Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 25 mai - dim. 31 mai | Page d'accueil | lun. 08 juin - dim. 14 juin »

07.06.2009

Unica Zürn au Marché de la Poésie

basilic.jpg

Mon marché, la poésie, Unica Zürn et Soho. Voilà c'qui y a dans mon caddy aujourd'hui.
compote poires peches.jpgMarre des surgelés ! Je me plonge dans la cuisine jusqu'au cou. Mon caddy et mon daddy sur les talons, je suis allée au marché. J'en ai rapporté du basilic altier de mille feux brillants, des haricots verts, des pommes Tentation, 2 kgs de Beurré Hardy et des pêches jaunes. Et maintenant je touille ma compote, en surveillant du coin de l'œil mon chéri qui en profite lâchement pour piocher dans mon lapin à la moutarde en train de cuire.

affiche marché de la poesie.jpg

De marché en marché, je songe à celui de la Poésie dont la 27e édition va se tenir place Saint-Sulpice à Paris du jeudi 18 au dimanche 21 juin. J'ai lu quelque part qu'Ypsilon, un éditeur dont je vous ai déjà parlé le 16 février 2009 déballera son attrayant petit stock sur le stand G3 de ce susdit marché. Pour Unica Zürn.jpgL'occasion pour moi de me goinfrer avec une correspondance inédite qui donne un coup de projo sur la relation Unica Zürn-Henri Michaux. Comme je suis pas très intelligente et que mon esprit tortueux ne fait que progresser de proche en proche, faut pas que j'oublie de vous dire que ce bouquin intitulé Pour Unica Zürn (Lettres de Hans Bellmer à Henri Michaux et autres documents) me fait penser à une exposition qui a lieu en ce moment à New York.
C'est au Drawing Center qu'elle se tient. Unica Zürn : Dark Spring, c'est son nom. On peut y voir jusqu'au 23 juillet 2009 une cinquantaine d'encres et d'aquarelles sur papier de la période 1950/1970.

Zurn_MAIN.jpg

© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

Mercredi 10 juin 2009 une Table ronde (Panel discussion) organisée par Ad Hoc Vox réunira divers orateurs pour examiner la question de ce qui se passe quand l'histoire personnelle d'un artiste devient une partie de son œuvre.

Zurn_17.jpg

© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

La présentation de Through biography -c'est l'intitulé de la Table ronde- sur le site du Drawing Center précise : «The exhibition Unica Zürn : Dark Spring will serve as stage to a discussion of the various ways an artist'life is presented alongside their work and how that contexte can influence our relationship to their art».

C'est clair, non ?

dur de la feuille.jpg

Pour les durs de la feuille (de chou) qui n'auraient pas compris, que ce soit dans la Grosse Pomme ou à Panameu, vous y couperez pas à l'Unica. Et c'est très bien.

01.06.2009

Sylvain Fusco se fait voir chez le G.R.E.C.

sylvain fusco.jpgSylvain Fusco, c'est pas l'actualité qui l'étouffe. Rare vraiment qu'on voit son nom dans le Landerneau brut. Et pour cause. Ses œuvres circulent pas. Les collectionneurs n'en ont mie. Tout est à Lausanne et la Collection de l'Art brut ne peut que de temps à autre attirer l'attention sur lui. C'est l'inconvénient avec les musées, même les «anti-musées». Pour conserver, ils conservent mais ils soustraient aussi.
Heureusement, il y a des gens qui n'oublient pas Sylvain Fusco, un peintre de la plus belle eau intraitable. C'est le cas de Céline Muzelle qui lui a consacré un mémoire d'histoire de l'art en 2001. Elle va venir tchatcher sur lui à Paris dans le cadre du séminaire de Lise Maurer.

sylvain Fusco Reine 1935.jpg

Fusco a réalisé son œuvre d'une nécessité absolue à l'asile de Bron (Hôpital Psy du Vinatier) dans la banlieue de Lyon entre 1935 et décembre 1940. Après quoi, il est mort. A 37 ans. De «sous-alimentation» dit-on. Mort de faim, quoi, comme Séraphine Louis, comme tant d'autres pauvres «Geiteskranken» pendant l'Occupation nazie secondée par la maréchalerie. Un des premiers sur les 2000 rectifiés à Lyon malgré les provisions de la ferme qui dépendait de l'hosto.

couv fontan crusoé.jpgPour comprendre, il n'y a qu'à lire Artaud, qui a failli y passer ailleurs et a été sauvé in extremis grâce à son transfert à Rodez. Mourir de faim, faut se reporter aux Confessions d'un mangeur d'opium de Thomas de Quincey pour imaginer l'horreur. Ou alors à Fontan Crusoé (Aventures d'un déclassé racontées par lui-même), un texte extrait du recueil de Jules Vallès intitulé Les Réfractaires. Les Editions Anacharsis viennent d'avoir la bonne idée de le rééditer.

Sylvain Fusco n'était pas un bavard. «C'est joli, ça», sont les seuls mots qu'André Requet, son médecin, lui ait entendu dire, un jour que ce psychiatre lui manifestait combien il kiffait son œuvre.

Sylvain Fusco le corsage vert.jpg

Les bouches à la Kiki (de Montparnasse), que Fusco affectionne quand il représente des brunettes plantureuses, sont d'ailleurs toujours rétrécies par le maquillage. Silence donc, le créateur travaille! Et dans un premier temps, il couvre murs et couloirs de l'asile avec les moyens du bord. Comme un préhistorique sa grotte.

page cp 8x6.jpg
Mur ouest de la cour du Pavillon des agités (vers 1935)

Ne plus parler : la méthode a permis à Fusco d'échapper au bagne militaire où il avait échoué après 2 ans de prison suite au meurtre d'une femme, commis à 20 ans, dans des circonstances peu claires. Dans sa première manière, S.F. se voue à l' «origine du monde», il se fait des expos privées de gigantesques minous de meufs, trop picturaux pour être vraiment obscènes (j'ai pas trouvé de repros). Il piètine furieusement pastels et toiles qu'on lui donne, préférant le jus de feuilles d'arbres, la terre grattée au sol.

Sylvain Fusco la souteneuse.jpg

Requet, qui rame pour ramener vers nous cet homme d'une tristesse effroyable (sur les photos), parvient à lui faire accepter du matériel. Et ce sont quelques mois d'une production sur papier acharnée (celle que l'on connaît).

Sylvain Fusco femme et animal.jpg

Malheureusement André Requet doit partir troufion. Quand il retrouve Fusco, celui-ci n'est plus que l'ombre d'une ombre.

Fusco autoportrait.jpg

Sylvain Fusco-Autoportrait

Institut protestant de théologie.jpgC'est non loin de la prison de la Santé, à l'amphithéâtre de l'Institut de Théologie Protestante, le samedi 13 juin 2009 de 14 à 16 h, que se produiront Lise Maurer, Celine Muzelle et leur invité Sylvain Fusco. C'est sur le boulevard Arago, au 77. On se repère au croquignolet petit fronton néo-classique.

18:48 Publié dans Lectures, Parlotes, VU SUR ANIMULA | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, sylvain fusco, céline muzelle, le vinatier | |  Imprimer | | Pin it! |