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27.05.2007
Projo sur expos
Vous allez dire que j’aurais dû vous prévenir avant, petits Animuliens pléonastiques que vous êtes, mais je vous répondrai que mieux vaut tard que jamais quand il s’agit de mettre un coup de projo sur les expos.
Voici donc à la diable quelques infos en cas que vous manqueriez d’idées pour vos ouikènes.
C’est un article de Yasmine Ben dans Le Maghreb, un quotidien économique, qui a mis le 24 mai 2007 la puce à l’oreille de votre petite âme errante concernant Un appel singulier, la grande exposition-hommage à Baya au Musée National des Beaux-Arts d’Alger.
C’est jusqu’au 22 juin 2007, dans le cadre de Alger, capitale de la culture arabe mais Yasmine Ben a raison de souligner que «la peinture de Baya est unique, dans le sens où elle ne prend pas son inspiration de ces signes et symboles» propres à la culture de son pays, «mais ses signes elle les invente, elle les crée de façon aussi naturelle qu’esthétique».
Plus de 80 tableaux dont une cinquantaine appartenant à des collections privées, ça mérite qu’on se penche sur le cas Baya Mahieddine.
Vous vous en doutiez, je l’avais promis (ou presque), de petites fourmis chicoutimulesques m’ont envoyé des images de la nouvelle installation québecoise de Richard Greaves dans le jardin de la Pulperie-chérie et je vous en fait profiter, petits chanceux.
The last but not the least : pour la première fois l’Atelier Adriano e Michele ouvre ses portes à des productions en provenance d’autres ateliers «d’art-thérapie» (pour aller vite). C’est près de Milan au Centre Fatebenefratelli de San Colombano al Lambro.
Le vernissage est aujourd’hui, dimanche 27 mai à 17h 30. L’expo, dans la salle d’expo transformée en galerie pour l’occasion durera jusqu’au 29 juillet 2007. Elle s’appelle Acrobazie # 3 parce que c’est le 3e volet d’un cycle créé par Elisa Fulco et Teresa Maranzano.
Parmi les créateurs de l’Atelier Blu Cammello de Livorno, j’ai remarqué Riccardo Sevieri
parmi ceux du Cec La Hesse de Vielsalm (Belgique), Brigitte Jadot mais il faudrait en savoir plus.
16:30 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, Baya Mahieddine, Richard Greaves, Riccardo Sevieri, Brigitte Jadot |
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24.05.2007
Christian Delacampagne est parti un dimanche
Pour peu que vous pensiez comme moi qu’il y a des noms prédestinés, vous ne vous étonnerez pas que le philosophe Christian Delacampagne se soit penché sur les œuvres du bord des routes ni qu’il ait disparu un dimanche, jour des autodidactes créateurs.
Le Monde nous l’a appris, par la plume de Roger-Pol Droit, le cancer dont Christian Delacampagne souffrait et qui l’avait contraint à interrompre ses activités professorales à Baltimore, le cancer a eu raison de lui le 20 mai 2007.
Ironie du sort, je n’ai pas eu le temps de vous parler de son dernier bouquin, sorti en février, où il revenait sur la question de l’art brut. J’aurais dû, mais vous savez ce que c’est : les chats à fouetter. Dans ce Où est passé l’art ? (Editions du Panama), sous-titré : Peinture, photographie et politique (1839-2007), il énumérait, parmi les raisons d’espérer, «l’essor, en marge de la scène officielle de l’art où plus rien d’imprévu ne se passe, d’un art des autodidactes, riche, quant à lui, d’innombrables virtualités».
Les rubriques nécro ne sont pas mon fort. Je préfère les grimaces aux larmes à l’œil mais ce n’est pas sans une certaine émotion que je range Christian Delacampagne dans ma rubrique In Memoriam (heureusement peu fournie). Non seulement parce qu’il était de la génération de mon daddy joli (que je devrais bichonner davantage parce qu’il est pas éternel) mais parce qu’il faisait partie de ces grosses têtes qui, quoique universitaires, sont capables de faire avancer le schmilblick. Ils sont pas si nombreux, on le sait, et Delacampagne livrait pour sa part les noms de Roger Cardinal et Michel Thévoz (page 161).
