02.11.2009

Art topiaire du bord des routes au Japon

lupus 2.jpg

Puisque je suis dans les monstres, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer celui-là qui nous vient du Japon. Tant pis, s'il y a chez vous un petit chaperon rouge qui sommeille! Ce lupus impudicus est peut-être un cousin des Yokaï, ces fantômes dont je vous ai déjà touché deux mots le 7 janvier 2006 dans ma note Scalpa=Baneux. Plus vraisemblablement, on pourrait l'apparenter aux kami des routes, ces dieux phalliques des sentiers et des carrefours japonais.

Il est probable cependant qu'il sort tout armé (si je peux m'exprimer ainsi) de l'imagination de son jardinier-paysagiste, en compagnie de beaucoup d'autres de ses congénères du genre ours et oiseaux.

ours.jpg
2 oies.jpg
oiseaux.jpg

Ces chefs d'œuvre d'art topiaire ne figurent pas dans les guides. Ils ont été repérés par une Animulienne, en voyage organisé du côté du Mont Aso, «le plus vaste des volcans du Japon», selon Wiki, dans l'île de Kyüshü. Mont Aso.jpg

Malheureusement le mini-car faisait seulement une pause pipi. Elle n'a eu que le temps de prendre quelques photos et comme ça arrive souvent dans ces cas là, elle a oublié de noter l'endroit exact.

source thermale 2.jpgTout ce dont elle se souvient c'est que c'était sur la route entre Kumamoto et Fukuoka près d'un lieu de thermalisme. Elle n'a plus l'interprète sous la main pour nous préciser.

effet de nuit 2.jpg

Moi, ça m'a frappée tout de suite cette scénographie de buis taillés (enfin d'arbustes du genre buis) qui joue avec les nuages ou avec la brume.

grandes ailes.jpg

 

dans la brume.jpg

Le nombre de sujets, la disposition foisonnante m'ont fait penser à l'œuvre du vendéen Joseph Marmin que Gaston Chaissac avait indiquée au photographe Gilles Ehrmann qui l'a glissée dans Les Inspirés et leurs demeures, son fameux album de 1962.

joseph marmin.jpg
joseph marmin G Ehrmann.jpg

lapin topiaire.jpgComme celles de Marmin, les créations du Japonais, dont je n'ai pas été fichu de trouver le nom, n'ont que peu de choses à voir avec les réalisations ordinaires de ce genre. Au Japon comme en France, une tradition d'art topiaire existe qui donne généralement le jour à des sculptures végétales beaucoup moins impressionnantes pour ne pas dire carrément gnan-gnan.
En gratouillant le net comme une malade, j'ai découvert d'autres images des statues vertes de cet inspiré du bord des routes japonaises et même peut-être sa bobine, ou celle de son fils qui continuerait l'activité paternelle.

sous la neige.jpg
détail avec ombres.jpg

créateur topiaire japonais 2.jpg

A ce que j'ai compris, avec le peu d'anglais glané sur des sites de voyageurs et le peu de japonais que j'ai pu cahin caha traduire, les arbustes seraient taillés en dehors du site et replantés ensuite autour d'un cratère, non loin d'un élevage de daims.

créateur topiaire japonais.jpg

S'il y un franco-japonais dans la salle qu'il n'hésite pas à nous en dire plus.

teckel devant topiaire.jpg

19.09.2009

Ricordo di Sciacca

escarpins leopard.jpgSi vous voulez des nouvelles du Castello incantato de Filippo Bentivegna à Sciacca, chaussez vos escarpins italiens et allez faire un tour sur Amateur d'Art, le blogue de Lunettes Rouges.

Il vient de consacrer une rafale de notes à la Sicile de ses vacances et celle du 10 septembre 2009 qui s'intitule Le château enchanté de l'amoureux éconduit nous ramène sur cette extraordinaire colline de têtes sculptées.

