02.12.2009
Trouille à L’Isle Adam
Bordeaux, Bègles, Lyon et Trouille pour finir. Voilà le programme. Mon programme tout décousu que j'ai. Archi de rêve à Burdigala, accroche d'enfer à Bègles (Bécula en celtique), street art à Lugdunum. Non, c'est pas des titres à la noix façon Animula! Cela existe vraiment. La preuve : je reçois un courriel du Musée de la Création Franche. Mon interlocutrice me dit : «je fais court car nous sommes en plein décrochage/accrochage». Décrochage de quoi? Accrochage de qui? J'en reste électrocutée. Encore un scoop!

Vite fait, bien fait sur le site du Musée, j'apprends que la guinguette bèglaise ferme ses volets, le temps de démonter la précédente Visions et Créations dissidentes et d'installer sur 2 étages Il a dit Création Franche, l'expo consacrée à Gérard Sendrey, fondateur et ancien dirlo de l'établissement. L'affiche a des faux-airs cubistoïde à la Pierre Soulages avec ses lumières blanches et noires superposées. C'est seulement maintenant qu'il a pris du champ avec sa structure que G.S. accepte de s'y montrer. Vernissage samedi 12 décembre 2009 à 18 h.
A côté, c'est à dire à Bordeaux et jusqu'au 7 février 2010, j'ai repéré à l'Entrepôt, l'expo Insiders réalisé par Arc en Rêve, centre d'architecture et le CAPC. Il est question de déborder les limites de la discipline. Je me suis prise à rêver aux bords du lac Klazinskoye qui se trouve près de Moscou.
Pour les drôles de constructions d'Alexandre Brodsky réalisées avec des matériaux (portes, fenêtres, grilles usagées) de démolition. «Tiens donc, un Greaves russe!» que je me suis dit. Il faut toujours que j'exagère!
Soucieuse de me tourner vers quelque chose de plus «brut», je me suis mentalement propulsée à Lyon because un gone, rencontré par hasard sur le site Daily Life, a photographié un petit coin de la place Gailleton transformé en page d'écritures par une «dame singulière dont l'aspect et la vêture frappent le regard», nous dit-il.
Et il précise, ce monsieur François Cini (qui publie pour son compte Lidiotduvillageglobal) : «bandes de tissus colorés, maquillage approximatif et caricatural, visage ravagé par le temps». Saperlipopette, on aimerait bien la croiser cette dame, malheureusement F.C. ne donne pas son portrait (par respect sans doute, ça se comprend).
Chauve-sourions un peu pour finir. Retour par L'Isle-Adam. Ceux qui aiment les samedis après-midi dans cette bonne ville doivent savoir que le 5 décembre 2009 à 16 h, ce sera (au musée Louis Senlecq) le vernissage de l'expo Voyous, voyants, voyeurs qui, comme son titre l'indique assez, navigue au radar autour de Clovis Trouille.
Pourquoi, je vous dis ça qui n'a rien à voir avec l'art brut? Mais c'est parce qu'un autre Clovis (Prévost de son état), photographe, auteur et cinéaste bien connu des Animuliens, est pour quelque chose là-dedans. Notamment dans le catalogue où il décortique les sources de Trouille : Giorgione, Titien, Zurbaran. Bon j'arrête parce que je vais finir par avoir l'air toute enculturée.
23:55 Publié dans Expos, Glanures, Miscellanées, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gérard sendrey, création franche, clovis trouille, clovis prévost
23.11.2009
Néo, Barbudo, Mono : un trio lithique
Résultats des courses. Le gagnant du quizz sculpturel c'est... Fred. Il a eu raison de parier sur le 5. La bonne réponse était : «datent du néolithique». Il coiffe d'une courte tête Freddy & Cathy qui ont aussi découvert la bonne solution mais avec un peu de retard (ils recevront un Kdo de consolation).
Les sculptures soumises à votre sagacité par votre petite âme errante proviennent de Lepenski Vir, village de Serbie situé au bord du beau Danube bleu dans le défilé du Djerdap, célèbre pour ses Portes-de-fer.
Elles sont plus toutes jeunes; ça leur fait même dans les 9000 piges car on pense qu'elles ont été réalisées vers les moins 7000 avant le p'tit Jésus de Nazareth.
