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23.08.2009
Poupées Show sur la RD 7
Maison de poupées version Gardanne. J'sais pas trop si les lecteurs d'Ibsen apprécieront.
Par une chaleur calhorrifique, j'ai obligé mon chéri à me conduire là sur la RD 7 en direction de Luynes et sur la foi d'une brève dans la Provence insolite et secrète de Jean-Pierre Cassely.
Ai bravé pour lui (et surtout pour vous) les risques du trafic intense à cet endroit pour vous ramener quelques photos de ce conglomérat de bébelles et de nounours noircis dans leur jus qui montent inexorablement à l'assaut d'une maison fâcheusement située en bord de route.
Quant au macho de service qui m'a crié au passage des insanités concernant mon amour de petit chapeau, qu'il sache bien que je l'animoule à pied, à cheval et en voiture, lui et son bolide.
22:26 Publié dans Glanures, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (1) |
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22.08.2009
Au musée des vallées cévenoles
Musée des Vallées Cévenoles. J'vous l'avais promis. Il m'a fallu 2 ans pour y aller. Saint-Jean-du-Gard c'est pas à côté! Grosso modo, j'en suis contente de cette ville.
Il a eu raison d'y faire étape, Stevenson. Cannes ferrées dans les bazars. La rando bat son plein dans le coinstaud. Moi c'est pas à dos de Modestine, comme l'auteur du Voyage avec un âne dans les Cévennes, que j'y suis arrivée. J'ai préféré ma Peugeot climatisée.
Le MVC crèche dans une rue étroite. Parking pas loin près des Infos touristiques.
Rafler le dépliant avec chaussure à clous pour dépiquer les bogues (pas les informatiques, ceux des châtaignes). Bel emblème.
On aurait pu utiliser aussi l'enseigne du sabotier d'Alès où tenait facile un bébé.
Le MVC nous fait la totale à propos des 2 activités cévenoliques incontournables avant l'invention de la purée en flocons, de l'électricité et des tissus synthétiques : le châtaignier et le ver à soie.
C'est fou ce qu'on pouvait tirer de ça dans les temps! Fou le mal qu'on se donnait pour rien laisser perdre. Une poignée d'herbe servait de bouchon pour son étui à pierre à faux (anti-mauvais œil je suppose).
On pouvait se planquer dans un tronc évidé pour échapper aux flics du roi-soleil après la Révocation de l'Edit de Nantes. Le convertir en meuble (Homme-debout), une fois la Révolution et la liberté (de conscience) venues.
Les menuisiers fabriquaient leurs décors de placards, bien plus choucards que les scènes bibliques en bas-relief réalisées par les spécialistes de la sculpture locale chassés par les persécutions religieuses.
C'étaient des époques pas trop cool où une dent de cheval vous faisait un battant de sonnaille. Question sens artistique pur jus, les grands champions c'étaient les bergers qui rêvaient la nuit dans des cabanes portatives grandes comme des cercueils.
Et que je te déniche des pierres à tonnerre.
Et que je te taille des truites-poignées de porte et des cannes-serpents avec mon Laguiole.
Le grand mérite du Musée des Vallées Cévenoles, c'est de nous faire sentir l'âpreté et les grandeurs d'une societé rurale que l'on tournait en dérision avant de l'envoyer se faire ratatiner dans les tranchées de 14-18.
Dans sa préface à la brochure que vend une jeune personne de l'espèce souriante à l'accueil, Daniel Travier, le fondateur du musée déploie le parapluie de Geoges Henri Rivière. C'est dire si l'accent est mis sur les techniques, sur les outils. Le riche matériel didactique aurait besoin d'être rajeuni et allégé mais on prend son pied aux vidéos en occitan mâtinées français-standard.
Plaque muletière en laiton
L'art populaire n'est pas assez visible. Il est vrai que la sensibilité historico-régionale poussait à une certaine austérité.
Pourtant on savait rire autrefois et sur les toits les potiers se lâchaient. «Merde pour Morice», «Va te faire foutre» lit-on sur les tuiles faîtières. Ou : «Permissin au cervante de coucher librement ave lou mestre».
