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26.07.2009

Ciel! mon Macréau!

CIEL mon Macréau.jpg

Un Macréau d'été ça vous dit?


couv fallet.jpgSi vous venez comme mon daddy de vous retaper la lecture de Paris au mois août de René Fallet.

café du chat noir.jpgSi les gosses sont en colo et votre chéri en séminaire à La Rochelle.

 

Si vous vous sentez l'envie d'un cornet de glace à Montmartre.

glace.jpg

affiche michel-macreau-halle-saint-pierre.jpgAlors c'est l'occasion d'un crochet par la Halle Saint-Pierre qui expose toujours le peintre Michel Macréau jusqu'au 28 août 2009.
Et si vous êtes un touriste déjà blasé de la vie cul-tu-relle du 75-3 ou 4, si vous en avez soupé de Pompidou et que le Musée Picasso vous gave. Si les galeries de la Vieille-du-Temple, des Francs-Bourgeois et de la rue du Perche sont fermées pour les congelés annuels. Si, si, si... et bien c'est pareil.panneaux.jpg
Mettez le cap sur Anvers (la station de métro), enfilez la rue de Steinkerque, tournez à droite vers la Sainte-Halle, montez l'escalier hélicoïdale et vouzyêtes.

Rien d'autre à faire après ça que de vous en mettre plein «les carreaux» si je m'exprimais comme Fallet. L'expo a suscité des commentaires. Vous pourrez les lire sur le mur de la presse affiché dans l'entrée du musée. Je vous dirai pas si elle est trop ceci ou trop cela. Je m'en «foute» pour parler comme Patricia, l'héroïne anglaise du roman cité + haut.

Simplement, c'est une expo d'envergure sur un artiste important dont le travail est en résonance et en fraternité avec l'art brut. C'est assez rare non? Et vous seriez bons à rayer de la map si, si, si, passant par cheux nous, vous loupiez l'occase.

M Macréau, La faune humaine, 1961, huile et technique mixte, coll part.jpg

La faune humaine, 1961

M Macréau, En se penchant sur la margelle, 1962, huile sur toile,100 x 72 cm coll part.jpg

En se penchant sur la margelle, 1962

M Macréau, sans titre, 1967, huile sur toile, coll part.jpg

sans titre, 1967

M Macréau, La danse des douze têtes, 1985, huile sur panneau, coll part.jpg

La danse des 12 têtes, 1985

M Macreau, Le cimetière abandonné, 1988, acrylique sur panneau, coll part.jpg

Le cimetière abandonné, 1988

Michel Macréau, La blessure de l'ange, 1989, acrylique sur carton marouflé (207 x 128 cm) .jpg

La blessure de l'ange, 1989

Toutes les photos sont extraites du dossier de presse

Si vous y tenez, vous pourrez prolonger la visite par un souvenir : la lecture assez fastoche (la langue est claire et même aimablement familière) du bouquin qui accompagne l'exposition Michel Macréau. Je suis pas folle de son sous-titre : Entre diable et Dieu. Je vois pas trop ce que les bondieuseries viennent faire là-dedans même si Macréau, c'est vrai, se sert (mais dans un sens absolument pas cul-béni) de figures christiques.

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Quant aux diableries, franchement, on nage pas en plein gothique chez Macréau! L'auteur de cette monographie a tendance à faire à Macréau ce que Paul Claudel a fait à Arthur Rimbaud. Edulcorant le potentiel de révolte, sous-estimant le dialogue du corps et du psychisme, négligeant les signes chamaniques au profit de la sacro-sainte croix dont Macréau se servait plutôt pour des motifs purement formels, il parsème son texte de «graal», de «genèse», de «blasphème», de «religion», d'«autel», de «grâce» et autre «spiritualité».

couv diable et dieu verso.jpg

Un vrai bazar mystique qui nous mène tout droit à une conclusion hagiographique après laquelle on n'a plus qu'à dire amen. Il attribue l'apaisement relatif que, selon lui, Michel Macréau aurait trouvé à la fin de sa trop courte vie (il est mort à 60 ans conscient d'être condamné par la maladie) à «la reconnaissance» qu'il sentait «sincère chez son dernier marchand».
Hypothèse qui mérite sans doute d'être envisagée mais gageons qu'elle aurait plus de validité si ledit dernier marchand n'était aussi -comme ça se trouve!- l'éditeur dudit livre.