La civilisation dont elles témoignent nous reste assez opaque. Tout ce que je sais c'est que les gars qui ont fait ça étaient des pêcheurs.
J'avoue que j'ai eu un choc en découvrant cette bobine ahurissante sur la couverture d'un vieux catalogue d'une expo portugaise qui a eu lieu en 1986 à l'initiative de la Fondation Gulbenkian et de l'ambassade de Yougoslavie. Merci à mon chéri qui a dégoté ce document au hasard d'une de ses journées de chine au salon du livre de Lille.
Personnellement cette grosse tête écailleuse m'a tout de suite fait penser aux Barbus Müller qui figurent, on le sait, parmi les premiers cas d'art brut enregistrés par Jean Dubuffet.
J'ai même cru l'espace d'un instant que j'avais mis la patte sur une source possible de ces derniers. Nous sommes en effet quelques un(e)s à penser que les fameux Barbus pourraient bien être en fait le résultat d'une mystérieuse activité syncrétique à laquelle Henri-Pierre Roché et Charles Ratton, les premiers collectionneurs de ces objets d'art énigmatiques, ne seraient pas étrangers.
Ne serait-ce, on peut le supposer, que parce qu'ils en auraient su plus que Dubuffet ne l'a dit (ou su) sur l'auteur des Barbus Müller. Malheureusement mon hypothèse ne tient pas. Le site de Lepenski Vir a été découvert et fouillé en 1965 tandis que la brochure de l'art brut révélant les Barbus Müller a été publié par Gallimard en 1947.
«Ma pauvre Ani, le voilà rabattu ton caquet!» je me suis dit.
C'est vrai que ça m'apprendra à jouer les petites têtes chercheuses. Heureusement, une image envoyée par courriel par un Animulien malin, est tombée à point pour me consoler.
Elle représente un monolithe sculpté Ekoi (du nom d'une ethnie du Cameroun). Je sais pas si j'hallucine mais je lui trouve aussi un certain air de famille avec mes barbus adorés. Et je ne peux pas m'empêcher de penser que Charles Ratton, grand connaisseur de l'art africain, a pu parfaitement fréquenter ce genre de choses.
A vérifier dans les nombreux catalogues des ventes publiques dont il fut l'expert.
Quant à toi, Fred le gagnant, n'oublie pas de m'envoyer par courriel l'adresse où tu veux recevoir le prix de ta victoire.
23:55 Publié dans De vous zamoi, Glanures, Jeux et ris, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lepenski vir, art néolithique, monolithes ekoi, barbus müller, serbie, danube
02.11.2009
Art topiaire du bord des routes au Japon
Puisque je suis dans les monstres, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer celui-là qui nous vient du Japon. Tant pis, s'il y a chez vous un petit chaperon rouge qui sommeille! Ce lupus impudicus est peut-être un cousin des Yokaï, ces fantômes dont je vous ai déjà touché deux mots le 7 janvier 2006 dans ma note Scalpa=Baneux. Plus vraisemblablement, on pourrait l'apparenter aux kami des routes, ces dieux phalliques des sentiers et des carrefours japonais.
Il est probable cependant qu'il sort tout armé (si je peux m'exprimer ainsi) de l'imagination de son jardinier-paysagiste, en compagnie de beaucoup d'autres de ses congénères du genre ours et oiseaux.
Ces chefs d'œuvre d'art topiaire ne figurent pas dans les guides. Ils ont été repérés par une Animulienne, en voyage organisé du côté du Mont Aso, «le plus vaste des volcans du Japon», selon Wiki, dans l'île de Kyüshü. 
Malheureusement le mini-car faisait seulement une pause pipi. Elle n'a eu que le temps de prendre quelques photos et comme ça arrive souvent dans ces cas là, elle a oublié de noter l'endroit exact.
Tout ce dont elle se souvient c'est que c'était sur la route entre Kumamoto et Fukuoka près d'un lieu de thermalisme. Elle n'a plus l'interprète sous la main pour nous préciser.

Moi, ça m'a frappée tout de suite cette scénographie de buis taillés (enfin d'arbustes du genre buis) qui joue avec les nuages ou avec la brume.
