Et puis ça faisait un moment que je l'attendais ce 9.
Exactement depuis que j'avais été parachutée dans le séminaire de Daniel Fabre (voir ma note du 20 novembre 2006, Les enfants du Traouc del Calel). D.F. c'est lui qui est aux manettes de ce Gradhi là. Dans sa présentation, il se creuse les méninges à propos de l'art moderne qui n'a cessé de faire bouger ses limites en incluant «l'autre de l'art» dans son espace. Il se demande comment on est en venu à étudier les productions des enfants. Le reste du menu comprend une entrée (Les enfants de l'art), un plat de résistance (Œuvre de l'art et objet de science : le dessin d'enfant), un dessert (Ethnologues sur le terrain de l'enfance). Aux fourneaux, divers chefs de cuisine : Emmanuel Pernoud, Pierre Georget, Michèle Coquet, Franck Beuvier, Earl Barnes, René Baldy, Eric Jolly.
J'ai déjà parlé en nov. 2006 des dessins des petits mineurs du Moyen-âge. Mais il est passionnant aussi de constater que les libres dessins de nos chers moutards avaient fait l'objet de centaines d'expos à travers le monde entre 1890 et 1915.
Suivre le travail de Corrado Ricci en Californie sur des milliers de dessins d'enfants n'est pas mal non plus. Le bouquin (car c'en est un) reproduit une tapée de crobarts, graffiti et peintures de nos chères têtes blondes.
Il les mélange avec des repros de tableaux divers où les artistes ont fait figurer des dessins d'enfants. Cette recherche icono commande le respect et il y a vraiment des trucs à découvrir.
Gravure de Trichon d'après Evariste Carpentier (vers 1890) - détail - Musée national de l'Education, Rouen
Rubrique ethno, on reste scotchée devant les dessins «indigènes» glanés par Thérèse Rivière chez les Ath Abderrahman Kebèche de l'Aurès lors d'une mission en 1935-1936.
Comme il y a des résumés en bilingue français/anglais, je vous le fais dans la langue de Lady Di : «Drawn in ink by boys and adult men, they reproduce scenes from daily and ceremonial life or derived from the religious graphic repertoire intented to illustrate the Koran and for therapeutic formulae».
Toutes les illustrations sont extraites de l'ouvrage
23:55 Publié dans Images, Lectures, Poésie naturelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art des enfants, revue gradhiva, anthropologie des arts, daniel fabre, musée du quai branly
16.09.2009
Glozel : Emile Fradin a fêté ses 103 ans
Emile Fradin a 103 ans. Si je vous parle de lui c'est pas seulement que j'adore les centenaires. C'est que j'ai toujours cru que cet indomptable paysan de la montagne bourbonnaise aurait pu être considéré comme un créateur d'art brut. Si l'archéologie, la justice et l'opinion publique de sa jeunesse avaient montré plus de bienveillance et d'humour à son égard.
Il n'aurait pas fallu beaucoup en effet pour que les surprenantes et controversées découvertes qu'il fit en labourant son champ à Glozel (petit patelin de l'Allier) soient envisagées sous l'angle artistique d'une bouffée inventive d'autodidacte plutôt que comme des artefacts préhistoriques à étiqueter, classer, dater, décortiquer, analyser, carbone-quatorziser.
On lira dans Le Dictionnaire des trucs de Jean-Louis Chardans (Pauvert, 1960) le pourquoi du comment de cette aventure merveilleuse et emberlificotée qui eut un retentissement national dans les années vingt.
Les médias, les savants (Salomon Reinach, Seymour de Ricci, l'Abbé Breuil), les avocats dont le fameux Maurice Garçon se sont crêpé le chignon pour ou contre Glozel jusque dans les années 30. Même la publicité Hotchkiss s'en est mêlé.

Au milieu de ce pastis, Emile Fradin qu'on accuse d'être un faussaire alors qu'il est surtout un poète et un rêveur de la meilleure veine, navigue avec intelligence, ruse, courage et opiniâtreté. A lui seul il fait figure d'allégorie des croyances populaires dressée contre les pieds d'argile de la science officielle.