Les choses ont un peu changé depuis mon passage en mai 2008. Il y avait de la rénovation dans l'air et maintenant c'est fait : «le tout est un peu propre» nous dit L.R. Il fallait s'y attendre. Cela m'a donné un coup de nostalgie derrière les nattes. J'ai eu envie soudain de voir l'horreur en terre cuite que j'avais achetée là-bas sur le terrain de Bentivegna.

souvenir de sicile.JPG

Un petit souvenir kitsch que vendaient quelques euros les gens qui gardaient le lieu et qui n'avaient pas l'air de rouler sur l'or. Je ne l'avais pas déballé depuis de son morceau de journal. Une feuille d'annonces de La Sicilia pour être précise. Aujourd'hui c'est chose faite. La petite horreur est censée représenter un bloc de têtes de Filippo Bentivegna. Je sens que vais l'aimer beaucoup parce qu'elle symbolise une bonne journée d'art brut en compagnie de chouettes copines qui ne me traitent pas à tous bouts de champs.

02.09.2009

Cavalleria rusticana

Affiche 87e brocante.gifC'est le cavalier brut de L'Isle-sur-la-Sorgue. Je l'avais un peu oublié mais ce soir il trotte dans ma tête. Faut dire que j'ai du mal à me refaire à l'autobus. Je pense encore aux vacances. A cette super brocante du 15 août dans la ville citée plus haut. Par un soleil digne d'un western. Le genre : «je mourrai de soif mais je ne cannerai pas !». J'étais cependant prête à filer me mettre à l'ombre quand soudain -clipi, clop, clipi, clop- il est apparu.

cavalier 2.jpg

Mon petit Blau Reiter à moi. Enfin «blau», il serait plutôt rouge et vert avec un peu de blanc. Du moins pour ce qu'il en reste de couleurs. L'antiquaire qui avait ce bel objet en extérieur sur son stand a eu l'intelligence de ne pas lui nettoyer la patine. Ce qui accentue le côté brut de la chose.

cavalier détail.jpg

Admirez la mousse verte sur le front du cheval, le travail des lichens sur le visage du jockey.
Il faisait trop chaud pour demander des explications et puis malheureusement j'ai pas la place pour une telle petite merveille dans mon 3 pièces-kitchenette.

cavalier 1.jpg

Mais tout dans le style et la facture signe un travail artistique autodidacte et rustique. Mais où peut-il bien courir comme ça?

30.08.2009

C’était bien, chez Lolo !

provence insolite et secrète.jpg

 

 

Lolo Mauron de Saint-Rémy-de-Provence c'est un autre bon tuyau du guide Provence insolite et secrète.

Merci à toi Jean-Pierre, son auteur, d'avoir permis à Animula de mettre le cap sur son Mas de la Pyramide.

mas de la pyramide.jpg

J'aime bien St-Rémy, surtout sa partie ancienne qui cache des coins ignorés de la déferlante touris-tique.
2CV bleue aux volets bleus.jpg

 

C'est une petite ville pleine de 2 CV bleues où l'on aperçoit, au détour des ruelles, des têtes connues.

ruelle de St Rémy.jpg

Quand on s'approche on voit que la créativité affichiste autodidacte y bat son plein.

texte affiche.jpg

expo chauve souris dépliant.jpg

 

Je rate jamais d'aller faire un tour au musée des Alpilles (ethnologie et arts modestes) où cet été on chauve-souriait.

Y'a des ex-votos, des santons, de naïfs spectacles taurins.

grafitto musée 2.jpg
ex votos détail.jpg

Même une litho romantique montrant une vue des anciennes carrières, ce qui nous ramène chez Lolo puisque c'est là qu'est son domaine troglodyte.

mas de la pyramide gravure.jpg

L'endroit a à peine changé depuis parce que Joseph Mauron qui appartient à une vieille famille saint-rémoise, y veille depuis 150 ans au moins.

vielle photo pyramide.jpg

Sauf que dernièrement, il a planté, avec le concours de Maurice Chaine, un de ses amis du pays, une flopée d'oliviers que Van Gogh aurait adorés.