Le nombre de sujets, la disposition foisonnante m'ont fait penser à l'œuvre du vendéen Joseph Marmin que Gaston Chaissac avait indiquée au photographe Gilles Ehrmann qui l'a glissée dans Les Inspirés et leurs demeures, son fameux album de 1962.
Comme celles de Marmin, les créations du Japonais, dont je n'ai pas été fichu de trouver le nom, n'ont que peu de choses à voir avec les réalisations ordinaires de ce genre. Au Japon comme en France, une tradition d'art topiaire existe qui donne généralement le jour à des sculptures végétales beaucoup moins impressionnantes pour ne pas dire carrément gnan-gnan.
En gratouillant le net comme une malade, j'ai découvert d'autres images des statues vertes de cet inspiré du bord des routes japonaises et même peut-être sa bobine, ou celle de son fils qui continuerait l'activité paternelle.
A ce que j'ai compris, avec le peu d'anglais glané sur des sites de voyageurs et le peu de japonais que j'ai pu cahin caha traduire, les arbustes seraient taillés en dehors du site et replantés ensuite autour d'un cratère, non loin d'un élevage de daims.
S'il y un franco-japonais dans la salle qu'il n'hésite pas à nous en dire plus.
00:15 Publié dans Glanures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art topiaire, japon, mont aso, joseph marmin, gilles ehrmann
19.09.2009
Ricordo di Sciacca
Si vous voulez des nouvelles du Castello incantato de Filippo Bentivegna à Sciacca, chaussez vos escarpins italiens et allez faire un tour sur Amateur d'Art, le blogue de Lunettes Rouges.
Il vient de consacrer une rafale de notes à la Sicile de ses vacances et celle du 10 septembre 2009 qui s'intitule Le château enchanté de l'amoureux éconduit nous ramène sur cette extraordinaire colline de têtes sculptées.
Les choses ont un peu changé depuis mon passage en mai 2008. Il y avait de la rénovation dans l'air et maintenant c'est fait : «le tout est un peu propre» nous dit L.R. Il fallait s'y attendre. Cela m'a donné un coup de nostalgie derrière les nattes. J'ai eu envie soudain de voir l'horreur en terre cuite que j'avais achetée là-bas sur le terrain de Bentivegna.
Un petit souvenir kitsch que vendaient quelques euros les gens qui gardaient le lieu et qui n'avaient pas l'air de rouler sur l'or. Je ne l'avais pas déballé depuis de son morceau de journal. Une feuille d'annonces de La Sicilia pour être précise. Aujourd'hui c'est chose faite. La petite horreur est censée représenter un bloc de têtes de Filippo Bentivegna. Je sens que vais l'aimer beaucoup parce qu'elle symbolise une bonne journée d'art brut en compagnie de chouettes copines qui ne me traitent pas à tous bouts de champs.
15:13 Publié dans Blogosphère, Glanures, Jeux et ris, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philippo bentivegna, sciacca, kitsch, castello incantato, art brut, souvenir
02.09.2009
Cavalleria rusticana
C'est le cavalier brut de L'Isle-sur-la-Sorgue. Je l'avais un peu oublié mais ce soir il trotte dans ma tête. Faut dire que j'ai du mal à me refaire à l'autobus. Je pense encore aux vacances. A cette super brocante du 15 août dans la ville citée plus haut. Par un soleil digne d'un western. Le genre : «je mourrai de soif mais je ne cannerai pas !». J'étais cependant prête à filer me mettre à l'ombre quand soudain -clipi, clop, clipi, clop- il est apparu.
Mon petit Blau Reiter à moi. Enfin «blau», il serait plutôt rouge et vert avec un peu de blanc. Du moins pour ce qu'il en reste de couleurs. L'antiquaire qui avait ce bel objet en extérieur sur son stand a eu l'intelligence de ne pas lui nettoyer la patine. Ce qui accentue le côté brut de la chose.
Admirez la mousse verte sur le front du cheval, le travail des lichens sur le visage du jockey.
Il faisait trop chaud pour demander des explications et puis malheureusement j'ai pas la place pour une telle petite merveille dans mon 3 pièces-kitchenette.
Mais tout dans le style et la facture signe un travail artistique autodidacte et rustique. Mais où peut-il bien courir comme ça?
