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28.02.2010
Cudowny sen Jean’a Smilowskiego
Mon cher Smilowski, je hais février, le plus court des mois et de tous le pire à la fois, parce qu'il fait baisser mes statistiques et que si ça continue, mars étant déjà là, je vais pas avoir le temps de parler de votre expo qui se tient à Villeneuve d'Ascq à La Ferme d'en haut jusqu'au 14. J'aurais tellement voulu la voir seulement, avec le boulot que j'ai au bureau, j'arrive pas à me libérer et je préfère assurer au cas où.
Jean Smilovski, ça fait un moment que je marche sur vos traces. J'aurais voulu vous connaître quand vous habitiez dans votre cabane du Vieux-Lille, près des fortifs de Vauban, une zone où les jardins ouvriers tournaient à la jungle. Vous l'aviez transformée en «ranch» personnel où vous abritiez vos souvenirs franco-polonais d'ouvrier malmené par l'histoire et par le travail ainsi que vos peintures, vos meubles et coffres décorés, vos jouets et vos pantins militaires.
J'aurais voulu voir in situ votre fresque sur Sitting Bull et partager votre fascination pour les Indiens d'Amérique. J'aurais aimé vous rencontrer, circulant à bicyclette, les jours où ça allait bien, vêtu de vagues uniformes de la guerre qui vous avait fait souffrir.
J'aurais adoré vous entendre chanter Ramona cette valse-symbole de la femme inaccessible à laquelle vous aviez voué un culte qui voisinait sans problème avec votre dévotion pour Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus et Sainte Rita.
Cette exposition actuelle, qui reconstitue l'intérieur de votre chez vous, succède à l'expo-parcours qui s'est tenu dans le Vieux-Lille en octobre 2009. Elle est organisée avec le concours de La Poterne, une association qui veille sans relâche depuis plus de 20 ans sur votre œuvre dont elle a sauvé l'essentiel. Je possède dans mon fouillis une jolie pochette de cartes postales éditées par cette asso.
Et un classeur où j'ai glissé divers souvenirs des passages que vous avez fait sur cette terre depuis votre disparition en 1989. Je crois bien avoir loupé Art et bricolage, l'expo de L'Aracine qui vous faisait prendre l'air pour la première fois avec André Robillard. Mais je possède l'invitation de l'expo à la Bibliothèque annexe du Vieux-Lille qui reproduisait deux pages d'un de vos somptueux livres uniques.
Et encore :
le catalogue de l'expo de la collection Bert Berglund où figurait une de vos œuvres,
un article paru sur vous dans Polonika (n°2), un canard franco-polonais disparu.
Tout cela c'était en 1993. Plus récemment, j'ai mis dans du coton le carton de votre rétrospective de 2002 au Musée d'Art Moderne Lille Métropole. Pour le régal de nos Animuliens, permettez-moi de montrer encore votre portrait photo par François Dumas pour le carton de votre apparition à la Médiathèque Marguerite Yourcenar en 1997.
Et plus émouvant encore - car de votre vivant - le tract d'une asso (avec un dessin de vous) qui, en 1986, réagissait contre la rénovation urbaine qui devait emporter votre univers.
20:20 Publié dans De vous zamoi, Expos, In memoriam, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, jean smilowski |
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27.02.2010
La galerie impaire fait une french touche
French touch pas à mon post! serais-je tentée de dire à celui qui voudrait me dicter ma chronique du vernissage de jeudi soir à la Galerie impaire. C'est que j'ai des choses à dire et que comme d'habitude ça se bouscule dans ma tête avant de parler. Si j'oublie, faites moi souvenir que Tom di Maria sera là «mais pour le finissage» comme me l'a dit la jeune impairatrice blonde qui ouvrait et fermait les tiroirs de la boutique pour montrer inlassablement des dessins de Jean-Michel Chesné à des acheteurs potentiels.