17:53 Publié dans Expos, In memoriam, Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : michel macréau | |  Imprimer | | Pin it! |

18.07.2009

Dereux et Dubuffet font les Beaux-Arts

images-beaujolais-1.jpgDereux + Dubuffet = Lyon. Même si vous êtes nuls en calcul c’est une addition facile à faire, mes p’tits Gnafrons. Et si vous vous sentez une petite faim pour le jésus, la rosette, le tablier de sapeur et la cervelle de canut, si vous vous sentez prêts à vous envoyer derrière le tchador un vieux pot de Beaujolais, c’est le moment de descendre ou de monter dans cette bonne cité de Lugdunum.
Lyon nous offre cet été deux bonnes occasions d’aller bouchonner dans ses murs. First of all parce que le Musée des Beaux-Arts (rien que ça !) a le bon goût de se souvenir que Philippe Dereux est un régional de l’étape. Il lui offre, jusqu’au 21 septembre 2009, une expo en compagnie de son ami et mentor Dubuffet Jean pour ne pas le nommer.

dereux le guillou.jpg

Philippe Dereux, c’est le type aux épluchures, cet artiste sincère et discret sur lequel Tom Le Guillou avait porté le projecteur de la Galerie Messine à la fin de sa vie.
Dereux : on n’imagine pas plus belle figure de «l’homme du commun à l’ouvrage» ! Avec son sourire timide et son look de gentil cousin de province, on croyait pas, dans les vernissages, que c’était lui l’auteur de ces théâtres de graines, d’écailles et d’épluchures délicatement assemblés par collage.

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© Photo Jac Perrichon

Quand on lui rendait visite, chez lui, à Villeurbanne c’était pareil. Dans un décor de peaux de pêches achevant de sécher sur un radiateur, il se tenait bien sage dans un chandail couleur de terre, tout à fait dans la gamme chromatique de ces «tableaux» fruiteux-légumineux qu’il réussissait à préserver de la corruption et des injures du temps par toute une petite chimie de techniques patiemment mises au point depuis la fin des années 50 où il avait commencé à œuvrer pour lui même.

Dereux invit recto.jpg
dereux invit verso.jpg

Et non plus comme assistant de Dubuffet qui, à Vence, s’était gagné le concours de cet instituteur en vacances, un peu empêtré dans son désir intimidant d’écriture. Ayant renoncé au statut d’homme de lettres, Philippe Dereux devait renouer d’ailleurs avec sa passion littéraire à l’occasion de sa nouvelle activité plastico-éplucheuse où il s’était engagé en toute ingénuité, «tout à fait par hasard, sans but préconçu, pour voir, comme disent les enfants (…)».

les travaux d'epluchures 1965.jpg


J’abrège pour vous dire que, si vous vous grouillez un brin, vous pourrez aussi, jusqu’au 28 août, courir à la Bibliothèque Municipale de La Part Dieu où ce que vous verrez l’expo Archives de l’infamie montée autour de La vie des hommes infâmes, un texte anti-plutarquien de Michel Foucault.

tapuscrit Foucault.jpg

via Michel Foucault Archives

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archives infamie 2.jpg

Elle nous promet des photos d’asile, des images de sans-papiers, des empreintes de mains du début de la criminologie, des cahiers de détenus et des dessins ou tatouages de bagnards.

presentation expo infamie.jpg


Moi, je crains de pas pouvoir mais si vous passez par là, n’hésitez pas à lâcher vos commentaires.

23:55 Publié dans Ecrits, Expos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, philippe dereux, jean dubuffet, michel foucault, archives de l'infamie | |  Imprimer | | Pin it! |

14.07.2009

Marguerite Burnat-Provins au festival de Montreux

Burnat-Provins jazzyfiée! Je vous ai déjà effeuillé (le 19 novembre 2005 pour être précise) cette vénérable Marguerite. Un peu d'assoupissement lui va pas mal au teint mais il est bon de temps à autre que l'on réveille cette Belle au bois dormant. Cet été, c'est le Festival de Montreux qui s'y est collé avec une création musicale au Petit Palais le samedi 11 juillet 2009. Dominique Reymond a lu des textes du Livre pour toi, le chant d'amour fou de M. B.-P. sur des musiques du percussionniste Jean Rochat.
barbouzettes.jpgLe quatuor à cordes Barbouze de chez Fior (l'after-shave du tonton à Zazie!) les accompagnait. La fiche-artiste de ces Barbouzettes conviait les auditeurs «à la rencontre entre des mots bruts et essentiels» et un «univers de cordes et de percussions». Ouais.