22:44 Publié dans Glanures, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art brut, art populaire, création autodidacte, l'isle-sur-la-sorgue, brocante
30.08.2009
C’était bien, chez Lolo !
Lolo Mauron de Saint-Rémy-de-Provence c'est un autre bon tuyau du guide Provence insolite et secrète.
Merci à toi Jean-Pierre, son auteur, d'avoir permis à Animula de mettre le cap sur son Mas de la Pyramide.
J'aime bien St-Rémy, surtout sa partie ancienne qui cache des coins ignorés de la déferlante touris-tique.

C'est une petite ville pleine de 2 CV bleues où l'on aperçoit, au détour des ruelles, des têtes connues.
Quand on s'approche on voit que la créativité affichiste autodidacte y bat son plein.
Je rate jamais d'aller faire un tour au musée des Alpilles (ethnologie et arts modestes) où cet été on chauve-souriait.
Y'a des ex-votos, des santons, de naïfs spectacles taurins.

Même une litho romantique montrant une vue des anciennes carrières, ce qui nous ramène chez Lolo puisque c'est là qu'est son domaine troglodyte.
L'endroit a à peine changé depuis parce que Joseph Mauron qui appartient à une vieille famille saint-rémoise, y veille depuis 150 ans au moins.
Sauf que dernièrement, il a planté, avec le concours de Maurice Chaine, un de ses amis du pays, une flopée d'oliviers que Van Gogh aurait adorés.
Quand vous irez visiter sa piaule au Vincent dans le monastère à vocation psy qui l'abrita, laissez devant vous Saint-Paul-de-Mausole. Engagez vous sur la droite par une petite route de + en + en pente. Avec un peu de chance vous tombez chez Lolo et ses 8 ou 9 chiens horriblement sympas.
Quel dommage, se dit-on, que monsieur Mauron ne soit pas un auteur d'art brut ! Le lieu se prête si bien à l'expansion infinie de l'esprit. C'est pourtant un artiste sans le savoir. Un esthète de l'accumulation. Joseph Mauron est un collectionneur et un sauveteur d'objets mécaniques et agricoles dont, pour l'essentiel, il néglige d'indiquer au visiteur à quoi ils pouvaient servir. Comme il néglige de vous indiquer ce qu'il a mis dans la succulente omelette noire qu'il vous invite à partager avec lui sur le coup de midi après le pastis, dans son abri sous roche anti-canicule.
Lolo possède le plus beau musée du monde dans les grottes où il prétend que les Romains logeaient leurs esclaves.
Dans cet endroit magique, il sait jouer de l'ombre et de la lumière filtrante pour métamorphoser en sculptures des trieurs à grains, des herses, des pressoirs, des charrettes, des batteuses etc. Il a eu l'intelligence de les laisser dans leur jus. Un peu cassées, un peu rouillées, dépourvues de valeur. Telles que trouvées.
De temps en temps, son copain Maurice qui sait tout faire (il a même, dans sa jeunesse, été la doublure équestre de notre Halliday national pour le film «camarguais» D'où viens-tu Johnny ?) remet en état une vieille Traction avant. Puis il nous raconte des chasses de 34 bécasses et nous montre sa photo avec Sylvie Vartan.
Lolo Mauron, quant à lui, a déjà ajouté son propre portrait dans la galerie d'ancêtres qu'il fait figurer dans son mas près de jolis petits objets paysans.
Comme il n'est plus un gamin, il a décidé que son domaine reviendra plus tard à la municipalité de St-Rémy qui lui témoigne respect. On n'est pas pressé! Mais j'espère que le jour venu, les édiles locaux sauront préserver intact l'esprit du lieu et de l'homme et que les éventuelles rationalisations nécessaires n'altéreront pas le savoureux et inimitable capharnaüm de la collection.
20:32 Publié dans De vous zamoi, Glanures, Jadis et naguère, Poésie naturelle, Sites et jardins, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lolo mauron, maurice chaine, johnny halliday, st rémy de provence, mas de la pyramide, sylvie vartan, alpilles, vieux outils, ethnologie et arts modestes, site troglodytique
22.08.2009
Au musée des vallées cévenoles
Musée des Vallées Cévenoles. J'vous l'avais promis. Il m'a fallu 2 ans pour y aller. Saint-Jean-du-Gard c'est pas à côté! Grosso modo, j'en suis contente de cette ville.
