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12.03.2006

Recoins : arts, cantal et rock’n roll

C’est mon daddy qui m’a dégoté ça dans son «Auvergne jolie, parmi les bois, les monts, les vallées et les fleurs». Déjà que l’occupation de la Sorbonne l’avait porté à ébullition, alors un fanzine qui considère que les Animals sont «le meilleur groupe du monde», ça l’a réconcilié avec son époque. Le fanzine en question arbore une mise en page plutôt sage réalisée sur le matos de l’asso CREFAD, adhérente de Peuple et Culture, rézo qui prétend «rendre la culture au peuple et le peuple à la culture». Il n’en aborde pas moins des sujets marginaux mais très tendance : la boxe vers 1900, le rock’n’roll sauvage de 1958, l’humour fin de siècle et… les singuliers de l’art rustique (nous y voilà).
Au menu du number one : Stanley Ketchel, pugiliste Belle Epoque qui se motivait en imaginant que son adversaire insultait sa mère, Link Wray, rocker shawnee, «idole des délinquants juvéniles de la fin des années cinquante» (hello Mr Larsen !), des Hydropathes du genre Jules Jouy et Rodolphe Salis du Chat Noir, célèbre cabaret montmartrois.

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Cette petite revue qui crèche à Clermont-Ferrand (11, rue des Portes d’Argent), répond au nom peu incitatif de Recoins. Imprimée surtout en noir elle sonne comme la récréation d’un groupe de bobos locaux. Parmi ses rédacteurs, on trouve en effet universitaires, animateurs culturels clermontois, réalisateurs au Festival du court-métrage.
Ces joyeux drilles calembourdisent sur le côté novateur de leur entreprise («La plume au derme») et fanfaronnent sur le caractère inédit de leur icono qui sent pourtant son collage surréaliste. Là où ils sont forts, c’est dans la façon dont ils savent mettre l’eau (de Volvic) à la bouche de ceux qui naviguent entre singularité artistique, art populaire contemporain et art brut. Un article de ce Re coins-coins (j’ai pas pu m’en empêcher) nous en promet de belles à propos des «Artistes singuliers» et des «Singularités de l’Art du Cantal».
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Résidant à St-Flour, Mallesagne, Ally, Pierrefort, Antignac, ils s’appellent Mikaël Goldeman, Fernand Tichit, René Delrieu, Claude Rouchès, François Aubert. «Ils ont décoré de la manière la plus curieuse leur habitation, leur magasin, un site qu’ils se sont approprié ou bien ont dispersé leurs travaux à travers le pays» nous apprend Emmanuel Boussuge, l’auteur de l’article.
Alors, vivement les prochains numéros de Recoins qu’on s’en mette plein la lampe. On les attend comme la pompe aux pommes de La Boule de neige, le pâtissier glacier de la place de Jaude (malheureusement aujourd’hui en péril). On nous annonce d'ailleurs une contribution d’un certain Régis G. (suivez mon regard).



20:55 Publié dans Gazettes, Zizique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer | | Pin it! |

08.03.2006

Jean Follain pas si lointain

 

 

Puisque sur le tapis Jean Follain est venu, voici l’un de ses poèmes, choisi pour son écho, lointain mais réel, avec le sujet qui doit occuper en permanence tout(e) animulien(ne) qui se respecte. Il est extrait de : Comme jamais, recueil publié aux E.F.R. en 1976, dans la collection "Petite sirène".

 

 

EXPLIQUER
L’homme à vêture pourrissante
tente d’expliquer l’univers
de son bâton il trace en l’air
un cercle
au dessus de l’abîme
On s’esclaffe et sonnent les heures
sur une terre immobile à plaines ouvertes
à murs porteurs de tessons verts
et graffiti pris dans la ronce
à longueur de siècles.


Et puis pour la gourmandise et parce que Follain était une fine gueule même si ça se voit pas sur sa bobine, ce petit dernier pour la route :
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FRUSTES REPAS
Saucisson comme un marbre rouge
que le manœuvre mange
d’un couteau affilé
dans une rue sans ciel
alors qu’un enfant pleure
près d’un comptoir d’étain !
Nourriture d’émeute
comme ces durs poissons saurs
qu’avec du vin bleu
on distribuait
aux pâles soldats de la Commune
assemblés sous les troupeaux d’étoiles.


C’est dans Usage du temps de la série Poésie Gallimard. Sur ce, bonsoir, votre petite âme errante s’en va rêver à la cuisine brute.
a
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00:45 Publié dans Oniric Rubric | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jean Follain | |  Imprimer | | Pin it! |

06.03.2006

Du NY Times au jardin d’Albisola

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Snob comme elle est, votre petite âme errante ne résiste pas au plaisir de vous citer, dans la version originale non sous-titrée, un article du New York Times du 3 mars courant : «You can imagine them as suitable settings for any number of fairy tales and children’s stories, especially those onvolving witches». Fûtés comme je vous devine, vous aurez bien sûr compris, chers animulâtres, qu’il est encore question ici des créations de Richard Greaves et des photos de Mario del Curto visibles à l’Andrew Edlin Gallery. Ce n’est pourtant pas seulement pour vous prouver que je ne vous recommande pas des expos bidon que je vous recopie le NYT. A propos des édifices dispersés sur la propriété de Richard Greaves, Roberta Smith, la journaliste auteur de l’article, nous dispense gracieusement le conseil suivant : «Call them what you will : installation art, land art, Art Brut, Situationist sculpture or a descendant of Merzbau, Kurt Schwitter’s mythic found-object environment». On a envie de chercher l’intrus dans cette liste. Nul doute que pour beaucoup, celui-ci serait «Situationist sculpture». A la réflexion, c’est sans doute le catalogue Richard Greaves anarchitecte qui a inspiré à Ms Roberta ce terme qui aura peut-être fait se retourner Guy Debord dans sa tombe. L’un des auteurs dudit catalogue fait en effet état d’une postface de Debord à un livre du peintre Asger Jorn sur Le Jardin d’Albisola.
Avec gourmandise, je me suis reportée à ce bouquin que j’ai eu le bol d’HT sur la Toile bien qu’il soit paru à Turin en 1974. C’est un album un peu du genre Inspirés et leurs demeures. A côté des photos du jardin, des sculptures, des fresques et des mosaïques de Jorn par Bartoli, dont je vous restitue quelques échantillons, j’ai eu la surprise de découvrir dans le texte de Guy Debord, intitulé De l’architecture sauvage, une allusion au facteur Cheval.
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23:30 Publié dans Gazettes, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, richard greaves, guy debord, asger jorn | |  Imprimer | | Pin it! |