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05.11.2011

Le chant des champignons

Barcelone, Rome et champignons au menu aujourd’hui grâce à trois précieux informateurs animulophiles. Tout d’abord, quelques images récentes de Hassan, «le designer brut» comme je l’appelais dans mon post du 14 septembre 2010.

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Indispensable d’aller faire un tour sur cette note pour apprécier comme il faut ces nouvelles images rapportés par Eric Gauthier. Tout le petit bazar du vagabond africain de Barcelone est là.

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On le voit en train de sertir la petite pièce de cuivre qui est sa marque de fabrique sur ses planchettes aux dessins colorés. Il se sert d’un marteau à la tête plate comme enclume en coinçant le manche avec son pied nu.

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Eric nous envoie aussi des photos d’un autre créateur de rue barcelonais, tendance autodidacte. Les mains sont noueuses avec l’ongle long qu’aiment à porter là-bas les artistes. Sous la barbe de Père Noël, le chapeau broussard et une sorte de cache-oreille sur le côté droit, c’est un vieux monsieur qui s’appelle Sylvestre.

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Son bras droit a beau être déformé, il se sert parfaitement de sa main pour réaliser, au format carte postale, des rosaces comme on en faisait dans les temps à l’école primaire. Mais lui, c’est «sans jamais reproduire le même dessin», ce qui lui semble important.

début de rosace.jpg

Cela fait que quand on met les uns à côté des autres ses dessins on a une belle impression de vitrail aux nuances géométriques abstraites et kaléidoscopiques. «Il a eu 90 ans la veille de notre rencontre» me dit Eric et il «dessine dans la rue tous les jours depuis 7-8 ans».

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Si vous le rencontrez, saluez-le bien respectueusement de ma part pour avoir dit à Eric Gauthier : «je suis libre comme un taxi!».

Orientons nous du côté tchèque maintenant avec Vaclav Halek, l’homme qui a transcrit (ou composé de toutes pièces) 5000 chansons de champignons.

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C’est Matthieu Morin, grand «négociant en virages» qui m’a refilé ce tuyau extrordinaire du monsieur qui entend, non pas le loup, le renard et la belette mais les champignons sauvages chanter.

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Je vous donne l’info comme Matthieu me la donne mais connaissant son sens de l’humour je ne parierai pas qu’il ne s’agit pas d’un canular.

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D’autant que Tomas Zilvar et Radeq Brousil qui ont sorti la chose semblent être des artistes contemporains du genre performers. Mais ça fait rien, l’idée des champignons qui font de la musique est plus que plaisante, non?

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Enfin, dernier détour par Rome. J’apprends un peu tard que lundi 7 novembre 2011 à l’espace LOL Moda Arte Design de la capitale italienne (via urbana, 89-92), un événement aura lieu autour du peintre Giovanni Bosco. Ceci à l’initiative de Fabio Casentini, un négociant en vêtements de la ville.

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Ce signor est un collectionneur italien qui, au cours de ses vacances à Castellammare del Golfo, avait rencontré en 2007 l’étonnant créateur sicilien, «ma senza sapere nulla di art brut» (mais en ignorant tout de l’art brut) me dit Eva di Stefano, mon informatrice. A la différence du Français Boris Piot qui, la même année, avait su immédiatement voir que l’œuvre de Bosco appartenait bien au domaine de l’art brut.

01.11.2011

Sépulcrales de saison

Hier il faisait beau et aujourd’hui un temps de Toussaint. Chaque année, c’est pareil, c’est réglé comme du papier à musique. On ne sait pas quoi mettre sur son blogue. Pas facile d’éviter les sujets par trop folichons en ces temps «d’effluves de chrysanthèmes»  (merci à l’Animulienne qui m’a fourni la formule). Et on peut pas toujours vous recycler des calaveras en cascade : voir mon post du 4 novembre 2007. Les squelettes à force ça use si on s’en sert trop.

Joinul

Or donc j’ai choisi cette année de vous brancher sur les Sépulcrales, martyrologe de Pierre Joinul. Pourquoi? D’abord parce que c’est une jolie plaquette dépliante à tirage petit, mise en page par Jean-Luc Thierry et imprimée à Nîmes Par SEP pour les Editions Double Quark.