Sauf que, manque de bol, pour remarquable qu'il soit, le poème en prose intitulé Le Livre pour toi n'a rien de précisément brut. Il valut certes à son auteur la réprobation suisse générale parce qu'il exposait le désir féminin sur la place publique, en des termes qui nous paraissent bien sages aujourd'hui que nous sommes gavés de Vie sexuelle de Catherine Machin.

Mais, il n'est rien dans sa syntaxe, dans son vocabulaire ou dans sa logique qui puisse se comparer avec ce que Michel Thévoz appelle un «écrit brut». Simplement une femme libre a un trébomec dans la peau et elle nous le fait savoir avec une pudeur poétique plus excitante pour le «qu'en-dira-t-on?» que la plus provocatrice obscénité.

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culture saviese.jpgCette création musicale sera reprise le 26 et 27 août 2009 à Savièse, qui en 1907 trouvait Burnat-Provins plutôt encombrante. Une expo à la Maison de la Culture de cette ville retracera, du 20 août au 27 septembre 2009 les différentes périodes de sa peinture.

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L'autre Marguerite Burnat-Provins (car cette artiste exceptionnelle possède deux facettes à son talent), la créatrice d'une galerie de portraits sublimes et inquiétants tout droits sortis d'un monde hallucinatoire, fera parallèlement un petit tour sur la scène de la Collection de l'Art brut à Lausanne du 3 juillet au 21 septembre 2009.

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Le flyer distribué à l'occasion de ces diverses manifestations choisit évidemment son camp sur le plan iconographique. Le camp de l'art brut dont Marguerite Burnat-Provins, du fait des hésitations de Jean Dubuffet à son propos, reste cependant un électron périphérique. Il faut dire qu'il est rare de voir passer aussi nettement à l'intérieur d'un même artiste la ligne de clivage entre l'art culturel et l'art brut. C'est en quoi le cas Burnat-Provins est si intéressant.

04.07.2009

HYPNOS : ne vous endormez pas!

vieux grec.jpgHypnos, hypnos! (ύπνος, ύπνος). C'est un peu comme : θαλασσα,θαλασσα! (thalassa, thalassa), ça me rappelle les îles grecques où de vieux moustachus agitaient ce mot sous le nez des touristes en quête d'une chambre chez l'habitant. Dormir, rêver peut-être... Mais pas sur ses lauriers comme votre petite âme errante a tendance à le faire.

Aujourd'hui Hypnos est à Lille, pas à Mykonos. Au Musée de l'Hospice Comtesse, pour une exposition éponyme (je fais dans le grec ce soir, c'est la faute aux Abribus mis en boîte par Langue sauce piquante).

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Et un peu plus j'oubliais de vous rappeler que cette expo, tranquillement sous-titrée «images et inconscients en Europe (1900-1949)» (rien que ça) va se terminer le 12 juillet.

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On ne verra plus bientôt les yeux charbonneux de la marquise Casati qui servent d'emblème visuel à la chose. Ils étaient pourtant bien jolis, bien médianimimis, même si le photographe avait bougé à la prise de vue. Je fais ma pouffe, bien sûr, puisque le photographe c'est Man Ray. Quoi de plus respectable que ce monsieur Ray?

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A part ce monsieur Char qui frontonne le catalogue d'une de ces citations péremptoires et sublimes dont il a le secret : «Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté».
Tant de beauté m'intimide personnellement. J'aurais préféré une mocheté de Wölfli, une dégueulasserie de Jan Tóna, une kitscherie magnétique d'Elise Müller (prononciation restituée pour : Hélène Smith) mais ce n'est pas demain la veille que l'on accrochera le train de la culture à la locomotive de l'art brut. C'est toujours l'inverse qui se produit et cette expo n'innove pas sur ce point.  

