Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 19 nov. - dim. 25 nov. | Page d'accueil | lun. 03 déc. - dim. 09 déc. »

01.12.2007

Les yeux ouverts de Christine Sefolosha

Vous vous souvenez de la rétrospective «Séfolo» à la Sainte Halle Pierre de Montmartre (cf. ma note Lip, Lapp, Lop du 26 juillet 2007) ? Alors filez les yeux fermés mercredi 5 décembre à 18 h à la galerie Polad-Hardouin, 86 rue Quincampoix à Paris 3e. Comment pourquoi ?ff9c92988676c64b547f758670432110.jpeg

Mais pour le vernissage de l’expo Christine Sefolosha, Les yeux ouverts, nom d’un p’tit bonhomme !
3ec82d62229405e050e7d82a540c9035.jpg On nous promet «une mise en regard» de ses œuvres «avec quelques pièces d’art primitif». Avouez que c’est le genre de confrontation qui est toujours une prise de risque assumée pour l’artiste.

 

La gouache sur le carton d’invitation est comme un métal en fusion. Un alliage téméraire entre des forces obscures émergentes et un fond de couleurs savantes très travaillé, épais comme une lave mais mouvante aussi.

Son titre : L’Appenzelloise ne nous aide pas vraiment. Jusqu’à présent, l’Appenzell, ce canton du nordest de la Suisse, c’était plutôt pour nous du bon fromage, du yodel et de jolis costumes traditionnels.

525861bec16b04e97d81e264053cedeb.jpg

Il se pourrait bien que la vaguelette blanche sur le front bombé du personnage (qui a l’air de nous reprocher quelque chose) dans la gouache de Sefolosha soit un souvenir des chapeaux à bords de dentelle en usage chez les dames folkloriques de ce ch’tiot morceau de notre voisine helvète. Et que les contours serpentins, l’empilement d’inquiétantes entités à crocs pointus qui servent de couvre-chef à cette figure hermétique soient frères et sœurs de ces masques «Silvesterklaüsen» qui se baladent là-bas dans la coutume hivernale.

86661a9a8ae8ef7b59d8a4464d32b191.jpg

Mais que dire de l’effrayant roquet à 6 pattes qui semble prêt à bouffer un œil du résigné comme un escargot au beurre? Que Christine Sefolo est habile à construire ces compositions qui procèdent par hybridation plutôt que par simple juxtaposition de morceaux plus ou bien venus dont se contentent trop d’autres peintres. Chaque élément conserve sa petite personnalité mais si on souhaite isoler celle-ci, pour se défendre un peu de l’étrangeté de l’ensemble, on est quand même tétard parce que ces composants du tableau cachent à leur tour des abîmes de peur et de mystères captivants.

Mais je mousse, je mousse et si ça continue vous allez voir ma petite âme errante à nu.

14:45 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Christine Sefolosha | |  Imprimer | | Pin it! |

28.11.2007

« L’art brut … enfant gâté de la saison »

Difficile d’en savoir plus sur le peintre Pierre Giraud dont je vous ai parlé le 15 mars dernier dans ma note : Un enchanteur limousin ecdf6f8decc7db16eeda8a2bb2a3b838.jpgOn croirait le furet, le furet de la chanson : «Il est passé par ici, il repassera pas là».

podcast  
Par ici, cette fois c’est Sotheby’s of Paris et en vous remuant fissa vous aurez peut-être la chance d’apercevoir ou même d’acheter le joli petit lot 160 de la vente de livre et de manuscrits de demain jeudi 29 novembre 2007 en la Galerie Charpentier, rue du Faubourg St-Honoré, au 76. C’est une double page d’écolier à l’encre violette, une lettre de Chaissac Gaston, pas datée mais adressée, devinez à qui, à Pierre Giraud badame ! «enchanteur en cave à Limoges». Reportez-vous au catalogue de la vente pour looker les deux dessins du Gastounet qui agrémentent la missive : un escargot, un serpent, du genre allusif.

3ef8d1a996bd1e6a8617922dad0513df.jpgSotheby’s leur a préféré un Petit Prince de l’aviateur (St-Ex), plus commercial, pour la première de couv.
Je vous reproduis quand même cet enrhumé chronique et son cache-nez, rien que pour que vous n’ayez pas trop à chercher le dit-catalogue.

Celui ou celle qui a rédigé la notice de la lettre est bien sympa. Il nous en recopie un beau morceau et en plus, avec une loupe, on arrive à en lire plus sur la reproduction. Je choisis là-dedans ce morceau de grand frère où Chaissac a l’air d’engueuler Pierre Giraud : «On ne peut atteindre à la maîtrise sans avoir été apprentis et compagnon. Je vous vois en bonne voie pour devenir un jour un vieux Monsieur démodé et ridicule et je prends mon courage à deux mains pour vous crier casse-cou».