La

Quand vous irez visiter sa piaule au Vincent dans le monastère à vocation psy qui l'abrita, laissez devant vous Saint-Paul-de-Mausole. Engagez vous sur la droite par une petite route de + en + en pente. Avec un peu de chance vous tombez chez Lolo et ses 8 ou 9 chiens horriblement sympas.

chien de Lolo.jpg

Lolo Mauron.jpgQuel dommage, se dit-on, que monsieur Mauron ne soit pas un auteur d'art brut ! Le lieu se prête si bien à l'expansion infinie de l'esprit. C'est pourtant un artiste sans le savoir. Un esthète de l'accumulation. Joseph Mauron est un collectionneur et un sauveteur d'objets mécaniques et agricoles dont, pour l'essentiel, il néglige d'indiquer au visiteur à quoi ils pouvaient servir. Comme il néglige de vous indiquer ce qu'il a mis dans la succulente omelette noire qu'il vous invite à partager avec lui sur le coup de midi après le pastis, dans son abri sous roche anti-canicule.

salle à manger de lolo.jpg

Lolo possède le plus beau musée du monde dans les grottes où il prétend que les Romains logeaient leurs esclaves.

troglo de Lolo.jpg

Dans cet endroit magique, il sait jouer de l'ombre et de la lumière filtrante pour métamorphoser en sculptures des trieurs à grains, des herses, des pressoirs, des charrettes, des batteuses etc. Il a eu l'intelligence de les laisser dans leur jus. Un peu cassées, un peu rouillées, dépourvues de valeur. Telles que trouvées.

objet 1.jpg
objet 2.jpg
objet 3.jpg
objet 6.jpg
objet 5.jpg

De temps en temps, son copain Maurice qui sait tout faire (il a même, dans sa jeunesse, été la doublure équestre de notre Halliday national pour le film  «camarguais» D'où viens-tu Johnny ?) remet en état une vieille Traction avant. Puis il nous raconte des chasses de 34 bécasses et nous montre sa photo avec Sylvie Vartan.


Lolo Mauron, quant à lui, a déjà ajouté son propre portrait dans la galerie d'ancêtres qu'il fait figurer dans son mas près de jolis petits objets paysans.

ancêtres de Lolo Mauron.jpg
boîte.jpg

Comme il n'est plus un gamin, il a décidé que son domaine reviendra plus tard à la municipalité de St-Rémy qui lui témoigne respect. On n'est pas pressé! Mais j'espère que le jour venu, les édiles locaux sauront préserver intact l'esprit du lieu et de l'homme et que les éventuelles rationalisations nécessaires n'altéreront pas le savoureux et inimitable capharnaüm de la collection.

22.08.2009

Au musée des vallées cévenoles

Musée des Vallées Cévenoles. J'vous l'avais promis. Il m'a fallu 2 ans pour y aller. Saint-Jean-du-Gard c'est pas à côté! Grosso modo, j'en suis contente de cette ville. Stevenson et Modestine.jpgIl a eu raison d'y faire étape, Stevenson. Cannes ferrées dans les bazars. La rando bat son plein dans le coinstaud. Moi c'est pas à dos de Modestine, comme l'auteur du Voyage avec un âne dans les Cévennes, que j'y suis arrivée. J'ai préféré ma Peugeot climatisée.

MVC façade.jpg

dépliant MVC.jpgLe MVC crèche dans une rue étroite. Parking pas loin près des Infos touristiques.

Rafler le dépliant avec chaussure à clous pour dépiquer les bogues (pas les informatiques, ceux des châtaignes). Bel emblème.

On aurait pu utiliser aussi l'enseigne du sabotier d'Alès où tenait facile un bébé.

sabot enseigne.jpg

Le MVC nous fait la totale à propos des 2 activités cévenoliques incontournables avant l'invention de la purée en flocons, de l'électricité et des tissus synthétiques : le châtaignier et le ver à soie.

boîtes vente graines de vers.jpg

C'est fou ce qu'on pouvait tirer de ça dans les temps! Fou le mal qu'on se donnait pour rien laisser perdre. Une poignée d'herbe servait de bouchon pour son étui à pierre à faux (anti-mauvais œil je suppose).

