Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 28 janv. - dim. 03 févr. | Page d'accueil | lun. 11 févr. - dim. 17 févr. »

08.02.2013

Ça gaze à l’OAF

New-York-Snow-Globe.jpg

La tempête de neige arrive sur NYC. L’OAF l’a échappé belle! Les affaires sont faites à Chelsea. Le bruit court qu’on aurait vendu 3 fois plus que d’habitude. La presse de là-bas tresse des couronnes à Mr Edlin. Ses chaussures sont bien cirées pour l’hiver. Bravo. Evidemment, ça donne des idées. Et si on remplissait les musées avec les vieux stocks outsideux? C’est vrai, quoi, pourquoi se contenter des établissements spécialisés? Y’a du blé à s’faire, moi, je vous l’dis. Bien sûr faudra convaincre les institutionnels du monde entier de faire voisiner leurs petits trésors avec des autodidacteries plus ou moins mal coiffées.

gouffre d'enfer.jpg

Bien sûr faudra mettre tout en œuvre pour nier le gouffre qui existe entre l’art brut pur laine et la majorité du mainstream commercial. Mais où est le problème? Le temps qu’on nivelle tout et que le public n’y comprenne plus rien, on se s’ra fait un max de thune. Et quand on aura bien brouillé les repères, on passera à autre chose. On vendra des boules à la neige en été et du gaz hilarant en hiver.

protoxyde_d_azote.jpg

lib del 2.jpgMais on en est pas là. Surtout chez nous où l’on graffite sur la Liberté. Surtout chez nous où ça sent mauvais dans les musées. On n’en est pas là. Et pour vous le prouver votre petite âme errante poursuit son debriefing de Fair grâce à l’un de ses envoyés spéciaux qui lui a rapporté quelques zimages du cru Outsider Art Fair 2013. Voici donc un petit défilé de mode en vrac. En commençant par les robes de Larry Calkins.

1 robes.jpg

Près d’un Titanic de George Widener, un Joël Lorand chez Henry Boxer.

2 titanic.jpg

Bill Traylor dans la pénombre

3 bill traylor.jpg

Un bout du stand Judy A. Saslow : les Européens Christine Sefoloscha et Gérard Cambon

4 cambon et sefolosha.jpg

«Et le stand vue de face», me dit mon correspondant : «Traylor, Nedjar, Bourlier (…) et je ne sais plus qui».

5 stand de face.jpg

Il poursuit par un de ses préférés: Terry Turrell à la galerie American Primitive (chez «ce vieux sage» d’Aarne Anton)

6 terry turrel.jpg

et Ramirez «chez Ricco/Maresca ou Carl Hammer», il ne sait plus bien.

7 ramirez.jpg

Moi non plus. On me pardonnera les approximations. Il y a urgence.

gazette drouot n°5.jpgLa Gazette vient d’arriver et le Museum of Everything trône sur la couverture. Décidément on aime l’art brut à l’Hôtel Drouot! L’article de Patrick Le Fur est illustré d’une ronde de Darger et d’un emmaillotage de Judith Scott.

Il relate des propos pointus de Marc-Olivier Wahler sur «le software» qui «l’a emporté sur le hardware» auxquels je comprends que couic avec ma petite tête de piaf. Il oppose –ce qui n’est pas faux– «l’accrochage» everythingnoble (pardon, j’ai pas pu m’en empêcher!) à l’universel «white cube». Il feint de croire que l’éclairage de cave du Chalet Société est «volontairement sourd et diffus». C’est son droit.

ticket.jpg

Via Dans le collimateur

Là où je le suis moins c’est quand il nous informe sans rire que l’entrée d’Exhibition #1.1 est «libre» et que les 5 € dont on vous taxe sans faiblesse pour voir le show Brett constituent un «don recommandé».

19:44 Publié dans Ailleurs, Blogosphère, Gazettes, Images | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer | | Pin it! |

05.02.2013

De la prison à l’artification

C’est fatigant des fois d’avoir raison avant tout le monde! Car c’est fou ce que j’ai de l’avance sur l’air de mon temps par moment. Tiens, mes chevilles, par exemple. Je vous en ai déjà parlé? Et bien, elles vont bien merci. Je dis pas qu’elles me permettent de danser avec les Demoiselles d’Avignon mais presque.

Ces demoiselles viennent de laisser un commentaire sur le blogue à Michel Benoit. Elles s’étonnent qu’on ait pu «enfin» pénétrer dans la prison Sainte-Anne, célèbre dans notre petit monde outsider pour son mur des offrandes.

P1040369.jpg

Ces demoiselles ne fréquentent pas assez l’univers impitoyable d’Animula. Si elles avaient mieux lu leur petite âme errante, elles auraient vu que, dans deux chroniques de 2011, fastoches à retrouver ici et là, j’avais déjà entraîné mes lecteurs dans la visite des fresques carcérales abandonnées sur le chantier de ce qui est en train de devenir un luxueux hôtel.

hotelprisonlight0286.jpg

En 2012, il s’est trouvé un plasticien avignonnais de bonne volonté, Jean-Michel Pancin, pour détacher de leurs parois de misère certaines de ces fresques.

MDgallery_JM_Pancin_femme1_1.jpg

C’est ce que nous apprend Michel Benoit en relayant l’expo Ennemi public qui se tiendra jusqu’au 16 février 2013 à la Galerie Magda Danysz, 78, rue Amelot (75011). Pas très loin de la Librairie du Monde Libertaire si vous voyez ce que je veux dire.

Deux liens préconisés par Michel Benoit sont à suivre. Ils nous apprennent que, à partir du 19 avril 2013, au Palais de Tokyo (qui comme chacun sait est à Paris), Pancin présentera ses travaux sur et autour de la zonzon de Ste-Anne.

porte_cellule_209_in_situ.jpg

Si je comprends bien cette manifestation montrera une série de photos de rayons de soleil dans les cellules (Lumières 2010-2012), une série de frottages de cœurs gravés sur les murs, une installation de portes de cachots : Tout dépendait du temps.

pancin_detail.jpg

Ce titre a déjà servi pour une exposition Pancin aux Abattoirs de Toulouse, signalée par Lunettes Rouges le 15 octobre 2012. Il est question en outre de Pelotes, c’est à dire de chaussettes. De chaussettes lancées aux détenus par leurs familles depuis le jardin surplombant la cour de la prison.

pelote in situ.jpg

Elles contenaient des messages et diverses choses prohibées par le règlement. Certaines échouèrent dans les barbelés où l’artiste les a récupérées, trempées dans la résine, montées sur socle d’acier, ce qui prouve qu’il a de la suite dans les idées.

pelote.jpg

Si ces pelotes n’atteignirent pas leur destinataire, elles ont touché déjà le public des salles de ventes (Cornette de Saint-Cyr, 5 novembre 2011).

Voilà sans doute ce qu’on appelle de «l’artification»! Les prisonniers ou ex-prisonniers en verront-ils jamais la couleur ?

artification.jpg