034c59591ebafa42b2b0fc724c737e37.jpg

Auparavant, il mettait P.G. en garde contre certaines facilités attachées à de commodes prétextes : «L’art brut tout enfant gâté de la saison qu’il est ne saurait indéfiniment emplir votre vie et faire résonner votre renommée et vous aurez beau garnir de moignons vos toiles c’est pas ça qui vous fera mériter de la patrie».

Je n’ai pas trouvé trace de cette lettre dans le volume Hippobosque au bocage mais vous pensez bien que je n’ai pas pu fouiller dans toute la correspondance publiée de Gaston Chaissac. Peut-être quelqu’un saura ? Chaissac quitte son poteau Giraud en lui « laissant deviner si tout cela est une boutade ou pas une boutade ». Pour ma part, j’emprunte ma conclusion à un dessin de Pierre Giraud.

5286f9cc61662866ebf036c4f1ff9a12.jpg

 

23:55 Publié dans Ecrits, Expos, Gazettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Pierre Giraud, Gaston Chaissac, art brut | |  Imprimer | | Pin it! |

27.11.2007

Match Burland-Pons pour la St Saturnin

Il y aurait beaucoup à dire sur le «goût viscéral» de Jean Dubuffet «pour le désert». On pourrait aussi bien prétendre qu’il s’y est enquiquiné à 100 sous de l’heure après son overdose de chameaux de la fin des années 40.f7cf60580ca83df153924a2d8142f5de.jpg
Mais on va pas chipoter le carton d’invitation de la Maison Objet Trouvé qui utilise ces termes, puisque cette méritante galerie voit dans le désert une occasion d’apparenter François Burland au «grand ancien» fondateur de l’art brut.

A-t-il besoin de ce rapprochement, ce peintre né à Lausanne et enrôlé sous la bannière de la Neuve Invention ? Pas vraiment, Burland ayant acquis -O.T. nous le proclame- «renommée à travers le monde».

d1566861bb5871f6b07e6c077afa49fc.jpg

L’expo s’intitule Desert blues. Comment ne pas être intimidée, après ça? Votre petite âme errante confesse son ignorance crasse. Burland, elle le connaît surtout par repros interposées. Aussi est-elle plutôt jouasse, c’est clair, de cette rétrospective Burland, «la première en France» bien sûr. Espèrons qu’elle apportera sa petite pierre. Le vernissage c’est le 29 novembre.
Ce sera ce soir là un match Burland-Pons car ce jeudi, également à partir de 18 heures, la Galerie  Béatrice Soulié vernit les dessins récents de Louis Pons qui n’est ni brut ni «neuvinve» mais qui se laisse voir parce que c’est un grand de chez grand, un des rares qui accède par des moyens d’artiste pur jus à des régions où n’accèdent généralement que les créateurs qui ne peuvent faire autrement de l’être.

d165bd3e816f89b2fcb81e1e8256cef9.jpg

Une expo Pons c’est toujours un événement à Paris. Je croyais, tiens, tiens, qu’il était celui «qui ne dessinait plus». On verra bien. Du moins, si on arrive à se propulser de la Bastille au Quartier (latin), de la Charenton street à la pictorialiste rue Guénégaud.
Ceux à qui ce grand écart ferait pas peur, ne craindront pas non plus d’aller 2 jours plus tard (c’est ouvert les samedis, dimanches et jours fériés seulement) à la Galerie Capazza. C’est à 90 mn de notre vieille pollution parisienne, dans le grenier de Villâtre qui est un château. Entre Vierzon et Bourges, à Nançay dans le Cher (18330).

65a94f293de3e3e0be7f5fe528924f79.jpg

Ils y verront les Paysages habités d’Eliane Larus, une expo que Lydia Harambourg enrobe en ces termes dans le n°41 de La Gazette de l’Hôtel Drouot (23 nov. 2007) : «Si les ex-voto, l’art brut, la céramique sud-américaine, les jeux en bois ne sont pas étrangers au monde d’Eliane Larus, ils servent de tremplin à une verve intuitive qui détecte dans chaque objet des éléments formels, des couleurs dont elle transpose les richesses originelles». Le site de la Galerie Capazza est un peu emberlificoté mais vous trouverez sans doute le diaporama d’Eliane Larus. Une occasion pour vous mettre une bonne vingtaine de ses tableaux dans l’œil avec les prix en plus.

Bon, maintenant je retourne dans mon nid douillet.

444110e664ceaa613ed293a4383ad5c2.jpg

23:55 Publié dans Expos, Gazettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois burland, louis pons, eliane larus, jean dubuffet | |  Imprimer | | Pin it! |