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Jan Tóna

Soyons juste cependant. Elle ne se contente pas, comme d'ordinaire, de faire reluire notre avant-garde number one à nous. Le défaut des Français est de se croire universels mais à côté du surréalisme et des courants qu'il a cherché à satelliser, il y a Dada, le cubisme tchèque, le cinéma allemand de l'entre-deux-guerres, Freud et Jung, Prague, la Hongrie, la Roumanie, l'art brut, les spirites unis de tous les pays.

Elise Muller Hélène Smith.jpg

Elise Müller-Hélène Smith

J'en passe et des meilleures. L'expo Hypnos, basée sur le principe fromage et dessert ne nous fait grâce d'aucune de ces facettes.
Faupin, Boulanger, Surlapierre (Savine, Christophe et Nicolas), les commissaires de l'expo bataillent furieusement pour faire tenir tout ça ensemble avec le concours de gens méritants. Chacun touille du mieux qu'il peut et la cuiller en bois finit par tenir debout dans la casserole. Pour finir par atteindre le but recherché : «explorer la rencontre entre inconscient et modernité»? On se le demande.

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J'aurais voulu aller sur zone pour me rendre compte par moi-même. Des informateurs animuliens m'ont dit grand bien des totems de Victor Brauner. Rester scotchée devant son Objet de contre-envoûtement, ça m'aurait plu.

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Mais c'est la réunionite au bureau, je suis mobilisée par mes cellules de crise. Impossible de bouger. J'ai dû me contenter de consulter le copieux catalogue dont la couvrante est du peintre spirite F. Rofelin (un bon point).

couv catalogue hypnos.jpg

SOPHIE LEVY.jpgMême pas le temps de vous signaler l'arrivée à la tête du LaM de Madame Sophie Lévy. Elle doit «assurer une cohérence entre la collec d'art moderne, la collec d'art contemporain et celle d'art brut». Souhaitons lui bien du succès même si nous ne savons pas ce que cette chimère de cohérence veut dire.

«Tâche impossible» aurait peut-être dit le Dr Freud.

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27.06.2009

Sacré musée : Dieu saisi par l’art brut

nicolet st laurent.jpg

Dieu saisi par l'art brut. Il fallait être québécois pour imaginer la chose : un Musée des Religions du Monde.

Au moment où je vous écris, il pleut faiblement sur Nicolet et c'est dans cette ville située à la pointe orientale du lac Saint-Pierre, en face de trois-Rivières (vous voyez?) que se trouve ledit musée.8 vues de nicolet.jpg

Alors, une fois n'est pas coutume, votre petite âme errante qui n'est d'ordinaire pas très pratiquante, vous cause du bon dieu. C'est que, pendant tout l'été, le MRM de Nico expose, en collaboration avec le Centre des Impatients, Une certaine idée de Dieu.

sacré musée.jpg
adam et eve.jpg

Les Impatients c'est l'autre nom de la FATABQ, la Fondation pour l'art thérapeutique et l'art brut du Québec. Cette structure montréalaise déjà ancienne tire son nom d'une contradiction. Impatients c'est par opposition à patients, mot fâcheusement contaminé par son usage médical. Les Impatients n'en sont pas moins un lieu destiné à favoriser l'expression artistique de personnes à la recherche de la santé mentale. Un lieu qui encourage les échanges par la diffusion des œuvres produites.

une_certaine.jpg

Si vous visitez l'exposition, vous pourrez à votre tour représenter sur un mur de la salle qui l'abrite votre propre vision de l'être suprême. Comme Stanley Kubrick avec la plaque de chocolat dans 2001, l'Odyssée de l'espace.

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Si vous préférez être spectateur plutôt qu'acteur vous pourrez comparer les 21 toiles impatientes, supercolorées et de 9 pieds sur 12 (un pied = 30 cm grosso modo).

expo_musée_religion.jpg

Attention : d'après le peu d'images dont on dispose, c'est de l'art brut grosso modo parlant . Peintures du genre art-thérapique (et pic et colégram) plutôt. Mais un peu d'indulgence que diable ! C'est pas tous les jours qu'on a un sujet québécois. Pas tous les jours non plus que je vous offre le bon Dieu sur un plateau.

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23.06.2009

De l’art brut à l’art numérique

coquille bateau.jpgDe l'art brut à l'art numérique ou la nouvelle tarte à la crème. Si ça continue, je change de crèmerie. Je me convertis aux poissons d'aquarium, aux faux-ongles américains ou au vélo d'appartement, n'importe quel sujet plutôt que l'art brut.

