« lun. 21 janv. - dim. 27 janv. | Page d'accueil
| lun. 04 févr. - dim. 10 févr. »
01.02.2013
L’art brut en revues
Decharme dans la Gazette, Danchin dans l’Œuf, Duchein dans la CF. Dech-Danch-Duch, si vous avez besoin d’un moyen mnémotechnique. Le papier se défend bien!
La Gazette Drouot cette semaine rencontre Bruno Decharme pour un entretien sur L’Art brut américain avec le très professionnel concours de Stéphanie Pioda.
L’Œuf sauvage de Claude Roffat confirme sa nouvelle ponte. Il renoue avec la tradition des grandes couvertures de sa jeunesse dans les années 90 du 20e siècle. Spectaculaire Marcel Storr en vitrine. Le morceau de bravoure de ce n°11 : une contribution de Laurent Danchin. La première dans ce support, il faut le remarquer.
Sous estampille de Paul Duhem, la revue Création Franche est de nouveau de sortie. On y explore avec Paul Duchein, autre collectionneur, Les Cartographies martiennes de Labelle.
Ce n° 37 contient aussi un article de Bernard Chevassu sur La Maison arc-en-ciel de Christian Guillaud. Six ans déjà que mon blogounet vous avait signalé cet « habitant-paysagiste » d’une localité voisine du bled du Facteur Cheval (D’Hauterives à Lens-Lestang). A l’époque le créateur ignorait ce qu’il faisait, alors qu’il affiche aujourd’hui «ART BRUT» sur une pancarte. (via La précarité du sage)
Ce qui en dit long sur la marche malencontreuse des choses.
L’Œuf sauvage n° 11 donne aussi la parole à Jano Pesset. Celui-ci présente l’œuvre de Jean de Ritou qu’il fit entrer jadis à la Fabuloserie.
Derrière ce surnom qu’on ignorait, il s’agit de Jean Bordes, créateur apparu en janvier 1991 dans le n°2 de cette bonne vieille Création Franche.
Lire l’interview du fondateur d’abcd dans la Gazette du 1er février 2013 est obligatoire pour tout Animulien qui se respecte.
Elle met un coup de projo sur Voodoo Child, l’actuelle expo abécédienne à Montreuil-sous-bois, «la deuxième ville du Mali» comme l’appellent les medias ces temps-ci.
Au programme : John Bunnion Murray dont Jésus tenait le stylo
et Marie Tillman Smith, «une dame très tonique, plus revendicative» qui peignait «de grands messages à Dieu» sur des tôles ondulées.
L’un en Géorgie, l’autre au Mississipi ont connu la période ségrégationniste : «C’était un post-esclavagisme». Pour Bruno Decharme, ils «rejoignent ce que nous qualifions ici d’art brut». Noter à ce sujet les méritoires efforts de BD pour renouveler la définition de l’art brut : «Il est du domaine de ce qui nous échappe et s’exprime sous une forme automatique».
Toute aussi claire mais plus sujette à discussion, la réponse de BD à la question : «Y a-t-il une raison à un tel engouement pour l’art d’outre Atlantique?». Très franchement, il reconnaît que «c’est presque une question de marché». En bref : le marché s’est développé aux Etats-Unis vers 1985, «mais très peu en Europe».
Mais est-il écrit quelque part que l’art brut ne doive dépendre que du marché dominant? Faut-il ne s’en remettre qu’aux galeries qui récupèrent «des fonds» constitués de milliers d’œuvres, à condition qu’elles soient exploitables? Faut-il cesser de s’intéresser à ces créations encombrantes, trop fragiles, anonymes, orphelines, solitaires, ingérables, qui constituent, en dépit des apparences, le véritable peuple caché de l’art brut? Questions que je me pose et qu’abcd, me semble-t-il, se posait davantage à ses débuts vers l’an 2000.