Dernier rouleau - 004.jpg

On pouvait se planquer dans un tronc évidé pour échapper aux flics du roi-soleil après la Révocation de l'Edit de Nantes. Le convertir en meuble (Homme-debout), une fois la Révolution et la liberté (de conscience) venues.

Homme-debout.jpg

Les menuisiers fabriquaient leurs décors de placards, bien plus choucards que les scènes bibliques en bas-relief réalisées par les spécialistes de la sculpture locale chassés par les persécutions religieuses.

armoire sculptée.jpg

C'étaient des époques pas trop cool où une dent de cheval vous faisait un battant de sonnaille. Question sens artistique pur jus, les grands champions c'étaient les bergers qui rêvaient la nuit dans des cabanes portatives grandes comme des cercueils.

cabane de berger.jpg

Et que je te déniche des pierres à tonnerre.

pierres à tonnerre.jpg

Et que je te taille des truites-poignées de porte et des cannes-serpents avec mon Laguiole.

canne et poignée de porte.jpg

Le grand mérite du Musée des Vallées Cévenoles, c'est de nous faire sentir l'âpreté et les grandeurs d'une societé rurale que l'on tournait en dérision avant de l'envoyer se faire ratatiner dans les tranchées de 14-18.

travail des cocons.jpg

Dans sa préface à la brochure que vend une jeune personne de l'espèce souriante à l'accueil, Daniel Travier, le fondateur du musée déploie le parapluie de Geoges Henri Rivière. C'est dire si l'accent est mis sur les techniques, sur les outils. Le riche matériel didactique aurait besoin d'être rajeuni et allégé mais on prend son pied aux vidéos en occitan mâtinées français-standard.

Dernier rouleau - 002.jpg

Plaque muletière en laiton

L'art populaire n'est pas assez visible. Il est vrai que la sensibilité historico-régionale poussait à une certaine austérité.

tuile faîtière.jpg

Pourtant on savait rire autrefois et sur les toits les potiers se lâchaient. «Merde pour Morice», «Va te faire foutre» lit-on sur les tuiles faîtières. Ou : «Permissin au cervante de coucher librement ave lou mestre».
Rigolo, non ? Pas tant que cet Henri IV brut dessiné avec la liberté de l'impunité.

tuile Henri IV.jpg
Tête Henri IV.jpg

07.08.2009

Chicago's lakefront art en sursis

lakerocksdoom.jpg

Et maintenant Chicago et les bords du lac Michigan, graffités, sculpturés, peinturés. Pour combien de temps ?
Les blocs de calcaire géants qui, depuis leur installation entre 1910 et 1931, servent de supports à l'expression des pic-niqueurs de l'endroit, sont progressivement remplacés par du béton moins propice à ce genre de libres activités.

lake front.jpg

Près d'un siècle de créations populaires très diverses, allant du grattage occasionnel au travail de longue haleine, qui vont disparaître!

lake 2.jpg
lake front 1.jpg

Un témoignage irremplaçable sur la vie et les rêves des Américains du XXe siècle, un patrimoine trop lourd à préserver (money!).

lake 3.jpg
baigneuses lac.jpg

Un photographe, Aron Packer heureusement passait par là.

lake indien.jpg

Salut les Chicagoans !

03.08.2009

Dieppe au tapis

tapis-de-bain.jpg

Dieppe au tapis, l'art brut sur la plage, vous avouerez que c'est mieux que la station Montparnasse. tapis_roulant.jpg

Mon chéri que j'ai qui aimait déjà les étrangères quand il était un petit enfant a dégoté en surfant sur la vague net ce blog et la note intitulée Art brut à Dieppe.

Forcément ça a fait tilt dans son petit cerveau de bureaucrate rêvant à ses vacances en slip panthère.

