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19.01.2010

CHOMO, une œuvre très prisée

En ce début d'année, votre petite âme errante célébre les petits métiers. Non pas ceux d'autrefois : tondeur de caniches,

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petite marchande d'allumettes,

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rémouleur,

rémouleur 3 4.jpg

vendeuse de crayons.

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Mais les petits métiers d'aujourd'hui. Car ils existent encore. Et souvent ils sont pénibles («c'est ça qu'est triste»). Parmi ceux-ci, je vous invite à sortir votre kleenex, chers Animuliens qui avez du cœur, pour les commissaires-priseurs. On les voit toujours la poitrine bombée et le marteau à la main, rayonnants de la gloire d'une vacation.

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On n'imagine pas ce qu'ils peuvent supporter en coulisses. Une récente Page Culture du journal Le Monde (samedi 26 décembre 2009) nous éclaire sur leur martyre par le truchement de la plume faustrollienne de Ha. B. (pour Harry Bellet). Sous un intertitre qui fait froid dans le dos : Classifier l'inclassable, Ha. B. (H.B. ce n'est plus utilisable depuis Human Bomb) nous décrit l'horreur. Selon les règles de la tragédie classique.

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loup.jpgOù : dans «des bois aujourd'hui désertés».

Quand : «à la fin du mois de novembre».

Comment : «dans le froid et la boue».

Avec un sens parfait de la mesure, Harry s'abstient de nous parler des loups mais on les imagine rôdant dans la Forêt de Fontainebleau puisque c'est là que ça se passe, chez CHOMO plus précisément.
Ha ! Ha ! dirait Alfred Jarry. Qu'est-il arrivé ?

«Catalogage précis, inventaire photographique : 850 numéros pour près de 1000 œuvres et 3600 photos», selon Maître Rouillac, organisateur de l'opération. Un inventaire avait déjà été tenté lors de l'exposition de Milly-la-Forêt en 1991. Les sculptures de CHOMO était rentrées chez l'artiste avec des étiquettes comme les fromages «moulés à la louche» qu'il détestait. Simple travail artisanal.

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Celui de Aymeric et Philippe Rouillac, de leurs 10 collaborateurs et de leurs 2 semi-remorques est plus professionnel. Il s'agit de «protéger» l'œuvre de CHOMO qui «n'était jusque là abritée des malandrins que par un grillage à poules» (pour ceux qui parlent pas la langue journalistic : «malandrins» = racaille). Merci pour les poules et merci pour CHOMO!

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Les tableaux et les sculptures de son «Merzbau de plein air» (expression de Michel Ragon) ont fait l'objet d'un «enlèvement» pour «sécurisation dans un lieu sec». «Les bâtiments sont toujours là» nous rassure l'auteur de l'article. Leur entretien est possible mais pas leur visite. A quoi sert tout ce tintouin, alors? me direz-vous.

«Parce qu'il manquait un inventaire» au dossier déposé pour un éventuel classement «et que, les œuvres de Chomo n'ayant jamais fait l'objet d'un commerce, elles n'avaient pas de cote». On frémit! Il est évident en effet, qu'un moulin, un lavoir, un pont ont besoin d'avoir été vendus et revendus pour être versés aux Monuments historiques. Pourquoi pas un village d'art préludien?

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CHOMO bénéficiera donc du feu des enchères. Pensez d'ores et déjà à un petit week-end à Cheverny (dont Hergé fit Moulinsart) en juin 2010. Seront dispersées au cours de cette garden party annuelle «quelques rares exemplaires» des œuvres chomotiques dans le noble but d' «enfin classifier l'inclassable».

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