Bon là-dessus, je vais me préparer un double chocolat viennois parce que se turlupiner ça creuse
21:56 Publié dans art brut, Expos, Gazettes, Miscellanées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, art brut américain, bruno decharme, laurent danchin, paul duchein, stéphanie pioda, claude roffat, marcel storr, christian guillaud, jano pesset, jean bordes, john bunnion murray, marie tillman smith |
|
Imprimer | |
|
30.01.2013
Nouvelle édition de l’Outsider Art Fair à New York
Pour 100 balles ici t’as plus rien. Mais avec 100 balles aux States (20 U$D) on peut s’offrir une entrée à l’OAF 2013 qui commence le 31 janvier pour s’achever le 3 février.
L’OAF c’est l’Outsider Art Fair de New York. Chaque année je vous le répète parce que l’OAF ça revient comme les cerises sur le gâteau.
L’événement de cette 21e édition ce n’est pas la foire elle-même mais le fait qu’elle ait été achetée par l’un de ses participants, Andrew Edlin, un galeriste de la grosse pomme. Car l’OAF était à vendre et on ne le savait pas! Autrement, on aurait cassé sa tirelire.

Pas sûr que ça aurait suffi puisqu’on ignore le montant de la transaction. Mais quand on aime, on ne compte pas et, si j’ai bien compris, avec l’OAF Mr Edlin s’est offert un rêve de jeunesse.
A ses débuts, quand il se contentait de vendre les productions familiales de son tonton collagiste, l’entreprenant Andrew s’était vu refuser le privilège de figurer parmi les exposants de l’OAF : «I started exhibiting at the outsider art fair in 2003. I was a new art dealer and the first time I applied I couldn’t get in»
(recueilli par Abby Luby dans Whitehot magazine).
10 ans après et le négoce de quelques œuvres de Henry Darger à son actif, Andrew Edlin a le sentiment d’avoir pris sa revanche : «When I first opened my gallery, in 2001, I couldn’t even get into this fair. And now I own it» (Art in America, nov. 2012).
On est content pour lui. Pour un peu on partagerait cette bouffée d’orgueil libéral si représentatif des grandeurs de la civilisation américaine. Saluons le bel enthousiasme de l’acheteur qui n’a pas craint de faire cette acquisition à un moment où le mainstream bouffe l’oxygène de l’outsider art. Le changement de lieu de la manifestation, qui se retrouve cette année à Chelsea, «the city’s center of mainstream art», selon le reporter Matthew Katz, est significatif de ce point de vue.
Si l’originalité de l’art brut gêne le business aux entournures, nul doute qu’elle sera sacrifiée et tant pis si on tarit la ressource! Est-ce la raison pour laquelle les Européens ne sont pas légion dans la liste des participants? On ne saurait l’affirmer. Signalons cependant la présence, pour la première fois, de la Galerie du Marché de Lausanne.
Elle défendra les belles couleurs d’Aloïse qui n’a pas eu le temps, hélas, de se faire naturaliser par les USA. Autre Suisse au programme : le photographe Mario del Curto, «recipient of the Geneviève Roulin tribute» pour une expo et une causerie.
La direction du panel de discussions et la modération seront l’apanage de la Québécoise Valérie Rousseau dont Mr Edlin est l'époux.
Un récent communiqué (16 janvier 2013) de l’American Folk Art Museum, sponsor de l’Outsider Art Fair, nous apprend que cette historienne d’art, diplômée en 2012, vient d’y être nommée au poste de «curator of 20th century and contemporary art». Sa mission consistera à développer les initiatives de l’AFAM dans le domaine de l’art des autodidactes, du folk art et de l’art brut.
Dernière minute : pour abriter les débats, des tentes chauffées seront montées sur le toit de l’immeuble abritant l’OAF.
En ces temps de crise, un peu de confort c’est appréciable.
ATTENTION !
Méfiez vous des contrefaçons.
Site officiel de l’OAF : www.outsiderartfair.com
15:54 Publié dans Ailleurs, art brut, Gazettes, Parlotes | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
Imprimer | |
|
