Il a eu raison d'y faire étape, Stevenson. Cannes ferrées dans les bazars. La rando bat son plein dans le coinstaud. Moi c'est pas à dos de Modestine, comme l'auteur du Voyage avec un âne dans les Cévennes, que j'y suis arrivée. J'ai préféré ma Peugeot climatisée.
Le MVC crèche dans une rue étroite. Parking pas loin près des Infos touristiques.
Rafler le dépliant avec chaussure à clous pour dépiquer les bogues (pas les informatiques, ceux des châtaignes). Bel emblème.
On aurait pu utiliser aussi l'enseigne du sabotier d'Alès où tenait facile un bébé.
Le MVC nous fait la totale à propos des 2 activités cévenoliques incontournables avant l'invention de la purée en flocons, de l'électricité et des tissus synthétiques : le châtaignier et le ver à soie.
C'est fou ce qu'on pouvait tirer de ça dans les temps! Fou le mal qu'on se donnait pour rien laisser perdre. Une poignée d'herbe servait de bouchon pour son étui à pierre à faux (anti-mauvais œil je suppose).
On pouvait se planquer dans un tronc évidé pour échapper aux flics du roi-soleil après la Révocation de l'Edit de Nantes. Le convertir en meuble (Homme-debout), une fois la Révolution et la liberté (de conscience) venues.
Les menuisiers fabriquaient leurs décors de placards, bien plus choucards que les scènes bibliques en bas-relief réalisées par les spécialistes de la sculpture locale chassés par les persécutions religieuses.
C'étaient des époques pas trop cool où une dent de cheval vous faisait un battant de sonnaille. Question sens artistique pur jus, les grands champions c'étaient les bergers qui rêvaient la nuit dans des cabanes portatives grandes comme des cercueils.
Et que je te déniche des pierres à tonnerre.
Et que je te taille des truites-poignées de porte et des cannes-serpents avec mon Laguiole.
Le grand mérite du Musée des Vallées Cévenoles, c'est de nous faire sentir l'âpreté et les grandeurs d'une societé rurale que l'on tournait en dérision avant de l'envoyer se faire ratatiner dans les tranchées de 14-18.
Dans sa préface à la brochure que vend une jeune personne de l'espèce souriante à l'accueil, Daniel Travier, le fondateur du musée déploie le parapluie de Geoges Henri Rivière. C'est dire si l'accent est mis sur les techniques, sur les outils. Le riche matériel didactique aurait besoin d'être rajeuni et allégé mais on prend son pied aux vidéos en occitan mâtinées français-standard.
Plaque muletière en laiton
L'art populaire n'est pas assez visible. Il est vrai que la sensibilité historico-régionale poussait à une certaine austérité.
Pourtant on savait rire autrefois et sur les toits les potiers se lâchaient. «Merde pour Morice», «Va te faire foutre» lit-on sur les tuiles faîtières. Ou : «Permissin au cervante de coucher librement ave lou mestre».
Rigolo, non ? Pas tant que cet Henri IV brut dessiné avec la liberté de l'impunité.
19:30 Publié dans Expos, Glanures | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.08.2009
Chicago's lakefront art en sursis
Et maintenant Chicago et les bords du lac Michigan, graffités, sculpturés, peinturés. Pour combien de temps ?
Les blocs de calcaire géants qui, depuis leur installation entre 1910 et 1931, servent de supports à l'expression des pic-niqueurs de l'endroit, sont progressivement remplacés par du béton moins propice à ce genre de libres activités.
Près d'un siècle de créations populaires très diverses, allant du grattage occasionnel au travail de longue haleine, qui vont disparaître!
Un témoignage irremplaçable sur la vie et les rêves des Américains du XXe siècle, un patrimoine trop lourd à préserver (money!).
Un photographe, Aron Packer heureusement passait par là.
Salut les Chicagoans !
19:15 Publié dans Glanures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oeuvres anonymes, art populaire, chicago, lac michigan, graffiti, doomed
03.08.2009
Dieppe au tapis
Dieppe au tapis, l'art brut sur la plage, vous avouerez que c'est mieux que la station Montparnasse. 