J'attendrai donc le décrochage du 4 avril 2010 pour me marrer un coup. C'est dommage. Ils manquaient les grands sourires de Tom à cette soirée du 25 février trempée comme un barbet! Et sa façon de fendre la foule à grands renforts d'accolades à droite et à gauche, elle manquait aussi, même si les responsables de la Galerie faisaient des pieds et des mains pour dégeler l'ambiance par trop franchouillarde. Moiteur un peu épaisse des inaugurations, odeur tenacement typique du vin rouge, petits groupes de gens qui se connaissent depuis 20 ans mais qui font semblant de s'ignorer, éminent membre de l'intelligentsia parisienne à la recherche de la meilleure place (près du buffet ou à l'entrée) pour se faire remarquer...
S'était reconstitué tout à coup rue de Lancry ce qui plombe généralement ce genre de manifestations outsideuses chez nous. Plus de crème fraîche, perdu le côté swing, adieu la décontraction californienne. Il avait suffi que la Galerie impaire plonge dans un répertoire plus familier aux Français, pour que notre foutu tête de cochon de tempérament national reprenne le dessus. On se prenait à regretter l'atmosphère pétillante des vernissages précédents, lieux de rencontre de volubiles Américains de Paris accros au Creative Growth Art Center.
A la sortie, un monsieur black en blouse bleu-touareg fredonnait tout doucement une mélopée africaine nostalgique et improvisée en attendant l'autobus 56. J'écoutai mine de rien et respectueusement comme il convient devant toute manifestation de spontanéité et d'inventivité réelles.
01:38 Publié dans De vous zamoi, Expos | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : galerie impaire, billet d'humeur |
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25.02.2010
Appel pour Hervé Leforestier
Hervé Leforestier n'a rien à voir avec l'art brut et ses œuvres ont beau avoir l'air de flirter avec l'art modeste, elles ne cadrent pas non plus vraiment avec cette catégorie. Mais à ce niveau d'accumulation créatrice auquel il est parvenu dans son appartement de Coutances, on se fiche bien des catégories! 
On pourrait à la rigueur chipoter sur les boîtes-ex-votos tous azimuts qu'il expose de temps à autre dans des galeries depuis sa sortie des Beaux-arts de Caen dans les années 80 mais là, comment ne pas être scotchée par la manière dont il a transformé son chez lui?
Impossible de bouder son plaisir et tant pis si son plaisir appartient tout simplement à l'art contemporain. On n'est pas sectaires. Plus encore qu'un collectionneur compulsif à la Jakovski, Hervé Leforestier, même quand il n'habite pas son 3 pièces, est immergé dans son œuvre et son œuvre se nourrit de ses tendances au confinement. C'est par l'intermédiaire de Fred Lux que ces belles images du photographe Pascal Carted me sont parvenues.
Si ça continue, je n'aurais plus besoin de sortir moi non plus mais je suis contente d'être une petite âme dont les errances sont provoquées comme si j'étais -bling, bling, bling- une bille de flipper. Les photos de P.C. accompagnent un APPEL DE JOEL HUBAUT, un autre artiste, apparemment très pote avec Leforestier. Il fait état d'un S.O.S. de celui-ci. On aimerait savoir lequel, même si on comprend que J.H. s'inquiète un max pour le devenir de l'installation leforestienne at home.
J'avoue que l'histoire des H.L.M. qui commenceraient à tiquer devant l'ampleur du work in progress de Coutances m'étonne pas trop mais il faudrait naturellement vérifier. A suivre donc, les tribulations de cet enragé assembleur coutançais dont l'intérieur (murs et plafonds) n'est pas sans nous faire penser un peu à la ferme d'Emery Blagdon.
00:05 Publié dans Blogosphère, De vous zamoi, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hervé leforestier |
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24.02.2010
Vie et œuvre de Charles Lanert
Charles Lanert : pour quelqu'un dont on ne savait rien, ce créateur dont 2 œuvres vibrionnaires figurent sur le site (dévolu à l'art brut) de la Collection abcd nous réserve aujourd'hui des surprises. Enfin, quand je dis «aujourd'hui» ... c'est depuis le printemps 2009 qu'un site internet a été ouvert à son propos mais comme on me dit jamais rien c'est seulement maintenant, tonnerre de Brest, que je m'en rends compte. Je m'abstiens de jurer, d'une part parce que mon daddy n'aime pas ça, d'autre part parce que Jacques Benoist, l'auteur du site Charles Lanert, sa vie, son œuvre, est un curé et un historien de la construction du Sacré-Cœur de Montmartre (une belle mocheté soit-dit en passant).
