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04.09.2011
Loulou et moi, 6 ans après
«Wo es war, soll ich werden». Y’ a des moments où je m’demande si j’ai un inconscient! Heureusement, la PQR est là pour m’en tenir lieu. D’une édition charentaise de Sud Ouest, en date du 17 août 2011, j’ai eu l’émotion de voir surgir de mon passé monsieur Loulou (André) Degorças, «sculpteur cagouillard».
Quelle reviviscence! Rappelez-vous. C’était au début septembre 2005. Je n’étais pas encore la «Grande Timonière» que je suis devenue. Celle dont Mr Alain Bouillet, dans le n°34 de la revue Création Franche (mai 2011), dit que son blogue est –je cite– «bien connu des amateurs d’art brut». La gloire ne poudrait pas encore les ailes de votre Petite âme errante et ses chevilles n’étaient pas enflées. J’étais rien qu’une âmelette nouvelette, mal assurée sur ce qui lui tenait lieu de jambes sous sa mini-robe. Elles ont grandi depuis, grâce à vous, chers lecteurs et lectrices, qui m’avez fortifiée de votre attention et de vos informations.
Elles m’ont portée jusqu’à mon sixième anniversaire que j’ai le plaisir de placer aujourd’hui sous les auspices de Loulou de Genté, petit bourg situé près de Segonzac. Loulou c’est le genre de gars qui ne demande rien à personne et qu’on découvre par hasard. Leur création mérite d’être protégée et leur tranquillité respectée. C’est pourquoi j’avais évité de le localiser en 2005 quand j’en parlé pour la première fois.
Je m’imaginais que les stakhanovistes du bord des routes, qui traquent le «singulier de l’art» comme l’orpailleur de Guyane ses pépites, finiraient par le trouver. Mais non. Mes photos étaient trop petites. Alors, à l’occasion de mon sixième anniversaire, c’est moi qui vous fait un cadeau en les élargissant un peu.
Place d’abord à ces personnages en ciment teinté, grandeur nature, qui veillent à l’entrée de la maison de la mère de Loulou.
Il y en a 4 dont une représente «sa» Sheila, chanteuse dont Loulou est fan depuis qu’elle l’a invité à la teuf donnée pour ses 20 ans. Elle chante Ecoute ce disque.
Un maçon (Loulou ?), sur le pilier symétrique, présente ses outils.
Loulou aimait trop l’invention pour en rester là. Son brevet pour une taloche en plastique trône chez lui sous une vitrine. Dans sa cour, il a vu un soir des extra-terrestres, «petits et transparents».
Et il s’est bricolé un petit musée de science-fiction avec des comètes peintes sur des bâches noires et une ronde d’aérolithes sur tiges de métal.
Au supermarché du coin, il cherche des idées dans les revues sur les soucoupes volantes.
Au rayon des viandes limousines, il achète des bas morceaux pour «son drôle», un vieux chien pour lequel il a conçu une rampe d’accès pour monter au premier étage de sa maison.
Sans doute Loulou n’entretient-il avec l’art brut que des parentés assez lointaines. Il fabrique des souvenirs pour les mariages, de petites stèles avec visages de profils d’après photo.
Ce qu’il voudrait c’est en réaliser pour des hommes politiques auxquels il voue une innocente considération. Mais les ministres ne se bousculent pas pour venir se faire portraiturer au fotomaton local pour lui. Cela ne fait rien, on l’aime bien quand même et je suis heureuse d’avoir, il y a 6 ans, commencé par lui et par son copain Lucien Favreau à qui il avait conseillé «de mettre de la couleur».
18:37 Publié dans art brut, De vous zamoi, Gazettes, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art brut, environnements bruts et spontanés, andré degorças dit loulou, loulou le cagouillard, sheila, anniversaire |
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03.09.2011
Art Brut and Then Some chez Cavin-Morris
Hey honey, take a walk on the non-mainstream side!
Irène qui venait des Caraïbes est un souvenir. Le calme est revenu à New York après la tempête mais le cerveau de Randall Morris bouillonne toujours. Le 10 septembre 2011, la nouvelle exposition de la Cavin-Morris Gallery ouvre ses portes et son titre dit bien ce qu’il veut dire : Art brut and then some. Axée aussi bien sur des œuvres asiatiques, américaines qu’européennes, elle réunira, jusqu’au 15 octobre 2011, une sélection d’œuvres de créateurs défendus par la Galerie.
Cela va des constructions guérisseuses d’Emery Blagdon aux dessins médiumniques d’Helen Butler Wells et aux cartes météorologico-psychiques de Zdenek Kosek, en passant par les dessins acérés et obsessionnels de Chris Hipkiss.
L’expo C-V de ce début d’automne mêle aussi des créateurs bruts japonais qui travaillent l’argile comme Kazumi Kamae
et d’autres «some» américains comme Mort Golub que je connais trop peu pour pouvoir me prononcer à propos de leur genre de beauté. Je n’ai pas eu le temps non plus d’explorer les relations entre les images de Pushpa Kumari et les sculptures emperlées, cousues et peintes de Sandra Sheeny.