Rigolo, non ? Pas tant que cet Henri IV brut dessiné avec la liberté de l'impunité.
19:30 Publié dans Expos, Glanures | Lien permanent | Commentaires (2) |
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20.08.2009
De Dada à demain, l’after Chave
L’esprit Chave est sur nous. Grâce à Skira qui vient de l’éditer, le beau catalogue de l’expo du même nom (sur-titrée : De Dada à demain) est dans mes valises. Avec son aliment blanc de Robert Malaval en couverture.
Ceci pour vous dire que je suis été me pavaner à Vence où le brumisateur est de rigueur. Soda bien frais à La Régence, bistrot fréquenté dans les temps par François Ozenda. Si vous émergez de la piscine, que vous ne savez rien sur cet artiste maudit qui a laissé son empreinte attendrissante dans le pays, voici l’image d’une œuvre figurant dans l’expo drivée de main de maître par Mr Mirabdolbaghi, commissaire au goût sûr et au prénom court : Zia.
François Ozenda - ©Galerie Chave
Il avait raison Alain Paire de vous recommander, fin juillet, le détour par le Château de Villeneuve. J’aurais aimé le lui dire quand je suis passée par sa Galerie à Aix-en Provence le 7 du mois mais c’était dix jours avant Vence. J’ai pu que le remercier pour son livre sur Pablo Picasso à Vauvenargues (un angle intéressant pour ceux qui veulent renouveler leurs approches du vieux sacripant de la peinture).
Pablo c’est aussi le nom du brave toro qui a fait sauter comme des crêpes les raseteurs du 15 août à Paluds de Noves.
Descendue de mes Alpilles, je tombe deux jours après sur le frêne géant à l’entrée de l’expo vençoise. On me dit aimablement bonjour (hé ouais!), je monte l’escalier. Je suis serrée de près, à peine je déboule dans la première salle, par un couple de totems en papier mâché par Slavko Kopac.
Je vais donner de la corne dans un mur impeccable de Philippe Dereux et me retrouve en nage dans la salle suivante où je suis subjuguée par le travail conjugué de Jean Dubuffet et de 4 Francis Palanc «écrituristes» à supports différents (bois, toile, isorel, contreplaqué).
Dommage que ce pâtissier coléreux et créateur exigeant ait tant détruit son œuvre. On touche avec elle au mystère du tandem que formèrent, à la fin de années 50 du siècle dernier, Dubuffet et Pierre Chave.
Dans le catalogue, Daniel Abadie passe au surligneur leurs «découvertes communes». Il en met à juste titre une couche sur l’expo de l’été 1959 qui vit la Galerie Les Mages se muer en Galerie Chave.
Plusieurs des étoiles de cette expo Art brut historique se retrouvent ici en 2009. Aloïse, Ursula et l’étrange Marthe Isely.
Marthe Isely - ©Galerie Chave
Au fil d’une succession de salles aux murs blancs et noirs, cheminées de bois, tommettes vernissées et plafond peint, on est propulsée par ailleurs de Montagnes de Rose Aubert à des châteaux-sculptures de Juan Ferrer
d’une Chute de Babylone d’Eugène Gabritschevsky à un Chaissac en tissu. Henri Michaux, Dado, Sima : on me «cite» de partout, y compris du côté culturel. Le coup de grâce me serait donné par 4 ébouriffantes auras de Boris Bojnev si ce n’était une course sans mise à mort.
Boris Bojnev - ©Galerie Chave
Boris Bojnev - ©Galerie Chave
Saluant les sculptures polychromes d’Albert Geisel qu’on aperçoit qu’à la fin, je sors un peu groggie de cette expo qui fera date où j’ai tout aimé même les petites chiottes bien propres sur elles.
Avant la glace pistache-chocolat réparatrice, il me reste assez de forces pour me traîner jusqu’à la chapelle des Pénitents voisine où me contemple toute une foule d’anciennes affiches qui font dire à mon chéri : «after Chave, tout va me sembler rasoir».
16:17 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, galerie chave, vence, les paluds de noves, course camarguaise |
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