Il appartient à ce peuple des campagnes qui sort depuis toujours des haches taillées de la terre pour les transformer en pierres à venin sans se soucier des ricanements des grandes têtes molles plus ou moins foutraques de la ville.
Moins sérieux, moins catégoriques dans le oui ou le non, les experts du néolithique de l'époque n'auraient sans doute pas conduit Emile Fradin à s'entêter dans sa version : le come-back d'une civilisation et d'une écriture inconnues.
Seulement voilà, ils avaient le verbe haut et Fradin toute sa vie dut allumer des contre-feux qui aujourd'hui encore couvent sous la cendre.
En attendant, je suis pas loin d'être d'accord avec l'Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications de François Caradec & Noël Arnaud (Pauvert 1964) : les 3000 objets de Glozel «forment encore aujourd'hui un des musées les plus étranges existant au monde».
Bonne continuation, monsieur Fradin !
23:42 Publié dans Images, Jadis et naguère | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : emile fradin, glozel, centenaire
28.08.2009
Charles Billy sur CYBERmUSE
Charles Billy était là, il m'attendait et je ne le savais pas. Sur CYBERmUSE, le site de la collection permanente du Musée des beaux-Arts du Canada. Un portrait par le photographe Marcus Schubert (comme l'auteur de l'Opus 100).
© Marcus Schubert-Le Jardin de Nous Deux, Civrieux d'Azergues (1987)
Je visite sa galerie en rentrant de vacances. Elle contient de belles images de La Frénouse, la création de Robert Tatin, de la maison Picassiette, du jardin de sculptures de Fernand Chatelain, du parc des vignes à Dietikon en Suisse, du parc des moulins à vent de Lucama en Caroline du nord etc.
Vraiment, ça fait plaisir de retrouver son matos.

J'en avais plein le dos de ma clé 3G qui tombe en rideau, des bistrots wifi qui vous déconnectent au milieu d'une recherche pour cause de pub, de ces boutiques de location informatique devant lesquelles on ne peut jamais se garer. Allez donc poster quelque chose après ça! J'ai préféré faire la sieste en attendant de pouvoir taquiner mon internet les doigts dans le nez.
Heureusement que je suis pas la seule à faire bouillir la marmite de l'art brut !
Pas plus tard que la semaine dernière, pendant que je coinçais la bulle, j'ai découvert que Graciela Garcia avait montré Maria-Faustina Stefanini sur son blogue El Hombre Jazmin et que Yassine du blogue Lezinfo avait dégoté une tapée de Joseph E. Yoakum pas piquée des hannetons.
Suivez son lien. C'est le conseil du jour de votre Animula.
23:55 Publié dans De vous zamoi, Images | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, charles billy, maria-faustina stefanini, joseph a. yoakum, marcus schubert
30.07.2009
Cuba nous fait des Signos
Belkis Aion, 1993
Cuba-Boix qu'est ce qu'elle va pas pas inventer là Animula?
Faut vous dire que je serais bien allée danser la salsa à Groninger, à Groninger en Hollande. A Groninger parfaitement. Parce que figurez-vous là-bas, au musée du coin, il y a, jusqu'au 20 septembre 2009, une expo sur l'art cubain : ¡Cuba! art et histoire de 1868 à nos jours.
C'est bien le diable là-dedans si y'a pas kekchose à découvrir. Un jour ou l'autre le couvercle de la marmite barbudos va finir par voler en éclat, le voisin américain va cesser de faire la gueule et on va assister à l'arrivée sur le marché d'un tas d'artistes cubains qui rongent pour le moment leur frein de bicyclette.
C'est ce qu'a compris le Musée des Beaux-arts de Montréal qui a donné un coup de main à son homonyme de La Havane pour monter cette expo.
