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29.06.2008

Leonora Carrington, la fiancée du vent

Ras le bol des notes obèses. Je me mets au régime. Je me contente, sur le mode allégé, de vous préconiser de vous bouger les fesses (parce que ça dure que jusqu’au 18 juillet) pour aller voir l’expo Leonora Carrington, la fiancée du vent à la Maison de l’Amérique latine, 217 bd Saint-Germain à Paris.

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Ne serait-ce que pour 3 étranges dessins, montrés là grâce à la courtoisie de la galerie 1900-2000 et qui ont été réalisés en août-septembre 1940, période où le peintre séjourna, pour une «folie incurable» dont elle eut la force de s’extraire, dans une clinique espagnole après l’arrestation de Max Ernst par la police française en juin 1940.
Pour plus de détails sur cette période délirante dont Leonora Carrington a témoigné dans un beau texte poétique intitulé En bas, jetez donc un coup d’œil dans le rétroviseur animulien. Votre petite âme errante, qui aime à jouer les pythonisses, pas plus tard qu’à la fin de l’année dernière (30.12.2007) vous avait gratifiés d’une jolie note à ce sujet.
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Les 3 dessins de l’éphémère folie Carrington sont reproduits dans le catalogue coédité avec Gallimard : Chimère, page 29, La seis, seis de septiembre, p. 42, Sans titre (car comment titrer ça ?) p. 48.
Il n’est pas vraiment donné, en ces temps de pouvoir d’achat défaillant et de «Cadeau-Bonux», mais vous en aurez pour vos 30 € si vous l’offrez à votre chéri(e) because la préface d’Annie Le Brun -pas mal ficelée, il faut le reconnaître- et les jolies images en couleurs des tableaux. Sans oublier les portraits photo de la dame Leonora (jeune et plus ancienne) et les nombreux souvenirs et documents, telle cette Carte d’En-Bas provenant du n°4 de la revue VVV de février 1944.

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19:55 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leonora carrington | |  Imprimer | | Pin it! |

28.06.2008

Une Sardine à la découverte


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La Sardine ne fait pas de vagues. Elle n’ambitionne pas de boucher le port de Genève. Depuis la rue des Bains, elle part tranquillement à la découverte de 4 créateurs, «encore peu ou pas connus du public, mais dont certains font déjà partie de la Collection de l’Art Brut à Lausanne et de quelques prestigieuses collections privées».

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Parmi ces mousquetaires, j’ai aimé surtout les dessins de Jakob Morf, un ouvrier agricole suisse (on est en Suisse) qui toutes les nuits, dans la maison de retraite où il passait la sienne, couchait délicatement ses rêves et ses impressions diurnes sur des blocs de papier quadrillé tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Quand il en eut accumulé beaucoup, son travail fut exposé et il vendit, ce qui lui permit de se payer une folie : le survol en avion de la chaine des Alpes.

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C’est Flora Berne, la galeriste de La sardine collée au mur qui m’a expliqué tout ça, d’abord avec une réserve bien compréhensible avec la canicule qui nous était tombée soudainement sur le coin du lac et puis en s’animant progressivement au fur et à mesure qu’elle se passionnait pour ses poulains :

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Gabrielle Decarpigny et ses compositions, cernées fragmentées-imbriquées qui m’ont fait penser aux marbrures savantes du peintre radiesthésiste Jules Godi,

 

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Charles Boussion et la virtuosité de ses jeux de perles (un peu trop) psychédéliques,

 

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Ilmari Salminen et sa forêt de signes finlandais où il emprisonne des portraits. De celui-là, Flora me montra le portrait dans son atelier, une photo de Veli Granö, publiée dans le n°59 de Raw Vision et je n’ai plus eu de doute sur sa brutitude.

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Mais j’en revenais toujours  au bon Jakob Morf tant j’étais bluffée à la fois par l’évanescence de son propos et par sa volubilité multicolore.

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Les doigts de Flora Berne, pour trouver le mot juste, dessinaient en l’air des guillemets imaginaires et votre petite âme errante n’en finissait pas de poser et de déposer son chapeau de paille n’importe où sauf sur sa tête en nage.
Si vous croyez que c’est facile de rendre compte de cet effacement d’une personnalité devant la poésie du monde, par les moyens sans cesse renouvelés de la couleur, allez-y ! Aller voir l’expo de la Sardine mais attention ça se termine le 5 juillet déjà.

11:29 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, jakob morf, gabrielle decarpigny, charles boussion, ilmari salminen | |  Imprimer | | Pin it! |