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29.11.2005

Asylum

C’est + fort que moi, il faut toujours que je fasse 2 choses à la fois. Hier soir, par exemple, pendant que je m’occupais du cas de ces chers animuliens qui me font le plaisir de se connecter sur mes élucubrations et de les commenter, je regardais d’une oreille distraite (c’est la meilleure méthode avec la télé) un vieux film fantastique anglais qui passait sur TPS Ciné-Culte. Asylum que ça s’appelle. Vous voyez tout de suite le genre. J’étais trop petite pour le voir quand il est sorti en 1972. C’est un film à sketches réalisé par Roy Ward Baker avec Charlotte Rampling qui joue les jeunes femmes criminelles souffrant de dédoublement vache de la personnalité. J’avais déjà subi d’un coin d’œil indifférent les attentats perpétrés par un cadavre en morceaux sur une brunette innocente et glapissante et je m’apprêtais à signaler à l’Infatigable que la vitrine de cordel de Natura Brasil c’était du boni par rapport à l’expo signalée à la Cité U quand mon attention a été soudain attirée par ce qui se passait dans l’asile. Inutile de vous dire qu’en ces lieux les fantasmes se confondent avec la réalité et que tous les psychiatres sont givrés comme des mikos. Le Dr Byron, interprété par Herbert Lom, ce comédien qui campe le désopilant partenaire du non moins drôle Peter Sellers dans les aventures de la Panthère rose, n’échappe pas à la règle. Non content cependant de grincer des dents et de s’exorbiter les mirettes, le Dr Byron -vous allez voir que je reviens à nos moutons bruts- fabrique des poupées-robots qu’il range dans une armoire de sa cellule. Par la force de sa concentration, son esprit parvient à intégrer le corps de ses créatures qui en profitent pour passer à l’acte. L’une d’elles, à son effigie, finira écrasée à coups de talons, non sans avoir réussi au préalable à supprimer l’un des ex-confrères du Dr Byron.

22:35 Publié dans Ecrans | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | Pin it! |

Re-Voynich

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Chers commenteurs et commenteuses,
le Code Voynich vous incite à l’exigence à l’égard de votre petite âme errante, on dirait ! Tant mieux. Je conseille à Anya de se rendre sur le site de la Beinecke Rare Book Library (digital images on line). Au réactif J.S., ce petit mot pour lui dire que je suis d’accord avec lui sur La Règle de 4. Bravo à lui de porter un jugement littéraire à ce propos. Dire qu’on aime pas (ou qu’on aime) un livre, ça veut pas dire qu’on méprise ses lecteurs. Au contraire, c’est une invitation à remuer ensemble nos petites cellules grises dans nos petits cerveaux (lents, en ce qui me concerne).
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Je me méfie des lectures dirigées, des audio-guides, des mêmes produits que tout le monde consomme au même moment parce que le marché en a décidé ainsi. Pour y parvenir, celui-ci voudrait nous convaincre que le moindre avis de notre part est aussi choquant que de roter à table. Ravage de la "political correctness" ! «Sans liberté de penser, il n’est pas d’éloge flatteur» dit très bien la manchette du Figaro. Cette liberté là est trop importante pour être laissée aux spécialistes. Voilà pourquoi, cher ou chère Lyso, Animula est ravie d’avoir coiffé au poteau le Père Ruquier, ravie surtout de votre conclusion qu’elle fait sienne : «à méditer…».


09:05 Publié dans De vous zamoi, Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | Pin it! |

27.11.2005

Chère Huître sauvage

Vous devez penser que je vous laisse tomber. Plusieurs jours depuis votre amical commentaire à mes Causettes au coin de l’art brut et toujours pas de réponse de ma part.
C’est que, écervelée comme elle est, votre petite âme errante a été submergée de scrupules à la suite de votre demande de «conseils». Des conseils, moi ! et à un étudiant en plus ! Il y a de quoi être intimidée, non ?
Prenant mon courage à deux mains (je viens de me vernir les ongles), j’étais bien décidée à vous faire un cours lorsque j’ai dû changer l’ampoule de ma lampe de bureau. Adroite comme je suis, j’ai obtenu un joli court-circuit. Je me suis retrouvée dans le noir, moi qui prétendais vous apporter la lumière.
Comme je suis superstitieuse, j’ai vu là un signe du destin. Et maintenant, devant mon écran rallumé, je n’ose que vous dire, avec André Breton, «Lâchez-tout !». Partez sur les routes. Mettez les cahiers au feu et le maître au milieu. Plongez à la recherche des perles. Vivez l’art brut en live.

