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16.07.2006
Mon week end à Prague
A la crème fouettée, en soupe froide, marinées dans du miel balsamique, à la menthe verte et sucre roux… c’était le jour des fraises (Jahodové dny) au café Louvre et votre petite âme errante s’en est pourléché les babines.
Comme elle n’était toutefois pas venue à Prague pour passer sa jeunesse dans ce haut lieu de la vieille cuisine tchèque sur les banquettes de laquelle les fesses de
Franz Kafka et de Karel Čapek
se sont posées avant les siennes, elle s’est précipitée dans la rue Narodni en direction de l’avenue Venceslas qui sent si bon la saucisse pour rejoindre l’Institut français de la rue Stépanska et son exposition Janko Domsic et Zdenek Kosek. Evidemment c’était fermé pour cause de 14 juillet. C’était naïf de ma part de croire qu’à l’étranger la patrie de Rouget de L’Isle puisse s’aligner sur les usages locaux. Je me suis donc bornée à contempler les 2 grandes pièces de drap tricolore qui agrémentaient les fenêtres hermétiquement closes de l’immeuble institutionnel et puis je suis allée boire une pivo (bière) avec mon chéri dans un pub irlandais grouillant de crânes rasés en pantacourts puisque tout le reste était ouvert et grand ouvert.
Heureusement que sur le chemin j’avais fait la découverte du délicieux jardin franciscain du 18 de la Jungmannova namesti parce qu’à l’entrée sur la place, dans un bâtiment qui abrite le Forum autrichien de la Culture (Österreichisches Kulturforum) qu’est-ce que j’apercois pas ?
Des affiches avec le mot art brut qui me saute au visage. Et c’était pas la grande expo d’abcd dont il s’agissait. Celle là, je vous en parlerai demain, parce que ce soir je suis un peu fatiguée d’avoir dû poireauter à Roissy parce que -maudit week end du 14 juillet- il n’y avait que 2 douaniers pour 3 ou 400 avions. Non, non, non, c’est une expo Gugging qui se tient là : Art Brut in Österreich, Kunstler aus Gugguing und weiteren Ateliers. Je me la serais bien mise sous la dent mais, devinez quoi ? c’était trop tard.
23:55 Publié dans Ailleurs, Expos, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : janko domsic, zdenek kosek, gugging, art brut |
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10.07.2006
François Augièras, le dernier primitif
Y’a pas si longtemps, je parlais de Bissière. Cela m’a fait penser à Augièras qui ponçait les pierres lithographiques de Bibi quand celui-ci fabriquait le Cantique à notre frère soleil à Boissierette, sa maison du Lot, au début des années 50.
Comme les choses sont bien faites, votre petit âme errante est tombée ensuite sur la biographie de François Augièras par Serge Sanchez, publié en février 2006 chez Grasset. J’aime pas trop le sous-titre : Le dernier primitif mais 455 pages, un index, un dossier avec des photos qu’on connaissait pas toutes, ça se refuse pas quand il s’agit d’un écrivain (et d’un artiste) aussi émouvant que François Augièras.
Augièras construisait des radeaux sur la Vézère, apprenait l’art des icônes auprès des moines du Mont Athos, bivouaquait à la belle étoile ou au fond des grottes, mourait trop tôt du cœur.
Son âme était trop grande pour rester dans les limites d’une religiosité convenue, son corps trop épris de liberté pour se contenter d’une sexualité ordinaire. Autodidacte de l’écriture et de la peinture, il vaut mieux que l’étiquette «new-age» qu’on colle parfois à ses livres : Le Vieillard et l’enfant, Une adolescence au temps du Maréchal, Domme ou l’essai d’occupation etc. C’est un poète, accomplissant sans faillir son destin maudit, un Rimbaud qui aurait commencé par le désert.
Ses rapports ambigus et conflictuels avec ceux qui lui rappelaient la figure paternelle dont il manqua dans son enfance se révèlent à chaque instant dans son œuvre. A cet égard, son oncle Marcel, colonel de méhariste retiré dans le sud de l’Algérie, demeure un personnage central.
Ce tonton, vieil original autoritaire, avait installé dans son bordj d’El Goléa un petit musée (tiens, tiens) consacré à la chasse, à la préhistoire, à l’ethnographie saharienne et soudanaise et à des curiosités scabreuses. Dans sa correspondance, il mentionne la visite du «peintre X… et sa femme qui aiment beaucoup El Goléa (et ses distractions !...)».
Le peintre X «n’était autre que Jean Dubuffet», nous apprend Serge Sanchez. «Ce dernier aimait El Goléa. Il y fit de longs séjours (…) entre février 1947 et mai 1949 (…) Jean Paulhan, qui vint le voir du 20 au 23 mars 1948, était peut-être présent durant cette visite au musée local…». Malheureusement François Augièras n’était pas chez son oncle à ce moment-là mais on ne peut s’empêcher de rêver à ce qu’aurait pu être sa rencontre avec les deux Jean.
23:50 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : François Augièras |
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