Je me demande pour ma part si on peut y voir des œuvres de Samuel Feijoo appartenant à la Collec permanente du Museo Nacional de Bellas Artes. Samuel Feijoo, c'est ce «frère d'âme» que Jean Dubuffet saluait dans le n°5 de Signos, une revue cubaine de 1971. 
Cet artiste autodidacte, peintre et écrivain, est mort maintenant. Ses dates c'est 1914-1992.
Il m'intéresse parce que, dans les débuts de la Révolution, il a encouragé la création et la diffusion des artistes populaires de la région de Las Villas (Santa Clara).
Parmi lesquels, ceux salués (bis repetita) par Dubuffet qui, décidément ne craignait pas de soulever son petit chapeau de tweed pour les «camarades» (Dub emploie le terme!) à bérets étoilés : «la gracieuse Isabel Castellanos»,
Horacio Leyva,
Benjamin Duarte,
Angel Hernandez et «tous les autres pionniers de l'émouvant art brut de Cuba».
Je flaire une source : avis aux touristes animuliennes (et à leurs concubins) qui passent leurs vacances là-bas!
En attendant, moi, je vais me contenter d'aller voir Fidel à la Halle Saint-Pierre.
Fidel et d'autres toucans bleus,
oiseaux mondains
et religieuses d'Anselme Boix-Vives
qui ajoutent au mystère de la salle noire de ce montmartrois musée. C'est offert en prime avec l'expo Macréau et réciproquement. Et c'est jusqu'au 21 août 2009. Deux pour le prix d'une.
23:55 Publié dans Expos, Images | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art brut, art cubain, anselme boix-vives, revue signos, revista signos, samuel feijoo, jean dubuffet, isabel castellanos, horacio leyva, benjamin duarte, cuba, santa clara
04.07.2009
HYPNOS : ne vous endormez pas!
Hypnos, hypnos! (ύπνος, ύπνος). C'est un peu comme : θαλασσα,θαλασσα! (thalassa, thalassa), ça me rappelle les îles grecques où de vieux moustachus agitaient ce mot sous le nez des touristes en quête d'une chambre chez l'habitant. Dormir, rêver peut-être... Mais pas sur ses lauriers comme votre petite âme errante a tendance à le faire.
Aujourd'hui Hypnos est à Lille, pas à Mykonos. Au Musée de l'Hospice Comtesse, pour une exposition éponyme (je fais dans le grec ce soir, c'est la faute aux Abribus mis en boîte par Langue sauce piquante).
Et un peu plus j'oubliais de vous rappeler que cette expo, tranquillement sous-titrée «images et inconscients en Europe (1900-1949)» (rien que ça) va se terminer le 12 juillet.
On ne verra plus bientôt les yeux charbonneux de la marquise Casati qui servent d'emblème visuel à la chose. Ils étaient pourtant bien jolis, bien médianimimis, même si le photographe avait bougé à la prise de vue. Je fais ma pouffe, bien sûr, puisque le photographe c'est Man Ray. Quoi de plus respectable que ce monsieur Ray?
A part ce monsieur Char qui frontonne le catalogue d'une de ces citations péremptoires et sublimes dont il a le secret : «Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté».
Tant de beauté m'intimide personnellement. J'aurais préféré une mocheté de Wölfli, une dégueulasserie de Jan Tóna, une kitscherie magnétique d'Elise Müller (prononciation restituée pour : Hélène Smith) mais ce n'est pas demain la veille que l'on accrochera le train de la culture à la locomotive de l'art brut. C'est toujours l'inverse qui se produit et cette expo n'innove pas sur ce point.
Soyons juste cependant. Elle ne se contente pas, comme d'ordinaire, de faire reluire notre avant-garde number one à nous. Le défaut des Français est de se croire universels mais à côté du surréalisme et des courants qu'il a cherché à satelliser, il y a Dada, le cubisme tchèque, le cinéma allemand de l'entre-deux-guerres, Freud et Jung, Prague, la Hongrie, la Roumanie, l'art brut, les spirites unis de tous les pays.