Les Animuliens et liennes assez vieux et vieilles pour se souvenir de l’impact de son livre de 1989 Outsiders : fous, naïfs et voyants dans la peinture moderne (1880-1960) aperçoivent de quoi que je cause. Selon R.-P. Droit, les amis de Christian Delacampagne «peuvent témoigner de son extraordinaire et discret courage, qui n’était pas sans faire penser à celui des sages antiques, le sourire en plus».
Je citerai pour ma part cette phrase du philosophe tirée d’un entretien avec des étudiants libanais : «Je suis loin d’être, comme on dit, un professionnel de l’art contemporain et encore moins un spécialiste du Liban mais je m’intéresse à l’un aussi bien qu’à l’autre».
A son exemple, intéressons-nous !
21:40 Publié dans In memoriam | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Christian Delacampagne, art brut |
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23.05.2007
La caverne d'Auvers
En passant par Valmondois où je suis été comme il se doit voir ou revoir les photos de Clovis Prévost, j’ai fait un crochet chez le Docteur Gachet dans cet Auvers-sur-Oise tout en longueur où se trouve la chambre de Van Gogh.
La dernière fois que j’y passa dans ma jeunesse folle, l’auberge était encore un bistroquet de campagne sur lequel Robert Giraud, peut-être, n’aurait pas craché. Contre un canon ou un Vichy-fraise pris sur le zinc, la patronne vous laissait monter dans la fameuse mansarde qui n’avait pas changé depuis la mort du peintre.
Aujourd’hui, tout a été boboïsé à mort, du moins de l’extérieur qui a l’air d’un décor de comédie musicale américaine. J’ai pas eu le courage d’entrer de peur d’esquinter mes souvenirs de gamine.
De toutes façons, des piaules de Van Gogh y’en a partout. Le mois dernier, de passage à St-Rémy-de-Provence, j’ai vu celle (reconstituée) de la maison de santé St-Paul, l’ancien asile où Vincent crècha de mai 1889 à mai 1890, après l’histoire de l’oreille.
Un atelier d’art-thérapie (Association Valetudo) fonctionne ici. On vend ses productions aux visiteurs de passage. J’ai rien vu de bouleversant. Tout est trop propret. Une certaine qualité picturale mais on a l’impression que c’est trié et que les choses plus hardos ont été épargnées aux touristes.
Je vous ai quand même ramené un Polichinelle en carte postale pour vous donner une idée.
Pour en revenir à Auvers, sachez que pour me consoler, je me suis rendue à la Caverne aux Livres qui est maintenant l’endroit vivant du coin. En fait de caverne, c’est de wagons dont il faut parler car cette méga-bouquinerie est installée, près de la gare, dans des voitures postales à la retraite.
Les livres sont posés dans les casiers qui servaient au tri du courrier. C’est un endroit qui aurait ravi Blaise Cendrars, sûr qu’il aurait éclusé un p’tit gorgeon à sa santé. Votre petite âme errante s’est sentie là-dedans comme une souris dans un fromage. Un aimable bordel règne.
Pour celles et ceux qui craindraient de se mettre les mains dans le cambouis documentaire, tout est quand même classé par thèmes.
Dans le rayon art, j’ai eu beau fouiner, j’ai pas trouvé d’art brut excepté, dans un vieux numéro de L’Œil (sept.-oct. 1971) le chouette article de François Loyer, truffé de photos de Bernard Lassus, sur le site disparu de Charles Pecqueur (voir album).
23:55 Publié dans Glanures, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Charles Pécqueur, Clovis Prévost, Vincent van Gogh, art brut |
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