« lun. 23 janv. - dim. 29 janv. | Page d'accueil
| lun. 06 févr. - dim. 12 févr. »
05.02.2006
Richard Greaves chez Andrew Edlin
Je baille encore à cause du décalage mais ça valait le coup, mon escapade nouillorcaise. Ayant loupé Richard Greaves à Montréal en octobre dernier, j’ai tenu à le retrouver à la Galerie d’Andrew Edlin (529 west 20th st) qui expose jusqu’au 4 mars une douzaine de photos grand format de Mario del Curto superbement tirées par Laurent Cochet. L’expo reprend le titre du bouquin dont j’ai déjà eu l’occasion de vous causer : Richard Greaves, Anachitect. Le carton montrant La Cathédrale (silver gelatint print) donne envie de la visiter : «Revelling in the principles of assymetrie and the absence of right angles, always seemongly on the point of imminent collapse, these anarchitectures stand in open defiance of the laws of gravity and physics».
Il faisait bon, vendredi 27 janvier, le soir du vernissage et bien que Richard Greaves ait décidé de jouer l’homme invisible (snif) on baignait dans sa présence à cause de l’environnement sonore de Stéphane Mercier qui a enregistré les bruits de la forêt greavesienne. Deux films sont projetés dans l’expo, l’un de Bruno Decharme, l’autre de Philippe Lespinasse. Quand je suis arrivée, des gens étaient massés devant un grand écran plat, avides d’en savoir plus sur l’œuvre et le cadre de vie du (dé)bâtisseur québécois.
Il faut dire que l’accrochage d’Andrew Edlin, pour sage qu’il soit (ce qui devrait plaire à monsieur Barras, cf. son commentaire du 4 novembre 2005) chatouille la curiosité tout en apportant des infos. Une carte du Québec, à l’entrée, indique la position du site de R.G. dans sa Beauce profonde.
Puis c’est la confrontation avec la première photo de Del Curto, choisie parmi les plus "punchy", l’intérieur d’une des maisons de Greaves. A droite une porte inclinée avec un corridor. L’impression d’entrer chez le créateur. Un air de piano (celui de Jocelyne, la compagne de Greaves), un vieux jeune homme au look d’ancien rocker (un photographe ?) remarqué dans l’assistance, le sourire d’Andrew Edlin éclaboussant sa chemise noire à boutons blancs et vous aurez une idée de l’ambiance.

20:05 Publié dans Ailleurs, Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : richard greaves, mario del curto, art brut |
|
Imprimer | |
|
Jean Grard à l'abri
En voilà un qui n’avait pas besoin de fréquenter les ateliers de créativité du 3e âge. Personne ne lui avait dit : «sois spontané !». Jean Grard s’était mis à la création d’art comme il s’était mis jadis à la terre. Tout naturellement, la retraite venue, parce que les bricolages en retard terminés, il n’y avait rien d’autre à faire. Vous me direz : «mais la pêche ?, la star’ac ? les excursions en car climatisé?».
Jean Grard, à toutes ces distractions de notre tragique condition humaine contemporaine, préférait l’art, son art qu’il n’appelait pas ainsi bien sûr. Quel besoin de parler de ces grappes de petits sujets taillés dans le bois qui naissaient sous ses doigts ? Il lui suffisait que leurs couleurs vives, leur carnaval un peu grimaçant, la rude facture de leurs formes presque exotiques attirent les curieux autour du parterre où il avait mis en scène ses créatures, devant sa maison située dans un hameau breton. Le premier surpris c’était Jean Grard lui-même et il continuait pour son plaisir quand je lui ai rendu visite un ouikène d’avril 2004 (voir l’album photos), peu de temps avant que la force ne quitte ses bras et qu’il s’absente de la vie.