Elise Müller-Hélène Smith
J'en passe et des meilleures. L'expo Hypnos, basée sur le principe fromage et dessert ne nous fait grâce d'aucune de ces facettes.
Faupin, Boulanger, Surlapierre (Savine, Christophe et Nicolas), les commissaires de l'expo bataillent furieusement pour faire tenir tout ça ensemble avec le concours de gens méritants. Chacun touille du mieux qu'il peut et la cuiller en bois finit par tenir debout dans la casserole. Pour finir par atteindre le but recherché : «explorer la rencontre entre inconscient et modernité»? On se le demande.
J'aurais voulu aller sur zone pour me rendre compte par moi-même. Des informateurs animuliens m'ont dit grand bien des totems de Victor Brauner. Rester scotchée devant son Objet de contre-envoûtement, ça m'aurait plu.


Mais c'est la réunionite au bureau, je suis mobilisée par mes cellules de crise. Impossible de bouger. J'ai dû me contenter de consulter le copieux catalogue dont la couvrante est du peintre spirite F. Rofelin (un bon point).
Même pas le temps de vous signaler l'arrivée à la tête du LaM de Madame Sophie Lévy. Elle doit «assurer une cohérence entre la collec d'art moderne, la collec d'art contemporain et celle d'art brut». Souhaitons lui bien du succès même si nous ne savons pas ce que cette chimère de cohérence veut dire.«Tâche impossible» aurait peut-être dit le Dr Freud.
17:30 Publié dans Expos, Images, Oniric Rubric | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, inconscient, lille, martine aubry, villeneuve d'ascq, sophie lévy, science des rêves, sigmund freud, jan tona, hélène smith, elise muller, f. rofelin
17.06.2009
Fusco recto verso
Sylvain Fusco en est la preuve, on peut dire que je suis vernie. Mes lecteurs me gavent de scoops.
Des fois, je me fais l'effet d'une otarie qui n'a qu'à ouvrir la goule pour qu'on y jette du poisson dedans.
Et pas du menu fretin, comme vous pouvez voir en découvrant le biface au Dr Requet que vous avait promis Christian Berst dans son commentaire à ma note du premier de ce mois.
Et puisqu'il est question de vernissages et que ce dénicheur de chefs d'œuvre oubliés les enchaîne comme des perles, j'en profite pour vous déléguer à celui de American Outsiders car moi, je suis prise demain.
23:23 Publié dans Expos, Images | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art brut, sylvain fusco, christian berst, mose tolliver
09.06.2009
Eric Dussert Fabrique des Icebergs
Pair, Impaire et manque. J'ai du mal avec les anniversaires. Aussi ai-je étourdimulement manqué celui de la Galerie Impaire. Un premier anni pourtant, ça aurait du marquer votre Ani! D'autant que la soirée du 5 juin, rue de Lancry, était sous le signe de 2 icônes.
Du côté américain, un certain George. A la veille de la visite d'un certain Barack sur les plages de la liberté en Normandie, c'était tout indiqué un Washington. Du côté français, pouvait-on mieux choisir que de choisir la Parisienne la plus people, quoiqu'un peu italienne sur les bords. J'ai nommé ... (non, pas celle-là !) Mona Lisa.
Mona et George,
George et Mona,
idéales figures tutélaires pour l'an 1 d'une Galerie américano-française. Un doigt de Bourbon, un doigt de Beaujolais, un doigt de Cinzano. Et un peintre pour mélanger un peu tout ça. Ike Morgan dont on pouvait voir les œuvres ce soir-là, le temps d'un vernissage exeptionnel, est du genre à s'acharner sur ces deux-là : Washington et Lisa.
Du moins sur leurs images. Du fin fond de son atelier du Texas (en fait son hosto psy où il vit depuis pas mal de temps), il travaille dur à créer des tableaux à la ressemblance acérée et lacérée.
Allez là pour en savoir plus et hissez vous ici pour visionner les photos de la teuf impairiale. Vous y reconnaitrez plusieurs Animuliens et Liennes dans l'assistance. Donc tout baigne.

