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18.06.2006

Hans Krüsi, une vache d’expo

medium_Krusi_catalogue.jpgMea culpa. On m’a pas vue, il est vrai, au vernissage de l’expo Krüsi et je suis donc incapable de vous dire si le bon lait des alpages coulait à flots le soir du 7 juin 2006 en guise de champagne dans le chalet de la galerie Objet trouvé. Ce n’est tout de même pas une raison pour traiter injustement votre petite âme errante de vachophobe! C’est qu’il y a vaches et vaches, voyez vous, implacable monsieur Berst. Aussi, permettez-moi de vous faire courtoisement remarquer que vous avez tout faux rapport à ma note du 21 mai 2006.

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C’est pas les sympathiques ruminantes du bon Hans que j’avais dans le collimateur mais bien ces sales vaches enragées à meubler nos trottoirs, déjà encombrés par les imposantes pétrolettes de nos amis bikers. Je parle bien sûr des artefacts tout pourris de la campagne Vach-art qui sévit actuellement. Ne les avez-vous donc pas remarqués ? Il y en a près de chez vous à l’Opéra-Bastille et partout ailleurs dans Paris. La presse gratuite nous entretient des non-événements liés à cette vachalcade publicitaire. On a dérobé celle-là, on a retrouvé celle-ci, on garde la Blanchette en otage etc. medium_vach_art.jpgMême mon crémier en profite pour distribuer des cartes postales (voir le Blog des Produits Laitiers). Ce bourrage de mou (de veau) cousu de fil blanc se termine heureusement bientôt par une bouffonne opération de charité-business avec vente aux enchères de la reine du cheptel.

Pour vous punir de m’avoir krüsifiée à tort, je ne puis faire moins que de vous bouder un peu, champion des bovidés que vous êtes. Je m’abstiendrai donc de parler de votre exposition Hans Krüsi qui durera juqu’au 15 juillet 2006. Je ne répéterai pas après vous que c’est «la première exposition monographique dans l’Hexagone». Je ne vous chipoterai pas sur le fait que vous mettez Hans Krüsi (1920-1995) dans le même pré qu’Aloïse, Wölfli ou Müller, ce qui est assez audacieux. medium_Krusi_forme.jpgJe ne conseillerai pas aux Animulaitiers et Animulaitières d’admirer surtout vos petits formats où le propos de Krüsi est plus concentré. Je ne me demanderai pas si, après tout, Krüsi n’aurait pas mieux fait d’en rester toujours au format carte postale qu’il affectionnait. Je ne dirai même pas que c’est au 16 rue Daval dans le 75-11 que vous créchez, que votre numéro de phone c’est toujours 01.48.05.92.65 et que les amateurs d’air pur, en allant sur www.objet-trouve.com, en sauront plus.

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00:30 Publié dans De vous zamoi, Expos | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Hans Krüsi, art brut | |  Imprimer | | Pin it! |

17.06.2006

Ici Londres, les Insiders parlent aux Outsiders

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D’un trop rapide saut à London –hélas pour le boulot- votre petite âme errante, toujours aux aguets et aux p’tits soins pour vous, cher lectorat bien aimé, vous a rapporté un gros pavé dans son eurostar. Deux gros pavés, je devrais dire, car la fameuse expo Inner Worlds Outside -que j’ai pas eu le temps de voir- fait heureusement l’objet d’un catalogue qui se divise en 2 «comme la dialectique de Mao» dirait mon daddy adoré.
Un gros pépère de 239 pages avec en rouge les textes en anglais (en noir le castillan) dus à un quatuor de mousquetaires professoral : James Elkins, Angel Gonzalez Garcia, Jon Thompson et, et, et Roger Cardinal. Abondamment truffé de belles repros couleurs légendées, il explore les parallèles entre «insider et outsider art» : Dub, Ensor, Kandinsky, Klee, Miró Nolde, Picabia, Madge Gill, Pujolle, Bispo, Traylor et toute la bande.
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Un supplément dans le même format dictionnaire mais dans un style plus light marche de pair avec cette impressionnante publication qui fera date dans l’histoire des tentatives de faire rentrer l’art brut au bercail du mainstream (au bénéfice surtout de celui-ci). Là, c’est en english only et c’est une intelligente approche thématique, genre : imaginary landscapes and fantastic cities, allure of language, environments, faces and masks, j’en passe et des meilleures. Du bô boulot, il fo avoir vu ça pour le croire!
Si vous craignez de louper, comme moi, le show londonien qui se termine déjà le 2 juillet 2006, programmez-vous un p’tit ouikène (en amoureux de James Joyce que vous êtes) à Dublin entre le 25 juillet et le 15 octobre 2006 puiskasse moment-là I.W.O. sera à l’Irish Museum of Modern Art.