Quand j'ai commencé, je naviguais tranquille dans mon océan de créativités sans rivales et voilà que maintenant des flopées de coquilles de noix outsiders se pavanent toutes voiles dehors dans mes eaux territoriales comme si c'étaient du vulgaire mainstream.

Pas une expo aujourd'hui qui ne se pare des plumes de l'art brut, pas un curator qui ne se colle avec délice ce dossart sur le maillot. Cela devient rasoir. J'exagère mais à peine.
Prenez par exemple De l'art brut à l'art numérique. Titre alléchant s'il en est. Le problème est que les 3 artistes roannais qui se sont réunis sous ce label sont peut-être très fréquentables mais ils n'ont strictement rien à voir ni de près ni de loin avec l'art brut.

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Princesse Ficelle fait dans la joaillerie, Mathilde Comby dans la photo, quant à Julien Margotton, il m'a tout l'air d'être un bon graphiste doté d'un matos up to date.

Musee-d-Art-Naif.jpgAlors? L'art brut où est-il? Dans les Alpes-Maritimes peut-être? Tournicottons nous vers le Musée International d'Art naïf Anatole Jakovski de Nice qui nous promet un «dialogue entre l'art brut et l'art contemporain» (tartala...).
Tout ça par la confrontation de 3 «apprentis sorciers» :

Michel Macréau,

cata apprentis sorciers.jpg

Dominique Liccia,

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Jean-Michel Basquiat.

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Tout à fait bonard mais j'ai un p'tit souci : qui c'est-il qu'est vraiment brut dans ce trio gagnant ? Je vous laisse juges.

MUSEE RIGNAULT.jpgHeureusement que dans le Quercy on se décarcasse. A Saint-Cirq Lapopie où Dédé des amourettes venait en villégiature avec ses potes surréalistes, le musée départemental Rignault aligne 9 artistes sous un concept estampillé (allez savoir pourquoi) Homme, terre, ciel.

presse musee rignault.jpg

Parmi ceux-ci, deux créateurs (Josef Hofer, Alexis Lippstreu) indubitablement dignes du sérail animulien. C'est eux sans doute que la présentation qualifie de «tenants de l'art brut». Mot malheureux mais pas plus que ceux choisis pour désigner les 7 restants : «témoins du marché de l'art» (sic) et outsiders (glop).

JOSEF_HOFER.jpg

Josef Hofer

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Alexis Lippstreu

On a jusqu'au 4 octobre 2009 pour faire comprendre aux rédacteurs de cette présentation que Hofer et Lippstreu n'ont pas des têtes de «tenants» et que le simple fait pour un créateur de se déclarer partisan de l'art brut signe automatiquement sa non-appartenance à cette catégorie.

17.06.2009

Fusco recto verso

Otarie de Californie 2.JPG

Sylvain Fusco en est la preuve, on peut dire que je suis vernie. Mes lecteurs me gavent de scoops.

Des fois, je me fais l'effet d'une otarie qui n'a qu'à ouvrir la goule pour qu'on y jette du poisson dedans.

 

Et pas du menu fretin, comme vous pouvez voir en découvrant le biface au Dr Requet que vous avait promis Christian Berst dans son commentaire à ma note du premier de ce mois.

FuscoRlight.jpg
FuscoVlight.jpg

Et puisqu'il est question de vernissages et que ce dénicheur de chefs d'œuvre oubliés les enchaîne comme des perles, j'en profite pour vous déléguer à celui de American Outsiders car moi, je suis prise demain.

invitation_juin09.jpg
Ce Black South est le versant I de la chose.
Quelques photos de cet African-American Vernacular Art ne peuvent pas vous faire de mal, n'est-ce pas ?
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23:23 Publié dans Expos, Images | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art brut, sylvain fusco, christian berst, mose tolliver | |  Imprimer | | Pin it! |

14.06.2009

Dérive à Auberive

invit auberive recto.jpgDans l'abbaye d'Auberive a éclos un Centre d'Art Contemporain. Jusqu'à l'automne, il couvera sous sa grande aile un «œuf sauvage» pondu jadis par le créateur de la revue du même nom. Occasion pour Claude Roffat de se faire l'historiographe de ses propres entreprises dans un ouvrage qui présente un bilan, globalement positif si on en croit l'intéressé.