Imaginez en une de plage, toute couverte de tapis faits main comme autant d'invitations aux splash, splash. Il suffirait qu'une armée de Pénélope s'y mette.

Celle que l'Etrangère dieppoise nous signale a pour nom Nicole Bayle. Je crois pas que ce qu'elle fait relève vraiment de l'art brut. C'est plutôt une artiste récupéreuse, masquière et mail-arteuse si j'en crois les infos pêchées ici et là.

bayle art postal.jpg

Mais sa petite entreprise tapissière n'est pas sans intérêt. Elle mérite certainement qu'on s'interroge. Vous aurez pt'être un avis, hésitez pas à faire profiter de votre grain de sel les Animuliens engourdis dans le farniente.

nicole bayle 2.jpg

A noter que cette opiniâtre tricoteuse n'expose son work in progress que deux heures par an le 13 juillet, les années où il ne pleut pas. Un parti pris assez rare pour mériter d'être signalé.

07.06.2009

Unica Zürn au Marché de la Poésie

basilic.jpg

Mon marché, la poésie, Unica Zürn et Soho. Voilà c'qui y a dans mon caddy aujourd'hui.
compote poires peches.jpgMarre des surgelés ! Je me plonge dans la cuisine jusqu'au cou. Mon caddy et mon daddy sur les talons, je suis allée au marché. J'en ai rapporté du basilic altier de mille feux brillants, des haricots verts, des pommes Tentation, 2 kgs de Beurré Hardy et des pêches jaunes. Et maintenant je touille ma compote, en surveillant du coin de l'œil mon chéri qui en profite lâchement pour piocher dans mon lapin à la moutarde en train de cuire.

affiche marché de la poesie.jpg

De marché en marché, je songe à celui de la Poésie dont la 27e édition va se tenir place Saint-Sulpice à Paris du jeudi 18 au dimanche 21 juin. J'ai lu quelque part qu'Ypsilon, un éditeur dont je vous ai déjà parlé le 16 février 2009 déballera son attrayant petit stock sur le stand G3 de ce susdit marché. Pour Unica Zürn.jpgL'occasion pour moi de me goinfrer avec une correspondance inédite qui donne un coup de projo sur la relation Unica Zürn-Henri Michaux. Comme je suis pas très intelligente et que mon esprit tortueux ne fait que progresser de proche en proche, faut pas que j'oublie de vous dire que ce bouquin intitulé Pour Unica Zürn (Lettres de Hans Bellmer à Henri Michaux et autres documents) me fait penser à une exposition qui a lieu en ce moment à New York.
C'est au Drawing Center qu'elle se tient. Unica Zürn : Dark Spring, c'est son nom. On peut y voir jusqu'au 23 juillet 2009 une cinquantaine d'encres et d'aquarelles sur papier de la période 1950/1970.

Zurn_MAIN.jpg

© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

Mercredi 10 juin 2009 une Table ronde (Panel discussion) organisée par Ad Hoc Vox réunira divers orateurs pour examiner la question de ce qui se passe quand l'histoire personnelle d'un artiste devient une partie de son œuvre.

Zurn_17.jpg

© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

La présentation de Through biography -c'est l'intitulé de la Table ronde- sur le site du Drawing Center précise : «The exhibition Unica Zürn : Dark Spring will serve as stage to a discussion of the various ways an artist'life is presented alongside their work and how that contexte can influence our relationship to their art».

C'est clair, non ?

dur de la feuille.jpg

Pour les durs de la feuille (de chou) qui n'auraient pas compris, que ce soit dans la Grosse Pomme ou à Panameu, vous y couperez pas à l'Unica. Et c'est très bien.

24.05.2009

Les coquilles du rêve : Pierre et Yvette Darcel

a mon rêve.jpg

Si je vous dis : «Mon rêve», c'est à celui de Pierre et Yvette Darcel que je pense, pas au mien. Au cœur d'une Bretagne, toujours belle et mystérieuse comme une toile de Paul Gauguin, ces deux vaillants septuagénaires se consacrent à la création artistique avec l'entrain et la patience dont ils faisaient naguère preuve pour élever leurs 700 porcs. Toutes leurs forces vont aujourd'hui à la beauté qu'ils se sont mis spontanément à produire dans leur coin de campagne, déjà super joli au printemps avec la réserve d'or de ses ajoncs.