00:03 Publié dans Ecrits, Expos, Gazettes, Images | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art brut, ike morgan, galerie impaire, galerie objet trouvé, mona lisa, georges washington, eric dussert
29.05.2009
Antonioni au Mamac avec Bomarzo
Bomarzo, c'est rigolo, j'ai rarement l'occasion de vous en toucher deux mots. D'abord parce que cet étonnant parc de sculptures datant de la Renaissance italienne ne voisine mon sujet que de loin, même si son caractère insolite ne peut laisser indifférent des Animuliens endurcis. Ensuite parce qu'il n'y a pas beaucoup d'actualité à son propos. Et bien voilà, justement : il y a du nouveau chez Bomarzo. Tant pis si je me fait tacler par les artbrutistes intégristes qui se demandent : «où va-t-on ?» en me lisant mais ça me démange de vous cracher le «scoop».
On a retrouvé un documentaire de 1950 sur Bomarzo et ce docu serait de Michelangelo Antonioni en personne. Avant l'Avvantura, avant La Notte et même avant le Cri (il Grido). Antonioni avait 38 ans. Pour vous donner une idée de la précocité, Les Monstres de Bomarzo (le beau bouquin d'André Pieyre de Mandiargues, illustré de chouettes photos de Georges Glasberg) qui a largement contribué à faire connaître ce lieu situé près d'Orte dans la province de Viterbe, ne date que de 1957.
Où voir cette rareté pour cinéphilistolâtres ? Au MAMAC, le Musée d'Art moderne et Contemporain de Nice, place Yves Klein. Le samedi 6 juin 2009 à l'Auditorium dans le cadre d'un Festival du film d'Art Singulier.
Cette journée où, dans le sillage de ce vaisseau amiral sera présentée toute une flotille de films que je mettrais la nuit à vous énumérer, «marquera également la sortie officielle du Petit Dictionnaire Hors-Champ de l'Art Brut au Cinéma aux Editions de l'Antre», selon le dossier de presse. «Officiel» n'est pas de trop car personnellement je le possède déjà depuis plusieurs mois ce dico.
Il est paru en fait l'année dernière et ses entrées sont entrelardées de commentaires et de souvenirs par divers auteurs singulièrologues. L'un des plus effrontés d'entre eux, sous couvert de passer de la pommade à Animula Vagula, «un blog magnifique et sérieux consacré à l'art brut», en profite pour me traiter d'«ayatollah» la phrase d'après.
Ayatollah, joli terme qui sent son siècle dernier. Pour les plus jeunes d'entre vous, sachez que c'est kif-kif caca-boudin.
Ayatolleuse, moi ! Tout ça parce que, je le confesse, j'ai osé m'interroger sur le cas Paul Amar ! J'étais déjà une jet-setteuse, une pétroleuse, une superficieuse, me v'là maintenant quasi talibane. C'est de ma faute aussi. A mon âge je devrais savoir que, dans le petit monde policé de la singularité militante où mon réprimandeur est chef d'escadrille, le moindre doute sur n'importe quoi est considéré comme politiquement incorrect.
S'il ne se trouvait de vénérables juges autoproclamés pour aboyer contre ma caravane, je serais même foutue de finir par émettre des opinions. Pour ceux qui penseraient que je me fais un sketch, allez donc lire la page 118 du Dictionnaire H.-C. de l'Art Brut au Cinéma. Cela vous fera une bonne raison supplémentaire de sortir votre billet de 20 € pour l'acheter ce dictionnaire.
23:31 Publié dans De vous zamoi, Ecrans, Images, Lectures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art brut, bomarzo, michelangelo antonioni, andré pieyre de mandiargues, mamac, festival du film d'art singulier, nice



































