Ce livre très personnel accompagne une exposition d'envergure, d'abord par la taille.

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50 (et des) créateurs et artistes, même enrôlés sous l'unique bannière d'1 «parcours singulier», ça ne se refuse pas. Surtout si, parmi cette ample sélection, figurent ceux qui, entre 1991 et 1994 (ça nous rajeunit pas !) firent la couverture de l'O.S. : Yolande Fièvre, Anselme Boix-Vives, Gilbert Pastor, Pierre Bettencourt, Joseph Crépin, Gaston Chaissac, Michel Macréau, Aloïse.

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OS n°5.jpgOS n°7.jpgOS n°8.jpgOS n°9.jpg

Que des petits chouchous d'Animula. Aussi, quand mon service de renseignements m'a recommandé La Croix de la Haute-Marne du 12 juin 2009 (N°8408), non pour son article sur Le Centre ville sous vidéosurveillance (on est chouchouté à Chaumont) mais pour sa dernière page qui présente l'expo auberivellienne, j'ai sauté dans ma 207.
Et en avant l'autoroute de l'Est.
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«Attention, ça va chauffer» annonçait la météo. Et ça chauffa sur la Haute-Marne. Heureux qu'à Auberive, il y a de l'eau, un moulin et une auberge où la joue de boeuf est super bonne.
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Dans un petit vallon qui mousse de rayons, je me suis trouvée nez à nez avec André Theuriet. Je le croyais civraisien, ayant lu son roman Le Fils Maugars dans mes dérives poitevines.
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mouton auberive.JPGIl est d'ici aussi. «Bon allez, je te quitte, André...».

C'était l'heure du vernissage et les visiteurs moutonnaient vers le spectacle.

L'Abbaye d'Auberive, c'est comme le palais du Prince Salina dans Le Guépard de Lucchino Visconti. Il y a tellement de salles qu'on a toujours peur d'en oublier.
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Des graffiti sur les murs se souviennent de la prison qui y fut.
grafitto 1768.JPG
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Difficile de rassembler autant de tempéraments artistiques dans un tel espace (sur 2 niveaux). Surtout qu'on ne discerne pas bien ce qui relève de la Collection permanente et de l'expo temporaire où l'on redécouvre par exemple des Simone le Carré-Galimard prêtés par la Fabuloserie.
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Il aurait été préférable de serrer le propos en restreignant volontairement le choix. Trop c'est trop, cela entraîne à des voisinages pas évidents (Louis Pons/Boix-Vives). On ne saurait mettre d'accord des pièces si différentes, qui par ailleurs sont loin d'être ici qualitativement homogènes. Dans ces conditions, je recommande de faire son menu soi-même. J'ai flashé pour ma part sur la pièce lambrissée avec les 3 Madge Gill et les 3 Aloïse prêtés par abcd qui a dû contribuer à leur accrochage.
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J'ai aimé la respiration offerte par les photographies de Clovis Prévost.
J'ai eu la bonne surprise d'un Armand Avril perché sur une haute cheminée.

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J'ai subi le choc des totems cuir et peaux, des faisceaux de pointes ligaturées de Patrice Cadiou, un excellent sculpteur-assembleur dont on voit trop peu le travail écorché-vif.

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09.06.2009

Eric Dussert Fabrique des Icebergs

an 1.JPGPair, Impaire et manque. J'ai du mal avec les anniversaires. Aussi ai-je étourdimulement manqué celui de la Galerie Impaire. Un premier anni pourtant, ça aurait du marquer votre Ani! D'autant que la soirée du 5 juin, rue de Lancry, était sous le signe de 2 icônes.
Du côté américain, un certain George. A la veille de la visite d'un certain Barack sur les plages de la liberté en Normandie, c'était tout indiqué un Washington. Du côté français, pouvait-on mieux choisir que de choisir la Parisienne la plus people, quoiqu'un peu italienne sur les bords. J'ai nommé ... (non, pas celle-là !) Mona Lisa.