Aussi faut-il pas s'étonner si le père Benoist tire (sans exagération cependant) la couverture du côté de la religion. Il y a d'ailleurs quelque droit. Apparemment, la vie de Lanert, natif de la Drôme (et non de Suisse comme on l'a écrit) a croisé plusieurs fois les enfants du bon dieu. Jusqu'à sa mort dans une maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres en 1995. Une partie des 200 œuvres de Charles Lanert dont Jacques Benoist a hérité relève d'ailleurs d'un art sacré franchement cul cul-la-sacristie.
D'autres semblent le résultat de recherches dans le domaine abstrait (clins d'œil à Klee, à Kupka) ou dans le paysagisme maritime. Peu, finalement appartiennent à ce style «radiographique» à base d'entrelas grouillants qui l'ont fait classer (peut-être un peu rapidement ?) dans l'art brut.
Allez donc ici
(cliquer dans le visuel)
une bande d'images déroulantes vous en dira plus.
00:34 Publié dans Blogosphère, Images, In memoriam | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, charles lanert |
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23.02.2010
Ancienne collection Jacovsky sur catalogue
La collec de Jakovsky, nom d'une pipe, c'était kékchose! Il collectionnait pas seulement les pipes, l'Anatole, et les toiles naïves à en bourrer tous ses appartements. Il s'entourait de beaucoup de livres dont on voit passer certains de ci de là au fil des catalogues.
Après-demain, mercredi, le 24 de février, un joli choix de ceux-ci (et d'autres documents jakovskyens) défileront chez Pierre Cardin, Rémy Le Fur et associés, sous l'enseigne d'AuctionArt, dans une vente publique à Drouot-Richelieu.
Les repros ont de quoi mettre l'eau à la bouche. Je flashe pour mon compte sur un recueil de poèmes mi figue espagnole, mi raisin français, enluminé tout autour de la typo par Miguel Hernandez, un des géants de l'art brut du début. Coplas de la peine et de l'amour que ça s'appelle. La déco de M.H. n'est pas sans faire penser -c'est drôle- à des illustrations de Joan Miró.
Je louche aussi sur le super manuscrit d'André Breton, signé et fort raturé (indice d'un premier jet), relatif à Joseph Crépin. Et naturellement sur une photo représentant ce peintre, prise vers 1950 par Anatole Jakovsky.
Claude Oterello, le monsieur qui expertise, peut pas tout décortiquer, tellement certains lots de la vente sont copieux. Dans l'un d'eux, il y a une photo de Jean Dubuffet avec des cheveux.
On y trouve aussi des lettres de celui-ci dont une de 1964 où il informe Jaco que les œuvres de Camille Renault lui paraissent «relever davantage de l'art naïf que de l'art brut». saignant, non? Autre chose qui mérite l'achat de ce numéro 179 du catalogue, une liste dactylographiée donnant la liste des «ouvrages concernant les écrits des aliénés et que possède Paul Eluard» avec l'indication précieuse : «vendredi 18 mai 1945». Nettement avant le fameux voyage en Suisse de juillet 1945 qui passe trop souvent pour le début des recherches de Dubuffet en matière d'art brut. Dans le même ensemble, une lettre préconisant de demander à Nush Eluard d'écrire «au médecin-chef pour qu'il envoie une note sur le sculpteur en question». Il y a gros à parier qu'il s'agit bien sûr d'Auguste Forestier.
Pour terminer, je vous dirai que j'ai aimé le café que Maître le Fur offre courtoisement aux visiteurs et visiteuses de l'expo préalable à la vente. Et le slogan de la bande annonce imprimée du n°163 (Prospectus aux amateurs de tout genre de Dubuffet) soigneusement conservée par Jakovsky, il est pas mal non plus :
....Contre le roi, pour la bergère....
00:04 Publié dans Encans, Expos, Gazettes, Musées autodidactes disparus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, art naïf, anatole jakovsky, jean dubuffet, joseph crépin, miguel hernandez |
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