Branchez-vous sur le site de la Galerie et cliquez sur «self-taughts artists» dans «contemporary». Cela vaut le coup. Ce qui mérite aussi le détour ce sont les théories de Randall Morris, toujours ardent à définir le domaine auquel nous nous intéressons, lui et nous. C’est plaisant de constater que le mot «art brut» fait maintenant partie du vocabulaire américain. Le temps est révolu où on nous disait que les amateurs d’artistes autodidactes des U.S.A seraient incapables de digérer ce terme, soit-disant trop français. N’en déplaise aux pessimistes, nos amis d’outre-Atlantique s’emparent de la notion forgée par Jean Dubuffet et c’est tant mieux. Les voilà mêmes qui enrichissent son contenu et c’est encore tant mieux.
Lisons Randall Morris. En matière d’œuvres, il insiste sur le critère de la qualité. On ne peut qu’applaudir. En matière de définition, il en cherche une qui soit vraiment convaincante. Démarche légitime mais qui pêche peut-être un peu par positivisme. En raison de la riche diversité qui caractérise l’art brut, on ne peut que s’accommoder d’un certain flou. A chaque nouvelle découverte, l’art brut remet en cause ses fondements. Aucune tranquillité intellectuelle à attendre avec lui. Il y a toujours une part non dominée qui vient vous pourrir le raisonnement. Faut-il vous faire un dessin?
Randall Morris envisage le domaine de l’art brut et celui du mainstream sous la forme de 2 cercles qui se chevauchent. Selon lui, il y a des endroits qui ne se rencontrent jamais et d’autres qui se mélangent et deviennent presque indiscernables. Ouais! Sauf qu’à mon avis, il ne s’agit pas de deux cercles mais de deux grosses bê-bêtes protéiformes et gonflables comme une baudruche de Jeff Koons. Non seulement, elles n’arrêtent pas de glisser l’une sur l’autre, latéralement et de haut en bas mais encore elles n’en finissent pas de gonfler et de dégonfler par endroits comme des pastas dans l’eau bouillante. Avec l’art brut, les scientifiques ont du souci à se faire. Le microbe n’est jamais stable sous le microscope.
Bon, j’arrête parce que c’est moi qui risque d’avoir un hurricane sous la boîte cranienne.
Randall Morris écrit :
00:32 Publié dans Ailleurs, art brut, Ecrits, Expos | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art brut, randall morris, emery blagdon, chris hipkiss, kazumi kamae, sandra sheeny |
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01.09.2011
Pince bec chez Rodin
Plus que 3 jours pour Pince bec. C’est une Animulienne vigilante qui m’a sonné l’alarme. Mais comment aurais-je pu deviner qu’au Musée Rodin, jusqu’au 4 septembre 2011, il y avait une réception d’ambassadeurs?
Celui-ci, plénipotentiaire de la Principauté Dubuffet, vient évidemment de se fourrer un gros Ferrero Rocher dans la gargoulette.
Jean Dubuffet, Pince bec, 1960
© Fondation Dubuffet, Adagp Paris, 2011
De quoi faire exploser le Penseur. De rire ou d’indignation ?
22:39 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musée rodin, jean dubuffet, ferrero rocher |
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31.08.2011
Un jardin en cravate et lunettes noires
Du bord des routes, l’été nous gratifie de ses trouvailles. Cela fait longtemps déjà qu’on voulait s’arrêter dans ce village tout en longueur où d’ordinaire on ralentit devant une maison toute fleurie agrémentée d’un jardin extraordinaire.
Les automobilistes sourient et oublient. Pas Bertrand Lacy qui a décidé un jour d’y revenir avec son appareil photo parce que l’endroit lui faisait penser à son peintre en sabots préféré. Bertrand Lacy qui aime Chaissac et ce coin de Vendée en bordure du Marais poitevin où volontiers il villégiature. Collectionneur, artiste et comédien, comment serait-il passé sans remarquer ce petit chef d’œuvre d’art topiaire aidé?

La dame qui habille si gentiment ces créatures végétales délicates sacrifie, avec une grande élégance personnelle, à une tradition de buis taillés, toujours vivace dans le pays. Elle est très gentille et accueillante pourvu qu’une barrière la sépare de son interlocuteur.
Même si celui-ci n’a rien d’intrusif et qu’il s’exprime avec des mots simples et justes : «Il est toujours bien agréable de rencontrer au détour d’un petit village, des brins de poésie…». J’extrais cette phrase d’une carte postale virtuelle que Bertrand Lacy a choisi d’envoyer à Animula Vagula parce que ça lui fait «juste plaisir de transmettre (…)».

Merci à lui pour ce geste et merci pour son sens du respect. Quelques contrariétés de voisinage ont rendu un brin méfiante la personne qui est à l’origine de ce jardin en cravate et lunettes noires.
Loin de s’en plaindre, Bertrand a trouvé que ce fait anecdotique «rendait son jardin encore plus piquant et intéressant». Et je l’approuve, nom d’une petite âme errante !
23:08 Publié dans Glanures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art topiaire, environnements populaires spontanés, habitants paysagistes |
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