P1000840.JPG

«On est pas mal connus », dit madame Darcel. Pas étonnant que les voitures et parfois même un car d'Italiens dont la commune est jumelée avec la leur s'arrêtent pour photographier leur parterre agrémenté de groupes de statues en ciment armé décorées avec des coquillages.
«Y'a Pierre qui fait sa vache !» s'exclame une petite voisine, en gambadant comme une gazelle autour de monsieur Darcel qui, mégot aux lèvres, joue de la truelle sur sa dernière réalisation, en écoutant l'accordéon à la radio.

vache en cours.jpg

«L'été, il travaille dehors, l'hiver à l'intérieur» me glisse Yvette en m'invitant dans l'ancienne porcherie transformée en atelier et en réserve de matières premières. Les coquilles Saint-Jacques viennent de St-Quay-Portrieux. Ils vont aux «moules-frites» récupérer les coquilles. «Beaucoup de bonnes gens leur en donnent»...

atelier.jpg

Moi qui fait dans la coquille depuis ma récente balade dans le bassin de Marennes-Oléon, vous pensez si j'ai flipé quand j'ai vu pour la première fois les merveilles d'élégance et d'évocation (rurale, rêveuse et populaire) concoctées par Pierre Darcel. Malgré une épaule qui «ne suit plus».
C'était sur les photos, prises un jour de pluie, que m'avait aimablement fait parvenir une familière de ce petit paradis. Promesse d'enchantements : sur les clichés de Michèle Merlin, mon informatrice, la laine moutonnait sur le dos d'une des premières créatures réalisées par Pierre Darcel.

IMG_3613.jpg

Photo : Michèle Merlin

Dame Merlin -on peut le dire- avait eu l'œil. La statue de Bretonne à son lavoir valait 10.

lavandière 2.JPG

Photo : Michèle Merlin

Ils étaient vraiment trop les danseurs en costume folklorique!

danseurs détail.jpg

Photo : Michèle Merlin

Excitée comme une puce, je profitais du premier week-end pour aller me rendre compte par moi-même.
Maintenant que j'ai vu la fileuse de Pierre Darcel : «ma maman l'hiver, elle filait la laine pour mettre du beurre sur le pain»,

la fileuse.jpg

maintenant que j'ai admiré l'extraordinaire mur décoré qui sert de toile de fond à son «show-room» en plein air,

mur vue 2.jpg

je sais comment la lumière est magiquement attirée par les motifs solaires

mosaïque de coquilles.jpg
solaire.jpg
roue solaire et chats.jpg

et les scènes d'une poésie toute naturelle qu'il y a inscrits.
Axé autour d'une liberté totemique, le jardin de Pierre et Yvette Darcel est encore un «work in progress».

work in progress.jpg

D'ores et déjà, pourtant, il se hisse au niveau des meilleures réussites du genre : les sites de Fernand Chatelain, Emile Taugourdeau, Gabriel Albert, Lucien Favreau.

20.05.2009

Chinois, les graffiti !

Deux chinoiseries en vitesse, du genre graphomanie brute, récoltées sur ma toile. Des fois que vous les auriez pas encore croisées.

Tsang Tsou-Choi.jpg
65tocR.jpg

Il s'agit de monsieur Tsang Tsou-Choi et de l'œuvre d'un inconnu, enragé écrivain qui prend les murs des vieilles baraques pour des pages de livres.

1234894809_8.jpg
1234894784_6.jpg

Je n'en sais pas plus pour le moment mais vous en verrez davantage en furetant par ci et par .

Bon, bin, sur ce, bisous, je me tire ailleurs pour cause d'Ascension.

Toutes les notes