01:45 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean grard, art brut |
|
Imprimer | |
|
02.02.2006
Les Phrabènes, dessin de fou
Oui, chère Ellise, les mots m’attirent. Pas seulement ceux, un peu vieillots et oubliés tel que Gravelotte mais aussi les totalement inconnus, les carrément inventés comme «phrabène» qui a l’air bien sérieux comme ça mais qui n’a existé que dans le vocabulaire d’un seul homme. C’était un monsieur qui, peu de temps avant la première guerre mondiale, abreuvait de plaintes et de réclamations une Compagnie financière où il avait placé sa thune. Ce qui le faisait râler surtout, c’étaient des entités mystérieuses, des êtres fabuleux qu’il appelaient les «Phrabènes». Jusqu’à peu, j’ignorais tout des phrabènes, lorsque samedi dernier j’ai fait leur connaissance à Beaune où j’étais en ouikène par un froid de K nard. Où ça ? Mais chez monsieur Alphonse Chavroche à la librairie des 1000 et une feuilles, un lieu vénérable comme seul mon daddy sait en dégoter. J’en avais assez de l’attendre pendant qu’il apprenait par cœur de pleines étagères de grimoires sur le vin de Bourgogne, alors je me suis mise à tripoter un tas de brochures poussièreuses abandonnées dans un coin.
00:20 Publié dans De vous zamoi, Jadis et naguère, Lectures | Lien permanent | Commentaires (7) |
|
Imprimer | |
|
01.02.2006
Cébazat, l'art brut!
Ils ne laissent aucun doute sur les merveilleuses capacités offertes à l’Homme, Auvergnat ou pas, pour comprendre tout de travers. Qu’on en juge :Sébastien : «Je n’avais jamais osé dessiner et j’ai pensé que ce cours pouvait me convenir. Ce n’est pas un atelier strict et en plus le prof nous guide».
Julie : «J’ai voulu essayer par moi-même. Résultat, une bonne ambiance, on a bien rigolé».
Il me reste à souhaiter que mes lecteurs aillent faire un tour sur le site cébazatien et que madame Sylvie, la responsable de la section «art brut»
dudit site prenne vite conscience que l’art brut,
00:10 Publié dans Nos amies les bêtes, Ogni pensiero vola | Lien permanent | Commentaires (5) |
|
Imprimer | |
|
30.01.2006
Unica Zürn autour de midi et minuit

Qu’esse que vous faites mercredi soir ? Si vous aimez Unica Zürn et que vous craignez pas les grimpettes, donnez rencart à votre chéri (ou à votre blonde) pour une soirée lecture rue Lepic (au n° 11) dans le 75 zéro 18, à la Cave à jazz Autour de midi… et minuit.
Claude Darvy y lira des extraits de L’Homme-Jasmin, de Sombre Printemps et de Vacances à Maison-Blanche (et non «à la Maison Blanche» comme l’indique à tort le programme). Il m’a été offert à Buchladen, la sympathique petite librairie de la rue Burq située un cran au-dessus de ce vieux Studio 28, le ciné ousque L’Âge d’or de Luis Bunuel a été projeté pour la première fois et où Animula va. La dame qui tient Buchladen est une de ces Allemandes de Paris qui a choisi de jeter l’ancre sur cette butte Montmartre qu’Alphonse Allais rêvait de transformer en port de pêche.
A côté des gros poissons de la littérature européenne du moment, elle n’a pas peur de ramasser dans ses filets du fretin plus curieux. C’est ainsi que le beau visage d’Unica est apparu récemment dans sa vitrine. J’ai reconnu ces «Vacances» (Editions Joelle Losfeld), vacances dans ce qui est en fait un hôpital psychiatrique, genre de lieux dont Unica Zürn était périodiquement la pensionnaire.
Dans son très bel Homme-Jasmin, publié dans la traduction française de Ruth Henry et Robert Valançay peu de temps après qu’Unica ait choisi de mettre fin à ses souffrances et à ses jours (19 octobre 1970), celle-ci consigne les «impressions d’une malade mentale» (Eindrücke aus einer Geisteskranken).
23:55 Publié dans Parlotes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Unica Zürn |
|
Imprimer | |
|












