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13.03.2011
Le nid et le néant
Avec les portables que l’on suit partout à la façon des jeunes chiens qui courent après leurs queues, les cabines téléphoniques n’ont plus aucune utilité. Elles dressent dans le décor urbain leur allure un peu incongrue de mobilier de salle de bain.
Que s’y superpose, par une de ces illusions d’optique qui fait le charme d’une promenade, le chapeau pointu d’une colonne Wallace voisine et nous voilà soudain en face d’un bocal de bonbons de taille humaine.
On se précipite, l’esprit au vent et le cœur curieux, vers ce que l’on imagine être une installation d’artiste et l’on comprend son erreur.
C’est plutôt un nid de pie humaine qui s’offre à nous. La chose tient, si c’était possible, de la couchette verticale et de l’armoire de chantier.
C’est l’abri d’un sans-abri. La chambre à coucher-tanière, le fauteuil-repaire d’un homme qui y suspend des affaires et qui s’y repose.
Il n’était pas là quand j’ai photographié son nid de rêves et de méditation (ou de cauchemars et de délire). Mon daddy, souvent en goguette sur le Montparnasse, me jure ses grands dieux qu’il a rencontré cette personne inapprivoisée, vivant sur l’asphalte parisien comme au fond des bois.
Parions que, maintenant que j’en ai parlé, on risque de voir cette «installation» imitée dans des lieux consacrés aux arts contemporains. Mais le moyen de ne pas témoigner de cette création à l’état brut qui ne s’expose en vitrine que pour mieux nous renvoyer à notre néant ?
00:29 Publié dans De vous zamoi, Glanures, Oniric Rubric | Lien permanent | Commentaires (0) |
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12.03.2011
Arthur Villeneuve sur les écrans
Il fait beau, ça fait du bien de revoir le soleil. Au fond de leur terrier les fourmis relèvent la tête et s’apprêtent à envahir mon appartement en grimpant par les canalisations.
Tout le monde pense aux loisirs.
Je continue à feuilleter mes albums de photos de vacances et les documents de voyage que les autres m’adressent.
De Matthieu Morin, infatigable arpenteur des grands espaces américains et des archives cinématographiques réunies, je reçois des nouvelles de temps à autre. Celle-ci concerne le grand peintre québécois Arthur Villeneuve.
Je l’avais laissé quelque peu dormir, captivée que j’étais par mes petits soucis informatiques. Tac ! Je vous en fait profiter.
Merci qui ? Merci Matthieu.
12:09 Publié dans Ailleurs, art brut, Ecrans, In memoriam | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arthur villeneuve, art naïf, art naïf québécois, chicoutimi, la pulperie, marcel carrière |
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11.03.2011
Le temps du Maroc
Merci, chers Animuliens, d’être restés fidèles à mon dernier post. Je sors victorieuse d’un baston avec mon petit mac adoré un peu réticent à se laisser coller la nouvelle version du renard de feu (firefox in inglische). Je vous passe les détails mais ce que j’en ai bavé pour installer Rosetta, rectifier les erreurs de Norton et ouvrir Microsoft au démon, c’est rien de le dire.
Pendant ce temps là, je regardais passer la concurrence qui me suçait la roue effrontément. C’est que le Maroc -sur la tête de mon daddy!- est à la mode depuis que j’en ai parlé. Du moins de ce certain côté de la blogosphère qui se flatte de subtilité à la pointe de l’arme blanche. Suivez mon regard… Vous voyez ce que je veux dire… Pas bien ? Ce n’est pas grave. Le sujet, j’en conviens, ne mérite pas un gramme de votre attention.
Sachez seulement qu’allant au plus pressé, on n’hésite pas, du côté de mon imitateur préféré, à dégainer le plus évident : les peintres d’Essaouira. Le plus ignare des cicerones de tour operator ne peut plus ignorer leur existence depuis que, dans le cadre du Temps du Maroc en France, grande manifestation culturelle maroco-française organisé en 1999, ils se sont baladés un peu partout dans notre pays.
A Strasbourg, à Barbizon (comme dit la chanson), à Bourges, La Rochelle, Lyon, Paris, Saint-Etienne et Pezenas, patrie de Bobby Lapointe. Edité par la Galerie d’Art Frédéric Damgaard à Essaouira (Avenue Oqba Ibn Nafiâa), il y a un beau catalogue qui présente 15 artistes dont Ali Maimoune que j’ai déjà évoqué le 20 mars 2010,

Boujemâa Lakhdar : «Magicien de la terre»,
Mohamed Tabal : «peintre de l’errance et de la transe»
Hamou Aït Tazarin
Said Ouarzaz : «L’immédiateté (sic) en peinture», Mostapha Assadeddine : «Surréalisme africain (re-sic)», Fatima Ettalbi
Photos Essaouira : Youssef Regragui
C’est une autre Fatima que mon « émule», évoqué plus haut, a sorti comme un joker. Il attribue au fameux pifomètre d’un de ses «correspondants» la révélation d’un «environnement» marocain qu’il qualifie un peu rapidement d’«étrange». Monsieur mon honorable « concurrent» devrait sortir un peu de son hexagone de temps à autre au lieu de chercher à profiter de mon audience.
M’est avis que son énigmatique informateur lui a refilé un tuyau crevé. Tout le petit monde vacancier qui visite les Gorges du Dadès sait que l’endroit le plus pittoresque se signale par les amusants mannequins (qui ont plus à voir avec une innocente démarche publicitaire qu’avec l’art brut) par lesquels Madame Fatima signale son petit commerce d’antiquités et de tissus.
On la voit ici en compagnie d’une de ces voyageuses avec lesquelles elle ne répugne pas à se faire photographier. Comme beaucoup de touristes, lecteurs de guides, je l’ai rencontrée en 2004. Il faut vraiment mal connaître les Berbères ou appartenir à la catégorie des ethnocentristes indécrottables pour s’imaginer qu’elle puisse être la «tenancière» d’un «bistrot».
Rendez-lui visite. Avant toute chose, elle vous offrira (peut-être) un morceau d’excellent pain trempé dans l’huile d’argan. Noblement. Le mari de Fatima serait l’auteur de la petite kasbah, sans doute la réalisation la plus intéressante de ce parterre en bord de précipice.
23:55 Publié dans Ailleurs, art brut, art naïf, De vous zamoi, Glanures, Images, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : essaouira, maroc, gorges du dadès, art brut marocain, boujemâa lakhdar, mohamed tabal, hamou aït tazarin, fatima ettalbi |
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