20:10 Publié dans De vous zamoi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | Pin it! |

L'homme qui racontait des histoires

medium_cordel_couleurs.2.gifVous allez dire que votre petite âme errante radote.
Je sais parfaitement que je vous ai déjà parlé de la littérature de cordel mais je ne peux pas passer sous silence la vitrine du carrefour de la Croix-Rouge.
Pour les Parisiens, ce sera une découverte. Quant à ceux qui auraient déjà vu l’expo de Marseille, ça fera une piqûre de rappel. Quand vous venez de la rue du Dragon pour vous engager dans la rue du Cherche-Midi où vous avez répéré cette paire de bottines rouges qui vous rappelle si fort Aloïse, c’est tout de suite sur votre droite. En face du très couillu (pardon viril) centaure de César. Une vitrine pleine de gravures sur bois. La Maison de Natura Brasil, dans le cadre de l’année du Brésil en France, a fait, parmi ses produits cosmétiques, un peu de place à ces images populaires du nordeste. Au premier étage sont exposés estampes (hélas souvent coloriées aujourd’hui) et bois originaux ayant servi à la réalisation des livrets de colportage. Certains de ces livrets, restés dans leur jus, sont en vente ainsi qu’un ouvrage documentaire de Pascal Baneux sur les gravures du sertao brésilien : L’Homme qui racontait des histoires (Editions Alternatives).
On est bien reçu, on vous fait de jolis paquets jaunes et on a offert à votre Animula un petit savon en forme de tomate. Cela mérite bien qu’elle cite quelques vers d’Antonio Klévisson Viana, poète populaire, qui célèbre la malle du colporteur, dans une brochure de cordel, bien sûr

Na mala do folheteiro
Tem romance de bravura,
Onde o vaqueiro valente
estampa sua figura…
No seu cavalo alazoa,
Rouba a filha do patrao
Sem temer a pistoleiro
Em defesa da amada,
Tem sua estoria rimada
Na mala do folheteiro

Dans la malle du colporteur,
il y a des récits de preux
où le vacher courageux
montre toute sa valeur,
chevauche son alezan,
ravit la fille du patron
et sans craindre les bandits
sauve l’élue de son cœur etc.

01:55 Publié dans Poésie naturelle | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Cordel | |  Imprimer | | Pin it! |

26.11.2005

La vie est de toutes les couleurs

Pour ma copine Violette, qui vient de se casser la cheville et qui se morfond sur son fauteuil roulant de douleur, cette petite fleur de poésie naturelle tombée en 1933 d’un petit recueil de «faits divers» imprimé sur du papier bleu par le typographe Guy Lévis Mano et intitulé La Vie est de toutes les couleurs.

A F F I C H E
É L E C T O R A L E

:
CANDIDATURE DE L’INFOR-
TUNÉ P…S… DÉMOCRATE
INDÉPENDANT, PROMOTEUR
DU REGNE PUBLIC
PROGRES DE GOUVERNE-
MENT PROGRESSIF JUSQU'
AU POINT DE RENDRE LES
ÉLECTEURS POSSESSEURS
DU MANDAT IMPÉRATIF.
CE QUI FERA
QUE LE PEUPLE SERA
SOUVERAIN
ET DONT LES INFORTUNÉS
Y TROUVERONT UN
MEILLEUR BIEN-ETRE

23:55 Publié dans Poésie naturelle | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer | | Pin it! |

