Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 06 avril - dim. 12 avril | Page d'accueil | lun. 20 avril - dim. 26 avril »

19.04.2009

100 dessins de Jean Dubuffet rue de Seine

Heureusement qu'il y a Dubuffet à la Galerie Jeanne-Bucher! Sinon c'était un ouikène de merde! Style glagla-glouglou jusque dans la moelle des os. Tout le monde aux abris et votre petite âme errante sous la capuche. Les gouttières de la rue de Seine gerbaient à mort sur le trottoir, mince à cet endroit. Pour comble de cata, une baraque de chantier devant le n°53, siège de ladite Galerie.

53 rue de Seine.jpgGalerie jeanne Bucher.jpg
Interieur galerie J Bucher.jpg

J'ai eu du mal à retrouver l'étroit couloir en briques de palais assyrien au bout duquel -enchantement- une petite cour provinciale et 2 ébouriffantes œuvres en couleurs de notre crâne rasé préféré. Et c'est pas tout car, sous ce crâne poncé (comme disait Vialatte), s'agitait un esprit des plus bouillonnants.

Jean Dubuffet Paysage avec un personnage.jpg

Poussez donc sans crainte la porte de la spacieuse et pourtant feutrée G. J.-B. On fouillera pas votre sac dans le genre délire-sécuritaire en vogue dans les Grands et Petits Palais de la République qui font étalage de Warhol, Blake et autres Mortimer. Une dame viendra sur la pointe des pieds vous dire bonjour. On vous foutra une paix royale le temps que vous contempliez un ensemble d'enfer de 100 dessins dubuffetiens, réalisés dans les années 60, 70 et 80 et n'ayant pas traîné partout depuis.
On aime L'Arbre mystique de 1971 pour sa position de randonneur, sac sur le dos.

Jean Dubuffet arbre mystique.jpg

On s'extasie sur le Village avec antennes de 1964 (64 !) où l'alchimiste Dubuffet digère et transfigure le soit-disant très laid réseau de cableries électriques de nos campagnes électrifiées.

Jean Dubuffet Village aux antennes.jpg

Mais les autres sont bien aussi, à divers égards. Quel bûcheur que ce mec! On voit qu'il aime ça, dessiner, dessiner encore et dessiner toujours au téléphone (fort heureusement tout à fait fixe de son temps).
L'accrochage, clair et pourtant respectueux des méandres, met bien en valeur cette énergie, cette vitalité, cet entrain opiniâtre qui étaient les siens. Jusqu'aux dessins qui se démêlent de la fin où, sur le point de quitter l'expo, on voit Jean Dubuffet chercher sa sortie.

JeanDubuffet Activation.jpg

 

19:43 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean dubuffet, rue de seine, galerie jeanne-bucher | |  Imprimer | | Pin it! |

18.04.2009

La Sardine décolle avec Les petites ailes

petites ailes.jpg

logo sardine.jpgPour pêcher la Sardine, pas besoin d'aller à Messine. Même si vous ne pensez qu'à la Sicile. Vous pourrez la coincer jusqu'au 2 mai 2009 dans le port de Genève après quoi elle se transformera en sous-marin car le rêve des petits poissons c'est de devenir grand et de respirer l'air quand ça leur chante.
Petites ailes : le langage de l'enfance dans l'art outsider, telle sera donc la cerise sur le gâteau de la Galerie genevoise Une Sardine collée au mur. Une expo + catalogue qui explore les limites territoriales entre marée montante de la maturité et haute mer de l'enfance. Du concept enrobé dans de la blanche écume pour nous vanter les bonheurs de créateurs italiens «au style candide» (c'est à dire plutôt «pervers-polymorphe» comme dirait Sigmund).

Roveda.jpeg

On s'étonnera pas que ce soit une industrieuse torpille de la pensée -Teresa Maranzano dont votre petite âme errante vous a déjà signalé les précédentes aventures- qui ait conçu la chose, épaulée par un certain Riccardo Bargellini qui est inconnu à mon bataillon de chevilles ouvrières.