Mona Lisa 1.jpgwashington 1.jpg

Mona et George,

Washington 3.jpgMona Lisa 2.jpg

George et Mona,

idéales figures tutélaires pour l'an 1 d'une Galerie américano-française. Un doigt de Bourbon, un doigt de Beaujolais, un doigt de Cinzano. Et un peintre pour mélanger un peu tout ça. Ike Morgan dont on pouvait voir les œuvres ce soir-là, le temps d'un vernissage exeptionnel, est du genre à s'acharner sur ces deux-là : Washington et Lisa.

ike et mona.JPG

Du moins sur leurs images. Du fin fond de son atelier du Texas (en fait son hosto psy où il vit depuis pas mal de temps), il travaille dur à créer des tableaux à la ressemblance acérée et lacérée.

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Allez pour en savoir plus et hissez vous ici pour visionner les photos de la teuf impairiale. Vous y reconnaitrez plusieurs Animuliens et Liennes dans l'assistance. Donc tout baigne.

Et si vous préférez une personnalité qui soit à la fois parigote et yankee, tournez vous vers Benjamin Franklin qui donnait la parole aux mouches.
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Eric Dussert vient de postfacer, dans la Collection des Mille et une nuits, un recueil de ses Bagatelles, malicieux et philosophiques petits textes que l'ambassadeur Franklin imprimait lui-même et distribuait à ses amis de Passy et à la veuve Helvétius dont il était amoureux. invit OT.jpg
Voilà encore que je perds mon sujet de vue.
Et bien non puisque vous retrouverez Eric Dussert à l'Objet Trouvé, une autre Galerie de votre connaissance, le vendredi 12 juin 2009.
Qu'est qu'il y fabrique? Mais des icebergs, bien entendu.
Des icebergs on en a bien besoin.
fabrique des icebergs n°3.jpg

07.06.2009

Unica Zürn au Marché de la Poésie

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Mon marché, la poésie, Unica Zürn et Soho. Voilà c'qui y a dans mon caddy aujourd'hui.
compote poires peches.jpgMarre des surgelés ! Je me plonge dans la cuisine jusqu'au cou. Mon caddy et mon daddy sur les talons, je suis allée au marché. J'en ai rapporté du basilic altier de mille feux brillants, des haricots verts, des pommes Tentation, 2 kgs de Beurré Hardy et des pêches jaunes. Et maintenant je touille ma compote, en surveillant du coin de l'œil mon chéri qui en profite lâchement pour piocher dans mon lapin à la moutarde en train de cuire.

affiche marché de la poesie.jpg

De marché en marché, je songe à celui de la Poésie dont la 27e édition va se tenir place Saint-Sulpice à Paris du jeudi 18 au dimanche 21 juin. J'ai lu quelque part qu'Ypsilon, un éditeur dont je vous ai déjà parlé le 16 février 2009 déballera son attrayant petit stock sur le stand G3 de ce susdit marché. Pour Unica Zürn.jpgL'occasion pour moi de me goinfrer avec une correspondance inédite qui donne un coup de projo sur la relation Unica Zürn-Henri Michaux. Comme je suis pas très intelligente et que mon esprit tortueux ne fait que progresser de proche en proche, faut pas que j'oublie de vous dire que ce bouquin intitulé Pour Unica Zürn (Lettres de Hans Bellmer à Henri Michaux et autres documents) me fait penser à une exposition qui a lieu en ce moment à New York.
C'est au Drawing Center qu'elle se tient. Unica Zürn : Dark Spring, c'est son nom. On peut y voir jusqu'au 23 juillet 2009 une cinquantaine d'encres et d'aquarelles sur papier de la période 1950/1970.

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© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

Mercredi 10 juin 2009 une Table ronde (Panel discussion) organisée par Ad Hoc Vox réunira divers orateurs pour examiner la question de ce qui se passe quand l'histoire personnelle d'un artiste devient une partie de son œuvre.

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© Brinkmann & Bose Publisher, Berlin

La présentation de Through biography -c'est l'intitulé de la Table ronde- sur le site du Drawing Center précise : «The exhibition Unica Zürn : Dark Spring will serve as stage to a discussion of the various ways an artist'life is presented alongside their work and how that contexte can influence our relationship to their art».

C'est clair, non ?

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Pour les durs de la feuille (de chou) qui n'auraient pas compris, que ce soit dans la Grosse Pomme ou à Panameu, vous y couperez pas à l'Unica. Et c'est très bien.