24.11.2005

Pic Nic Oniric

Je suis énervée comme une puce. D’abord parce que j’ai eu des tas de réactions à ma dernière amie des bêtes (merci à J.P., à « Finesse », à l’Infatigable pour la qualité de leurs franches opinions) et puis parce que c’est toujours comme ça quand je fais une découverte. Cette nuit, c’était un drôle d’insecte du genre bzz, bzz, scritch, scratch, un objet complètement déjanté avec une carapace en os de pot de feu (je viens d’en faire à dîner) et des ailes vertes en assiettes de pic-nic brûlées. C’est bô, astucieux, pas mal sauvage et rafistolé au sparadrap (de lit). Je connais pas le nom du gus qui fait ça mais je sais qu’il vit dans le village de Saint-Quelquechose, dans un coin reculé d’une région dont je n’ai pas compris le nom.
Vous allez me dire que c’est un peu léger mais mon informateur sur la question était plutôt brumeux. Il a fini d’ailleurs par s’évanouir petit à petit à mesure que la sonnerie de mon réveil me jouait « rock around the clock ». Je n’ai pas d’image à vous montrer, vu que c’était en rêve. Mais si quelqu’un en a une à me proposer, je suis preneuse.

23:55 Publié dans Oniric Rubric | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer | | Pin it! |

22.11.2005

Valeurs privées…de complexes

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N O S iiA M I E S iiL E S iiB Ê T E S
 
ddd
 
Saluons aujourd’hui le bel effort d’une «entreprise de communication» modestement baptisée «Valeurs Privées» qui s’est donnée la noble mission de mettre «l’art au service de votre entreprise». Voilà ce que ça donne, texto (j’invente rien) :
«Envie de saveurs, le fonds d’investissement des associés de Val Priv» (j’abrège un peu), «sont très heureux de vous inviter à l’exposition-vente d’art brut Vincent Maintenant, autour de grands noms tels que Dubuffet, Chaissac, Arman ou Combas
Arman brut ! Il fallait le faire, V.P. l’a fait.

23:45 Publié dans Encans, Nos amies les bêtes | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer | | Pin it! |

21.11.2005

Harald Szeemann et la collection Prinzhorn

Comme 800.000 foyers français, votre petite âme errante vient de recevoir une lettre des impôts parce qu’elle s’est soi-disant gourée dans sa déclaration. Alors je vous préviens que je suis de mauvais poil. Moi qui rêvais de me faire un p’tit ouikène en amoureux avec mon chéri pour aller à la Collection Prinzhorn de Heidelberg voir l’expo Harald Szeemann erfindet die Sammlung Prinzhorn et bien ce sera tintin.
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Mais comme je suis bonne fille, au cas où vous seriez passés entre les mailles du filet vorace de votre percepteur vénéré, je vous signale, «joyeux contribuables» (pour causer comme Andy Cap) que vous avez jusqu’au premier tiers, c’est à dire jusqu’au 19 mars 2006, pour profiter de l’occasion et vous goinfrer avec cette exposition-revival. Elle ressuscite en effet une autre expo qui s’est tenu à Berne en 1963.
Si j’ai bien compris (j’ai eu un peu la flemme de lire le carton-annonce en allemand, long comme une page culturelle du Monde ancienne formule), Harald Szeemann, qui vient de disparaître, était en 1963 le jeune directeur de la Kunsthalle de Berne quand il avait choisi de donner un coup de projo sur 250 œuvres de la Collection Prinzhorn.
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Elle était un peu oubliée alors, la pauvrette, si l’on excepte les visites de m’sieur Dubuffet. Et puis, comme vous êtes sympas et qu’il y a peut-être des germanophiles et des anglosaxonophiles parmi vous, chers animuliens (et iennes), je vous cueille au passage dans le copieux communiqué de la Sammlung Prinzhorn deux échantillons in english et in hoch Deutsch :
Since 1963 the beauty «beyond reason» of this asylum art has –several times- been newly invented, parallel to the new artistic strategies between abstract expressionism, new figuration, fluxus, poesie concrete, pop art, and concept art.

 

2001 thematisierte das Heidelberger Museum mit seiner Eröffnungsaustellung «Vision und Revision einer Entdeckung» die Differenz zwischen Prinzhorn und heutigen Sehweisen. Das aktuelle Projekt erkundet eine wichtige Schnittstelle aud der historischen Strecke dazwischen.