Mon chéri que j'ai qui aimait déjà les étrangères quand il était un petit enfant a dégoté en surfant sur la vague net ce blog et la note intitulée Art brut à Dieppe.
Forcément ça a fait tilt dans son petit cerveau de bureaucrate rêvant à ses vacances en slip panthère.
Imaginez en une de plage, toute couverte de tapis faits main comme autant d'invitations aux splash, splash. Il suffirait qu'une armée de Pénélope s'y mette.
Celle que l'Etrangère dieppoise nous signale a pour nom Nicole Bayle. Je crois pas que ce qu'elle fait relève vraiment de l'art brut. C'est plutôt une artiste récupéreuse, masquière et mail-arteuse si j'en crois les infos pêchées ici et là.
Mais sa petite entreprise tapissière n'est pas sans intérêt. Elle mérite certainement qu'on s'interroge. Vous aurez pt'être un avis, hésitez pas à faire profiter de votre grain de sel les Animuliens engourdis dans le farniente.
A noter que cette opiniâtre tricoteuse n'expose son work in progress que deux heures par an le 13 juillet, les années où il ne pleut pas. Un parti pris assez rare pour mériter d'être signalé.
11:04 Publié dans Gazettes, Glanures, Sites et jardins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dieppe, nicole bayle, plage
07.06.2009
Unica Zürn au Marché de la Poésie
Mon marché, la poésie, Unica Zürn et Soho. Voilà c'qui y a dans mon caddy aujourd'hui.
Marre des surgelés ! Je me plonge dans la cuisine jusqu'au cou. Mon caddy et mon daddy sur les talons, je suis allée au marché. J'en ai rapporté du basilic altier de mille feux brillants, des haricots verts, des pommes Tentation, 2 kgs de Beurré Hardy et des pêches jaunes. Et maintenant je touille ma compote, en surveillant du coin de l'œil mon chéri qui en profite lâchement pour piocher dans mon lapin à la moutarde en train de cuire.
De marché en marché, je songe à celui de la Poésie dont la 27e édition va se tenir place Saint-Sulpice à Paris du jeudi 18 au dimanche 21 juin. J'ai lu quelque part qu'Ypsilon, un éditeur dont je vous ai déjà parlé le 16 février 2009 déballera son attrayant petit stock sur le stand G3 de ce susdit marché.
L'occasion pour moi de me goinfrer avec une correspondance inédite qui donne un coup de projo sur la relation Unica Zürn-Henri Michaux. Comme je suis pas très intelligente et que mon esprit tortueux ne fait que progresser de proche en proche, faut pas que j'oublie de vous dire que ce bouquin intitulé Pour Unica Zürn (Lettres de Hans Bellmer à Henri Michaux et autres documents) me fait penser à une exposition qui a lieu en ce moment à New York.
C'est au Drawing Center qu'elle se tient. Unica Zürn : Dark Spring, c'est son nom. On peut y voir jusqu'au 23 juillet 2009 une cinquantaine d'encres et d'aquarelles sur papier de la période 1950/1970.
© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin
Mercredi 10 juin 2009 une Table ronde (Panel discussion) organisée par Ad Hoc Vox réunira divers orateurs pour examiner la question de ce qui se passe quand l'histoire personnelle d'un artiste devient une partie de son œuvre.
© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin
La présentation de Through biography -c'est l'intitulé de la Table ronde- sur le site du Drawing Center précise : «The exhibition Unica Zürn : Dark Spring will serve as stage to a discussion of the various ways an artist'life is presented alongside their work and how that contexte can influence our relationship to their art».
C'est clair, non ?
Pour les durs de la feuille (de chou) qui n'auraient pas compris, que ce soit dans la Grosse Pomme ou à Panameu, vous y couperez pas à l'Unica. Et c'est très bien.
17:41 Publié dans Expos, Glanures, Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : unica zürn, hans bellmer, henri michaux, marché de la poésie, ypsilon, drawing center, tatouages

















































