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Ensuite parce que Joinul est un pseudo qui dissimule à peine un découvreur d’art brut hors pair puisqu’il a à son actif Emmanuel le Calligraphe, René le Bedeau et Pierre Jaïn. Joinul est aussi un pote à J.D. qui s’est fait son éditeur pour La bataille de mo

Joinul,Jean Dubuffet

et son illustrateur pour la couvrante de Mézavi chez Pierre Jean Oswald en 1975 

Joinul,Jean Dubuffet

Robert Tatin et Slavco Kopac ont pareillement décoré ses recueils, le premier en 1973 : Oublions nos querelles voici que s’avance le vitrier boiteux

Joinul,Robert Tatin

le second en 1976 : Mon prof de maths sent le tabac, ah 

Joinul,Slavco Kopac

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de ces drôles de poèmes décalés dont je vous laisse juges. Je les préfère à ses grosses machines de mots qu’il lui arrive de pondre de temps à autres (car c’est un enragé langagier) et où il a un peu tendance à se prendre pour un ordinateur emballé qui nous largue dans un encyclopédisme échevelé.

Joinul

Là cette série de 32 sépulcres à ressorts comiques, lyriques et discrètement blasphématoires a de quoi plaire. D’abord parce qu’elle est à taille humaine (c’est ma taille) et qu’elle s’arrange pour enterrer je ne sais quel ton secrètement désespéré qu’on sent en filigrane dans les écrits joinuliens. D’autres diraient «à noyer le poisson» mais on n’est pas en avril. Les amoureux de beaux papiers kifferont les couleurs virant délicatement du rose à l’orange doux, du lilas au violet.

Joinul

Le revers de la feuille est un poème chromatique muet. C’est à Federica Matta que l’on doit le sinueux et narratif décor qui fait le liseron autour des strophes joinuliennes imprimée en blanc.

18:34 Publié dans Ecrits, Images, Lectures, VU SUR ANIMULA | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre joinul, jean dubuffet, robert tatin, slavco kopac | |  Imprimer | | Pin it! |

31.10.2011

Ubiquité de Gaston Chaissac

Une virée dans les beaux quartiers? Il ne vous manque qu’un prétexte? Le voici tout trouvé avec le show Chaissac dans le 8e. Un artiste…deux lieux, ce sont deux belles expositions complémentaires que vous pouvez vous mettre dans l’œil jusqu’au samedi 19 novembre 2011 boulevard Malesherbes et avenue de Messine. Deux bonnes voisines, les galeries Brame & Lorenceau et Louis Carré & Cie vous invitent.

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Ne faites pas vos timides sous prétexte de la majesté des lieux. On vous laissera regarder en paix et même qu’on vous fera des sourires! C’est un article de Lydia Harambourg dans la Gazette qui a attiré mon attention. Moi, j’ai visité ça trop vite, à l’heure du déjeuner parce que j’ai jamais le temps. Quelques pièces maîtresses de la fin des années quarante chez Carré.

chaissac 2.jpg

trampoline.jpgSonnez sous la voûte monumentale, on vous ouvrira ou apportez votre trampoline pour jeter un, deux, trois coups d’œil depuis le dehors, la grande salle possèdant plusieurs fenêtres.

Gaston Chaissac,galerie louis carré

J’ai trainaillé davantage (mais pas assez) chez Brame & Lo qui est une bonbonnière du dehors. Le bonjour à un grand totem à l’entrée et moquette gris-perle dans l’escalier qu’il faut grimper pour tomber dans une successions de petites salles et gentils corridors, littéralement bourrés de choses diverses et variées des années 50 à 64. J’ai noté une tôle à la bouche rieuse et une bassine avec une petite face chapeautée à la South Park. Ce petit visage au nez de travers n’est pas la seule pièce émouvante.

gaston chaissac

Vous rencontrerez aussi le gars aux yeux vairons exécuté d’après un dessin d’enfant (1961) et une énorme tête de 1962. Saluez de ma part le Personnage en robe fantaisie (HST de 1963) et le Personnage rieur (HSP de 1963) replié du pied.

J’en passe et des meilleures en regrettant de ne pas être critiqueuse d’art pour vous faire sentir les nuances. Mais quoi, faites votre boulot d’amateurs d’art, quoi! Cela vaut la peine. Il y a deux catalogues.

catalogue B&L.jpg

Michel RagonJ’ai préféré le jaune citron de Brame & Lo qui contient notamment de rigolotes photos des correspondants et amis du Gastounet. J’adore pour ma part le portrait de Michel Ragon jeune avec une chevelure presque à la banane qui sent un peu son zazou.

23:55 Publié dans Expos, Gazettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaston chaissac | |  Imprimer | | Pin it! |