14:25 Publié dans Ailleurs, Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut | |  Imprimer | | Pin it! |

Tableaux trouvés

medium_Peintures_trouvees_par_C_Bussy.jpgMoi qui croyais avoir lancé la mode des «tableaux trouvés» et bien je suis de la revue. Une de nos chères amies belges m’a administré la preuve que j’avais été doublée, il y a 35 ans déjà, par un dénommé Christian Bussy. A deux reprises au moins (janvier 1970 et mai-juin 1971), si j’en crois les petits catalogues que mon informatrice a eu la gentillesse de me mettre sous le nez, ce Bussy là a exposé dans des galeries bruxelloises (Saint-Laurent et Fitzroy) des «peintures merveilleuses, lamentables, dramatiques, ironiques, sages, audacieuses, magiques, violentes, belles, hardies, tendres, hagardes, incomparables, étonnantes, mystérieuses, éperdues, inconnues…» trouvées par lui. Les légendes de ces tableaux, dont ces catalogues ne reproduisent que peu (et encore en noir et blanc !) sont dues à Yves Bossut, Christian Dotremont, Jean Raine, Louis Scutenaire, Roger van de Wouwer. medium_Bussy_recidive_2.jpg

Elles sont pas sans faire penser à celles dont Georges Courteline affublaient les œuvres de sa collection de naïfs : La vierge à moitié cuite (Courteline), Venise carbonariste (Dotremont). Elles accompagnent des textes bien sentis dont les grosses têtes de l’art brut pourraient fort bien faire leur profit. En voici quelques échantillons :

«Il ne faut pas oublier que l’art le plus émouvant, le plus bouleversant, c’est l’art vraiment populaire, qui vient directement du peuple sans passer par le spécialisme ou l’imitation du spécialisme» (Dotremont).

«Si Christian Bussy chasse la peinture sauvage, c’est qu’il est à la recherche de saveurs corsées (…) il dévore les déchets de culture et de tradition qui pourrissent aux abords des églises, des almanachs et des cartes postales (…)» (Bossut).

«Que leur ouvrage les ait rendus heureux est tout ce qu’il faut, et que nous ayons du bonheur à le regarder, même en grinçant des dents». (Scutenaire).

 

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L'ange aéroplane, l'ange soldat, ce paradis abrite de belles brutes. Seule la Mort a les mains douces. Pour Adam et Eve, qui veulent ignorer ce joli monde, il s'agit enfin de vivre. Yves Bossut

 

 


 

 

11:00 Publié dans Ecrits, Expos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut | |  Imprimer | | Pin it! |

14.06.2006

Vivian girl de brocante

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Evidemment, il fallait s’y attendre, je vois des Vivian girls partout. Comme je suis plutôt raide en ce moment et qu’il y a peu de chance que vous vous cotisiez pour offrir un Darger à votre «chère Animula», elle doit se contenter de «tableaux trouvés», des «Darger ready made» en quelque sorte. C’est ainsi que suis tombée dans une brocante sur cette drôle de petite fille aux jambes nues, dressée sur la pointe de ses pieds trop grands pour rattraper son ballon qui s’échappe. «Ma pauvre Ani, je reconnais bien là ton goût pour l’illustration» m’a dit avec un rien de mépris, la méchante Reinette qui chinait ce jour-là avec moi. Elle n’aime pas la petite robe à parements blancs : «on dirait des dents sur une mâchoire». Je sais bien qu’elle n’a pas tout à fait tort mais comme ma petite cousine Lara me supplie de lui envoyer quand même l’image de cette pseudo Vivian girl, je m’exécute.

23:28 Publié dans Glanures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | Pin it! |