23:20 Publié dans Ailleurs, Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : collection prinzhorn | |  Imprimer | | Pin it! |

19.11.2005

Causettes au coin de l'art brut

Avis aux amateurs de parlotes.
Mon chéri a beau s’impatienter : «toi, avec ton blogue !», il faut quand même que je vous dise, c’est fou ce qu’on parle autour de l’art brut, ces temps-ci. Rien que dans le mois qui vient, on va dépenser des litres de salive dans des rencontres, colloques, journées d’étude et autres symposium.
Aujourd’hui en Belgique, au Museum du Dr Guislain de Gand : Outsiders and art : fascination and inspiration (je l’écris en anglais pour fâcher ni nos amis Wallons, ni nos amis Flamands).
Samedi 26 et dimanche 27 novembre à la Maison des cultures du monde à Paris : colloque Re-garder la folie. Il y aura du beau monde : Jean-Pierre Klein, Sapho, Martine Lusardy, Béatrice Steiner (que fait cette lacanienne dans une manif organisée par des jungiens ?), Barbara Safarova, Michel Cazenave. Et des spécialistes comme Laurent Danchin, agrégé de lettres qui tirera «les leçons de l’art brut». Les mânes de Dubuffet, Breton, Artaud, Nietzsche et Michaux seront convoquées ainsi que celles d’Unica Zürn.

Le plus intéressant, c’est pour le samedi 10 décembre au musée de Villeneuve d’Asq. On planchera de 9h30 jusqu'à 18h s’il vous plaît, sur Les architectures singulières (habiter poétiquement) avec l’aide d’intervenants divers dont Pierre Dhainaut, Savine Faupin, Clovis Prévost -qui sait de quoi il parle-, Joëlle Pijaudier-Cabot et Jacques Philippon sous réserve.
Bon, maintenant je vous laisse parce que l’homme de ma vie est au bord de la crise de nerfs et que je dois encore me mettre du gras de baleine sur les lèvres avant de sortir.

14:35 Publié dans Parlotes | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer | | Pin it! |

Burnat-Provins, La revenante

La Suisse est pleine de villages assoupis où flotte une odeur de foin sec et où de vieux hommes sages boivent sans se presser un verre de vin blanc frais à l’auberge.

A Gingins, l’un de ces villages, je me souviens d’avoir vu, il y a 2 ans, une belle expo sur Marguerite Burnat-Provins : De l’Art nouveau à l’art hallucinatoire. Burnat-Provins, c’est cette artiste dont Dubuffet a failli mettre les dessins dans sa collec d’art brut avant de s’apercevoir que leur auteur était une pro de l’art, appartenant au cercle des peintres valaisans. Deux coups de tonnerre dans sa vie.
L’un à 34 ans, en 1906, quand elle tombe raide amoureuse d’un jeune homme, sans souci de sa réputation, ni de son mari, un notable de Vevey. L’autre le 2 août 1914, dans l’Ariège, où au premier coup de tocsin de la mobilisation débutent ses hallucinations.

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De ses visions fantastiques, qu’elle transpose rapidement à l’aquarelle, naîtra un cycle de portraits plutôt zarbis qui fichent la trouille mais qui sont plutôt beaux.

Marguerite Burnat-Provins nous revient aujourd’hui grâce aux Editions Zoé à Carrouge-Genève. Ces Zoé-là ont la bonne idée de publier un joli bouquin réunissant une nouvelle et un récit de voyage de M.B.-P. qui était aussi écrivain. C’est mince, élégant, pas cher, bien imprimé sous couverture avec autoportrait de la Marguerite. Dans le format des Editions Mille et une nuits mais sur meilleur papier. Le volume s’intitule : Une nuit chez les Aïssaouas, mais je vous recommande surtout la nouvelle La Revenante. Catherine Dubuis, dans sa postface, souligne le charme de l’écriture décadente. On y sent affleurer, derrière les éléments autobiographiques, une étrangeté qui prouve combien les deux facettes de la personnalité artistique de M. B.-P. communiquent. Démenti à ceux qui pensent qu’il est facile de trier dans son œuvre ce qui appartient à la culture de l’Art nouveau et ce qui tend irrésistiblement vers l’art brut.


14:10 Publié dans Lectures, VU SUR ANIMULA | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marguerite burnat-provins, art brut | |  Imprimer | | Pin it! |