Scarpini.jpeg

Nous naviguons, ô mes divers amis sur un océan de précarité. Les choses vont, les choses viennent. Elles se transforment. Sans vouloir faire ma petite hégelienne, je vous dirai qu'il faut prendre ça avec le sourire. Je me souviens sans nostalgie d'un jour brûlant (voir ma note du 28 juin 2008) où j'ai visité de fond en comble la Sardine. Je la retrouverai maintenant à tout bout de voiles sur son site internet qui «restera ouvert à tous» (et à toutes) et «continuera de présenter des nouveautés».

Puisque, vous l'avez compris, moussaillons embarqués sous pavillon animulien, l'actuelle expo sardinière ponctuera en beauté 10 années d'activités de cette jeune galerie suisse trop méritante.

23:55 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, la sardine, genève | |  Imprimer | | Pin it! |

13.04.2009

MAKE : 4 créateurs projetés à New York

MAKE. Si vous habitez New York ou que vous y séjournez pour vos chères études, retenez bien ce titre qui est celui d'un film de Scott Ogden et Malcom Hearn.

2 pigeons sur l'ESB.jpeg Au lieu de photographier les pigeons de l'Empire State Building, de courir après vos lunettes de star que vous avez égarées chez Bloomingsdale's ou de bailler dans votre chambre d'hôtel devant votre thèse sur «l'Art outsider aux U.S.A.», propulsez vous jeudi, le 16 avril, de 6 à 8 p.m. à la Ricco Maresca Gallery pour la projection de ce documentaire d'exploration consacré aux univers de 4 «self taught artists» américains.

Judith Scott portrait.jpg

Judith Scott - Photo John Mac Gregor

Les créateurs autodidactes en question ce sont la grande Judith Scott dont je vous ai souvent parlé à propos du Creative Growth Art Center d'Oakland CA, et puis, Hawkins Bolden, Ike Morgan et le prophète Royal Robertson.

Expo MAKE affiche.jpg

Faudrait pas croire qu'à Memphis, Tennessee, il n'y en ait que pour Elvis.

Howkins Boldenportrait.jpg

Hawkins Bolden - Photo : Judith Mc Willie

épouvantail Bogden.jpgHawkins Bolden, sa vie durant s'y est occupé d'un petit jardin qu'il protégeait de son mieux des prédateurs ailés (genre pigeons) avec des épouvantails fabriqués à partir de matériaux de rebut ramassés dans le coin. Il ne s'est jamais douté que ses productions pouvaient être considérées comme de l'art. J'ai oublié de vous dire qu'il était aveugle depuis son enfance à cause d'un accident de baseball (ce qui prouve que ce sport est, autant que les autres, mauvais pour la santé). Comme Emile Ratier seul le sens du toucher le maintenait en contact avec ses créations.

Ike morgan.jpg

Ike Morgan et Mona Lisa

Mona Lisa, on le sait, a ses fans. Ike Morgan en est un. Il kiffe aussi pas mal les présidents U.S. Alors il en réalise de vibrants et très perso portraits dans son Austin State Hospital où il séjourne, à partir de photos qu'il trouve dans les magazines.

Quand à Royal Robertson qui a travaillé, si je comprends bien, comme peintre d'enseigne (« professional sign painter »), après s'être occupé de sa souffrante maman et avoir vu son mariage foirer, il est devenu de + en + instable aux yeux du monde ordinaire et est entré progressivement dans le sien propre.

Royal Robertson portrait.jpg

Royal Robertson - Photo : Mike Smith

Il faut dire que le bon Dieu s'est mis à lui tenir la main et qu'il lui a offert des voyages dans le passé et dans le futur. Au présent, de généreuses visions nourrissent son activité principale qui consiste à couvrir sa petite maison et son terrain d'inscriptions et de signes, apocalyptiques.
If you prefer the english version, click here.